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Culture

Revenir sur le partage des responsabilités culturelles : « inenvisageable » pour Florian Salazar-Martin (FNCC)

Publié le 25/07/2014 • Par Hélène Girard • dans : France

Elu le 16 juillet 2014 président de la Fédération nationale des collectivités territoriales pour la culture (FNCC), Florian Salazar-Martin, adjoint au maire de Martigues (Bouches-du-Rhône), aborde un mandat lourd de dossiers complexes : crise budgétaire de l’Etat et des collectivités, réforme territoriale, revendication des régions pour une compétence obligatoire… Dans un entretien avec La Gazette, il livre son analyse du contexte et des débats actuels.
© Ville de Martigues

© Ville de Martigues

Président de la Fédération nationale des collectivités territoriales pour la culture (FNCC) de 2004 à 2008, puis vice-président, Florian Salazar-Martin en assure à nouveau la présidence pour un mandat de 4 ans. Cette antériorité dans la fonction ne sera sans doute pas de trop pour mener la barque de la FNCC dans le grand bain des négociations à venir entre l’Etat et les collectivités, entre échelons territoriaux et entre la FNCC et ses partenaires (autres associations d’élus, organisations professionnelles, artistes). En effet, son élection intervient alors que les politiques culturelles traversent une période de turbulences sans précédent : réforme territoriale en cours, budgets en baisse, crise de l’intermittence, revendication des régions pour une compétence « obligatoire et partagée »….

 

Comment abordez-vous votre nouveau mandat ?

En premier lieu, nous vivons une grande inquiétude. D’abord, à cause des différentes réformes territoriales, celle qui est votée, et celles qui restent à venir. Elles bouleversent le paysage institutionnel et nos repères. Elles modifient notre cadre de travail. Surtout pour une fédération comme la nôtre, qui compte parmi ses adhérents de nombreuses petites communes. Ensuite, cette inquiétude concerne la question financière, avec un contexte de crise globale et une baisse de 11 milliards d’euros des dotations de l’Etat aux collectivités, sur trois ans. Ce qui aura un fort impact sur leurs capacités à accompagner le développement culturel des territoires à la hauteur des nécessités. C’est d’ailleurs ce que nous avons rappelé dans la déclaration liminaire commune aux onze associations d’élus, que nous avons lue à l’ouverture du CCTDC [Conseil des collectivités territoriales pour le développement culturel, qui s’est réuni en Avignon, le 17 juillet 2014, , ndlr]. Ce double contexte, structurel et financier, nous préoccupe beaucoup, car, la culture, bien qu’elle soit reconnue comme un élément indispensable des politiques locales, reste un secteur fragile. Nous redoutons que tout ce que nous avons construit par le passé en matière de politiques culturelles soit remis en cause. Mais, en second lieu, il y a un espoir, parce qu’il existe un immense appétit de culture dans les collectivités. Nous l’avons bien senti à l’issue de notre assemblée générale réunie en Avignon. Même si la situation est compliquée, les élus n’ont pas abdiqué sur les politiques culturelles. Ils veulent continuer à construire, innover, expérimenter. Et pas seulement dans une simple démarche de programmation, mais aussi dans les relations avec les artistes et avec les habitants. Dans ce contexte d’incertitude, nous avons donc des atouts.

La commission « culture » de l’ARF (1) réclame une compétence « obligatoire et partagée ». Serait-ce ce moyen de gommer cette fragilité que vous venez d’évoquer ?

Nous n’avons jamais parlé de la culture comme d’une « compétence ». Nous l’avons toujours abordée en termes de « responsabilité partagée ». Ce qui n’est pas du tout la même chose. D’ailleurs, si l’on songe à notre histoire, la culture a été l’objet de la plus grande permissivité, en ce sens que nous sommes dans le cadre d’une compétence générale, que chaque collectivité peut assurer, au gré de son investissement et de sa volonté politique. C’est ainsi que nous avons construit le paysage culturel français, qui est loué à travers l’Europe et le monde, et qui est efficient. Pour nous, cette responsabilité partagée ne peut pas être remise en cause. Car, au-delà d’une compétence générale, il nous semble que chaque institution républicaine, où quelle se trouve et quoi qu’elle gère, doit intervenir dans le champ culturel. [Retour en haut]

Pourquoi ?

