Collectivités

COP 21 : les collectivités territoriales ne comptent pas œuvrer en coulisses

| Mis à jour le 23/07/2015
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Source : COP 21 
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Flickr by CC Jean-Marc Ayrault

A un peu moins d’un an du sommet mondial sur le climat, le travail préparatoire prend forme. Les autorités locales endossent pleinement leur mission de mobilisation des territoires et d’illustration des bonnes pratiques de terrain. Mais elles n’entendent pas faire de la figuration en marge de la conférence officielle : elles réclament de siéger au Bourget, à l’occasion d’une journée qui leur serait dédiée.

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La diplomatie des territoires au service de la COP 21

« En 1998, toute la France a joué au football. En 2015, nous devrons tous jouer notre rôle au service de la grande cause de la lutte contre le dérèglement climatique ». Gilles Berhault, président du Comité 21 – pourtant peu adepte du jeu de ballon à 11 – en appelle au souvenir fédérateur de la Coupe du monde pour stimuler la « mobilisation pour la COP 21 », thème d’un forum organisé le 18 décembre à Paris. Piaffant sur le banc de touche, les collectivités territoriales brûlent d’entrer sur le terrain.

« Course de vitesse »

La 21ème conférence des parties (COP) à la Convention cadre des Nations unies sur les changements climatiques, qui se tiendra à Paris-Le Bourget en décembre 2015, doit déboucher sur un accord international, juridiquement contraignant, visant à maintenir le réchauffement climatique sous les 2 degrés par rapport à l’ère pré-industrielle.
Il s’agirait là d’un « accord historique », selon l’Elysée. « Le 10 décembre 1948, la France accueillait les Nations unies au Palais de Chaillot pour adopter la Déclaration universelle des droits de l’homme», rappelait François Hollande en ouvrant la Conférence environnementale, le 27 novembre dernier.

L’an prochain, elle accueillera les représentants de 195 pays (1) « pour une nouvelle étape des droits humains», déclarait le chef de l’Etat.
« Après les droits de la personne, nous allons poser les droits de l’Humanité, c’est-à-dire le droit pour tous les habitants de la Terre à vivre dans un monde dont le futur n’est pas compromis par l’irresponsabilité du présent. »

Face au dérèglement du climat, « une course de vitesse est engagée », soulignait le ministre des Affaires étrangères, Laurent Fabius, à l’ouverture du Forum du 18 décembre monté par le Comité 21 (2).

Le futur président de la Cop 21 relevait que 2014 aura été l’année  la plus chaude en France depuis 1900 et que 2015 aura vraisemblablement le même statut. « Le dérèglement climatique est manifeste aujourd’hui, ce n’est pas un problème qui se posera dans cinquante ans, selon le ministre d’Etat. La question majeure posée à la COP 21 – la plus vaste réunion diplomatique jamais organisée en France (3) – est comment l’humanité pourra-t-elle continuer à vivre dans des conditions convenables ? »

Les leçons de Copenhague

De retour de la Cop 20 de Lima (Pérou), le chef de la diplomatie française notait trois avancées majeures par rapport au contexte dans lequel la conférence de Copenhague avait magistralement échoué, en décembre 2009 :

  • les données scientifiques ne sont plus contestées ;
  • les politiques prennent en charge le phénomène, comme en atteste l’accord de novembre entre la Chine et les Etats-Unis pour réduire leurs émissions de gaz à effet de serre ;
  • la société civile est pleinement engagée à relever le défi climatique, les entreprises y voyant une perspective de « bon business ».

Pour Laurent Fabius, « le fantôme de Copenhague s’éloigne ».  La Cop 15 « n’avait pas été suffisamment préparée à l’avance ». L’organisateur en chef de la Cop 21 étant « du genre laborieux », c’est dès le début 2015 qu’il engagera le  « travail collectif en amont », sur la base du texte issu de Lima (37 pages dont beaucoup d’« entre-crochets », qui restent à noircir). Il s’agit de ne pas retomber dans « l’illusion » qui a sévi à Copenhague, selon laquelle « l’arrivée de quelques leaders charismatiques » en fin de sommet, engluée dans la « non-résolution des problèmes », permettrait d’inverser le cours des choses.

Les solutions locales aux Palais

Autre progrès issu de Lima : l’accord prévoit que les prochaines conférences présenteront un « Agenda des solutions », offrant une vitrine aux bonnes pratiques issues des collectivités, entreprises et associations.
A Paris, le Grand Palais doit ainsi « donner à voir ce que sera  la société post-carbone du 21ème siècle », selon Gilles Berhault.

