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Culture

La fabrique des politiques culturelles face à de nouveaux écueils

Publié le • Par • dans : A la une, France

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Theatre-et-odeon-fourviere-une © CC by Pline

L’Assemblée nationale accueille le 21 janvier 2015 la troisième et dernière Rencontre parlementaire sur les politiques culturelles co-organisée par le Syndicat national des entreprises artistiques et culturelles (Syndeac) et le député (PS) de Côte d’Or, Laurent Grandguillaume . Entamé dans une ambiance empreinte d’inquiétude, ce cycle de débat, dont la Gazette est partenaire, s’achève sur une volonté des professions culturelles de se mobiliser dans la lutte contre les extrémismes.

 

Chiffres-clés

7 rencontres interrégionales

  • 20 janvier, Vandoeuvre-lès-Nancy (Meurthe-et-Moselle), pour les régions Bourgogne, Franche-Comté, Alsace, Lorraine et Champagne-Ardennes
  • 2 février, à Nantes (Loire-Atlantique), pour Bretagne, Pays de la Loire et  Centre
  • 10 février, à Bordeaux (Gironde), pour Aquitaine, Poitou-Charentes, et Limousin
  • 16 février, à Lille (Nord), pour le Nord-Pas-de-Calais et la Picardie
  • 17 février, à Montpellier (Hérault) pour Languedoc-Roussillon et Midi-Pyrénées
  • 10 lmars, à Paris pour l’Ile-de-France
  • 17 mars, à Caen (Calvados), pour la Basse et la Haute Normandie
  • 24 mars, à Avignon (Vaucluse), pour Provence-Alpes-Côte d’Azur et la Corse

Après un premier débat sur les objectifs des politiques culturelles, puis un deuxième sur leurs acteurs, le Syndeac et le député (PS) de Côte d’Or, Laurent Grandguillaume poursuivent leurs Rencontres parlementaires avec une soirée consacrée à « la fabrique des politiques culturelles ». Ce cycle de rencontres, dont la Gazette est partenaire, s’achève dans un contexte particulièrement dense et tourmenté.

« Sortir de la sidération » - Nul doute que les participants vont tous avoir en tête les actes terroristes qui se sont déroulés les 7 et 9 janvier 2015 à Paris et les manifestations du 11 janvier.
Au-delà du slogan « nous sommes tous Charlie », que de nombreuses associations et organisations professionnelles du secteur culturel ont affiché sur leurs sites web, se pose la question du rôle des politiques culturelles dans la promotion d’une société capable de tolérance, d’esprit critique et de débats contradictoires apaisés.
« La violence du coup porté à l’humain, à la liberté, à la laïcité, à la démocratie vient d’atteindre un degré qui appelle une réponse », affirme la présidente du Syndeac, Madeleine Louarn, dans un communiqué du 9 janvier.

De son côté, la ministre de la Culture, Fleur Pellerin, a exhorté les collectivités territoriales à « ne pas baisser la garde ». Elle préconise un « renouveau du pacte » qui lit l’Etat et les collectivités et promet un soutien de son ministère aux collectivités qui s’engageront pour la culture dans la durée.

« Les dangers s’accumulent » – Par ailleurs, professionnels et artistes souhaitent maintenir la mobilisation du 10 décembre 2014 , journée organisée pour interpeller gouvernement et élus sur « la menace de l’effondrement de tout ce qui a constitué la politique de décentralisation du spectacle vivant dans notre pays depuis plus de cinquante ans ».
Une démarche concrétisée par une lettre ouverte adressée à la ministre de la Culture et signée par environ 5000 personnes. Les signataires y dénoncent trois évolutions :

  • baisse « constante de toutes les aides » à la création et la diffusion
  • mise à mal de l’indépendance des établissements publics
  • méthodes d’évaluation inspirée « par une idéologie du profit commercial »

« Quand on fait une simple projection mécanique de ce que pourront représenter ces coupes budgétaires, on va vers 10.000 représentations en moins sur l’ensemble du territoire national ! », calcule le président du Syndicat national des scènes publiques (SNSP), Michel Lefeivre.

Quant aux oeuvres et programmations contestées, il ne s’agit plus de quelques cas rarissimes. Nombreux sont ceux qui ne sont pas médiatisés par les professionnels.
A cela plusieurs raisons : volonté de protéger les négociations en cours dans la collectivité, faible notoriété des artistes ou des responsables culturels.

Dernier exemple porté sur la place publique, les critiques adressées par Ludovic Jolivet, maire (UMP) de Quimper (Finistère) à la chorégraphe Nathalie Pernette pour son spectacle « La Maison » présenté lors du festival de création jeune public « Théâtre à tout âge », le 13 décembre 2014. Intervention contre laquelle s’est insurgée la présidente du Syndeac, Madeleine Louarn dans un courrier adressé  au maire.

Les rencontres parlementaires sont suivies d’un nouveau cycle, cette fois-ci interregional, qui va démarrer  le 2 février  à Nantes, pour les régions Bretagne, Pays de la Loire, et Centre. Il s’achèvera fin mars.

Lutte contre les extrémismes : quel rôle pour les professions culturelles

Au lendemain des attentats des 7 et 9 janvier 2015 qui ont endeuillé la France, un très grand nombre de structures et d’associations culturelles ont affiché le slogan « je suis Charlie » sur la page d’accueil de leurs sites web. Beaucoup ont aussi publié des communiqués pour dire leur « sidération » face à ces événements.

Aujourd’hui, alors que le débat bat son plein sur le rôle de l’Ecole dans la lutte contre la diffusion des extrémismes et le développement de l’esprit critique, les institutions culturelles revendiquent leur part.

« La réponse ne peut être que «collective », fait valoir la présidente du Syndeac. Et d’appeler à trouver « plus de force encore » pour continuer « simplement à bâtir par les arts et la culture une société dans laquelle chacun peut être libre. Par les œuvres, les programmes des théâtres et des expositions, les rencontres quotidiennes. C’était déjà le sens de notre Appel du 10 décembre dernier. »

Dans le secteur de la lecture publique, les professionnels se sont très vite sentis interpellés dans leurs missions. L’Association des bibliothécaires de France (ABF) et l’Association pour la coopération des professionnels de l’information musicale (ACIM) rappellent que les bibliothèques donnent accès « à toutes formes d’expressions, pour contrer l’intolérance et la censure et encourager le respect de l’autre et le vivre ensemble. »

Et la présidente de l’Association des BDP, Mélanie Villenet, d’insister sur les débats et conférences qu’organisent de nombreuses bibliothèques : « Nos équipements sont des lieux d’information, de prise de distance, de débats et d’échanges pacifiques. Comme l’ensemble des lieux de culture et de diffusion du savoir, elles concourent à ce que tous les citoyens puissent s’inscrire pacifiquement dans le débat démocratique. »

Les archivistes, eux-aussi, s’estiment impliqués. Leur « cœur de métier est de donner accès à l’information aux citoyens, en-dehors du partiel et du partial, favorisant ainsi la juste élaboration et transmission des informations et des connaissances », fait valoir l’Association des archivistes français (AAF).

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Thèmes abordés Métiers de la fonction publiquePolitiques culturelles

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