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Education

Le nouveau plan de lutte contre le décrochage scolaire peine à convaincre

Publié le 24/11/2014 • Par Michèle Foin • dans : Actu prévention sécurité, France

Coup de communication, ou révolution ? Si les idées apportées par le nouveau plan de lutte contre le décrochage scolaire, dévoilé ce vendredi 21 novembre 2014 par Manuel Valls et Najat Vallaud-Belkacem, peuvent séduire, les moyens qui lui sont alloués font douter de son efficacité.

Un nouveau plan de lutte contre le décrochage scolaire a été annoncé ce vendredi 21 novembre 2014 par Najat Vallaud-Belkacem, ministre de l’Education nationale, lors de son déplacement dans un lycée professionnel de Lens, dans le Nord-Pas-de-Calais, en compagnie du Premier ministre Manuel Valls. Il s’agit du deuxième plan de lutte contre le décrochage depuis l’élection de François Hollande dont l’ambition est de réduire de moitié le nombre de décrocheurs d’ici à la fin de son quinquennat, alors que chaque année, 140 000 jeunes (1) sortent du système éducatif sans diplôme.

50 millions d’euros – Contrairement à Vincent Peillon, qui devait agir à budget constant, Najat Vallaud-Belkacem annonce des moyens dédiés : 50 millions d’euros par an à partir de 2015. Des fonds qui proviendront notamment de l’Europe, avec le Fonds social européen et l’Initiative pour l’emploi des jeunes : près de 95 millions d’euros ont été sollicités sur la période 2014-2020. Pierre de Saintignon, vice-président du conseil régional Nord-Pas-de Calais en charge du développement économique, des nouvelles technologies et de la formation permanente se réjouit de cette enveloppe : « Nous allons profiter de ces moyens nouveaux pour accélérer nos actions ! », espère-t-il, alors que sa région a été l’un des premiers territoires à expérimenter les plateformes de suivi et d’appui au décrocheurs (PSAD) en 2010. Plateformes dont les régions vont devenir les pilotes à compter du 1er janvier 2015.

1000 euros par établissement –Pourtant, comparés aux dépenses intérieures d’éducation (144,8 milliards en 2013), ces 50 millions d’euros font l’effet d’une goutte d’eau (0,035%). Rapportés aux 55 000 écoles et établissements publics du second degré, cela représente moins de 1000 euros par établissement. Face à ces faibles moyens dont la répartition n’a pas été dévoilée, et compte tenu de la multiplicité des actions annoncées, difficile de croire en la complète efficacité de ce nième plan (voir encadré 2 ci-dessous).

Le préventif d’abord, en théorie – Ce plan comporte en effet trois volets (voir encadré 1) : la mobilisation de tous les acteurs, et en particulier des parents dont la place est réaffirmée au nom de la co-éducation, la prévention remise au premier plan, et une flexibilité accrue pour le retour en formation des élèves décrocheurs. Si le premier axe ne peut guère être contesté et n’appelle pas de dépenses démesurées, le deuxième, en revanche pose question. « L’évolution des pratiques pédagogiques sera poursuivie afin de renforcer la prévention et le repérage dans la classe », affirme le ministère de l’Education nationale, avec à la clé, des parcours de formation initiale et continue consacrés à la prévention. Rien n’est spécifié sur le « comment » de cette mesure, hormis la référence à un MOOC dédié (cours en ligne ouvert et massif), que le Café pédagogique, site d’information dédié aux enseignants, place au rang des « bons sentiments ». « La formation continue n’est pas obligatoire ! » fait de son côté remarquer Maya Akkari, responsable du pôle éducation de la Fondation Terra Nova.

Externalisation de l’échec scolaire – D’autres mesures posent question comme celle du « tutorat adulte-élève » qui sera « encouragé » au collège et au lycée. Le ministère ne précise pas quels adultes seront concernés. Ou encore la continuité des apprentissages assurée en cas d’exclusion temporaire ou définitive de l’élève pour préparer son retour en classe. Pas un mot ici sur un éventuel effort des enseignants pour diminuer le nombre de ces exclusions, qui dans certains départements, comme en Seine Saint-Denis, a pris une telle ampleur que le conseil général a dû organiser la prise en charge des collégiens exclus temporairement au titre de la protection de l’enfance. « Les annonces du ministère sont positives, mais elles ne s’attaquent au problème de fond du décrochage : l’externalisation de la difficulté scolaire qui produit la chute de l’élève. Les enfants en grande difficulté sont sortis de la classe, regroupés via des dispositifs d’aide personnalisée. Dans le secondaire, soit l’élève dort au fond de la classe, soit il s’agite et on l’exclut ! On les envoie ensuite vers des dispositifs relais, ou faire des mini-stages de remédiation, ce qui ne fait qu’exacerber leur sentiment d’échec », s’insurge Maya Akkari.

