Fermer

Déjà inscrit(e) ?

Mot de passe oublié ?

Identifiant et/ou mot de passe non valides

Nous n’avons pas reconnu votre email, veuillez indiquer un email valide, utilisé lors de la création de votre compte.

Un message avec vos codes d'accès vous a été envoyé par mail.

Pas encore inscrit(e) ?

Inscrivez-vous pour accéder aux services de LaGazette.fr et à la gestion de vos Newsletters et Alertes.

M'inscrire gratuitement

Menu

Déjà inscrit(e) ?

Mot de passe oublié ?

Identifiant et/ou mot de passe non valides

Nous n’avons pas reconnu votre email, veuillez indiquer un email valide, utilisé lors de la création de votre compte.

Un message avec vos codes d'accès vous a été envoyé par mail.

Pas encore inscrit(e) ?

Inscrivez-vous pour accéder aux services de LaGazette.fr et à la gestion de vos Newsletters et Alertes.

M'inscrire gratuitement

Open data

OpenStreetMap, le “hors-bord de l’information géographique”, fête ses dix ans

Publié le 05/09/2014 • Par Sabine Blanc • dans : France

Entretien avec Christian Quest, le président de l'association OpenStreetMap France, à l'occasion des dix ans de ce projet de base de données géographiques libre que les collectivités locales commencent à s'approprier.

Comme Wikipedia, la base de données géographiques libres OpenStreetMap (OSM) fait partie des grands projets collaboratifs sur Internet qui démontre l’intérêt d’une telle démarche. Certaines collectivités l’intègrent désormais, ou des services publics. OSM souffle ses dix bougies, ce 8 septembre en France. A cette occasion, entretien avec Christian Quest, président de l’association qui coordonne l’activité des contributeurs français, et nouvelle recrue d’Etalab, la mission chargée de l’ouverture des données publiques en France.

OSM fête ses dix ans. Quelle est la particularité de la communauté française ?

La communauté comprend un noyau dur très actif, même si elle n’est peut-être pas très nombreuse en termes de contributeurs. L’Allemagne doit en avoir trois fois plus. Son bagage technique est d’assez haut niveau, c’est pour cette raison que nous avons développé des outils et une infrastructure. Nous avons aussi une culture de l’associatif et du bénévolat qui joue dans notre capacité à se structurer, à financer des machines et à monter des projets. C’est d’ailleurs pour cela que nous avons créé une association, OSM France : beaucoup de projets ne peuvent être envisagés qu’à partir du moment où nous avons une existence légale.

Quel est le profil des contributeurs ?

Il y a donc ce petit noyau dur très actif d’informaticiens, de geeks, de libristes. Il existe aussi beaucoup d’autres contributeurs avec lesquels nous avons moins de contact direct car ils contribuent de façon autonome. Leur profil est très varié : des retraités qui font ça comme passe-temps, des gens qui viennent à la cartographie pour d’autres raisons que la cartographie. Il peut s’agir de passionnés du petit patrimoine – certains cartographient tous les pigeonniers -, des communautés liées à des pratiques sportives : les cyclistes qui sont, je pense, surreprésentés par rapport à la population, les randonneurs… Moi-même, je me suis mis à OSM car je faisais de la généalogie.

Quels sont vos grands projets ?

Le découpage des communes fait partie des projets achevés, nous avons mis cinq ans pour tracer ces limites avec la précision du cadastre. Les autres ont beaucoup trait aux adresses, au nom des routes, des rues. BANO (Base d’Adresses Nationale Ouverte, lancée au printemps dernier) nous permet de collecter une grosse masse d’informations qui nous aide en même temps à détecter des manques dans les données OSM et de les combler : dans les adresses collectées auprès du cadastre, on relève que telle rue est à tel endroit et nous ne l’avons pas dans la base. Des graphiques nous permettent de voir le taux de rapprochement entre les adresses de BANO et les noms de rue d’OSM et nous observons la courbe s’améliorer de jour en jour.

Vos relations avec les gros acteurs institutionnels comme l’IGN sont assez houleuses. Sur quels points avancez-vous ? D’autres sont-ils irréconciliables ?

On avance, pas forcément à la vitesse à laquelle nous souhaiterions avancer, mais l’IGN est un grand paquebot, nous sommes un petit hors-bord. Ils ont toute une lourdeur administrative, des contrats d’objectif sur trois ans.

Pendant un moment, l’IGN n’a pas forcément compris la démarche d’OSM et nous a vu comme un concurrent, d’une certaine façon dangereux par rapport à leur activité commerciale, car nous ne vendons rien, nos données sont gratuites.

Depuis, la situation a évolué, ils comprennent mieux la démarche citoyenne, et il y a une vraie volonté de se rapprocher et de trouver un maximum de synergie. Sur BANO, par exemple, je pense que nous allons vraiment pouvoir avancer ensemble. Dans un sens, cela peut leur retirer une épine du pied avec la BAN ; cela fait tellement longtemps qu’on en parle et elle n’existe toujours pas. Si BANO et donc une collaboration avec OSM permet de rattraper le retard sans que l’IGN mette beaucoup d’énergie et de moyens, leurs équipes y gagnent.

Dans les mois qui viennent, nous allons de nouveau nous rencontrer au niveau de la direction générale, mais nous avons déjà installé un rythme régulier de rencontres techniques. Nous échangeons sur nos méthodes de travail, nos outils, les données, leur historique, la collecte collaborative. Nous nous enrichissons de part et d’autre de cultures différentes. C’est une belle ouverture d’esprit. L’IGN aurait pu se fermer, nous aussi. Ils ont compris qu’on ne leur veut pas du mal, qu’on veut collaborer et eux comprennent de plus en plus l’intérêt qu’ils ont à collaborer.