Du 4 au 12 décembre 2015, le lieu accueillera, « dans l’esprit de l’Exposition universelle de 1900 », conférences et stands dédiés aux « solutions climat » (produits, services, process et innovations). La manifestation « Solutions Cop 21 » est conduite par le Club France développement durable, créé par le Comité 21 en lien avec l’Etat.
Les collectivités territoriales y seront particulièrement présentes sur le village dédié à « la ville durable ». Le Petit Palais accueillera pour sa part le « Sommet des gouvernements locaux pour le Climat » organisé par la mairie de Paris.

Au Bourget, où se tiendront les négociations officielles, la « zone bleue » réservée aux personnes accréditées par l’ONU voisinera avec le « village de la société civile », en accès libre.
Le Club France développement durable lancera en outre, le 16 janvier, une plateforme internet présentant, en français et en anglais, les bonnes pratiques publiques, privées et associatives. Les contributions des collectivités à ce « hub des solutions climat » sont gratuites, dans la limite de 10 fiches.

Un Cities Day au Bourget ?

Mais les autorités locales n’entendent pas seulement faire tapisserie, en marge de la diplomatie climatique menée par les Etats.
Dans un communiqué du 19 décembre, la ville de Paris et les grands réseaux mondiaux de villes et de gouvernements locaux (4), réclament « l’organisation d’une ‘journée des villes et des gouvernements locaux’, sur le site des Nations Unies au Bourget ».

Lors du Forum organisé la veille par le Comité 21, Patrick Klugman, adjoint à Anne Hidalgo en charge des relations internationales, demandait directement à Laurent Fabius, si le Bourget accueillerait un « Cities Day ».
« Il faut que nous étudiions cela », répondait sobrement le ministre des Affaires étrangères, insistant sur le fait que les participants à la Cop apprécieraient que l’Agenda des solutions « leur montre ce qui se fait de bien ». Le site du Quai d’Orsay signale toutefois que « le rapport confié à Ronan Dantec, sénateur de Loire-Atlantique, et Michel Delebarre, sénateur du Nord, sur le rôle des collectivités territoriales dans les négociations climatiques atteste (…) du souhait de la France d’inclure les territoires et les élus locaux dans les discussions ».

Diplomatie des territoires

Pour Patrick Klugman, « Paris ne sera pas qu’une ville hôte mais portera la voix de toutes les collectivités qui agissent sur le climat. La Cop sera le lieu où Etats et villes se donnent le même niveau d’ambition, les secondes étant en mesure d’agir plus vite ».

Christophe Clergeau, premier vice-président des Pays-de-la-Loire, souligne que les collectivités « sont des acteurs de la diplomatie des territoires, complémentaire de celle des Etats et susceptible de faire basculer l’opinion dans des pays où les dirigeants ont des réticences à s’engager. Les régions ne sont pas que des acteurs locaux mais des acteurs de plain-pied dans le débat mondial », insiste l’élu régional chargé du développement économique et de l’innovation.

Saisissant la perche, Alain Guinebault, délégué général de Geres, appelle les collectivités territoriales à pratiquer la « solidarité climatique » et à intégrer leurs opérations exemplaires dans leur politique de coopération décentralisée. L’ingénieur à la tête de l’association salue le soutien apporté par la région Rhône-Alpes au Geres, qui réalise des diagnostics de vulnérabilité au changement climatique dans des régions du Sénégal couvrant un tiers du pays.

Tirer vers le haut les exigences

Les territoires ont d’ores et déjà fait la preuve de leur volontarisme et de l’efficacité de leurs actions. Comptant près de 6 200 signataires, la « Convention des maires » couvre « un quart de la population européenne où est planifiée une baisse d’au moins 20 % des émissions de gaz à effet de serre d’ici 2020, rappelle Claire Roumet, directrice d’Energy Cities. La ville d’Helsinki (Finlande) a déjà dépassé cet objectif et vise maintenant un recul de 58 % d’ici 2030 par rapport au milieu des années 80. On est là bien au-delà de ce qui est sur la table des négociations ».

Les collectivités interpelleront les Etats lors des Assises nationales de l’énergie, fin janvier 2015 à Bordeaux. Alain Juppé, président de la Communauté urbaine (CUB), la maire de Paris, les présidents des associations nationales d’élus et des réseaux mondiaux d’autorités locales lanceront, le 29 janvier, un « appel » aux dirigeants du monde.
« Il s’agit à la fois de témoigner de nos savoir-faire et de l’impact de nos actions et d’inviter les Etats à viser un haut niveau d’ambition, explique Anne Walrick, vice-présidente de la CUB. Le texte devra signifier aux 196 parties prenantes à la Cop : ‘on fait des efforts sur le terrain, soyez volontaristes comme nous’. Déjà à Copenhague, les débats avaient souligné que 70 % des mesures de lutte et d’adaptation au changement climatique relevaient de l’échelle territoriale », rappelle l’élue chargée du développement durable.

