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Réforme de l'Etat

Thierry Mandon : “Refaire la RéATE ? Dire “garde à vous, fixe” ? Jamais !”

Publié le 11/07/2014 • Par Delphine Gerbeau Sabine Blanc • dans : A la une, France

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Tous droits réservés.
Le nouveau secrétaire d’Etat auprès du Premier ministre, chargé de la Réforme de l'Etat et de la Simplification a répondu aux questions de La Gazette des communes. Il réaffirme sa méthode pour résoudre la quadrature du cercle : améliorer la qualité du service et faire des économies, en y associant les parties prenantes, le tout au pas de charge. Sans nier un léger rétropédalage sur les méthodes de naguère.

Thierry Mandon sera-t-il le ministre de la Simplification réussie, comme il l’affirme ? A défaut d’avoir une réponse immédiate, le nouveau d’Etat auprès du Premier ministre, chargé de la Réforme de l’Etat et de la Simplification se veut déjà un secrétaire d’Etat simple, qui a laissé tomber la cravate et même la veste pour cet entretien accordé à La Gazette des communes.

Il vaut mieux être détendu face à la légère pression qui pèse sur lui : réussir là où ses prédécesseurs ont échoué depuis 50 ans, réformer l’Etat, dans un contexte où le terme a pris des allures de synonyme de “tailler dans les budgets et les effectifs”.

La RGPP et la RéATE sont passées par là, laissant de mauvais souvenirs tant côté agents – baisse des effectifs – qu’administrés – service public amoindri.

Depuis 2012, la RGPP porte un autre nom, la modernisation de l’action publique, MAP, qui pâtine depuis. Et la dénomination a beau avoir changé, le programme reste indissociable de l’objectif de réduction des dépenses, un paramètre qui n’est pas remis en cause dans les choix politiques qu’ils supposent, comme la présentation le 2 juillet au Conseil des ministres de son plan d’action le montre.

Réorganisation des services déconcentrés, formation des agents, méthode collaborative, Thierry Mandon apporte des éléments de réponse aux questions soulevées par son plan.

Plusieurs entités – trop ? – travaillent sur la modernisation de l’Etat – SGMAP, conseil de la simplification, CECN… -, comment s’articule votre action, et en particulier le SGMAP, qui semble être désormais un simple exécutant ?

Le SGMAP est mon bras armé, ce qui n’est pas du tout périphérique, d’autant que sa mission sera amenée à être renforcée.

C’est l’instance qui doit accompagner les ministères dans leur réflexion stratégique sur la modernisation de l’action publique. Il doit les aider à définir précisément les secteurs et les politiques publiques sur lesquels ils pensent qu’on peut faire des économies et améliorer la qualité de service, sans détruire quoi que ce soit du service public.

Par ailleurs, il doit continuer à accompagner les ministères dans la mise en œuvre des plans d’action et de transformation concrète et des politiques publiques identifiées, c’est-à-dire être un assistant à maitrise d’ouvrage, avec une très grande expertise méthodologique sur la mise en œuvre des plans d’action et la conduite du changement. La maitrise d’ouvrage, elle, devant rester aux ministères.

Enfin, il aura un troisième rôle, celui de « booster » l’innovation et le numérique.

Vous voulez parler des « start-ups d’Etat » ?

Exactement ! On veut qu’il y ait à l’intérieur du SGMAP une sorte de start-up d’Etat, ou plus exactement d’animation de toutes les start-ups privées qui existent et qui peuvent aujourd’hui apporter des solutions technologiques à de nombreux problèmes. Il m’apparait de plus en plus clair que l’Etat est toujours en retard d’une évolution technologique. Je vais prendre un exemple tout bête : la pénibilité. Je ne sais pas s’il existe des pistes technologiques pour répondre à une partie des problèmes de la mise en œuvre concrète de la définition de ce qu’est la pénibilité. Ce que je sais en revanche, c’est que dans les cinq ans qui viennent, il va y avoir un développement ultra-rapide des objets connectés. Qui dit que sur les différents items de définition d’un travail pénible, un objet connecté, comme une montre, ne va pas nous aider ? Je suis persuadé que dans 5 ou 10 ans, vous aurez des capteurs de pollution atmosphérique, de poussière…

A-t-on besoin d’objets connectés pour savoir que travailler sur un chantier est fatigant, ou être caissier-ère… ?

