Déjà inscrit(e) ?

Mot de passe oublié ?

Identifiant et/ou mot de passe non valides

Nous n’avons pas reconnu votre email, veuillez indiquer un email valide, utilisé lors de la création de votre compte.

Un message avec vos codes d'accès vous a été envoyé par mail.

Pas encore inscrit(e) ?

Inscrivez-vous pour accéder aux services de LaGazette.fr et à la gestion de vos Newsletters et Alertes.

M'inscrire gratuitement
Club RH

Déjà inscrit(e) ?

Mot de passe oublié ?

Identifiant et/ou mot de passe non valides

Nous n’avons pas reconnu votre email, veuillez indiquer un email valide, utilisé lors de la création de votre compte.

Un message avec vos codes d'accès vous a été envoyé par mail.

Pas encore inscrit(e) ?

Inscrivez-vous pour accéder aux services de LaGazette.fr et à la gestion de vos Newsletters et Alertes.

M'inscrire gratuitement

icon Club RH

Modernisation de l'action publique

Superpublic, humbles héros de l’innovation publique

Publié le 14/11/2014 • Par Sabine Blanc • dans : France, Toute l'actu RH

Superpublic, un espace à Paris dédié à l’innovation dans le secteur public, a été inauguré ce mercredi 12 novembre. Sa ligne éditoriale s’inscrit à rebours des habitudes de l’administration, forgées avec le temps. Certains de ses acteurs ont témoigné de la difficulté de faire bouger les lignes, avec sincérité et franchise, et de leur envie intacte de poursuivre cette voie dont ce lieu témoigne.

Les histoires de superhéros américains ont été inventées après la Seconde Guerre mondiale, comme exutoire aux angoisses des Etats-Unis. Dans ce sens, Superpublic, espace à Paris dédié à l’innovation publique, porté par la 27ème Région dans le cadre du programme Ré-Acteur public, inauguré ce mercredi 12 novembre, pourrait être compris comme une sorte de sauveur des malheureux usagers affrontant Dark-administration, ce vilain monstre kafkaïen, et les non moins malheureux agents qui tentent de tuer le monstre de l’intérieur.

Armé de concepts imparables et à la mode – résidence, co-construction, design de service, pluridisciplinarité, user experience… -, il balayerait les vieilles cathédrales, avec l’urbanité qui sied à ses gènes très “jeunes gens modernes”. Qui connait un peu l’univers des super-héros sait aussi qu’ils ont des failles qui font toute leur humanité et que les méchants sont parfois plus complexes que prévus.

Ce contexte délicat, sur lequel de nombreux chercheurs en sociologie de l’administration se sont déjà penchés, Superpublic les assume, comme partie intégrante d’une démarche qualifiée d“exploratoire” :

Au-delà de l’innovation “à paillettes” des salons, c’est un lieu pour la transformation, pour la résilience et le renforcement d’un secteur en situation de crise, pour la réassurance des agents, pour le partage d’une culture créative et humaniste, pour un positivisme du secteur public.

Le “public” de Superpublic doit aussi s’entendre comme “usager”, tant ce dernier est invité à jouer un rôle central et être lui-même héros-bâtisseur de l’administration de demain.

Les difficultés de cette posture ont été exprimées avec sincérité et franchise lors des retours d’expérience.

Que veulent les usagers ? – Placer les usagers au centre du design de service public, voilà par exemple une louable intention, sur le papier facile à mettre en oeuvre : il suffit d’aller à leur rencontre. Et bien patratras, “les gens n’ont pas l’habitude qu’on leur demande leur avis”, a expliqué Marie Coirié, designer, à propos de l’expérience en cours « Recherche expérimentation accueil temporaire des personnes en perte d’autonomie » dans deux départements pilotes, la Vendée et le Val-de-Marne, qu’elle présentait avec Caroline Baumgart, cheffe de projet au SGMAP.

Parler avec des “vrais” gens semble simple, il faut en fait déjà franchir ce qu’une personne du public a décrite comme “un champ de barbelés : l’accès au territoire, il y a des enjeux de pouvoirs, différents niveaux. Cela pose la question de la gouvernance : comment passer d’un ancien régime qui a plus de deux siècles à une organisation adaptée à son temps ?”

Laura Pandelle, designer membre de la 27ème Région qui a passé six mois au sein du SGMAP pour y mener “connexions innovantes”, sur l’aide et l’autonomie, le reconnait : “Je n’ai pu accomplir que 40% de ce que je m’étais fixé. Par manque de temps, je n’ai pas pu arriver à la phase prototypage. J’avais l’impression de marcher sur des oeufs en permanence. Il y avait une demande de sécurisation du projet côté agents et hiérarchie.”

Il faut dire qu’elle n’a pas choisi l’expérience la plus simple : un projet en autosaisine, interministériel, avec remaniement ministériel au milieu. “Les administrations opèrent sur un périmètre limité juridiquement”, avait précédemment précisé Caroline Baumgart, qui a constaté que “le parti pris de la méthode expérimentale est difficile à défendre : il faut accepter d’entrer dans une boite noire avec des incertitudes. Il faut être pugnace.”

