Circulation

Le nouveau plan de circulation des camions à Rouen ne passe pas

Par • Club : Club Techni.Cités

Les transporteurs portuaires sont opposés à l’interdiction qui leur est faite d’emprunter les quais hauts rive gauche de la Seine. De son côté, la municipalité ne veut rien lâcher arguant de problèmes de sécurité et de considérations environnementales.

A Rouen, la circulation des poids lourds continue de faire débat. Dernier épisode ? La parution dans Paris Normandie d’une lettre ouverte adressée à Yvon Robert (PS) et Frédéric Sanchez (PS), respectivement maire et président de la communauté d’agglomération de Rouen. Dans cette missive en date du 4 octobre, l’union portuaire rouennaise (UPR) s’insurge contre le sort réservé aux poids lourds suite à la réouverture du pont Mathilde, axe routier structurant à l’échelle de l’agglomération. Après plusieurs mois de concertation, les deux élus socialistes ont en effet décidé d’interdire le trafic sur les quais hauts rive gauche de la Seine Seule reste autorisée une desserte locale résiduelle pour des activités situées à l’intérieur de la ceinture des boulevards.

« Mortifère pour l’économie » – Les poids lourds qui desservent la zone portuaire se voient contraints, eux, à un détour par l’est et le sud de Rouen, avec une rallonge maximale de 18 kilomètres. « Cette décision est mortifère pour l’économie rouennaise », assène Pierre-Marie Hébert, directeur de l’UPR qui évoque déjà le départ probable d’une entreprise pénalisée par cette mesure. L’organisme qu’il dirige demande à ce que les collectivités locales reviennent sur leur décision. L’UPR – 130 entreprises et 18 000 emplois – veut pouvoir maintenir le passage d’environ 500 camions par jour pour la desserte de l’amont du port de Rouen. « Ce qui revient déjà à acter une diminution du trafic global de camions de l’ordre de 75 % », indique le directeur de l’UPR pour insister sur la bonne volonté des transporteurs. Mais la ville de Rouen persiste.

Une zone restreinte pour la desserte locale – « Nous avions demandé à l’UPR qu’il nous propose une méthodologie qui permette de distinguer les camions autorisés et ceux qui ne le sont pas, explique Alexandre Canet, directeur de cabinet du maire. Malheureusement, ça n’a pas été le cas. » Fin août, le maire de Rouen a donc défini lui-même une zone restreinte pour la desserte locale. Ce choix semble aussi se justifier à l’aune de nouveaux éléments rendus publics ces derniers jours au sujet de l’ouvrage d’art qui soutient les quais hauts rive gauche, en-dessous duquel passent des voies ferrées desservant le port. Selon une récente étude pilotée par RFF, la structure de l’édifice présente des signes de faiblesse à certains endroits et des mesures de protection sont à prendre. « Notamment une restriction de circulation pour les véhicules de plus de 3,5 tonnes y compris pour la desserte locale ou les transports en commun », détaille le directeur de cabinet. Il est donc très peu probable que l’on croise à nouveau des camions sur les quais hauts rive gauche. « Si cette interdiction totale se confirme, nous demandons la réouverture des quais bas ou alors l’utilisation des voies ferroviaires pour le trafic routier », lance déjà Pierre-Marie Hébert.

« Santé publique » – Difficile de l’imaginer : cette partie des quais est aujourd’hui en pleine transformation, elle doit accueillir des espaces de promenades et de loisirs incompatibles avec le passage de camions. « Nous allons dans le sens de l’histoire, celle d’une disparition des poids lourds du centre-ville », estime Alexandre Canet. « Il s’agit d’une question de santé publique », abonde, de son côté, Cyrille Moreau, président du groupe des élus EELV à la communauté d’agglomération. A Rouen, plusieurs études ont démontré le lien entre de fortes concentrations en particules fines et la survenance de certains cancers. « Cela représente 110 morts par an, les camions ne sont pas seuls responsables de ces émissions mais ils y participent de manière importante », estime l’élu écologiste.

En tout état de cause, la majorité municipale de gauche ne semble pas disposée à lâcher du lest. Et le bras de fer se profile. « Nous ne renoncerons pas, prévient Pierre-Marie Hébert. Cela peut se passer dans la bonne, ou bien, la mauvaise humeur… » Entre les lignes, il laisse entendre que des actions « coup de poing » ne sont pas à exclure.

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