Tout simplement parce que la culture n’est pas une catégorie, ou une option, mais un ferment des politiques publiques, et on doit la retrouver dans tous les domaines des politiques et de la vie publiques. On a bien vu cet élargissement au cours des dernières années, notamment à propos du patrimoine, de l’aménagement des villes, des transports, de l’environnement etc. Alors comment pourrions-nous avoir des institutions républicaines qui découperaient ces responsabilités ? Pour nous, c’est inenvisageable et cela serait un grand recul. C’est par le partage de ces responsabilités, et un dialogue avec toutes les collectivités, que nous pourrons continuer à développer des politiques culturelles modernes, et même visionnaires, surtout dans cette période de crise. Une compétence obligatoire n’apporterait rien de plus. Ce que nous voulons c’est conserver cette responsabilité partagée et poursuivre le travail en commun. La ministre a parlé de « pacte » culturel [lors du CCTDC du 17 juillet 2014, ndlr]. C’est un mot du vocabulaire gouvernemental, que je n’aime pas beaucoup, car il est plutôt sur le mode de l’injonction que du partage. Mais, nous disons à la ministre : banco ! Nous sommes prêts à retravailler les politiques culturelles, tous ensemble. Que la région insuffle une dynamique spécifique sur certains secteurs où elle est bien placée, pourquoi pas, mais cela doit se faire dans le cadre d’un travail commun. Prenons l’exemple du cinéma : les régions sont certes présentes sur ce secteur, mais on ne peut pas empêcher les autres collectivités d’y être aussi. Pensons à l’engagement de nombreuses communes pour l’accueil des tournages ou la production de documentaires etc. Les empêcher de le faire serait un appauvrissement très important. Au-delà de cela, je considère qu’il relève la liberté politique des élus de s’engager, ou pas, dans certaines directions. Cela participe du choix démocratique. Sinon, on s’orienterait vers une sorte de politique culturelle officielle, qui devrait impérativement comporter telle et telle action. Ce n’est pas du tout la conception qui a présidé au développement de notre République culturelle. Notre conception de la construction des politiques culturelles se trouve dans la déclaration que les onze associations avaient signée en 2010, à Avignon : il s’agissait de bâtir une République culturelle décentralisée. Ce texte disait en substance, tout simplement : prenons nos responsabilités, ensemble, et non les uns contre les autres. Il est toujours notre référence.

L’initiative de la commission « culture » de l’ARF (2), ne risque-t-elle pas de faire naître une difficulté pour la pérennité du front commun des onze associations sur les politiques culturelles ?

Je ne le pense pas. Il faut voir cette initiative comme un élément versé au débat. Nous sommes dans un espace de dialogue entre toutes les associations d’élus. En ce sens, c’est une initiative intéressante. Nous ne sommes pas tous forcément sur la même longueur d’ondes ! Chaque association d’élus voit la réalité à travers son prisme, et, aussi, en fonction de son intérêt et de son objectif politique. Nous allons maintenant discuter de la demande faite par l’ARF. D’ailleurs, d’autres associations feront sans doute, elles-aussi, des propositions dans les mois à venir. Cela ne remet en rien en question le front commun des onze associations et le travail qu’elles poursuivent ensemble.

Un tournage dans le 5ème arrondissement de Paris.

Un tournage dans le 5ème arrondissement de Paris. Flickr CC by Maurice Svay

L’universitaire Emmanuel Négrier suggère un transfert des ressources des Drac (3) aux régions. Que vous inspire cette proposition ?

