En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies pour vous proposer des services et offres adaptés à vos centres d'intérêt. OK En savoir plus X
Déposez votre CV Fournisseurs du secteur public

Logo Gazette.fr

 

Réagir

Infrastructure

Aéroport de Toulouse : la région oscille entre vigilance et colère

Publié le • Mis à jour le • Par • dans : Régions

0

Commentaire

Réagir

aeroport-toulouse-une © P. Pavani

A l'issue d'une procédure lancée en juillet, le gouvernement a annoncé, le 4 décembre dans la soirée, la victoire du consortium chinois à qui il céderait 49,9 % des 60 % de parts détenues par l'Etat dans le capital de l’aéroport de Toulouse-Blagnac. La vigilance est cependant de rigueur du côté des collectivités territoriales et acteurs économiques locaux. Même si le repreneur, qui propose un prix d'achat de 308 millions d'euros, s'est engagé à préserver l'intérêt général.

 

Au lendemain de l’annonce par le gouvernement de céder pour 308 millions d’euros à un consortium chinois 49,9 % des 60 % de parts détenues par l’Etat dans le capital de la société d’exploitation de l’aéroport Toulouse-Blagnac (ATB), les réactions ne se sont pas faites attendre.

Les collectivités et acteurs socio-économiques ont exprimé dès le début de l’opération leur opposition à une procédure lancée en juillet dernier. Mais aujourd’hui, pour la plupart d’entre eux, il s’agit de préserver les emplois et garantir le développement d’une plate-forme aéroportuaire, quatrième en France en termes de trafic, présentée par Bernard Keller, maire PRG de Blagnac, comme « le porte-avions de notre économie et de l’emploi ». Ses pistes servent en effet aussi aux essais des avions fabriqués par Airbus, dont les usines sont situées à proximité.

Appel à la vigilance - Ainsi, Jean-Luc Moudenc, maire UMP de Toulouse et président de la communauté urbaine Toulouse Métropole (CUTM), même s’il se dit « rassuré » par les engagements apportés par le repreneur pressenti pour préserver l’intérêt général, appelle à la vigilance.

En novembre dernier, aux côtés de la chambre de commerce et d’industrie (CCI) de Toulouse, actionnaire à hauteur de 25 %, ainsi que du conseil régional de Midi-Pyrénées et du conseil général de la Haute-Garonne, respectivement détenteur de 5 % des parts au même titre que Toulouse Métropole, ce dernier avait interrogé les quatre candidats présélectionnés par l’agence des participations de l’Etat.

L’audition portait sur trois points :

  1. la gouvernance,
  2. les relations sociales
  3. et la stratégie de développement.

Suite à ces entretiens, les quatre partenaires ont établi un tableau comparatif et cosigné une même lettre adressée à Régis Turrini, Commissaire aux participations de l’Etat, rappelant leurs exigences.

Soutien à des projets structurants - En termes de développement local, les trois collectivités et la CCI auraient obtenu des engagements à soutenir les grands projets structurants à venir sur l’agglomération toulousaine. Le consortium chinois serait, par exemple, prêt à participer au financement du parc des expositions qui doit s’installer au nord-ouest de Toulouse. « Ses engagements ne sont pas précisés de manière chiffrée. Mais plusieurs dizaine de millions d’euros seraient engagés», a déclaré le président de Toulouse métropole lors d’un point presse informel le 5 décembre au matin.

Opposé au départ à la cession des parts de l’Etat, il considère maintenant qu’il « faut faire avec». « Le principe de réalité doit prévaloir », a-t-il ajouté, précisant que la région, le département, Toulouse métropole et la CCI doivent continuer « de parler d’une même voix. Il faut rester unis de manière à peser sur les actions du nouvel actionnaire ».

Pacte d’actionnaires avec l’Etat - Cela devrait être possible. La majorité au sein d’ATB devrait rester publique. En effet, l’Etat promet de garder les 10,1 % de parts qu’il détient encore alors qu’il avait prévu de les céder dans un second temps. Le repreneur pressenti serait prêt à faire entrer des partenaires français, tels que la Caisse de dépôts et consignations, EDG Invest ou encore le Crédit agricole, à hauteur de 16 % au capital de la société.

Pour le président du conseil régional de Midi-Pyrénées Martin Malvy (PS), qui a milité « pour une gouvernance équilibrée », la prochaine étape consiste à bâtir « un pacte des actionnaires en y associant l’Etat».

Les collectivités et la CCI veulent aussi avoir leur mot à dire sur la rédaction des statuts de la future société qui exploitera l’aéroport de Toulouse-Blagnac. Mais avant cela et avant de confirmer le repreneur pressenti par l’Etat, doit être engagée la procédure de consultation des instances représentatives des salariés d’ATB.

Conséquences environnementales - Avec Europe Ecologie Les Verts, Jean-Louis Chauzy, président du CESER ne décolère pas. Très tôt mobilisé pour obtenir des garanties de long terme sur le foncier dédié au groupe aéronautique Airbus, il considère que « l’Etat sacrifie l’Etat et des recettes sur le long terme ».

« En choisissant le consortium chinois, l’Etat empoche 50 millions d’euros en plus par rapport aux autres offres. C’est cinq ans de recettes puisque l’aéroport apporte 10 millions de recettes par an à l’Etat », précise-t-il. Il s’inquiète aussi des conséquences environnementales, même si le repreneur pressenti s’engage à rechercher une modération des nuisances. « Le repreneur pressenti table sur un trafic de près de 20 millions de passagers en 2030, contre 7,5 millions aujourd’hui. Or, c’est un aéroport d’agglomération. Il n’y aura auccune acceptation sociale », affirme-t-il.

Qui est le repreneur chinois ?

Le lauréat de l’appel à candidature lancé en juillet dernier par l’agence de participations de l’Etat est le consortium chinois Symbiose, composé du Shandong Hi Speed Group et Friedmann Pacific Investment Group (FPIG). Pour appuyer leur candidature, ils se sont associés à SNC Lavalin qui intervient en tant que partenaire technique. Les discussions à venir définiront plus précisément le rôle de l’opérateur canadien.

Haut de page

0

Commentaire

Réagir
Publicité
Publicité

Télécharger
l'appli!

En savoir plus

Formations d’experts

Mots-clés

Thèmes abordés EconomieEquipementFinances localesFinances publiquesMobilité - transports

Régions Occitanie

0 Commentaire

Ajouter un commentaire
  1. Ajouter un commentaire

      Votre e-mail ne sera pas visible

    Conformément à la loi "Informatique et libertés" du 6 janvier 1978, vous pouvez accéder aux informations vous concernant, les rectifier ou vous opposer à leur traitement et à leur transmission éventuelle à des tiers en écrivant à : Groupe Moniteur - 17, rue d'Uzès 75018 Paris cedex 02 ou en cliquant ici.