Médecine scolaire à bout de souffle – Autre annonce qui pose réellement question, est celle du repérage des élèves en difficultés par les équipes médicales. Avec 1100 médecins pour 12 millions d’élèves, le Syndicat national des médecins scolaires et universitaires (SNMSU UNSA Éducation)prédit « l’extinction programmée de la médecine scolaire ». « 10% de la population est atteinte d’une Dys (troubles cognitifs spécifiques qui induisent des troubles du langage et des apprentissages, ndlr). Statistiquement, sur une classe de 30 élèves, cela fait trois élèves concernés, qui ne sont pas forcément diagnostiqués faute de médecins scolaires. Paris est pourtant une ville riche, mais en Réseau d’éducation prioritaire (REP), les médecins scolaires ne sont là qu’une demi-journée par semaine. Vous ne pouvez rien faire ! », témoigne Maya Akkari.

« Des groupes de prévention du décrochage (GPDS) qui rassemblent les personnels pédagogiques et éducatifs seront généralisés et renforcés de même que les référents décrochage », promet le ministère, sans détailler comment ces renforts seront organisés. Enfin, pour les « bassins à fort enjeux », non pourvus de programme de réussite éducative en matière de décrochage, le ministère veut instaurer des « alliances éducatives avec des partenaires externes ».  « Sur le papier, ces idées peuvent paraître intéressantes, mais en pratique, il est difficile de se rencontrer, prévient Maya Akkari. Comment s’accorder sur des horaires de rencontre ? Le temps du monde associatif c’est le soir tard, le mercredi, le samedi, des temps où les professeurs ne travaillent pas ». Interrogé en septembre, Guillaume Balas, conseiller régional d’Ile-de-France, témoignait justement dans nos colonnes du manque de volonté de l’éducation nationale : « Nous demandons à l’académie de la disponibilité pour mettre en place des dispositifs de lutte contre le décrochage, et cela fait un an et demi que l’on piétine. » On peut espérer que la volonté affichée de Najat Vallaud-Belkacem permettra de faire bouger les lignes sur le terrain.

école

Flickr CC by Frédéric Bisson

Les régions en demi-teinte – Reste le volet remédiation, ou « raccrochage ». Curieusement, les régions, pourtant maîtresses d’œuvre du service public régional de l’orientation (SPRO) à compter du 1er janvier 2015, sont peu mises en avant par le ministère de l’Education nationale. « La convention type Etat-région sur la priseen charge des jeunes sortant sans diplôme sera élaborée en concertation avec les Régions », stipule le ministère, comme si, à six semaines du passage de relais entre l’Etat et les régions, tout restait encore à faire. Une situation dont l’ARF ne semble pas s’émouvoir. « Les travaux se sont déroulés ! » martèle François Bonneau, président de la commission éducation de l’ARF, qui veut à tout prix rester positif. « A quelques semaines de la mise en œuvre du nouveau SPRO, porté par les régions, et alors que nous montons les différents dispositifs, cette volonté farouche de s’attaquer au décrochage nous réjouit, ainsi que les moyens qui y sont consacrés », s’enthousiasme-il.

« Droit opposable » à la formation – Mesure phare du volet concernant le raccrochage, il sera désormais permis à tout jeune de 16 à 25 ans sortant du système éducatif sans diplôme ou à minima du brevet, de bénéficier d’une durée complémentaire de formation qualifiante, dans les deux ans qui suivent la sortie du système éducatif, sous différents statuts : salarié sous contrat en alternance (contrat d’apprentissage ou contrat de professionnalisation), stagiaire de la formation professionnelle ou statut scolaire. La durée de formation est d’une année scolaire, qui peut être prolongée en fonction du bilan effectué. Or cette durée d’un an paraît insuffisante pour préparer un diplôme accessible en 2 ou 3 ans. Pour François Bonneau, il s’agirait davantage « d’affermir un choix d’orientation ou professionnel. Pour aller vers l’autonomie, une année est une période significative », plaide-t-il. Quid des moyens dédiés à cette mesure, alors que certaines filières ne peuvent déjà recevoir toutes les demandes, faute d’un nombre suffisant d’enseignants ? « Aujourd’hui, un jeune en décrochage est placé dans un CFA ou dans des filières professionnelles où il reste des places vacantes », explique François Bonneau. Donc des filières peu attrayantes pour les jeunes en réussite. On peut légitimement se demander pourquoi elles le seraient davantage pour les jeunes en situation de décrochage…

