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Droits de l'Homme

A Blanquefort, une mise en oeuvre concrète du principe de parité

Publié le 06/02/2012 • Par Sophie Le Gall • dans : Dossiers d'actualité, Régions, Toute l'actu RH

Afin de dépasser les débats conceptuels, Blanquefort a entrepris d'ancrer la parité dans le quotidien en favorisant, notamment, la mixité dans son offre de loisirs. Un projet qui passe par la formation des agents de la petite enfance et la sensibilisation du grand public.

A Blanquefort, la parité avance lentement mais sûrement, et, surtout, concrètement. Elle s’observe d’abord à de petits détails, comme les plaques de rues. Les Blanquefortais sont en effet invités à proposer des patronymes féminins afin de baptiser les bâtiments publics et nouvelles voies. On trouve ainsi une médiathèque Assia Djebar – du nom de l’écrivaine algérienne, élue à l’Académie française.

« On pourrait penser qu’il ne s’agit que de symbolique, analyse Vincent Feltesse, maire (PS) de la ville depuis 2001. Mais le symbolique présente le gros avantage de susciter le débat. Or, avant de s’appliquer, la parité a besoin de se discuter ! »

A l’origine de ce mouvement vers la parité, l’élu a composé son équipe municipale en respectant l’égalité femmes-hommes et a nommé une conseillère municipale spécifiquement chargée de ce sujet.

L’aide d’un sociologue – Avant d’engager des actions qui toucheraient directement les administrés, la ville s’est accordé le temps de la réflexion en faisant appel à l’expertise d’un sociologue, Yves Raibaud, membre du laboratoire Aménagement, développement, environnement, santé et sociétés (Ades) du Centre national de la recherche scientifique.

Ce spécialiste de la question du genre intervient dans différentes communes de la communauté urbaine de Bordeaux et analyse la réalité de la parité sur le terrain.
Ses enquêtes démontrent que les adolescentes disparaissent, statistiquement, des structures sportives collectives mixtes et ne participent plus aux loisirs de groupes dans les quartiers. Ce déficit d’apprentissage de l’espace public « expliquerait la moindre implication dans les affaires publiques de la cité, sauf au travers du bénévolat », avance le sociologue.

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Partant de ce constat, Blanquefort décide de faire avancer la parité en misant sur la mixité de son offre de loisirs. Marie-Christine Barthaburu, directrice de l’école municipale de musique et de danse, a composé une formation inédite, d’une durée de douze heures, proposée aux animateurs des accueils périscolaires et de loisirs, aux agents de restauration scolaire et aux agents territoriaux spécialisés des écoles maternelles (Atsem).

« Son objectif est avant tout d’inciter à une prise de conscience de la persistance des stéréotypes et de réfléchir sur les moyens de faire évoluer les relations filles-garçons », explique-t-elle. « Cette formation, suivie sur la base du volontariat, permet aussi d’accorder une certaine reconnaissance à des agents, comme le personnel d’entretien ménager, majoritairement féminin et peu visible », commente Vincent Feltesse.

Une formation suivie par cinquante agents – Marie-Christine Barthaburu, qui anime un des modules destinés à favoriser la mixité dans les activités artistiques, s’entoure d’intervenants aussi divers qu’une libraire spécialisée dans le livre jeunesse, Ariane Tapinos, ou qu’un docteur en sciences de l’éducation, Sylvie Ayral.
Sam Pennec, responsable des centres de loisirs de Blanquefort, confie à quel point il a apprécié de « réfléchir à la façon dont on se construit, de se rendre compte que masculin et féminin sont formatés ».

Depuis son lancement, en 2006, une cinquantaine d’agents de la ville ont suivi la formation, qui devrait prochainement être élargie aux agents du service culturel. Enthousiastes, ces convaincus de l’importance de la mixité n’en demeurent pas moins lucides.

Une programmation sur le genre accessible au grand public – Malgré sa forte implication, Marie-Christine Barthaburu reconnaît que les activités demeurent « sexuées » au sein de l’école de musique : « La batterie, c’est 90 % de garçons, et la flûte, 95 % de filles. Même si certains enfants évoquent l’envie de franchir cette barrière, ils renoncent finalement, certainement pour se conformer à ce que l’on attend d’eux. »
Elle regrette également que les instituteurs des écoles maternelles, qui ont été invités par la commune à suivre la formation, n’aient toujours pas répondu à l’appel.

