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Fonction publique

Ces fonctionnaires qui lâchent la gauche pour le Front national

Publié le 04/09/2014 • Par Hugo Soutra • dans : A la une, France, Toute l'actu RH

Scrutin après scrutin, le Front national ne cesse d'améliorer son score auprès des fonctionnaires, au détriment de la gauche qui avait jusqu'à peu leurs faveurs. Dédiabolisation du FN, immigration, néolibéralisme, précarité ou manque de reconnaissance, etc : les raisons ne manquent pas pour expliquer ce phénomène. Si bien qu'au début de l'été 2014, la ministre de la fonction publique Marylise Lebranchu a officiellement fait appel à deux chercheurs en sciences sociales pour se documenter sur un sujet certes délicat mais néanmoins d'ampleur.

Longtemps tabou ou insignifiant, le vote Front national parmi les fonctionnaires est devenu un sujet de préoccupation majeur. Traditionnellement plus enclins à voter à gauche, les salariés du secteur public tendent désormais à copier le comportement électoral de la majorité des Français : ainsi, selon un sondage OpinionWay, ils seraient 23% à avoir glissé un bulletin FN lors des européennes de mai 2014, contre 25% à l’échelle du pays.

Déjà alertée par la journée unitaire puis le communiqué commun de plusieurs syndicats de la fonction publique (CGT, FSU, Solidaires notamment) aux alentours des élections municipales, Marylise Lebranchu ne cache plus son inquiétude. Début juillet, la ministre de la fonction publique est même allée jusqu’à convier à son cabinet deux chercheurs en sciences sociales, l’un spécialiste de la fonction publique et l’autre du Front national.

Catégorie C rime avec précarité et FN – Préférant s’appuyer sur les résultats de l’élection présidentielle 2012 (1), Luc Rouban et Joël Gombin lui ont démontré, chiffres à l’appui, la désaffection des fonctionnaires pour les partis modérés, de gauche comme de droite, et leur adhésion croissante aux thèses du Front national.

Ce cheminement électoral se vérifie dans l’ensemble des fonctions publiques (Etat, territoriale, hospitalière, entreprises publiques) mais également dans toutes les strates hiérarchiques, quel que soit le niveau de diplôme des agents publics. Il est tout de même plus marqué chez ceux n’ayant pas suivi d’études supérieures qui sont aussi, généralement, les plus précaires, et les fonctionnaires de catégorie C.


Élus, chercheurs, syndicalistes, chacun y va de sa propre interprétation pour expliquer ce phénomène. « Le FN est un parti qui a un langage de défense absolu des fonctionnaires, y compris des enseignants », propose Marylise Lebranchu dans Libération. A l’entendre, le gouvernement a pris conscience du virage à 180° de Marine Le Pen, qui ne revendique plus le titre de « Reagan français » que s’attribuait son père partisan du démantèlement de l’Etat.

« Il n’est pas interdit de penser que le passage d’un discours néo-poujadiste, pour ne pas dire anti-fonctionnaires, à la défense – au moins rhétorique – des services publics par Marine Le Pen a réconcilié le FN avec une partie de la fonction publique. Néanmoins, l’enjeu déterminant pour l’ensemble de l’électorat  frontiste reste encore et toujours l’immigration », rectifie Joël Gombin.

Rejet des usagers précaires – Parmi les agents publics les moins diplômés – ceux en charge de l’exécution des tâches –, 67% des sondés (voir méthodologie(2)) considéraient en 2012 qu’il y avait trop d’immigrés, contre 45% des cadres censés les diriger. Le rejet de l’islam va également croissant.

Rien d’étonnant dès lors à ce que la tolérance des fonctionnaires de plus en plus précaires diminue vis-à-vis des usagers en difficulté – dont les immigrés constituent une part non négligeable. « Plus on est en contact direct avec les bénéficiaires des services publics, plus la probabilité de voter FN est élevée », note d’ailleurs ce spécialiste des dynamiques de l’extrême-droite.


« Point de contact entre l’action publique et la misère sociale, surtout en période de crise », Luc Rouban n’est aucunement surpris que ce soit « derrière les guichets des caisses de la Sécurité sociale, à l’hôpital ou dans les services sociaux » que l’on retrouve le plus de fonctionnaires frontistes.