Le nouveau plan de lutte contre le décrochage en bref

  • la mobilisation de tous les acteurs avec l’organisation d’une semaine « de la persévérance scolaire » dans chaque académie, pour valoriser le travail mené tout au long de l’année. L’implication des parents sera encouragée grâce à des ateliers-débats, ou à des parcours de formation pour les parents allophones. Un numéro unique d’assistance et d’information sur le décrochage scolaire sera mis en place dans le cadre de la plate-forme de suivi et d’appui aux décrocheurs (PSAD), dont le pilotage reviendra aux régions en janvier 2015.
  • la prévention renforcée : des enseignants formés à repérer les signes de décrochage, des équipes médicales « associées dès que nécessaire dans le repérage des élèves », un renforcement de la mesure et du suivi des absences, l’accompagnement du jeune absent pour préparer son retour en classe, la désignation d’un référent décrochage dans chaque établissement, des alliances éducatives avec des partenaires externes aux compétences complémentaires…
  • un retour en formation facilité pour les décrocheurs : les jeunes en situation de décrochage auront la possibilité de valider de façon modulaire et progressive les diplômes de CAP et baccalauréat professionnel. Des passerelles seront facilitées entre les voies professionnelle, générale et technologique. Un parcours de « stagiaire de la formation initiale » sera mis en place pour les 15-18 ans risquant de sortir sans diplôme ou qualification d’un établissement du second degré, avec à la clé un parcours sur-mesure et un accompagnement personnalisé. Enfin, une sorte de droit opposable à la formation sera proposé aux jeunes de 16 à 25 ans sortis du système éducatif sans diplôme qui pourront bénéficier d’une année de formation qualifiante sous différents statuts : salarié sous contrat en alternance (contrat d’apprentissage ou contrat de professionnalisation), stagiaire de la formation professionnelle ou statut scolaire.

Depuis dix ans, les mesures se succèdent, sans succès

Les sorties précoces(2) du système scolaire, après avoir baissé régulièrement dans les années 90 stagnent depuis dix ans. Or en dix ans, les rapports se sont succédé, les recommandations multipliées. En juin 2013, l’Inspection générale de l’Éducation nationale en dénombrait 165 dans le champ des politiques publiques. En 2009, la France a fait de la lutte contre le décrochage scolaire une priorité nationale. Le plan Agir pour la jeunesse a généralisé les plateformes de suivi et d’appui aux décrocheurs (PSAD), au nombre de 360, afin de coordonner tous les acteurs locaux de la formation, de l’orientation et de l’insertion des jeunes. Un Système interministériel d’échange d’informations (SIEI) a été instauré pour faciliter le repérage des décrocheurs. En 2013, des réseaux formation qualification emploi (Foquale) ont été créés pour coordonner l’ensemble des solutions de l’Éducation nationale, tandis que l’accompagnement personnalisé des décrocheurs était confié à la mission de lutte contre le décrochage scolaire (MLDS). Pourtant le dernier diagnostic sur le décrochage scolaire rendu public en mars 2014 dans le cadre de la modernisation de l’action publique (MAP) est sans concession pour cette stratégie : objectifs peu clairs et pas assez de moyens consacrés à la prévention. De leur côté, les collectivités territoriales se sont mobilisées de manière inégale, et avec un « manque de cohérence des systèmes d’information et une mutualisation insuffisante des moyens et des données », dénoncent les rapporteurs.

Notes

Note 01 DEPP, Mesurer le décrochage : quels indicateurs ? Novembre 2013. Retour au texte

Note 02 Part des jeunes (18-24 ans) qui ne sont pas en études et n’ont aucun diplôme ou seulement le diplôme du brevet. Retour au texte

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