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  • « Déléguer la culture aux seules régions est hors de question pour nous » – Madeleine Louarn

Réforme territoriale

« Déléguer la culture aux seules régions est hors de question pour nous » – Madeleine Louarn

Publié le 14/11/2014 • Par Hélène Girard • dans : France

© Christian Berthelot
Madeleine Louarn, présidente du Syndeac © Christian Berthelot
Le Syndicat national des entreprises artistiques et culturelles (Syndeac) entame le 19 novembre 2014, à l'Assemblée nationale, un cycle de rencontres dédiées aux politiques culturelles. En partenariat avec la Gazette des communes, les premières rencontres auront lieu au Palais-Bourbon, suivies de six autres en région, jusqu’au printemps 2015. Madeleine Louarn, présidente du Syndeac, explique ses objectifs. Avec, en toile de fond, la réforme territoriale en cours.

Le Syndeac ouvre le 19 novembre, à l’Assemblée nationale, une série de trois rencontres parlementaires. De quoi s’agit-il ?

Lors du débat sur la possibilité pour l’Etat de déléguer une compétence à une collectivité (1), nous avons constaté que beaucoup de nouveaux élus n’avaient pas en tête l’histoire de la décentralisation culturelle, même s’ils en sont les héritiers. Avec le député Laurent Grandguillaume (PS, Côte d’Or, membre de la commission des finances ndlr), qui fait partie de cette nouvelle génération d’élus, nous avons donc souhaité organiser un débat sur le sujet et la façon dont les politiques culturelles se construisent aujourd’hui, avec des témoignages de terrain, y compris à l’échelle des plus petits projets. D’où ces trois rencontres, qui vont avoir lieu alors que la réforme territoriale constitue un tournant. De plus, nous serons à la fin du débat budgétaire au Parlement et dans la phase de finalisation du projet de loi que prépare la ministre.

Qu’attendez-vous de ces rencontres ?

Nous souhaitons des échanges les plus libres possible entre les élus et les professionnels, artistes ou responsables culturels. Nous voulons aussi remettre les politiques culturelles en perspective, dans leurs interactions avec d’autres politiques publiques. Nous espérons ainsi renouer le dialogue avec les élus.

Cette relation est-elle si distendue ?

Ce qui m’a frappé en arrivant à la présidence du Syndeac, c’est un climat de défiance dommageable au travail que nous devons mener en commun. Nous devons être plus attentifs aux problématiques générales, au-delà du seul champ culturel. Je pense que nous avons un déficit de dialogue avec les élus, alors que nous en avons besoin au quotidien, puisqu’ils sont nos partenaires les plus proches. Nous voulons instaurer avec eux une relation plus dialectique, inscrite la durée, et qui n’ait pas lieu seulement lorsqu’il y a des frictions.

Que prévoyez-vous pour faire fructifier ces rencontres parlementaires ?

Elles déboucheront sur un second temps, constitué de six rencontres interrégionales. Il est important que les questions de politiques culturelles soient posées dans un lieu républicain comme l’Assemblée nationale : mais il nous a aussi semblé indispensable que ces débats se poursuivent dans les territoires, en nouant un dialogue avec les élus locaux.

N’y a-t-il pas un risque de répétition entre ces deux phases ?

Non, car ce second temps sera axé sur les spécificités des territoires, et il est certain qu’on y parlera de la réforme territoriale dont l’examen se poursuivra au Parlement. Partout, élus et acteurs culturels vont être en train de chercher des réponses aux questions que va faire surgir la réforme territoriale. Nous allons voir ainsi apparaître des lieux d’incubation de nouvelles formes de politiques publiques, différentes d’un territoire à l’autre. C’est pourquoi ce lien entre le cycle parlementaire, élément déclencheur, et le cycle interrégional, est très important pour nous. Les conférences territoriales prévues par la réforme seront en train de se mettre en place. Nous aussi, cela va nous obliger à élargir notre regard pour embrasser une politique plus générale, et trouver comment la culture peut s’inscrire dans ce nouvel espace de débat. La marche est haute !

Quel regard portez-vous sur l’état actuel des politiques culturelles en région ?

Incontestablement, les collectivités ont permis un incroyable développement de la culture dans notre pays. Leurs investissements financiers dans ce secteur sont déterminants. C’est pourquoi la baisse des dotations de l’Etat aux collectivités nous inquiète tant ! Car elle pourrait faire vaciller les politiques culturelles en région dans les prochaines années. Mais l’effort financier des collectivités se double d’inégalités territoriales encore importantes. L’équilibre entre les métropoles et ce qu’on appelle la ruralité est un des grands enjeux de la réforme territoriale. En soutenant la création artistique, les collectivités font des choix audacieux. Elles misent sur des artistes, avec de l’argent public, avant de savoir ce qu’ils vont faire, un peu à l’image de la prise de risque qui sous-tend le secteur de la recherche. Il faut que les élus aient une bonne dose d’abnégation pour nous suivre ! Car nous n’allons pas dans le sens des goûts majoritaires, nous ne sommes pas dans l’univers des stars, dont le chatoiement immédiat attire souvent les élus. Nous n’avons pas non plus le même calendrier que les élus, car nous faisons un travail sur le long terme, et dont la singularité permet aux territoires de se différencier. C’est aussi ce qui fait notre attraction.