Lui-même ancien agent territorial, le maire (FN) d’Hayange, Fabien Engelmann évoque pour sa part une « prise de conscience : lorsque votre pays dépense des milliards pour l’immigration, mais que le prolétaire balayant les rues n’a pas le droit aux bons alimentaires du CCAS, il y a un problème quelque part. »

Le terreau fertile de la réduction des dépenses – Faisant en creux l’apologie de la préférence nationale, cet argument déployé par le FN ne convainc pas les centrales syndicales surtout préoccupées par le contexte budgétaire. La réduction des dépenses publiques « imposée par Bruxelles » selon FO Territoriaux assurerait un terreau fertile pour Marine Le Pen.
« La montée du Front national n’a rien d’inéluctable. Mais il est plus qu’urgent que le pouvoir en place mène enfin une politique en rupture avec les dogmes libéraux en vigueur depuis trop longtemps »sonne l’UGFF-CGT.

Du non-remplacement de postes et de son impact sur la mobilité professionnelle jusqu’à la régression du pouvoir d’achat, les causes propres à la fonction publique seraient légion. « Le blocage du point d’indice n’est pas de nature à réconcilier les catégories B et C avec le gouvernement », confirme par exemple Joël Gombin, qui poursuit : « reste que cette doxa est inattaquable tant que l’exécutif privilégie la seule politique de l’offre. »

Rupture entre les fonctionnaires et le politique – Autre hypothèse d’explication : en dépit de la précarisation accrue des fonctionnaires, l’idée d’une fonction publique pléthorique et privilégiée persiste et demeure ancrée profondément dans l’imaginaire commun.

Preuve en est : la fonction publique est souvent présentée comme la première variable d’ajustement des candidats lors des campagnes électorales, malgré (ou à cause ?) de leur proximité avec les administrations. Loin de la reconnaissance que certains agents publics réclament pour leur rôle d’amortisseur de la crise économique…

Le « tous pourris » gagne l’Etat – « Le lien entre le politique et ses agents s’est, dans le meilleur des cas, distendu, et parfois rompu » reconnaît Marylise Lebranchu,  qui ne fait pas d’ambages sur la dégradation des relations élus/administrations.

Là encore, les chiffres recueillis par Luc Rouban à l’issue de la présidentielle 2012 parlent d’eux-mêmes. Ils font écho au discours « tous pourris » du Front national : 61% des agents publics considèrent qu’une minorité s’est accaparée l’Etat et le conduit selon ses propres intérêts, 82% pensent que l’Etat gaspille l’argent des contribuables, tandis que 9% des fonctionnaires se classent parmi les pauvres, contre moins de 1% en 2002.

Les fonctionnaires, un électorat stratégique ciblé par le FN

En raison de leur nombre et de leur poids électoral, de leur politisation et de leur moindre abstention ou encore de leur position de têtes de réseaux, les fonctionnaires ont de tout temps représenté une cible électorale pour les stratèges politiques.

Jusqu’à peu, les partis de gauche bâtissaient l’essentiel de leurs succès électoraux sur les salariés du public, qui le leur rendaient bien. Pour des raisons idéologiques évidentes – les fonctionnaires étant plus rétifs que leurs homologues du privé au capitalisme – mais aussi pragmatiques : « les gouvernements de gauche étaient plus favorables aux fonctionnaires sur le plan budgétaire et soutenaient sans faille l’Etat-providence », explique Luc Rouban.

Adhésion au discours du FN – En faisant évoluer sa doctrine idéologique, la gauche de gouvernement a toutefois modifié sa sociologie électorale et perdu un « bastion ». Y compris chez les professeurs, le vote des fonctionnaires au second tour de 2012 était surtout anti-sarkozyste avant d’être pro-Hollande.
Reste que la droite extrême –  jusqu’ici habituée à réaliser des scores de moitié inférieurs dans la fonction publique – a davantage profité du désamour des fonctionnaires avec le PS que l’extrême-gauche ou la droite modérée.