Vous avez raison, on le sait, mais la loi fixe certains niveaux d’exposition au bruit, il ne faut pas être exposé plus de tant d’heures à tel niveau de décibel, sinon cela compte pour la pénibilité, idem pour la poussière… Qui sait si votre montre ne vous dira pas tout ça ?

Mais s’il n’y a pas de contrôles derrière ? (1)

Mais il y en aura, ça ne va pas être mathématique. Ce que je veux dire, c’est qu’il faut toujours réfléchir la production de politiques publiques en fonction des incroyables modifications technologiques que nous connaîtrons dans les années à venir.

Je prends un autre exemple : nous sommes en train de travailler sur un permis de conduire numérisé et individualisé, dont l’aboutissement est 2033…Vous pensez bien qu’en 2033, il y aura une puce avec tout dessus.

Il faut vraiment reprendre un coup d’avance sur la transformation des politiques publiques. Le potentiel technologique doit permettre de penser l’avenir des politiques publiques. Et non pas penser les politiques publiques en se disant “qu’est-ce que je peux utiliser qui existe aujourd’hui ?”

Donc on va muscler Etalab et tout ce qui est innovation au sein du SGMAP.

mairie

Comment allez-vous associer les collectivités territoriales aux différents volets de cette simplification-modernisation ?

Nos ateliers sur l’Etat de demain, qui auront lieu de septembre à janvier, portent sur trois grands thèmes, trois « blocs » : les missions de l’Etat, la transformation numérique, la mise en œuvre des transformations. En janvier, nous sortons une feuille de route avec un calendrier.

Le premier bloc comporte 5 ou 6 tables rondes composées de personnalités diverses auxquelles les collectivités participeront systématiquement. Un de ces ateliers porte notamment sur les relations entre Etat central, l’Etat déconcentré et les collectivités. On voit bien qu’il y a des réflexions à mener : comment se construit le rapport entre le ministère de l’Education nationale, le rectorat, les inspecteurs d’académie et les régions demain, les relations entre les CCAS et les CAF…

Concernant les services déconcentrés, la situation est paradoxale : depuis plusieurs années on réduit les effectifs de fonctionnaires au niveau départemental, et on fait monter en puissance le niveau régional. Or on nous annonce un renforcement des services départementaux de l’Etat. Comment interpréter cette réorientation ?

Il y a une demande et un besoin d’un Etat de proximité. C’est pourquoi le Premier ministre a demandé au ministre de l’Intérieur, Bernard Cazeneuve, de piloter le chantier de la future organisation de l’Etat dans les territoires. Ces travaux seront éclairés par  nos ateliers dans lesquels nous allons débattre des missions que l’Etat va garder : plus nous pourrons déconcentrer au niveau régional la stratégie et le pilotage de politiques publiques, plus nous pourrons garantir la mise en œuvre de ces politiques au niveau départemental, mieux cela sera.

Le Président de la République a indiqué que l’organisation de l’Etat devrait coïncider avec celle des futures régions, ce qui veut dire qu’il y aura des recompositions dans les services régionaux de l’Etat. Des effectifs seront disponibles : quand on fusionne trois régions, on ne prend pas le personnel de la préfecture de région actuelle, plus l’autre, plus l’autre, pour constituer ainsi le personnel de la nouvelle préfecture de région. Cela va se reconstruire. On prend le temps d’organiser cela de septembre à janvier à l’occasion des ateliers et dans le cadre du dialogue social, selon les modalités organisées lors de la conférence sociale demain (ndlr : entretien réalisé le lundi 7 juillet).(2)

Le pouvoir des préfets de région sur les administrations départementales va-t-il être renforcé ? Ou au contraire cette volonté de renforcer l’échelon départemental va-t-il aboutir à rééquilibrer les pouvoirs en faveur des préfets de département ?

Il faut penser en termes de niveau optimum d’exercice des missions de l’Etat. Des missions relèvent de la stratégie, elles sont pilotées au niveau des régions, d’autres relèvent du service ou du contrôle direct pour les usagers, qui doivent être mises en oeuvre à l’échelon départemental. À la question que vous posez, il peut y avoir les deux mouvements.

Y aura-t-il des transferts des services déconcentrés des régions et départements aux collectivités ?

C’est possible. Sur certains sujets, je pense à l’action sociale des départements, comment fera-t-on ?