Autre “handicap”, l’étiquette SGMAP, traduite par de nombreuses personnes en “l’Etat”, perçu alors comme un juge, voire un agresseur potentiel : “‘Je suis l’Etat, je viens vous poser des questions’, résume Laura Pandelle. Cela crée des tensions, même si c’est nécessaire.”

“Une dame s’attendait à voir débarquer le gouvernement, elle avait tout préparé, se remémore encore Céline Andronikos, chargée de mission au SGMAP. Les gens se décrispent ensuite en nous voyant.”

Boite à outils – Par-delà les difficultés, ces expériences permettent de dégager des bonnes pratiques qui alimentent des boites à outils. “Le parcours de dépendance est un chemin de croix, et on se place du côté de l’usager, témoignait encore Marie Coirié, et on évite donc de verser dans le technique.”

Lors d’une résidence à Cluny sur l’accès au service public en milieu rural, l’exercice du “vis ma vie” s’est montrée utile : il s’agit de faire venir un agent de Mâcon pour lui faire vivre le quotidien du médiateur du relais service public et de ses usagers et vice-versa. “Il y a de l’ignorance mutuelle”, indique Céline Andronikos. Il y a de l’ignorance tout court : ces travaux sur le terrain sont décrits comme “le choc de l’immersion”, ce qui renvoie à la question de la formation de l’administration centrale : ne faudrait-il pas que les cursus incluent davantage de stages en collectivité locale et services déconcentrés ? Qu’il y ait davantage de passerelles entre fonction publique d’Etat et fonction publique territoriale, entre ENA et INET ? Le cabinet de Thierry Mandon, le secrétaire d’Etat en charge de la Réforme de l’Etat et de la Fonction publique ne compte qu’un membre passé par des collectivités territoriales, Cédric Grail, conseiller territoire, et ce type de profil est encore rare au sein de l’Etat.

Autre point important, “avoir quelqu’un pour traduire en langage administratif”, note Laura Pandelle, et se montrer ainsi tout de suite pertinent, car la posture du Candide a ses limites.

Prendre son temps n’est pas un luxe – Contrairement à ce que l’on pourrait penser, cette démarche où l’on prend le temps de l’échange ne serait pas plus coûteuse, au contraire : “Nous faisons l’hypothèse qu’en allant sur le terrain, on gagne du temps car nous récupérons davantage d’informations et des informations différentes qu’avec des enquêtes classiques, indique Laura Pandelle. Les enquêtes faites par des cabinets conseils sont chères.”

La précision n’est pas inutile car en ces temps de serrage de ceinture, modernisation de l’action publique rime ouvertement avec économies. De ce point de vue, le travail sur l’accès aux services publics en milieu rural s’apparente à un patch pour un problème de fond, le retrait de l’Etat, dont les services déconcentrés ont été mis à rude épreuve par la RGPP, sans que sa successeur, la MAP, n’inverse la tendance.

Limites du prototypage – Reste que le prototypage n’est pas une fin en soi et que le déploiement reste l’enjeu de fond. “Comment pollenise-t-on ?”, interroge Clément Le Bras-Thomas, adjoint au secrétaire général de l’Essonne, qui précise que son département n’est pas novice en matière d’innovation. “Il faut éviter de travailler dans une boite noire, en parler dans les services, détaille Laura Pandelle qui admet : “nous n’avons aucune visibilité sur les suites.”

“Les effets sont difficilement mesurables, renchérit Céline Andronikos, mais il y a des effets qui varient selon le profil des interlocuteurs, certains sont davantage réceptifs.” Et cela ne doit pas invalider la démarche souligne Marie Coirié : “Cela permet d’avoir des témoignages, de montrer que ce ne sont pas des lubies.”

La 27ème Région (en attendant la fusion des régions)

Lancée en 2008, soutenue par l’ARF, l’Europe et la Caisse des Dépôts, la 27ème Région se définit comme “le laboratoire de transformation publique des Régions de France”. En 2009, elle a mené le programme “territoires en résidence”, en partenariat avec le SGMAP, puis en 2011, “la Transfo”, “programme expérimental” pour “prototyper avec les Régions partenaires leur propre fonction « design & innovation ».” et enfin Ré-Acteur, qui court jusqu’en 2017.

Réagir à cet article

Nos offres d'emploi

Plus de 1000 offres d'emploi !

TOUTES LES OFFRES D'EMPLOI

Aujourd'hui sur le Club RH

Nos services

Prépa concours

CAP

Évènements

Gazette

Formations

Gazette

Commentaires

Superpublic, humbles héros de l’innovation publique

Votre e-mail ne sera pas publié

Club RH

Déjà inscrit(e) ?

Mot de passe oublié ?

Identifiant et/ou mot de passe non valides

Nous n’avons pas reconnu votre email, veuillez indiquer un email valide, utilisé lors de la création de votre compte.

Un message avec vos codes d'accès vous a été envoyé par mail.

Pas encore inscrit(e) ?

Inscrivez-vous pour accéder aux services de LaGazette.fr et à la gestion de vos Newsletters et Alertes.

M'inscrire gratuitement
 
En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies pour vous proposer des services et offres adaptés à vos centres d'intérêt. OK En savoir plus X