Comment les collectivités locales s’approprient OSM ?

C’est très variable. Certaines sont des convaincues, d’autres le sont moyennement, d’autres encore restent à convaincre. Il reste des réticences sur le côté complètement ouvert, collaboratif, tout le monde peut contribuer, faire n’importe quoi, ça fait un petit peu peur.

Nous avons des arguments pour montrer que le résultat est correct, parfois très bon voire meilleur que certaines données de référence. Nous expliquons aux collectivités réticentes que des gens sérieux comme la gendarmerie nationale, la police nationale, des SDIS, des SAMU utilisent des données OSM car ils ont compris que le rapport bénéfice/risque était en faveur d’OSM.

Il y a un point que beaucoup d’utilisateurs de données géographiques commencent à comprendre, y compris l’IGN, c’est que les “données de référence” sont le fruit d’un processus long pour que les données rentrent dans le tuyau et en ressortent. On peut dire qu’elles étaient bonnes quand on les a mises dedans mais entre-temps beaucoup de changements ont déjà eu lieu sur le terrain. Il faut trouver un juste équilibre entre une mise à jour beaucoup plus rapide et peut-être un peu moins contrôlée et une mise à jour de données hypercontrôlées mais avec des cycles incompatibles avec les usages. Il y a beaucoup d’usages pour lesquels il est plus important d’avoir des données très fraîches, quitte à ce qu’il y ait quelques erreurs, plutôt que des données vérifiées qui ont trois ans. Les collectivités réfléchissent davantage en termes d’usage car elles ont désormais le choix.

Vous auriez des exemples d’usages par les collectivités ?

Beaucoup de choses se passent dans le Vauclause avec la CCI. Le Samu de Normandie avance aussi, ou encore des SDIS. Le projet BANO surtout invite beaucoup de gens à considérer OSM autrement, de par sa dimension exhaustive sur une bonne partie du territoire et son processus de constitution clairement documenté. Ceux qui ont pu comparer BANO avec d’autres bases de données d’adresses ont été surpris de la qualité du résultat et surtout du peu temps que cela nous a pris.

Qui pousse à utiliser OSM ?

Il peut s’agir de contributeurs qui font un peu de lobbying, pour une alternative à des solutions de type Google Maps, plus que Géoportail, qui est rarement utilisé, même par des collectivités.

On observe aussi une prise de conscience générale par rapport à l’hégémonie de Google qui joue en notre faveur.

D’autres adhésions tiennent à des choix beaucoup plus fondamentaux. Quand une collectivité entre dans une démarche open data, c’est qu’elle a compris l’intérêt des biens communs, du partage, du collaboratif, etc. Du coup, aller vers OSM est un pas facile et naturel. Montpellier a été la première collectivité à publier des données OSM sur son portail. Ils ont publié leurs jeux de données et quand des gens leur ont demandé les emplacements des distributeurs de billet, des données que la ville ne possède pas, au lieu de leur dire “on ne les a pas”, ils les ont extraites sur l’agglomération de Montpellier, et les ont mises sur le portail (et d’autres depuis, ndlr).

OSM reste plus difficile à utiliser que Google Maps, n’est-ce pas encore un obstacle à son utilisation plus large dans les collectivités ?

OSM, effectivement, n’a pas d’offre de service. Nous proposons des données et des outils pour les exploiter librement. Ceci permet une grande indépendance que ne permettent pas des offres centrées uniquement sur de la fourniture de service.

Mais il n’est pas si difficile d’utiliser OSM, il faut juste se documenter un petit peu. Insérer une carte personnalisée sur son site se fait en quelques clics avec notre outil uMap.

Quels chantiers aimeriez-vous faire avancer avec les collectivités locales françaises ?

A titre personnel je suis à fond sur BANO en ce moment, et depuis quelques mois déjà. Mais il y aura d’autres projets qui ont trait à l’information géographique.

C’est un projet où les collectivités ont un grand rôle à jouer. Elle produisent ces données adresses car elles en sont les créatrices au niveau des communes, mais les échelons suivants sont des réutilisateurs très importants.

Il y a d’autres projets naissants qui prennent de l’ampleur comme le recensement des Points d’Eau Incendie (osmhydrant.org), ou les défibrillateurs, les ERP, l’accessibilité pour les personnes handicapées (wheelmap.org), etc.

C’est la richesse d’OSM : un projet multi-thématique où chacun peut trouver un sujet qui l’intéresse, le passionne et collaborer à la création d’un bien commun utilisable par tous.

Cet article est en relation avec le dossier

Réagir à cet article

Nos offres d'emploi

Plus de 1000 offres d'emploi !

TOUTES LES OFFRES D'EMPLOI

Aujourd'hui sur les clubs experts gazette

Nos services

Prépa concours

CAP

Évènements

Gazette

Formations

Gazette

Fournisseurs public expo Public Expo

Commentaires

OpenStreetMap, le “hors-bord de l’information géographique”, fête ses dix ans

Votre e-mail ne sera pas publié

Déjà inscrit(e) ?

Mot de passe oublié ?

Identifiant et/ou mot de passe non valides

Nous n’avons pas reconnu votre email, veuillez indiquer un email valide, utilisé lors de la création de votre compte.

Un message avec vos codes d'accès vous a été envoyé par mail.

Pas encore inscrit(e) ?

Inscrivez-vous pour accéder aux services de LaGazette.fr et à la gestion de vos Newsletters et Alertes.

M'inscrire gratuitement
 
En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies pour vous proposer des services et offres adaptés à vos centres d'intérêt. OK En savoir plus X