Comment analysez-vous la réforme territoriale ?

La possible délégation de la compétence culture aux régions (2) nous pose un grand problème. Car, pour nous, la culture doit faire l’objet d’une vision nationale, qui s’élabore en commun avec l’ensemble des partenaires concernés. La culture doit rester cet axe transversal sur l’ensemble du dispositif, depuis l’Etat jusqu’à la commune. Sinon, la singularité des artistes risque de disparaître. La disparition de l’Etat des conférences territoriales et le fait que la région devienne son unique interlocuteur sont deux préoccupations quant à la façon dont vont se construire les délégations de compétences. Par ailleurs, l’émergence des métropoles (3) augmente notre inquiétude. Car on sait qu’elles vont constituer des pôles d’attraction intenses. Certes, on peut penser que ce n’est pas parce que certains territoires sont très bien dotés que les autres vont s’assécher. Mais vu le contexte budgétaire, il sera très difficile d’opérer un rééquilibrage en faveur des autres territoires. Le processus de la mutualisation, y compris à l’intérieur de ces pôles, risque d’abîmer la diversité culturelle. Nous risquons de voir se mettre en place de nouvelles hiérarchies cloisonnant la vie artistique. Avec d’un côté, les artistes médiatisés, et de l’autre, ceux qui font un travail de fond en relation directe avec la population. Les métropoles, les conférences territoriales, risquent d’accentuer le phénomène de hiérarchisation culturelle, qui existe de fait, mais dont nous souhaitons qu’on le limite le plus possible.

L’Association des régions de France (ARF) réclame une compétence culturelle « obligatoire et partagée ». Comment le Syndeac réagit-il à cette proposition ?

Je ne pense pas que nous mettions les mêmes choses sous les mots « obligatoire » et « partagée ». Pour nous, « obligatoire et partagé » s’applique à tous les échelons pas seulement aux régions. Comme je l’ai dit à l’instant, la culture ne peut pas se passer de la République. Déléguer la culture à un seul échelon de collectivité est hors de question pour nous. Je dis donc à l’Etat, aux départements, aux régions et aux communes : inventons une institution dans laquelle l’obligation à nous entendre autour des politiques publiques sera plus grande que ce qui peut nous nous diviser.

Une démarche à double détente

Le Syndeac a construit sa démarche sur un cycle de rencontres en deux temps, avec six espaces interrégionaux: 3 rencontres parlementaires

  • 19 novembre 2014 : les objectifs des politiques culturelles
  • 17 décembre : les acteurs des politiques culturelles
  • 21 janvier 2015 : la fabrique des politiques culturelles

6 rencontres interrégionales

  • 7 janvier 2015 : Nord-Ouest (Bretagne, Pays de la Loire, Centre), à Nantes
  • 20 janvier Nord-Est (Champagne-Ardenne, Lorraine, Alsace, Bourgogne, Franche-Comté), à Nancy
  • 3 février : Sud-Ouest (Poitou-Charentes, Limousin, Aquitaine, Midi-Pyrénées, Languedoc-Roussillon), à Toulouse
  • 17 février : Nord (Nord-Pas-de-Calais, Picardie, Haute-Normandie, Basse-Normandie), à Lille
  • 10 mars : Ile-de-France, à Paris
  • 1er avril : Sud-Est (Auvergne, Rhône-Alpes, Provence-Alpes-Côte d’Azur), à Marseille

Références

Loi n° 2014-58 du 27 janvier 2014 de modernisation de l'action publique territoriale et d'affirmation des métropoles (loi « MAPTAM »

Cet article est en relation avec le dossier

Notes

Note 01 prévue par la loi n° 2014-58 du 27 janvier 2014 de modernisation de l'action publique territoriale et d'affirmation des métropoles (loi « MAPTAM »), article 1, ndlr Retour au texte

Note 02 prévue par la loi n° 2014-58 du 27 janvier 2014  de modernisation de l'action publique territoriale et d'affirmation des métropoles (loi « MAPTAM »), article 1, ndlr Retour au texte

Note 03 prévue par la loi n° 2014-58 du 27 janvier 2014 de modernisation de l'action publique territoriale et d'affirmation des métropoles (loi « MAPTAM »), titre III, ndlr Retour au texte

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