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Interview

« Il y a urgence à penser l’inclusion sociale » – Roland Giraud, Andass

Publié le • Par • dans : A la Une RH, Dossiers Emploi, France, Toute l'actu RH

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roland-GIRAUD-andass-une © E. Le Brun/Light Motiv

Les groupes nationaux chargés de préparer les Etats généraux du travail social devaient remettre à la mi-janvier leurs rapports de synthèse au ministère des Affaires sociales. Roland Giraud, président de l'Association nationale des directeurs d'action sociale et de santé des départements, et directeur général adjoint au pôle Solidarités du Pas-de-Calais, présente l'une des études, centrée sur les collectivités et réalisée par des élèves administrateurs territoriaux, qui a servi de base de réflexion à ces travaux.

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Travail social : une nécessaire refondation

 

Pourquoi avoir pris l’initiative de commander, avec le CNFPT et d’autres associations professionnelles(1), cette étude axée sur les collectivités territoriales et leurs travailleurs sociaux ?

Quand on parle de travail social, comme ce qui se passe actuellement dans le cadre de la démarche des Etats généraux, il y a beaucoup d’interlocuteurs mais pas toujours des représentants des collectivités. L’Association nationale des directeurs d’action sociale et de santé des départements (Andass) a tenu à se faire entendre.
Nous sommes ainsi présents dans deux des cinq groupes nationaux. L’étude réalisée par des élèves administrateurs territoriaux est venue, comme d’autres travaux, nourrir nos débats. Son ambition est de croiser les problématiques du travail social et de l’action des collectivités territoriales.
Ces Etats généraux s’inscrivent dans un contexte très particulier : nous ne sommes pas dans une période de crise mais dans une période de métamorphose sociale ! Il y a urgence à penser l’inclusion sociale, de passer de la notion d’insertion à celle d’inclusion.
Les récents événements (NDLR : l’attentat à Charlie Hebdo) témoignent du besoin aigu de lien social, de faire vivre la démocratie au quotidien.

L’étude préconise aux collectivités territoriales d’affirmer leur identité d’acteurs de l’action sociale et non pas de simples gestionnaires. N’est-ce pas en décalage avec la disparition annoncée des départements ?

Au contraire ! Dans la nouvelle carte qui se dessine, il y aura forcément un échelon départemental. Et les département sont en place au moins jusqu’en 2021, ce qui laisse du temps à l’action. De plus, les prochaines élections départementales de mars 2015 introduiront de grands bouleversements. L’arrivée de nouveaux élus, des femmes élues, avec un renouvellement générationnel. Des élus nommés pour 6 ans, une durée propice au travail de fond.

L’étude propose que les collectivités s’impliquent davantage dans la formation initiale des travailleurs sociaux. Quel est votre avis ?

Il est encore difficile pour les collectivités territoriales d’intervenir dans le champ de la formation initiale. Par contre, elles pourraient s’engager plus fortement dans le domaine de la formation continue. Leur investissement est actuellement très faible, seulement 2 à 3 %, alors que les travailleurs sociaux ont un besoin permanent de réactualisation de leurs connaissances.

Les auteurs appellent à un besoin de clarification du rôle de l’Etat en matière d’action sociale, toujours très présent sur certaines thématiques.

Effectivement, nous sommes dans une situation de décentralisation avec une posture de centralisation. L’avènement des grandes régions et des métropoles est, d’ailleurs, un signe de recentralisation.

Le plan pluriannuel de lutte contre la pauvreté, pensé au niveau national, devait être décliné dans les territoires. Qu’en est-il ?

C’est variable selon les départements. Cela dépend notamment de la façon dont les services déconcentrés de l’Etat, dont les préfectures, se sont emparés du plan car c’est un travail partenarial. Il faut souligner que parallèlement au plan, les collectivités ont leurs propres actions. Quand, par exemple, elles proposent du transport à 1 euro, elles luttent contre la pauvreté.

L’étude souligne les « tensions » entre les employeurs et les travailleurs sociaux. Que constatez-vous ?

J’ai un avis moins sévère. Employeurs, élus et travailleurs sociaux peuvent se comprendre, ils ont davantage en commun qu’on ne le croit. Les élus sont, eux aussi, interpellés par les publics en difficulté. Il faut surtout qu’agents et élus apprennent à se parler. Déjà, que les techniciens de l’action sociale, qui ont un vocabulaire hyper spécialisé, aient le souci de se rendre compréhensibles.

Et les élus, savent-ils parler du social ?

C’est, justement, aux techniciens, à l’administration, de leur fournir l’information qu’attend le public. Dire, par exemple, comme ce que nous faisons dans la Pas-de-Calais, que chaque habitant est à 10 minutes d’une permanence sociale, que tous les enfants de trois ans ont un bilan santé réalisé par les professionnels de la PMI, ça parle aux habitants. Je ne crois que nous ayons besoin d’élus spécialisés dans les questions sociales. Plutôt d’élus généralistes, qui ont une vision forte.

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    Notes

    Note 01 - Etude commandée par le CNFPT, l’Andass, l’Association des directeurs généraux des grandes collectivités et l’Association nationale des cadres communaux de l’action sociale. - Retourner au texte

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  1. 1. LE 19/01/2015, 08h18

    Un parallèle entre "rapports entre travailleurs sociaux/employeurs et formation" doit être réalisé. En effet, dans un contexte de rationalisation financière des acteurs (opérateurs) du travail social, l'évaluation de l'action sociale est devenue incontournable". Or, cette notion d'évaluation est souvent perçu comme un contrôle du travail social. D'autres types de personnel (ceux chargés de l'action administrative) s'en accommode beaucoup mieux puisque l'acte administratif est visé à chaque niveau décisionnel et cet aspect a toujours été intégré à ces professions (sachant que l'évaluation diffère du contrôle puisqu'on mesure les conséquences de l'action grâce à des outils communs). D'autre part le travail social collectif se développe et peut-être sera-t-il l'occasion de travailler AVEC le public cible.... : il s'agit d'intégrer ces notions dans les formations en leur donnant toute leur place par le jeu des coefficients lors des examens diplômants par exemple.

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