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Elections professionnelles dans la fonction publique : zoom sur les grandes collectivités

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Après le scrutin du 4 décembre, vient l’heure de l’analyse des résultats. Si les rapports de force restent globalement inchangés, dans certains territoires, tel n’est pas le cas. Marseille montre une certaine continuité, avec un leadership conservé pour FO, mais à Toulouse c’est la CGT qui lui a ravi la première place. Les sujets d’actualité – et de tensions – ont-ils pesé dans certaines collectivités, où les agents s’interrogent beaucoup, que ce soient à cause de la création des grandes régions ou des métropoles, comme à Lyon, ou à cause des conséquences de la baisse des dotations sur les personnels, à Strasbourg ? Quelles sont les stratégies adoptées par les syndicats ? Tour d’horizon dans quelques exemples régionaux.

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Elections professionnelles dans la fonction publique 2014 : tous les résultats, tous les enseignements

 

A Marseille, FO reste majoritaire mais en perte de vitesse

A Marseille, Force ouvrière conserve sa place de syndicat majoritaire dans toutes les instances la ville, où il totalise 56 % des suffrages (4 175 voix). La fédération syndicale unitaire (FSU) demeure loin derrière avec 16 % des voix (1 200 suffrages), devant les 12 % de la Confédération générale du travail (CGT), qui totalise 872 voix. 62 % des électeurs de la mairie se sont déplacés.

La mise en place mal préparée de la réforme des rythmes scolaires génère, depuis la rentrée scolaire, des remous auprès des agents de la ville : Force ouvrière n’a pas vraiment épousé le mouvement de grève des autres syndicats qui revendiquaient la clarification des missions des personnels municipaux présents dans les écoles.

Cela n’a pas empêché une forte mobilisation sur le terrain qui se poursuit encore aujourd’hui dans de nombreux établissements de la ville. Ainsi, l’accès aux cantines scolaires le vendredi, jour choisi pour l’organisation des temps d’activités périscolaires (TAP), n’y est pas possible dans environ 136 écoles.

Force ouvrière, majoritaire auprès de ces personnels, a tout de même perdu cinq points aux élections, par rapport à 2011, mais garde sa suprématie.

Le syndicat conserve également ses positions à la communauté urbaine Marseille Provence métropole (MPM) où il obtient 55 % des voix (1 517 suffrages). Derrière lui, la FSU progresse, avec 30 % des voix (830 suffrages) contre 26 % en 2008.

Au conseil général des Bouches-du-Rhône, la représentation syndicale plus équilibrée ne semble pas souffrir des affaires judiciaires qui entourent son président, Jean-Noël Guérini. Ni de la réforme territoriale qui pourrait voir le conseil général fondu dans la métropole Aix-Marseille-Provence. FO totalise 29 % des voix, contre 26 % pour la CGT et 19 % pour la CFTC.
Au conseil régional Provence-Alpes-Côte d’Azur, c’est la FSU qui garde la main (45 % des voix) devant la CGT (28 %) et FO (10 %).

Caroline Garcia

Au Grand Lyon, de nouveaux équilibres se dessinent, peut-être seulement pour un an

A quelques semaines de la naissance de la métropole, qui verra les compétences et les agents du département positionnés sur le territoire du Grand Lyon transférés à la métropole, le scrutin du 4 décembre faisait office de tour de chauffe entre Saône et Rhône. En effet, les agents de la métropole seront rappelés aux urnes à l’automne prochain.

En attendant, au Grand Lyon, la meilleure performance est à mettre à l’actif de l’UNSA qui a pour la première fois des élus à la communauté urbaine. En présentant des listes communes avec la CGC (qui elle avait obtenu seule 13,2 % des voix en 2008), le syndicat autonome et les cadres raflent 23,6  % des suffrages et se placent en deuxième position derrière la CGT qui reste le syndicat majoritaire avec 34,8 % des votes, mais perd cinq points par rapport aux dernières élections. La CFDT gagne quant à elle un point à 13,5 %. FO en perd un à 10,87 %. La chute revient à la CFTC qui a perdu 9 % de ses votes en 6 ans.