Va-t-on vers une réforme d’importance des services déconcentrés du même ordre que la RéATE, qui avait été lancée en même temps que la RGPP ?

En janvier nous ferons les arbitrages sur les missions, et ensuite seulement on s’interrogera sur d’éventuelles réorganisations. Mais on ne dira pas aux gens “vous déménagez” ! La question des conditions de vie concrète des agents est centrale. Un groupe de travail a d’ailleurs été monté avec les syndicats par Marylise Lebranchu sur l’accompagnement des transformations pour les agents, pour qu’il retrouve de l’intérêt professionnel et que leur conditions de travail et de vie ne soient pas perturbées, parce que la RéATE a parfois posé quelques problèmes de ce point de vue (ndlr : le Conseil national des services publics, officialisé lors de la conférence sociale le 7 juillet) .

Lire Dialogue social et réforme de l’action publique : la méthode ne convainc pas vraiment

Quelle place joueront les Maisons de l’Etat dans le futur dispositif ? Cela va monter en puissance ?

Probablement. C’est l’étape 2, après l’étape 1 qui redéfinit les missions. D’abord, quelles sont vraiment les missions de l’Etat dans la société d’aujourd’hui par rapport aux demandes des citoyens et à la capacité de l’Etat de mobiliser des moyens et de se concentrer sur ses politiques prioritaires ? Puis quel est le bon niveau pour les exercer ? Et enfin, sous quelle forme ? C’est sur ce point que la question des maisons de l’Etat et des maisons de service au public peut se poser. On aura tranché ce point dans la réflexion entre septembre et janvier.

Vous mettez en avant votre méthode collaborative, mais quand on voit la façon dont la simplification du millefeuille territorial est effectuée, sans concertation, ne s’agit-il pas d’un cache-misère d’une double réforme verticale ? Vu le contexte budgétaire, les marges de manoeuvre sont limitées, ce n’est pas ouvert…

Forcément, mais quelle est l’alternative ? Refaire la RéATE ? Dire “garde à vous, fixe !” ? Jamais. Le grand enjeu, c’est de se rendre compte que les agents sont la ressource et qu’on ne peut rien décider contre eux. Je suis persuadé que tout problème peut trouver sa solution si on réunit les agents et si on les consulte. Ce n’est pas un cache-misère, cela amènera concrètement à modifier des intentions et à éviter les erreurs de la RéATE.

La simplification des normes peut servir de cheval de Troie à des lobbies pour supprimer des dispositions gênantes, que répondez-vous à cette argument ? (3)

D’abord, c’est une démarche transparente,via le conseil de la simplification, dont c’est le travail. Il y a des ateliers, personne n’est pris en traitre, c’est une démarche annoncée, tous les six mois.

Vous avez raison, derrière chaque norme, il y a un intérêt particulier, souvent un lobby. Il ne faut pas avoir peur quand on est proche de l’absurdité, de déranger un peu le lobby. C’est ce qu’on fait quand on s’attaque aux réglementations thermiques. Quand Mme Pinel, ministre du Logement, reprend les 50 propositions de suppression de norme, derrière il y a souvent des gens, sur les ascenseurs… Ce sont des arbitrages. Associer n’empêche pas de trancher, au contraire, on peut décider en connaissance de cause. Quand on n’associe personne, on se trompe, ou les actions ne se mettent pas en œuvre.

Le déploiement de la fibre optique plus lent qu'annoncé. Flickr CC by Barta IV.

Le déploiement de la fibre optique plus lent qu’annoncé. Flickr CC by Barta IV.

La numérisation peut constituer un alibi à la réduction des effectifs, c’est par exemple expliqué dans le livre blanc de l’Institut de l’entreprise sur la smart city, avec la diminution des services publics comme conséquence. Comment place-t-on le curseur pour que ce ne soit pas le cas ?

Vous avez raison, c’est un des non-dits qu’il faut briser sur évolutions de l’organisation de l’Etat. Je mets cette question dans le troisième bloc de notre réflexion (les missions, le numérique, et la conduite de la transformation). Il nous manque aujourd’hui un outil prospectif qui est en gros : “évolution technologique et métiers de la fonction publique”. Et je vais commander à des spécialistes un travail de gestion prévisionnelle des effectifs de la fonction publique et des besoins en formation, au regard des évolutions technologiques dans les dix ans qui viennent.

