Eau

Le barrage de Sivens a été mal étudié

| Mis à jour le 30/10/2014
Par • Club : Club Techni.Cités

Le rapport d'expertise commandé par la ministre de l'Ecologie, du Développement durable et de l’Énergie pour apaiser les tensions a rendu ses conclusions très critiques ce lundi 27 octobre. Porté par le conseil général du Tarn, le projet fait l'objet d'une forte opposition locale et nationale depuis plus d'un an. La collectivité va tenir compte des préconisations.

A Lisle-sur-le Tarn (Tarn), sur le site destiné à accueillir le controversé barrage de Sivens, le calme n’est pas revenu au lendemain de la présentation, le 27 octobre à la préfecture du Tarn à Albi, du rapport d’expertise demandé par Ségolène Royal, ministre de l’Ecologie, du Développement durable et de l’Énergie. C’est en effet au lendemain du décès d’un manifestant, survenu lors d’affrontements entre les forces de l’ordre et les opposants au projet de création d’une retenue d’eau de 1,5 million de m3 à la source du Tescou, que Nicolas Forray et Pierre Rathouis, les deux ingénieurs généraux des ponts, des eaux et des forêts diligentés par la ministre, ont donné leurs conclusions.

« Le projet de Sivens a deux finalités : tout d’abord, le soutien du débit d’étiage du Tescou, affluent du Tarn, ainsi que la dissolution des pollutions, puis, le soutien de l’agriculture. Les financements mobilisés n’ont donc pas vocation à permettre le développement de l’irrigation », a rappelé Nicolas Forray.

Besoins surévalués – Or, selon le rapport d’expertise, l’estimation des besoins a été surévaluée, le financement du projet, son affectation et les mesures compensatoires mal étudiés. Le rapport recommande ainsi notamment de « fixer le volume contractualisable de substitution à 448 000 m3 au lieu de 726 000 m3, soit un volume d’irrigation dans la retenue de Sivens de 560 000 m3 ».

Le conseil général du Tarn a pris acte des préconisations. « Le rapport a mis en évidence une sur-évaluation des besoins. Il met aussi en évidence la nécessité d’avoir des documents plus réactifs. Il demande, par exemple, que le plan de gestion soit révisé tous les cinq ans. Nous aurions peut-être mieux ajusté les besoins en eau si nous avions eu des documents de planification moins rigides », insiste Stéphane Mathieu, directeur de l’eau au conseil général du Tarn. En effet, le projet de barrage de Sivens s’appuie sur le plan de gestion des étiages, établi en 2004, puis sur le schéma directeur d’aménagement et de gestion des eaux Adour-Garonne (2009-2015). « Ces documents ont été définis avec les services de l’Etat. Le conseil général du Tarn n’avait pas compétence à faire des adaptations », poursuit-il.

Bien-fondé de l’ouvrage – Toutefois, considérant que le bien-fondé du projet n’est pas remis en cause, car il vise d’abord à « réaliser une ressource de substitution sur une vallée particulièrement touchée par une pénurie récurrente et sévère en eau », le conseil général va le modifier. Il retravaillera le projet en révisant la répartition entre les différents usages de l’eau, en améliorant les mesures compensatoires, en clarifiant les conditions de gestion et de tarification de l’ouvrage.

Pour l’heure, en attendant la vraie lumière sur les circonstances du décès du jeune manifestant survenu le 26 octobre, la Compagnie d’aménagement des coteaux de Gascogne (CACG), mandataire du conseil général du Tarn, a arrêté le chantier.

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Commentaires

1  |  réagir

29/10/2014 08h41 - Yann

Et si on revoyait la procédure d’enquête publique de façon à ce que des projets ne soient plus déclarés d’utilité publique alors qu’une majorité d’avis négatifs a été donné durant l’enquête?

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