Le nombre de sièges à pourvoir au comité technique (CT) passant de 12 à 15, la CGT en gagne un et en totalise désormais 6, l’UNSA et la CGC passent de 2 à 4. La CFDT de 1 à 2, comme FO. En revanche, la CFDT, qui n’a plus qu’un siège, en perd 2.

Tous ces élus vont siéger dans un CT au sein duquel devrait être « ajouté » un collège composé d’élus en provenance du département. Une exception défendue par les syndicats du département et négociée avec l’exécutif du Grand Lyon, le temps que de nouvelles élections soient organisées à l’échelle de la métropole, probablement en octobre ou novembre 2015. Durant près d’un an, ce troisième collège éphémère dit d’experts participera donc aux réunions, mais n’aura qu’une vocation consultative.

Du côté du département, les rapports de forces restent inchangés. La CGT qui gagne 3 points demeure le premier syndicat avec 36,7 % des voix. Viennent ensuite la CFDT, en baisse de 0,4 % avec 29,6 %, puis la CFTC avec 19,6 % et FO avec 10,82 %. Ces scores donnent 6 sièges pour la CGT, 5 sièges pour la CFDT, 3 pour la CFTC et 1 pour FO.

Françoise Sigot

A la Communauté urbaine de Strasbourg, la CGT renforcée mise sur un front syndical unitaire

En obtenant son meilleur résultats aux élections (36 % des voix) aux élections professionnelles à la Communauté urbaine de Strasbourg (8 200 agents), la CGT se trouve confortée dans sa démarche « de résistance à la politique d’austérité décidée par les élus ».

Selon Bertrand Blindauer, secrétaire général CGT-CUS, ce résultat s’explique par une bonne compréhension du message véhiculé par son organisation : « Les élus locaux expliquent qu’ils subissent des baisses de dotations de la part de l’Etat, mais certains d’entre eux votent les mesures du gouvernement Valls. On ne peut pas en même temps s’apitoyer à Strasbourg et voter des mesures d’austérité à Paris », commente-t-il.

Le représentant considère que le score de son organisation reflète la validation d’une stratégie d’unité syndicale entreprise depuis quelques années et poursuivie avec ce nouveau mandat. Dans l’éditorial de sa newsletter de décembre, la CGT félicite la CFDT, la CFTC, la FA-FTP, la CGC et FO pour leur attitude digne et respectueuse pendant cette campagne.

« Ce font uni est d’autant plus important que tous les agents sont choqués par l’annonce brutale d’une baisse de 10 % des effectifs, uniquement basée sur un mode mathématique, sans aucune approche des besoins et des missions du service public », commente Bertrand Blindauer.

Pour la CGT, l’exécutif de la CUS – formé d’une coalition PS avec des élus de droite, UMP notamment – ne pourra pas se passer d’un débat public sur ces questions. « Les exemples d’externalisation qui provoquent une sélection par l’argent et pénalisent les moins aisés se multiplient. Nous regrettons la dérive libérale du président de la CUS », ajoute le syndicaliste.

Quant aux débats à venir sur l’organisation de la future grande région Est, Bertrand Blindauer ne peut que faire un constat : le sujet reste dans le flou le plus total. Même manque de visibilité pour le passage de la communauté urbaine en eurométropole, le 1er janvier. « Quel seront son périmètre géographique, ses compétences ? Nous avons le sentiment que les élus en savent plus que nous, ce qui renforce la méfiance des agents. »

En attendant, la CGT reprendra place aux réunions de « l’Agenda social », système de concertation permanente développé dans la collectivité depuis 5 ans et qui devrait aborder les questions de l’organisation de la collectivité face aux tensions budgétaires.

