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Quartiers prioritaires

« La politique de la ville a encore besoin d’un changement de logiciel » – IRDSU

Publié le 08/07/2014 • Par Hugo Soutra • dans : France

Sylvie Rebière-Pouyade
Sylvie Rebière-Pouyade © P. Tohier/Photomobile
Afin que la réforme de la politique de la ville soit réellement opérante sur le terrain, la présidente de l’Inter-réseaux des professionnels du développement social urbain (IR-DSU) appelle à une mobilisation de tous les acteurs. En période de restriction budgétaire, la présidente de l'IR-DSU Sylvie Rebière-Pouyade ne conditionne pas tout au seul enjeu financier et enjoint également à un changement des méthodes de travail. Entretien.

Comment expliquez-vous le plébiscite dont font l’objet les contrats de ville ?

La création d’un contrat-cadre inscrivant officiellement, dans la loi, la nécessité de rapprocher les interventions urbaines des actions sociales et du développement économique est une petite révolution. Elle replace la politique de la ville comme une politique de développement territorial pleine et entière.

Lors de la précédente grande réforme en 2003, la priorisation de la rénovation urbaine sur le reste avait en partie dénaturé la politique de la ville. Ne possédant pas d’exigence citoyenne visant à améliorer la vie quotidienne des habitants des quartiers populaires, l’Etat avait résumé ses différents dispositifs à leur seule ambition comptable. Le respect des objectifs chiffrés et des critères de performance a alors parfois pris le pas sur la dimension politique de notre métier.

Au-delà du signal envoyé aux professionnels, que va permettre concrètement ce rapprochement ?

Nous avons le devoir d’aller plus loin que de simplement toucher à la forme des quartiers, ou de repeindre les volets et les cages d’escalier d’une autre couleur. De même que les enjeux de la politique de la ville ne se résument pas  non plus à des dispositifs sectoriels concernant l’emploi, la santé ou la sécurité !

S’ils sont bien construits, portés politiquement et bien animés, les nouveaux contrats de ville doivent permettre de relancer des principes de travail importants, avec tous les partenaires. C’est grâce à ces documents que la politique de la ville pourra ne plus se limiter uniquement à la mise en œuvre de dispositifs sectoriels.

Cette mise en commun des acteurs permettra-t-elle à la politique de la ville d’influencer enfin la vie des habitants et d’apparaître concrète à leurs yeux ?

Oui. Et il ne nous ait pas interdit, d’ailleurs, d’avoir davantage d’ambitions sur d’autres sujets encore que la rénovation urbaine ou le développement économique. La politique éducative dans les quartiers en politique de la ville, par exemple, ne doit pas se contenter du simple développement de l’éducation prioritaire, mais prévoir également une réflexion sur la carte scolaire ou un travail en amont sur l’orientation des jeunes pour éviter autant de décrochage scolaire.

Dans les quartiers populaires encore plus qu’ailleurs, toutes les politiques publiques se recoupent. La politique de la ville a pour objectif de les croiser et de nouer différents partenariats afin de produire du changement dans les pratiques des administrations qui puisse bénéficier aux populations de ces territoires.

C’est donc une toute autre politique de la ville qui verra le jour au 1er janvier 2015…

Nous saluons cette réforme ambitieuse, mais sommes néanmoins inquiets d’entendre la ministre se focaliser sur les délais de signature. Une réforme de fond prend du temps, c’est pour ça d’ailleurs que l’Etat a lui-même pris plus d’un an de retard avant de revoir la carte de la politique de la ville.

Certains sites ont avancé avant la publication de liste de la géographie prioritaire mi-juin sans attendre les « règles du jeu » de l’Etat et seront peut-être prêts d’ici le 1er janvier prochain. Mais beaucoup d’autres se sont montrés plus attentistes durant cette période de latence et auront encore besoin de six mois ou un an.
Il leur faut maintenant privilégier la qualité des projets de territoire et la construction de vrais changements, par exemple sur la place des habitants, le rôle de l’intercommunalité ou la transformation du droit commun. Faute de quoi nous referons de nouveau une fausse réforme.

Cette phase passe par un engagement de tous les acteurs ainsi que par la mobilisation de moyens de droit commun. Mais comment réclamer plus d’argent à ses partenaires, dans le contexte actuel de réduction des dépenses publiques ?

Même si la mobilisation du droit commun risque d’être compliquée à mettre en œuvre, rien que le fait de poser cette question à l’Etat, aux collectivités territoriales et aux différents partenaires de la politique de la ville demeure quelque chose de pertinent. Et puis il faudra hiérarchiser les actions à financer selon les priorités : ce qui est listé dans les conventions signées par François Lamy n’a pas la même utilité partout, car les problèmes ne sont pas les mêmes dans les quartiers Nord de Marseille qu’à Saint-Denis ou à Villeneuve-sur-Lot.

Si une agglomération dispose d’un véritable projet de développement local ainsi que d’un diagnostic partagé du territoire, il est facile de savoir quelles problématiques spécifiques s’y posent et de dégager des enjeux prioritaires. A partir de là, ce n’est pas si compliqué de savoir qui finance quoi… Mais encore un fois il s’agit de choix politiques, à savoir si l’on souhaite ou non réaliser de nouvelles économies sur le dos des quartiers les plus défavorisés et des citoyens les plus fragiles.

Hormis ces questions de calendrier et de moyens, quels sont les autres freins à sa déclinaison sur le terrain ?

Plus que la retranscription locale d’objectifs nationaux, l’enjeu de cette réforme réside surtout dans la manière d’y parvenir. Elle interroge davantage les manières de faire et nos méthodes de travail sur le terrain que le fond même de la politique de la ville !
On ne peut plus évaluer selon des schémas où seul le plus visible et caricatural ressort, ni ignorer que les politiques de droit commun doivent se renforcer. De même, déplorer le désengagement citoyen tout en excluant les habitants de la décision publique n’est plus possible.

Si nous souhaitons faire muter cette politique de la ville, nous avons aujourd’hui besoin d’un engagement de tous les acteurs et d’un « changement de logiciel ». Ce sera précisément l’objet de nos Journées nationales, fin août à Toulouse (1) : quelles évolutions apporter aux organisations locales pour vraiment changer la donne ? Par exemple, pour inscrire la participation citoyenne ou la lutte contre les discriminations au cœur des contrats de ville alors qu’ils n’étaient souvent jusqu’ici que des « axes de travail ».

Références

  • Lire la réaction d'Amadeus lors du vote de la réforme de la politique de la ville en février 2014

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