Afin de faire avancer les mentalités, Blanquefort propose une programmation culturelle visant à sensibiliser à la parité, tout en restant accessible au grand public. Le programme, qui allie films, conférences et spectacles vivants, est conçu en s’appuyant sur les ressources du réseau départemental Mixité, Parité, Genre – qui regroupe associations des droits de la femme, fédérations d’éducation populaire, représentants des administrations et collectivités locales -, et bénéficie de la contribution des équipes municipales de la médiathèque et du centre culturel.

Fin 2011, l’équipe de programmation a misé sur l’interaction en faisant appel à la Compagnie Sans Titre. Après avoir assisté à la représentation, collégiens et lycéens étaient invités à participer à des ateliers d’écriture, animés par les artistes eux-mêmes, sur le thème du genre et de la construction de l’identité sexuelle.
Le bilan de cette programmation est, lui aussi, placé sous le signe de la lucidité. « Les conférences, qui ont pour fonction d’approfondir la réflexion, ont un succès très limité… Sauf si nous misons sur une personnalité. Décidément, il est difficile de sortir des sentiers battus ! » remarque Marie-Christine Barthaburu.

Une offre «sexuée» aux conséquences néfastes

Les différents travaux menés par le sociologue Yves Raibaud (*) convergent vers la même conclusion : les filles désertent les équipements publics à partir de la classe de sixième. Le sociologue avance l’hypothèse que les collectivités composent leur offre de loisirs en s’adressant en priorité aux garçons, l’objectif sous-jacent étant « de canaliser leur énergie, voire leur violence ». Une fausse bonne idée, puisque cette offre « sexuée » perpétuerait le stéréotype des « filles à la maison » et favoriserait « le sexisme et l’homophobie ». Le spécialiste rappelle que « lorsqu’une structure est fréquentée à part égale par les hommes et les femmes, le sentiment de sécurité est plus fort pour tout le monde ».

Elle propose

« Une question qui suscite, enfin, l’intérêt »

Marie-Christine Barthaburu, directrice de l’école municipale de musique et de danse

J’agis en faveur de la parité en direction de différents publics. J’ai conçu la formation que nous proposons au personnel de la petite enfance, j’anime une programmation culturelle axée sur cette thématique et, enfin, je tente de faire avancer la parité au sein de l’école de musique et de danse en facilitant la mixité des activités. Le chemin vers la parité est long et ardu, mais je remarque, depuis deux à trois ans, des signes encourageants. Quand j’assure la communication des événements que j’organise, je suis écoutée avec sérieux, alors qu’auparavant j’essuyais des sourires entendus.

Elle applique au quotidien

« Des changements qui ne sont pas des détails »

Cécile Gelie, directrice d’un centre municipal de loisirs pour enfants de maternelle

Quand la ville nous a proposé une formation sur la question de la parité, je me suis dit où cela va-t-il me mener ? car je ne voyais pas d’applications immédiates. Mais, grâce à la diversité des intervenants, j’ai compris comment diffuser concrètement ce principe. Avec mon équipe, nous avons agencé différemment l’espace de jeux, en privilégiant la mixité. Nous avons également révisé notre choix de livres, avec la bibliothèque municipale. Nous ne freinons plus une fillette qui voudrait participer à une activité au motif qu’elle se retrouvera entourée de garçons. Et nous ne disons plus un garçon, ça ne pleure pas.

Il analyse

« S’interroger, c’est agir »

Yves Raibaud, sociologue, laboratoire Ades du Centre national de la recherche scientifique

Je connais bien Blanquefort pour y avoir été animateur, puis directeur de l’école de musique. J’ai donc naturellement intégré la commune à mes travaux de recherche successifs. Actuellement, trois villes, dont Blanquefort, financent une nouvelle étude de mon équipe sur la mixité dans les équipements de loisirs destinés au public jeune et sur la parité au sein du personnel d’animation de ces lieux. Nous savons déjà que, dans l’agglomération de Bordeaux, les locaux de répétition de musiques actuelles sont fréquentés à 80 % par des garçons. Chaque étude permet de prendre la mesure des inégalités, d’en débattre, et d’aider à la décision afin d’impulser le changement.

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