ARCHÉOLOGIE PRÉVENTIVE
De nouvelles fouilles visant à mettre au jour un bâtiment public gallo-romain en plein centre de Clermont-Ferrand ont débuté le 3 février, alors qu'une polémique oppose élus municipaux et archéologues sur le coût de ces recherches.
De premières fouilles, qui se sont déroulées entre janvier et novembre 2009, près de la place de Jaude, au centre de la ville, avaient permis de confirmer l’existence d’une place publique gallo-romaine et d’un marché couvert datant du IIe siècle.
Les archéologues de l’Inrap (Institut national de recherches préventives) avaient aussi découvert une partie d’un bâtiment public, composé de bassins et de latrines d’époque gallo-romaine, qui pourrait constituer des thermes, selon Frédérik Letterlé, directeur régional des affaires culturelles (DRAC) d’Auvergne.
La DRAC avait aussitôt demandé des recherches complémentaires pour découvrir l’autre partie du bâtiment, obtenant de la préfecture un arrêté d’extension des fouilles signé en décembre. Les recherches devraient durer deux mois.
Mais ce nouveau chantier a retardé la construction, par la ville, d’un important complexe commercial qui doit permettre la création de plus de 1.000 emplois, déplore Dominique Adenot (PS), adjoint à l’urbanisme de la mairie de Clermont-Ferrand.
Nous sommes très attentifs à ce que des projets porteurs d’emplois prospèrent, mais dans le respect de la loi, a riposté le préfet du Puy-de-Dôme Patrick Stefanini, lors d’une conférence de presse, défendant l’intérêt historique indéniable du bâtiment, vraisemblablement recouvert de marbre.
Deuxième grief de la mairie de Clermont-Ferrand : le coût des fouilles, qui atteindra finalement deux millions d’euros, calcule Dominique Adenot, précisant que le chantier a déjà pris trois ans de retard.
En 1995, des fouilles préventives sur une partie limitrophe avaient coûté 33 euros le mètre carré, là nous en sommes à 1.172 euros !, ajoute-t-il.
Selon les chiffres transmis par la DRAC, le coût des fouilles complémentaires est évalué à 334.122 euros TTC.
Le coût des premières fouilles, qui devait initialement s’élever à 1.051.308 euros TTC, serait finalement réduit de 10% selon M. Letterlé, sans compter les travaux de terrassement évalués à 737.000 euros par la mairie.
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MaxLeChien
04/02/2010, 11h34En l'absence de toute information précise sur ce conflit, il n'est pas ici dans mon intention de prendre position à partir des données contenues
dans cet article. Je tiens néanmoins à rappeler quelques éléments pour
que les lecteurs puissent prendre le recul nécessaire. L'archéologie préventive est une discipline dont les domaines réglementaire et législatif ont subi une évolution importante, formalisée dans les lois de 2001-2003. En 1995, les travaux parlementaires sont à peine entrepris. En utilisant la législation existante, les archéologue pratiquent l'expérimentation et développent des modèles. Vers 1995, ceux-ci persuadent les aménageurs de financer les opérations de terrain et,
avec des succès très différents selon les régions, la réalisation du rapport d'opération. Dans le même temps, une réflexion sur la documentation de fouille est engagée afin d'en permettre la conservation et les exploitations immédiate (le rapport d'opération) et ultérieure (les recherches futures). Il est très probable que l'opération de 1995 mentionnée dans cet article ne comportait pas le temps nécessaire à la rédaction du rapport, et encore moins celui indispensable à la création des banques de données des données de fouille. Son coût ne peut donc pas être comparé à une opération actuelle. Il n'est pas fait aussi clairement référence au fait que les lois sur l'archéologie soumettent notre activité au respect de l'intérêt général. C'est dailleurs à ce titre qu'est intervenu le Préfet. J'invite enfin les lecteurs à se reporter à l'article 1 de la loi de 2003 où je crois comprendre qu'il s'agit d'un rappel évident au primat de l'économie, à l'exemple de celui inscrit dans le projet de traité constitutionnel européen.
GERMAINE
04/02/2010, 11h26L'intérêt historique prime. Les fouilles impliquent certes un retard économique mais ne remets pas en cause le projet commercial. Oui, le terrassement a un coût ; ne serait-il pas intéressant d'envisager celui-ci comme le prémisce d'un parking souterrain soit en y intégrant les vestiges comme les ruines du château de Paris dans le sous-sol du Musée du Louvre, soit pourquoi pas après leur démontage si l'intérêt archéologique si prête. Au bout du compte, chacun y trouve à gagner et l'idé d'un parking en centre ville ainsi créé devrait susciter l'attention des élus.
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