Les agents ne sont pas idiots, et ils sont mêmes souvent ouverts à l’acquisition de compétences nouvelles ; si l’on veut vraiment que l’Etat se modernise, il faut anticiper l’évolution sur les métiers que cela va créer et s’y préparer dès maintenant.

Je ne dis pas que cela ne supprimera pas des postes. Il y aura forcément des recompositions de l’emploi dans la fonction publique, sous la pression des révolutions technologiques, mais je ne veux pas que cela se passe de manière larvée où l’on ne dit rien à personne.

Le risque n’est-il pas aussi que la numérisation se fasse à deux vitesses, comme le déploiement du THD, plus laborieux que prévu ?

Vous avez raison, la question du développement des infrastructures numériques est un point clé du développement de l’usage du numérique démultiplié par l’Etat : on ne peut pas envoyer des professions de foi dans toute la France s’il faut 15 secondes pour les télécharger à Paris, qui dispose de la fibre optique, et trois heures dans les zones rurales déconnectées. C’est un préalable au transfert numérique et au développement numériques de certaines politiques publiques.

Cela ne veut pas dire qu’il ne faut pas dès à présent travailler là-dessus, mais que la mise en œuvre doit être calée avec le développement des infrastructures.

Nous avons créé un travail conjoint régulier avec Axelle Lemaire, je l’ai déjà vue la semaine dernière et nos équipes collaborent quotidiennement.

Le plan FTHD est à horizon 2020…

Tout ne sera pas fait en 2015, de nombreuses propositions iront au-delà du quinquennat, cela veut dire que des procédures seront pour le moment à double déploiement, on ne peut pas tout numériser pour tout le monde pour le moment.

Outre les questions d’équipement, l’enjeu est surtout celui des usages, renforcer la numérisation des services suppose de former les agents donc et les administrés, comment allez-vous procéder ?

Vous avez raison, on parle parfois de fracture numérique, que l’on pense territoriale, mais elle est aussi dans le rapport au numérique – à la manière dont on connait ces outils, dont on les utilise, et, enfin, dont on devient acteur de la société numérique. Il faut absolument lutter contre ces situations de cumul des désavantages, d’exclusion à des niveaux multiples.

Mais il faut aussi tordre le cou à l’idée que plus on est défavorisé, moins l’on se sert du numérique…

C’est une étude récente du Credoc qui le dit… (4)

Il est vrai que la formation aux usages du numérique est un enjeu capital. Pour y faire face, il faut deux choses : l’apprentissage le plus tôt possible de ces technologies – Benoit Hamon réfléchit à le développer à l’école – et la démultiplication des relais numériques entre les citoyens et l’administration. Dans un CCAS, cela peut être une personne de l’équipe municipale spécialisée qui accompagne les usagers, par exemple. Il faut des médiateurs du numérique surtout sur les politiques sociales, on va encourager leur développement.

Il y a un travail à faire avec les EPN ?

Oui, c’est un sujet que nous allons traiter en commun avec la Secrétaire d’Etat en charge du numérique, Axelle Lemaire.

Avez-vous chiffré la mise à jour des systèmes d’information ?

On a plus que chiffré ! Nous demandons 30 millions d’euros au budget de l’année prochaine pour investir sur des plates-formes mutualisées entre les administrations de gestion des données et de l’interopérabilité.

Il y a un petit investissement initial, mais un gros apport rapide en qualité de service et en économies.

Je porte les efforts d’économies, mais je pense que, même sur le moyen terme, on peut faire plus que ce qui est prévu, si on s’attaque de manière très pragmatique à l’amélioration des politiques publiques en déconstruisant la façon dont elles sont pensées et en les reconstruisant de manière plus collégiale et intelligente.

Mais il y a aussi des objectifs de qualité de service :  le moteur de la réforme de l’Etat ne peut pas seulement être les économies. L’égalité des usagers devant le service public, la question des territoires abandonnés… ces points sont à penser avec la transformation numérique de l’Etat.

Ce n’est pas l’un sans l’autre. Quand on fera le premier bilan en octobre, on fera l’inventaire des économies réalisées mais aussi des progrès en matière de qualité de service.

L’open data fait partie des moyens avancés pour moderniser l’action publique, Marylise Lebranchu a créé le poste d’administrateur général des données (chief data officer, CDO), avec l’idée de faire de la “data driven policy”, un concept qui reste assez flou. Concrètement, comment cela se traduirait-il et quels sont les moyens nécessaires à mettre en oeuvre, vous avez par exemple parlé de faire grossir Etalab ?

