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Développement économique

Grand Paris : des retombées économique colossales attendues

Publié le • Par • dans : Dossiers d'actualité, Régions

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grand-paris-img-dossier © Flicr by CC ryan hurril

Exit, les dix clusters dessinés, à la fin des années 2000, par le secrétaire d’Etat à la région-capitale, place à 21 contrats de développement territorial ! Au risque du saupoudrage ? Pour la Société du Grand Paris, à la manœuvre sur ce dossier, les retombées permises par les CDT seront tout de même considérables.

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Cet article fait partie du dossier

Grand Paris : un débat capital

 

Instaurés par la loi du 3 juin 2010 relative au Grand Paris, les contrats de développement territorial (CDT) visent à créer des pôles de développement spécifiques dans la région capitale. Elaborés par les collectivités territoriales et l’Etat, 21 CDT sont aujourd’hui engagés.

A l’origine de cet outil novateur : Christian Blanc, qui voulait identifier dix clusters pour créer des pôles économiques majeurs (Plateau de Saclay, Villejuif-Evry, Roissy-CDG, La Défense,..). Ces pôles étaient circonscrits autour des futures gares du Grand Paris.
Le secrétaire d’Etat à la région capitale évoquait à l’époque la création de « 800.000 à un million d’emplois en quinze ans ». L’idée s’est peu à peu déplacée d’une logique purement économique à celle de projet urbain au sens large. Avec en arrière-plan, une forte incitation des territoires pour créer des logements.

Depuis la loi relative à la mobilisation du foncier public en faveur du logement du 18 janvier 2013, les CDT doivent être compatibles avec le Schéma directeur de la région Ile-de-France (Sdrif).

Cibles hétéroclites - Les élus ont joué le jeu. De dix, on est passé à 21 CDT. 157 communes sont engagées dans ces projets. Ils sont hétéroclites : les territoires couvrent de 65 000 à 415 000 habitants, peuvent rassembler de 2 à 3 communes (Seine Défense, Grandes Ardoines) jusqu’à 29 communes (Confluence). La notion de cluster économique ou de zones desservies par le Grand Paris Express a disparu.

Néanmoins, la plupart se fixent une durée de quinze ans, avec la date de 2030 comme horizon, lorsque doit s’achever le nouveau réseau de transport. Les territoires couverts par les CDT représentent 39% de l’emploi salarié francilien (2,1 million d’emplois) et 38% de la population (4,4 millions d’habitants). Leur poids économique est très diversifié.

La moitié d’entre eux concentre 80% de l’emploi actuel de l’ensemble des CDT. Certains sont déjà des pôles matures (Les deux Seine, Seine Défense, Cœur économique Roissy…). D’autres sont à dominante résidentielle (Grandes Ardoines, Val de France..).

Portée juridique floue – Cependant, plusieurs pôles d’emplois majeurs franciliens ne sont pas intégrés dans les CDT, comme Paris, Créteil ou Val d’Europe. Avec la signature le 27 février 2014 de « Val de France/Gonesse/Bonneuil-en-France », 9 CDT ont été définitivement signés à ce jour (1) et 4 sont en cours de finalisation ou d’enquête publique.

Ce foisonnement de contrats pourrait laisser craindre une moindre efficacité du dispositif. D’autant que les CDT ont une portée juridique faible. Et donc une moindre valeur d’engagement.

Les objectifs sont d’ailleurs inégaux : huit CDT seulement se donnent des objectifs quantifiés de création d’emplois. Et le volet logement occupe une part assez réduite dans l’ensemble des documents. Ces CDT pourraient servir néanmoins de périmètres de découpage des futurs « territoires ». Et donc être des leviers favorisant la naissance de la métropole du Grand Paris.

70 milliards de retombées directes - Le Grand Paris donnera, selon ses promoteurs, un élan majeur à l’activité économique du territoire. Une des critiques récurrentes vient de l’énormité des sommes publiques engagées : 23 milliards d’euros injectés dans le métro automatique et quelque 10 milliards dans la modernisation du réseau existant. Mais pour de nombreux économistes, les effets en cascade attendus sont nombreux : création de bureaux, de commerces, de logements, de zones d’activités.