Partageant de plus en plus de points communs avec leurs homologues du privés – qu’il s’agisse de la perte de confiance dans les élus ou la dénonciation grandissante de l’immigration –, les salariés du secteur public semblent également séduits par la critique de la mondialisation libérale et le changement de modèle économique et social qu’appelle aujourd’hui de ses vœux Marine Le Pen.

Un FN marxiste ou libéral ? – Dénonçant elle aussi « la construction européenne telle que pensée par des technocrates ultralibéraux », la CGT de la fonction publique s’alarme (ici ou) de la percée du Front national et dénonce un double-discours.

« Comment le FN peut-il prétendre défendre les services publics en baissant les impôts et les taxes dont celles des entreprises du Cac 40 ? » s’étrangle-t-elle, pariant que les éléments de langage tirés du syndicalisme ouvrier marxiste ne pèsent pas grand-chose dans le programme de l’extrême-droite à côté des recettes ultra-libérales qu’ils prônent plus classiquement.

Stratégie gagnante – Localement, l’ex-militant de Lutte ouvrière (LO) et ancien secrétaire général CGT devenu élu FN, Fabien Engelmann, tente de faire entendre raison à son ancien syndicat. « La réduction des indemnités et des notes de frais des élus, la révision des salaires des contractuels, le non-remplacement de plusieurs départs en retraite, l’octroi de nouvelles fiches de postes à certains agents mis au “ placard“, le retour en régie municipale pour la peinture routière et les décorations de Noël ou l’interdiction d’emprunter un véhicule municipal pour son usage personnel génèrent des économies sans nuire au service public. Ce meilleur équilibre nous a permis de titulariser les stagiaires, d’augmenter le régime indemnitaire d’employés précaires, et occasionnera des baisses d’impôts », vante le maire (FN) d’Hayange, qui fustige la gestion des « villes socialo-communistes. »

Une chose est sûre : en démocratisant son image auprès des fonctionnaires et en ayant conquis un nombre historique de villes aux municipales 2014, le Front national a au moins gagné la première bataille.

Notes

Note 01 En raison du faible taux de participation aux européennes et de l’hétérogénéité de l’offre électorale lors des élections municipales qui ont confirmé leurs premières hypothèses, Luc Rouban et Joël Gombin préfèrent analyser la percée du Front national dans la fonction publique à partir de l’étude réalisée par le premier suite à l’élection présidentielle 2012. Retour au texte

Note 02 L’étude de Luc Rouban a été réalisée sur les résultats de l’élection présidentielle 2012, à partir d’un échantillon de 977 salariés du public, 1 961 salariés actifs du privé, 304 indépendants actifs et 1 685 retraités. Plusieurs sous-échantillons ont pu être créés en y incluant actifs et retraités, permettant de dégager un lot de 421 agents de la fonction publique de l’Etat, 182 des entreprises publiques, 166 de la territoriale, 125 de la FPH, mais aussi 260 professeurs, 140 instituteurs, 71 policiers et militaires, 272 fonctionnaires de catégorie A, 313 de catégorie B et 549 de catégorie C. Retour au texte

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Commentaires

Ces fonctionnaires qui lâchent la gauche pour le Front national

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Nicolas Bescond

05/09/2014 06h52

Bonjour,

La méthodologie de cette enquête est douteuse. Il est annoncé que les fonctionnaires qui votaient à gauche, votent désormais FN. En réalité, les tableaux montrent un effondrement du vote pour la droite. Il y a donc fort à parié que les électeurs FN chez les fonctionnaires sont d’abords ceux qui votaient par le passé RPR, UDF pui UMP et qui n’ont pas supporté la politique subie les 10 dernières années.
De plus aucun argument ne vient prouver que les anciens votant à gauche voteraient directement FN aujourd’hui. La photo racoleuse qui veut faire croire que des fonctionnaires militent ouvertement pour le FN trompe le regard. Il manque à cette étude ce qui manque à toutes les études sur le sujet: l’abstention. EN réalité, combien sont les fonctionnaires qui votaient à gauche et aujourd’hui ne votent plus du tout? Je pense qu’on a ici les deux points: glissement des électeurs de droite et abstention à gauche. A l’image de toute la société française.

orlando

05/09/2014 09h54

les politiques qui nous dirigent nous conduisent droit dans le mur, et accuseront par la suite le peuple qu’ils méprisent d’âvoir fait le mauvais choix. La médiocrité de nos dirigeants tant de droite que de gauche ne permets pas de voir une issue positive à la crise que nous traversons.