Nous avançons. Dès cette semaine, les données de la Haute Autorité pour la Transparence de la Vie Publique, c’est-à-dire les déclarations de patrimoine et d’intérêts des membres du Gouvernement, des députés, des sénateurs et d’autres acteurs publics, seront disponibles en Licence Ouverte. Voilà encore un signe que nous agissons pour l’open data de manière sérieuse. (5)

Le sujet des données doit être traité au niveau interministériel, de façon coordonnée. La transition numérique de l’Etat bénéficie d’une enveloppe de 100 millions d’euros dans le cadre du Programme d’Investissement d’Avenir, le « grand emprunt ». Nous allons notamment déployer un véritable programme national de gestion collaborative des données entre ministères pour plus de transparence, plus d’efficacité, plus d’économies. Et plus de compétitivité pour nos entreprises, car l’écosystème national sera sollicité et gagnera donc en compétence sur ce type de projet innovant.

Il y aura aussi un volet formation ? On sait la réticence de certaines administrations à ouvrir leurs données…

Les réticences existent bien sûr, mais nous travaillons à les surmonter avec Etalab !

Par exemple, dans le domaine hautement sensible de la santé, nous avons travaillé avec le ministère de la Santé sur l’organisation d’un grand débat.

Quelles attributions aura le CDO ?

La création de la fonction d’Administrateur Général des Données est une première européenne, mais il y a plus important pour nous que le symbole : encore une fois, nous faisons des progrès concrets ! Le principe de gratuité des données publiques a été confirmé par le dernier Comité Interministériel pour la Modernisation de l’Action Publique (CIMAP) et nous avons supprimé plusieurs redevances sur des données autrefois payantes. De nouveaux jeux de données (comme les lois et les conventions collectives nationales) ont justement été publiées sur data.gouv.fr il y a une semaine(6)

Il faut continuer à avancer sur l’open data, c’est-à-dire mettre à disposition encore plus de jeux de données réutilisables de manière ouverte, libre et gratuite. Il faut aussi nous assurer que l’administration dans son ensemble acquiert une culture de la donnée. Pour moi qui coordonne l’action du Gouvernement en matière de transparence des données publiques, c’est essentiel, et c’est pour cela que je me félicite qu’un CDO soit nommé dans les prochaines semaines : ses attributions précises sont en cours de définition et feront l’objet d’un décret.

Si votre volontarisme se heurte à trop d’inertie, que ferez-vous et à quelle échéance ?

J’aurai des résultats, je serai le secrétaire d’Etat des résultats et Manuel Valls le Premier ministre de l’Etat en mouvement.

D’autres avant vous se sont cassés les dents malgré leur bonne volonté…

Je vais avoir des résultats sur la simplification des entreprises, sur la simplification pour les particuliers.Le mouvement de simplification des entreprises est déjà bien engagé, nous allons maintenant ouvrir ce chantier aux particuliers. Notre objectif est de faire entrer le mouvement de simplification dans une logique industrielle. .

Qu’est-ce qui vous fait penser que cela sera différent pour vous ?

Il y a un changement de cap déjà, la réforme de l’Etat est une montagne que l’on veut gravir depuis 40 ans et que l’on ne gravira jamais, surtout à l’heure des bouleversements technologiques incessants. Je prends ce chantier à la petite cuillère, objectif par objectif, avec une méthodologie très stricte souvent inspirée de l’étranger ou du secteur privé, à court et moyen terme, avec des objectifs précis, des calendriers engageants, des systèmes d’évaluation indépendants, et en fil rouge la participation. On fait cela pour que la réforme de l’Etat devienne lisible, désirable, y compris pour les agents du service public, et contestable, c’est-à-dire que nous l’évaluons : on dit oui ou non. Si on veut recrédibiliser la perspective de faire changer l’Etat, il faut commencer ainsi.

Dans 5 ou 10 ans, il faudra avoir des objectifs plus structurants et horizontaux sans doute.

Je suis prêt à faire un bilan avec vous dans un an, ça m’intéresse d’être challengé.