Les connaisseurs du dossier estiment que le projet générera près de 70 milliards d’euros d’investissements privés capitalisés sur vingt ans. Selon la Société du Grand Paris (SGP), qui finance et réalise les lignes et les gares du Grand Paris Express, « en prenant un rayon de 400 mètres autour des 69 gares, qui correspond à la zone d’impact urbaine, on peut estimer que 138 kilomètres carrés seront valorisés ». Ce qui correspond peu ou prou à la surface de la Ville de Paris.

Bénéfices collectifs - Pour donner des perspectives à ce projet qui ne sortira de terre que dans quelques années, la SGP a conduit une série d’études d’impact. L’établissement public estime ainsi que « la création de valeur sociale et économique » s’élèvera à 70 milliard d’euros au minimum.

Ce chiffre, à confirmer, correspond aux bénéfices collectifs : elle englobe aussi bien le temps gagné par les salariés sur le temps de transport, que le coût moindre des services publics en raison de la densification des activités, ou les gains de productivité induit par la concentration des entreprises.

Autre indicateur clé : le potentiel de croissance supplémentaire. « Le Grand Paris Express engendrera un Produit Intérieur Brut (PIB) supplémentaire de 100 à 200 milliards dont une part significative bénéficiera aux régions de province, du fait des mécanismes actuels de redistribution», précise Jean-Claude Prager, directeur des études économiques à la SGP. Pour l’heure, le PIB de la région Ile-de-France s’établit à environ 600 milliards d’euros annuel.

Des emplois à foison - Forcément, les retombées seront aussi majeures en termes d’emplois. Christian Blanc, secrétaire d’Etat à la région capitale, évoquait à l’époque la création de « 800.000 à un million d’emplois en quinze ans ». Aujourd’hui, les données se sont affinées et sont plus réalistes. Elles n’en restent pas moins importantes.

L’immense chantier du Grand Paris Express, dont les premiers appels d’offre ont été lancés sur certaines lignes, entrainera la création de 10.000 à 15.000 emplois par an. Les travaux sont prévus sur 10 à 15 ans. A ceux-là s’ajoutent 115.000 emplois induits par les activités économiques (en plus de l’évolution naturelle). Il y a donc bien un effet Grand Paris.

L’Etat et les collectivités territoriales en récolteront aussi les fruits. En prenant en compte un taux marginal d’imposition de 45%, le PIB additionnel engendrera des recettes fiscales supplémentaires (impôts et taxes divers) estimées entre « 40 et 80 milliards d’euros » selon Jean-Claude Prager.

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    Notes

    Note 01 - Dans l’ordre de signature : Campus Sciences et Santé, Grand Paris Seine Ouest, Grandes Ardoines, Sénart, Territoire de la culture et de la création, Boucle Nord des Hauts-de-Seine, Est Ensemble « la fabrique du Grand Paris », Cœur Economique Roissy Terres de France, Val de France/Gonesse/Bonneuil-en-France. - Retourner au texte

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Thèmes abordés Développement économiqueEmploiGrand ParisMobilité - transportsTransport public

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  1. 1. TartanPion 14/01/2015, 19h43

    J'ajoute qu'il faut tordre le cou à ce refrain absurde que ne cesse de chanter la SGP, comme quoi la richesse de l'Ile-de-France bénéficie à tout le pays sous prétexte de redistribution. Si on prolongeait ce "raisonnement", la meilleure organisation de la France consisterait à concentrer tout le pays en Ile-de-France. Veut-on nous gouverner avec des simplismes pareils ?
    La France est malade de son hyper-centralisation. L'Ile-de-France concentre déjà 30% du PIB national. Au lieu de chercher à augmenter ces 30%, il serait bien plus rationnel de s'occuper des 70% qui restent.

  2. 2. TartanPion 14/01/2015, 19h20

    Je n'accorde pas la moindre crédibilité à ces chiffres. C'est de l'incantation pure et simple.
    En 2010, M. Prager nous promettait la création de 1,2 million d'emplois grâce au Grand Huit ; quatre ans plus tard, il nous en promet 115.000, 10 fois moins !
    Remettons les pieds parterre !

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