Descendre de 3 à 2 degrés

Le rendez-vous suivant se tiendra début juillet, à Lyon, où la région Rhône-Alpes et Cités et gouvernements locaux unis (CGLU) organiseront le sommet mondial « climat et territoires ».
« Six mois avant la Cop, nous ferons des propositions aux Etats, à l’Union européenne et à l’Onu pour améliorer le texte en négociation, indique Ronan Dantec, porte-parole de CGLU sur le climat. Le document de travail aura évolué par rapport à celui issu de Lima : des Etats auront affiché des engagements de réduction de leurs émissions. Si on compile les engagements nationaux, on sortira de la conférence de Paris en allant vers un réchauffement de 3 degrés. Pour rester sous les 2 degrés, il faut l’implication des territoires, poursuit le sénateur de Loire-Atlantique. Nous signifierons donc aux parties prenantes : ‘Prenez des engagements ambitieux, nous ferons le boulot derrière.’ Il est possible de créer à Paris une dynamique, en montrant que chacun est prêt à agir à son niveau de responsabilité. Même si personne n’imagine que l’accord parfait sortira de la Cop 21. »

Les prochains rendez-vous

  • Assises de l’énergie, 26, 27, 28 janvier à Bordeaux
  • Réunion des maires européens à Paris le 26 mars, à l’invitation d’Anne Hidalgo
  • Conférence de l’ONU pour le climat à New York, juin 2015
  • Sommet mondial « climat et territoires » à Lyon, les 1ers et 2 juillet
  • Sommet des gouvernements pour le climat en décembre 2015 à Paris, parallèlement à la Conférence des chefs d’Etat et de gouvernement, prévue du 30 novembre au 11 décembre au Bourget
Dossier
Commentaires

3  |  réagir

23/12/2014 07h59 - jipebe29

Je vous propose 3 documents, qui ont été élaborés par un groupe informel de citoyens, ingénieurs, physiciens, médecins, qui sont outrés par la propagande lyssenkiste en faveur des thèses du GIEC/IPCC, et qui, après avoir beaucoup travaillé la question, ont compris que le dogme du Réchauffement Climatique Anthropique est le plus grand scandale planétaire de tous les temps, au détriment des peuples de notre Planète.

http://dropcanvas.com/f4915J5BMuS64O

Le premier document, synthèse révisée V4 (oubliez la V3, obsolète) est facile d’accès, sauf la partie relative aux travaux du climatologue Murry Salby (avec tous les liens vers les sources primaires).

Le second, « climat, 22 vérités qui dérangent », est un peu plus difficile, mais vous pouvez vous contenter de lire les 22 vérités sans les compléments scientifiques.

Le troisième est une analyse critique du modèle radiatif, faite par un physicien (et là il faut un niveau ingénieur).

Bonn lecture!

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23/12/2014 07h56 - jipebe29

Course de vitesse? Cela fait 15 ans que l’on nous dit d’agir vite, et cela fait 18 ans que la TMAG (température moyenne annuelle globale) est stable, et donc il est clair que toute année de ce plateau est plus « chaude » d’au plus 0,8°C que toutes les années antérieures depuis 150 ans. Sur ce plateau de TMAG, il y a de petites variations mensuelles qui font que certains mois sont un peu plus chauds (d’un pouillième) que d’autres et, bien sûr que ceux des années précédentes, mais se focaliser sur tel ou tel mois, ou telle ou telle année, ou sur des régions judicieusement sélectionnées, c’est du cherry picking qui ne prouve rien. Notons que le plateau de TMAG, que le GIEC appelle « hiatus », se produit alors que, sur cette période de 18 ans, nous avons émis 40% de toutes nos émissions depuis le début de l’ère industrielle.

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23/12/2014 07h47 - jipebe29

On nous parle jésuistiquement de dérèglement climatique, car cela évite de parler de réchauffement… inexistant depuis 1997.

Parler de dérèglement climatique voudrait dire qu’il y aurait un « bon » climat de référence, qui aurait perdu la boule? Ridicule! Le climat est changeant par nature, et, au cours des siècles passés, il a été beaucoup plus rude que de nos jours. Voyez, page 21 et suivantes, un florilège des événements climatiques dramatiques en France:

http://www.pensee-unique.fr/pasteau.pdf

Il n’y a pas de recrudescence d’événements extrêmes sur la planète : l’indice ACI (énergie cyclonique accumulée des cyclones/ouragans/typhons) a même plutôt tendance à se réduire depuis 8 ans.

http://models.weatherbell.com/tropical.php

Ce qui est par contre une réalité, c’est la désinformation faite par les alarmistes climatiques, dont, notamment, l’OMM, les dirigeants du GIEC, l’UNEP et l’AFP. Et vous vous faites manipuler….

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