Adeubal

05/09/2014 10h15

Cette montée parmi les fonctionnaire n’est-elle pas le reflet de ce qui est national. Les fonctionnaires ne sont-ils pas des citoyens ?

Malheureusement, rien d’étonnant. A force de cracher sur les fonctionnaires (tous bords), ils se réfugient dans les extrêmes. Mme LEBRANCHU demande, encore, une analyse…. est-ce vraiment nécessaire ?

Il est vrai qu’on peut constater de aberrations au niveau social. Mais est-ce une raison pour tout détruire ?

Je comprends ces fonctionnaires qui partent vers un parti qui « n’a pas encore été essayé ». Mais j’aimerai qu’ils se posent sincèrement la question. Après s’être renseigné. Est-ce qu’il proposent la meilleure réponse à nos problèmes ? Cherchent-ils vraiment à représenter et défendre le « prolétaire » ? Sont-ils vraiment les parangons du service public et de l’intérêt général, choses qui nous lient et nous rassemblent tous, nous, fonctionnaires ?

prince

05/09/2014 10h54

je viens de lire votre article sur ces fonctionnaires qui lâchent la gauche pour le Front National je suis scandalisée par cette enquête et ces conclusions
un fonctionnaire étant soumis au droit de réserve , ses opinions politiques comme tout citoyen ne concernent que lui ,
le fonctionnaire simple citoyen dépose un bulletin de vote qu’il glisse dans le secret de l’isoloir , 1 pouvez vous m’expliquer le choix d’interroger les fonctionnaires comme lobby éventuel 2 comment on peut utiliser des listes de fonctionnaires pour engager une enquête 3 pouvez vous publier l’enquête complête ( coordonnées des chercheurs méthode , durée , pour que l’on puisse apprécier cette tendance .
en ma qualité de fonctionnaire, 35 ans au service de la fonction publique, je n’ai jamais fait de mélange de genre , ,et je ne soutiens aucun parti politique dans le cadre de mes fonctions

fermemaisjuste

05/09/2014 12h10

Voilà à quoi est utilisé notre argent !
Dehors tous ces inutiles !
Suppression du Sénat, Conseils en tout genre et autres entités ruineuses qui ne servent que cette clique de politicards.
A quoi à servi la révolution = à multiplier les petits royaumes aux mains des technocrates

Céline

05/09/2014 12h44

Ma question est qui paye cette analyse?
Car si c’est une facture faite au gouvernement, de quel droit Mme La ministre c’est-elle permis de faire des recherches sur un sujet, qui en aucun cas ne doit être associé à la fonction de la personne mais à la personne elle-même?
Ne sommes nous pas dans un pays laïque ou chacun a la liberté de la libre pensée et de ces choix?

philosophe

05/09/2014 02h21

le statut de fonctionnaire a été remis en cause aussi bien par la gauche que par la droite, ces dernières années, et cela pour justifier l’incapacité de nos gouvernants à réduire les déficits publics. ll n’est pas étonnant qu’une catégorie socio-professionnelle soit attirée par un langage d’un parti prenant sa « soit-disante » défense.

rayville

06/09/2014 08h21

Les fonctionnaires : agents de l’Etat on de collectivités publiques, ils sont aujourd’hui trop souvent et injustement méprisés tant par leurs compatriotes que par leur autorités de tutelle. Investis de missions d’intérêt général, les fonctionnaires français sont obligatoirement, logiquement et légalement, de nationalité française. Il faut renforcer l’Etat souverain tout en réduisant le poids de l’administration dans la vie politique, économique et sociale de la nation.

ELGRECO

08/09/2014 12h42

Dixit vox populis: « La droite , la gauche: tous les mêmes, …je vote Lepen M. C' »est un peu comme j’aime pas lepoisson , j’aime pas la viande; Alors bouffe de la merde.

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