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Culture

Une étude montre que les publics des festivals se renouvellent – Entretien avec Emmanuel Négrier, Directeur de recherches au CNRS

Publié le 15/01/2010 • Par Hélène Girard • dans : A la une, France

Silhouette dans la foule
Getty Images
Dans une étude réalisée pour France Festivals, fédération française des festivals internationaux de musique, Emmanuel Négrier, directeur de recherches au CNRS, trace les contours sociologiques des publics fréquentant ces manifestations. Autant d’indications qui corrigent sensiblement l’image traditionnelle du festivalier.

Dans votre étude, vous constatez un renouvellement des publics fréquentant les festivals. Est-ce une surprise ?

En tant que tel, lorsque l’imprimante a fait ressortir ce chiffre de nos 24000 questionnaires, la surprise a été assez grande. Elle a cédé la place à une énorme curiosité : quel est ce nouveau public ? En quoi est-il nouveau ? À cette période, les premiers résultats de l’enquête sur les pratiques culturelles des français commençaient à être connus, et semblaient constater une assez grande stabilité du rapport aux institutions culturelles. Donc, ce nouveau public posait question : n’était-il nouveau que statistiquement, mais dans la norme pour ses caractéristiques sociales et générationnelles ? Ou était-il différent de ce point de vue ? Nous avons découvert que le nouveau public était à la fois plus jeune et plus ouvert socialement, et ce dans les trois grands registres que nous avions isolés : musiques savantes, musiques actuelles, danse.

Avez-vous eu d’autres surprises ?

L’idée d’un public fidèle et l’antienne du « toujours-les-mêmes » constituaient la première idée fausse. La seconde image d’Épinal du festivalier, c’est sa pratique du festival : intensive, elle est celle d’un omnivore en un temps resserré, celui du festival. En réalité, nous constatons un nombre très importants de publics d’un seul spectacle : 39% ! Si on ajoute ceux qui assistent à moins de 15% de la programmation, on est déjà presque aux deux tiers des publics ! Ceux qui assistent à plus de la moitié de celle-ci ne sont que 5% des publics. Or, c’est sur ces derniers, en général, que repose cette image, presque romantique, du festivalier dévorant une offre artistique au détriment passager de son sommeil ou de toute autre activité.

Une même manifestation peut-elle cumuler les trois stratégies des festivals que vous décrivez au début de l’étude (fidélisation, renouvellement, développement de publics spécifiques) ?

Dans l’idéal, chaque festival doit mener de front une politique de fidélisation, afin d’accrocher les publics déjà venus, mais aussi une politique de renouvellement, dont on a vu qu’elle était cruciale, et enfin une politique de développement ou de création de publics. Sur ce dernier point, il est vrai que les festivals, structures éphémères dans l’année, ne sont pas les mieux armés pour aller chercher des « publics empêchés », car cette activité suppose, on le sait, beaucoup d’énergie, une présence sur le temps long, une capacité de médiation territoriale. Mais nous notons qu’un nombre croissant de festivals ressentent le besoin d’aller vers ce type d’actions.

Quelles grandes conclusions retirez-vous de cette étude quant à l’avenir des festivals en France ?

Pour parler d’avenir – et vous savez que les sociologues rechignent à se transformer en prévisionnistes – il faut à la fois tenir compte de la connaissance des publics et de celle des capacités d’action des festivals. 52% des ressources des festivals sont fournies par les pouvoirs publics, en grande partie par les collectivités territoriales. Que va-t-il en advenir dans la réforme annoncée ? Il y a là des sources d’incertitude nouvelles, même s’il ne semble pas que la culture soit concernée par une limitation de la clause générale de compétence.

Quels enseignements pour l’avenir un organisateur de festival ou une collectivité accueillant un festival peuvent-ils retirer de votre étude ?

L’idée majeure que l’organisateur de festival, en général, peut retirer de cette étude est qu’il n’est pas vain de prétendre renouveler, quantitativement et qualitativement, son public. On aurait pu croire, selon un pessimisme assez en vogue en France, que rien de nouveau ne pouvait poindre sous le soleil, que l’offre artistique était monopolisée par une catégorie sociale, ou un groupe générationnel. En réalité, les jeux sont plus ouverts que cela, plus paradoxaux aussi. Il y a du travail pour les festivals, parce que la marge d’innovation existe.

L’importance des publics de connaisseurs conduit-il à penser que les festivals ne constituent pas la première porte d’entrée vers les pratiques culturelles et qu’en conséquence ils ne constituent pas vraiment un outil de démocratisation ?

C’est toujours la question ! Sur quoi porter le regard ? Si l’on considère ces 42,5% de pratiquant (actuels ou passés, je précise) on peut croire à un écart considérable avec les pratiquants parmi les français (autour de 25%). Si l’on considère que ces pratiquants sont à la fois minoritaires et très divers socialement, alors on en tire une leçon d’ouverture. Il en est de même pour les connaisseurs : il y a déjà une marge entre les identifier comme « connaissant déjà l’artiste ou l’oeuvre » et comme « connaisseurs » (qui renvoie à une dimension qualitative du rapport de connaissance). Mais si l’on considère la forte minorité (autour de 30%) qui vient au festival sans connaître ni l’un ni l’autre, on peut insister sur l’importance numérique de la curiosité !

L’importance du public de proximité conduit-il à relativiser, voire remettre en question les retombées des festivals en matière de développement touristique ?

Cela conduit à relativiser cette dimension, en effet, mais cela milite en faveur d’une vraie réflexion sur la place du critère « retombée ». Lorsque nous examinons, dans une région, 19 festivals et que la retombée économique par euro varie de 0,6 à 20 euros, on se dit que le critère de « rentabilité territoriale » à courte vue ne peut être un critère de décision culturelle. Ce classement ne montre, ni que les plus « rentables » sont plus intéressants au plan artistique, ni l’inverse. Le pire, à mon avis, serait de transformer l’indicateur-retombée en critère de reconnaissance culturelle.

En conclusion, à la lumière de cette étude, peut-on dire que les festivals constituent une pratique culturelle un peu à part ?

Sur certains aspects, la pratique festivalière apparaît singulière. Les chiffres de renouvellement, d’intermittence de pratique, d’achat à l’unité, d’accompagnement et de dépenses, nous montent un public des festivals qui ne se laisse pas recouvrir par une lecture sociologique du public en général. Par ailleurs, on doit constater, en croisant participation festivalière et pratiques culturelles dans l’année que nous sommes tout de même bien dans une société qui perpétue l’inégal accès à la culture, et donc aux festivals, même si ceux-ci sont moins l’archétype de cette inégalité que, parfois, son exception.

Références

Téléchargez la synthèse de l'étude d'Emmanuel Négrier Les publics des festivals

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