Didier Bonnet

A Toulouse, FO perd le leadership au profit de la CGT

A Toulouse (Haute-Garonne), au lendemain des élections professionnelles du 4 décembre dernier, dans les rangs de la CGT, on crie victoire. Syndicat largement majoritaire depuis plus de 30 ans à la mairie, FO a en effet perdu de son leadership avec 1 004 voix sur les 4 376 suffrages exprimés. La CGT en rafle 1 012. Un résultat que les représentants locaux de FO veulent nuancer : « Nous restons numéro un en additionnant les sièges, même si l’écart avec les autres syndicats représentatifs se réduit », affirme Pascal Maynaud, le nouveau secrétaire général du syndicat FO agents municipaux. Pour ce dernier, le recul de son syndicat s’explique par la médiatisation des difficultés de l’ancien secrétaire général André Falba, accusé de détournement de fonds.

Reste que pour les observateurs extérieurs, FO a perdu de son leadership. Et la crise interne du syndicat n’est pas la seule raison de ce début de désaffection. « Les contractuels, les plus précaires, ont sans doute voté majoritairement pour nous. Avec Sud, nous étions les seuls, en effet, à dénoncer, au début de l’été, la suppression du régime indemnitaire des quelque 250 contractuels à la ville, sans présentation en comité technique paritaire (CTP). Dans le même ordre d’idée, la collectivité a supprimé une prime de transport », estime Jean-Bernard Faucon, secrétaire général du syndicat CGT Communauté urbaine Toulouse Métropole (CUTM).

En tout cas, en 2008, à la ville de Toulouse, FO avait douze sièges au total en cumulant ceux à la commission administrative paritaire (CAP) et ceux au CTP. Lors des dernières élections professionnelles, il en gardé neuf : cinq en CAP et quatre en CTP. Les syndicats CGT, SUD et UNSA se partagent les huit autres sièges.

En CAP, dans la catégorie A, FO perd un siège au profit de la CFDT qui prend ainsi la première place avec 2 sièges (contre 1 pour FO, 1 pour Sud et 1 pour l’UNSA). Dans la catégorie B, FO est devancé par SUD qui compte 3 sièges et en gagne donc un à ses dépens. Dans la catégorie C, en revanche, il y a statu quo : FO reste premier avec trois sièges.

En CTP, FO a perdu un siège et en comptabilise aujourd’hui quatre au total, obtenant un score équivalent à celui de la CGT.

D’après FO, ce recul s’expliquerait aussi par le départ, en 2009, des 2 000 agents employés à la voie publique à la ville vers la communauté urbaine Toulouse Métropole nouvellement créée.

D’ailleurs, au niveau de l’agglomération, FO reste la première organisation syndicale avec 8 sièges au total en Comité technique (CT) et CAP. Il a recueilli aussi 557 voix sur les 2 076 voix exprimées.

Le syndicat perd cependant des sièges. Au CT, par exemple, il affiche trois sièges, contre quatre aux dernières élections. « C’est la même configuration qu’en 2009, sauf que nous avons perdu une voix au profit de la FA-FPT, organisation syndicale autonome, qui a présenté pour la première fois des élus », explique Thierry Artigue, secrétaire général FO à la CUTM. En CAP, le syndicat prend toutefois trois sièges dans les groupes supérieurs dans les catégories A, B et C. « Cela est un motif de satisfaction pour nous. Par ailleurs, dans le CAP, en catégorie B, nous avons un score équivalent à la CFDT avec un même nombre de voix, soit 58. Puis, au CT, nous recueillons près de 58 % des suffrages exprimés », ajoute Thierry Artigue.

A la CGT, on affirme que la fin d’un règne s’annonce. Reste que les syndicats restent mobilisés pour préparer le passage, le 1er janvier, de la CUTM en métropole. A déjà été annoncée la fusion de trois directions pour passer de huit à cinq pôles territoriaux. La collectivité s’est donnée jusqu’à la fin du premier trimestre pour mettre en place la nouvelle organisation.
L’autre chantier demeure la lutte contre l’absentéisme.

Christiane Wanaverbecq

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