Cet article est en relation avec le dossier

Notes

Note 01 Un récent rapport de l’Assemblée nationale sur l’inspection du travail souligne que “l’organisation de l’inspection du travail et les outils dont disposent aujourd’hui ses agents sont parfois inadaptés et peuvent manquer d’efficacité”. La piste de l’augmentation des effectifs n’est pas à l’ordre du jour : “l’impossibilité budgétaire d’augmenter les effectifs doit être palliée par une meilleure coordination de l’action des inspecteurs du travail”. Retour au texte

Note 02 La fusion de régions "n'entraînera pas de transferts massifs de personnel", même s'il n'y aura bien qu'une capitale par nouvelle région créée, a souligné mercredi le secrétaire d'Etat à la Réforme territoriale André Vallini. Retour au texte

Note 03 Cf. La petite fabrique des normes ou encore Le fouillis du choc de simplification Retour au texte

Note 04 Selon une étude récente du Credoc, la fracture numérique se réduit de plus en plus : 8 personnes sur 10 ont accès à Internet chez eux et les trois-quart l’ont utilisé les trois derniers mois, contre 56% en 2007. Mais plusieurs millions de personnes ne l’utilisent donc encore pas régulièrement, alors que l’outil est de plus en plus nécessaire pour accomplir des démarches administratives. De plus, les personnes âgées ou non-diplômées, entre autres, sont davantage pénalisés. » Retour au texte

Note 05 L'association Pour une démocratie directe qui avait, au prix d’efforts conséquents, obtenu un début d’ouverture de ces données a parlé de « un bel effort » du ministère de l’Intérieur mais souligne encore l’opacité les entourant. Retour au texte

Note 06 la DILA n’a publié qu’une partie de ses données en open data, 3 jeux sur 11, « grâce à l’intervention en dernière minute du ministère de tutelle [celui de Thierry Mandon, ndlr] » selon Regards Citoyens, a rapporté NextInpact. Retour au texte

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Commentaires

Thierry Mandon : “Refaire la RéATE ? Dire “garde à vous, fixe” ? Jamais !”

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El pipo

13/07/2014 06h28

Sur la réforme de la fonction publique, je me souviens d’un rapport pas si ancien : le rapport Silicani (et coll.). On y trouvait beaucoup de choses loin d’être idiotes et il semblait soutenu par ses lecteurs, mais ni par les OS (Organisations syndicales) ni par la HFP (Haute Fonction publique).

Les années passent et rien ne change. Ces propos rapportés de Thierry Mandon semblent de bon sens… mais la France reste un pays hyper-académique et peu pragmatique. On recrute la HFP sur sa capacité à faire du beau calcul ou de la belle physique via l’X ou les ENS, ou sur sa capacité à produire de l’écrit et de la parole (politique, managériale…) avec une culture générale de haut vol via l’ENA. Demander aux uns comme aux autres ce qu’ils pensent de l’informatique ? Les premiers répondront que c’est une sous-discipline des mathématiques qui manque de noblesse, les seconds qu’on leur a expliqués pendant leur brève semaine de formation consacrée à ce sujet que c’était une source d’emmer… (budgets jamais tenus, informaticiens ingérables, …). La bonne réponse c’est que l’informatique est aujourd’hui une discipline à mi-chemin entre du technique et du relationnel.

Les OS de leur côté en ont peur, car c’est un risque de réduction des effectifs, même si c’est faux, car pour faire des projets informatiques qui tiennent la route il faut du monde.

J’ai souvent réfléchi à ce problème et je ne vois pas de solutions (sauf exogènes via l’Europe), car il s’agit de changer les mentalités en profondeur. Près d’un ingénieur sur 2 fait de l’informatique en sortant d’école (au sens de faire de la programmation ou de gérer un projet informatique nécessitant des compétences en programmation), mais le flux drainé par les écoles d’ingénieur en informatique officielles est bien inférieur et pour cause… Les ingénieurs en informatiques sortent d’école de physique, de mécanique, de chimie… La CTI (Commission des Titres d’Ingénieur) continue à s’étouffer chaque fois qu’elle accorde un titre à une école purement informatique. Et pourtant, en ce début de 21ème siècle, il y a de quoi remplir 5 années d’études de haut niveau dans ce domaine et dans la foulée, de créer un véritable corps d’informaticien qui soit légitime et transversal aux fonctions publiques.

Bon courage !!! M’est avis qu’il sera aussi dur de faire rentrer de la modernité (informatique) dans l’État que de sortir du nucléaire.

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