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RAPPORT ANNUEL DU MÉDIATEUR DE LA RÉPUBLIQUE

Jean-Paul Delevoye : «Les administrations au cœur d’une société usée psychiquement»

Par H. Delmotte, G. Garvanese

Publié le 23/02/2010

dans : A la une, France

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4 commentaires

Jean-Paul Delevoye, Médiateur de la République, a remis son rapport annuel au président de la République le 23 février. Il répond aux questions de la Gazette des communes.

Au menu de cette édition 2009, 76 286 dossiers reçus soit une progression de 16% par rapport à 2008 et des thématiques récurrentes : le surendettement croissant, une montée de la maltraitance et un besoin d’information dans le domaine de la santé, les relations conflictuelles entre locataires et bailleurs et enfin de nombreuses tensions entre usagers et institutions, Pôle Emploi ou le Régime social des indépendants par exemple. D’autres dossiers feront l’objet d’un suivi attentif, avec l’Assemblée des départements de France notamment, comme par exemple l’évaluation de la loi portant réforme de la protection juridique des majeurs du 5 mars 2007, les services de protection de l’enfance et la question de la médiation dans les maisons départementales pour personnes handicapées. Pour Jean-Paul Delevoye «il est urgent de s’intéresser à la mise en place de l’accompagnement social en matière de tutelles car nous sommes face à des publics très fragilisés».

 

«Une société usée psychiquement»

Dans une société plus complexe, «usée psychiquement», Jean-Paul Delevoye observe des dérives inquiétantes qui menacent le vivre ensemble : «le citoyen cède la place à l’usager consommateur. En outre il ne cherche plus à partager avec l’autre mais à se protéger de l’autre», relève Jean-Paul Delevoye. Une tendance qui est peut-être à relier à la politique sécuritaire actuelle dans la mesure où «l’évolution de la société entraine l’évolution de l’électorat et des politiques».

 

Des administrations défaillantes ?

Du côté de l’administration, la liste des griefs n’est pas moins longue : ruptures d’égalité entre territoires, absence de connexions entre administrations territoriales pouvant conduire à une interruption d’allocations pour les bénéficiaires, différence de traitement des personnes handicapées selon les départements, primauté de la «gestion des carrières» sur la satisfaction de l’usager ou encore défaillances dans l’accueil du public. «La culture administrative privilégie le traitement de masse au détriment du traitement individuel. L’inconfort dans lequel certaines administrations placent l’usager vise aussi à décourager sa présence physique et à l’inciter à adresser ses requêtes par courriel», regrette le Médiateur de la République.

Laïcité en danger

Au-delà des comportements de l’administration, Jean-Paul Delevoye interroge aussi les évolutions politiques, voire sociétales : le principe de précaution par exemple qui «bien souvent empêche la décision». Il cite à ce sujet le (mauvais) exemple du non renouvellement des cartes d’identité pour les Français nés à l’étranger parce que «la suspicion présumée l’emporte sur la confiance et parce que le système cherche à se protéger». Il dénonce également le mauvais emploi de «la culture du chiffre» dès lors qu’elle répond à «la volonté de plaire au supérieur hiérarchique» et craint «le recul de la mixité sociale au profit du communautarisme». Enfin, la neutralité du service public suscite des réflexions fortes. «Il faut réfléchir à l’espace de la laïcité. Jusqu’où accepter l’intervention des paramètres personnels dans le champ public ?», interroge le Médiateur de la République.

Bientôt un Défenseur des droits

Le Médiateur de la République laissera sa place dans les prochains mois au Défenseur des Droits. Une proposition de loi a toutefois été déposée le 23 février au Sénat pour que ses fonctions se poursuivent jusqu’au 31 décembre 2010. Une dernière année qui permettra sans nul doute de mesurer les effets – positif ou négatifs – de la révision générale des politiques publiques.

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Du plus récent / Du plus ancien
  1. Ungâduhav

    24/02/2010, 12h22

    Ce rapport semble bien marquer la détresse dans laquelle se trouvent beaucoup de Français. Je suis content qu'il soit question du "mauvais emploi de la culture du chiffre dès lors qu'elle répond à la volonté de plaire au supérieur hiérarchique". C'est vrai que nous sommes tous, dans l'administration acculés à cette politique qui va à l'encontre de toute pensée humaine.
    L'Homme est devenu une marchandise qui se négocie sans aucun scrupule. La République est bien oubliée dans tout cela, vous savez celle qui préconise la Liberté, l'Egalité et la Fraternité.
    Il est encore temps de réagir. Il faut que chacun, à son niveau sache dire NON. Cette multitude de NON(s) telle un amas de gouttes d'eau formera une pluie torrentielle capable d'éteindre l'incendie de l'indifférence et de l'inhumanité du Service Public tel qu'il est devenu.
    Le coût du service Public n'est pas une charge, il est un investissement pour l'avenir.

  2. delavega

    24/02/2010, 19h23

    Le pire, je crois c'est que ce "malaise" dépasse largement l'administration.
    Notre système de santé tombe peu à peu en ruine comme une fatalité!! Une CHARGE pour la société !!!!!! un coût pour l'Etat. Je veux bien en convenir cela rapporte bien moins que les tronçons radar, les politiques sécuritaires sous prétexte de protéger les citoyens, l'hypocrisie sur le tabac, l'alcool, les boîtes de nuit autorisées à fermer plus tard; tout ces petites choses qui font que...

  3. jaclo

    24/02/2010, 11h14

    Encore un beau rapport, qui sera peut-être utilisé pour faire de la com paillette, le temps de passer à un autre sujet brûlant, mais qui risque de ne pas faire l'objet de décisions politiques claires, ni de moyens pour les mettre en œuvre... l'état des administrations et aussi le reflet de la politique souvent désenchantée, voire dé-crédibilisée, sinon discréditée.

  4. FIDIBALLE

    23/02/2010, 20h37

    effectivement même dans la fonction publique, le culte du chiffre, la carrière personnelle au dépens du service, le harcèlement sont monnaies courantes.Au point d'envisager, après 23 ans de cadre A, de partir dans le privé...Alors secouez -vous les politiques avant que tout le monde ne crève sur pied, vous compris

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