Je pense qu’il faudrait d’abord commencer par une évaluation du rôle des Drac, et des besoins des collectivités à l’égard des services déconcentrés du ministère de la Culture. Une telle évaluation nous permettrait de dire si ces services sont utiles ou pas. Nous pensons qu’ils le sont puisque nous avons toujours plaidé pour le maintien des Drac. Ensuite, nous pourrions dire ce que ces dernières pourraient faire. Le transfert des Drac constitue une option qui serait de nature à donner aux régions une responsabilité déléguée par l’Etat qui ne serait pas vraiment républicaine, en ce sens qu’elle remettrait en cause la présence de l’Etat dans les territoires, chose à laquelle nous sommes attachés. C’est-à-dire un Etat actif, et, aussi, indépendant de toutes visions politiques locales ou régionales. Si les Drac étaient intégrées à l’institution régionale, elles perdraient en légitimité. Tout cela reste évidemment à discuter. Le pire serait d’aborder ce débat uniquement par le prisme financier et économique. Ce débat ne peut s’engager que sur la base d’un diagnostic complet et partagé. Nous y sommes prêts !

Quels sont vos dossiers prioritaires pour la rentrée ?

La première priorité, ce sont nos adhérents. Comme je l’ai dit, ils sont inquiets mais ils ont envie d’avancer sur leurs territoires. Nous devons donc développer tout un travail d’accompagnement au diapason avec leurs questionnements et les réalités de leurs territoires. Cela passe par des rencontres et des actions de communication au plus profond des territoires. Cela veut dire réussir à articuler les problématiques de la réforme territoriale avec les questions qui se posent aux élus localement ; ou articuler l’implication des acteurs locaux et le travail à venir avec le ministère. C’est d’autant plus nécessaire qu’il faut bien reconnaître qu’il y a un déficit de démocratie dans cette réforme territoriale, que la parole des élus locaux compte peu. La deuxième priorité, c’est le dialogue avec nos partenaires. D’abord, avec les élus des dix autres associations : nous devons avoir ensemble un dialogue continu pour progresser dans nos prises de responsabilités, et notre positionnement de force de propositions. Car il est maintenant acquis que nous sommes des acteurs fondamentaux aux côté de l’Etat. Ensuite, avec les acteurs de la culture, professionnels et artistes. Lors de notre débat en Avignon, nous avons bien vu que les associations professionnelles – SNSP (4), Syndeac (5), Fédération nationale des arts de la rue etc. – nous sollicitent pour ce dialogue. Nous voulons construire avec elles des propositions de positionnements et d’actions. Par exemple, la charte signée avec le SNSP nous engage de part et d’autre sur notre conception de ce que doit être un théâtre de ville, sur les relations avec les habitants, la responsabilité de l’élu par rapport à ce lieu, la reconnaissance des professionnels etc. Cela crée une confiance mutuelle, qui peut nous aider à progresser sur les territoires, de façon effective, et pas seulement à travers des déclarations.

Comptez-vous continuer à négocier des chartes avec les organisations professionnelles  ?

Nous travaillerons avec les différentes fédérations. Mais cette démarche a des limites. Ce que nous voudrions, c’est dépasser les relations bilatérales, pour mener un travail commun, au-delà des structures sectorielles. [Retour en haut]

Pourquoi ?

Parce que, si nous avons des démarches sectorielles, nous sommes trop à l’étroit. Et là réside notre fragilité. On sait bien que le périmètre du ministère de la Culture ne recouvre pas la totalité de l’enveloppe financière de l’Etat dédiée à la culture. Et que cela vaut, aussi, pour les collectivités. Autrement dit, nous devons élargir notre propos et réfléchir au positionnement de la culture comme un élément fédérateur et transversal des politiques publiques plutôt que comme un élément sectoriel. Or, notre pays privilégie plutôt une vision sectorielle. Aujourd’hui, il nous faut contrebalancer la vision sectorielle, par une approche transversale et élargie. En conséquence, nous voudrions travailler avec plusieurs organisations, dans cette logique, pour réfléchir à des objets communs, comme la culture dans l’espace public.

Notes

Note 01 Association des régions de France Retour au texte

Note 02 le bureau de l’association examinera cette initiative en septembre Retour au texte

Note 03 directions régionales des affaires culturelles Retour au texte

Note 04 Syndicat national des scènes publiques, avec lequel la FNCC a signé une charte des missions artistiques et territoriales des scènes publiques Retour au texte

Note 05 Syndicat national des entreprises artistiques et culturelles, avec lequel des discussions sont en cours Retour au texte

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