Eau-Espaces naturels

Captages prioritaires : qu’est-ce qui bloque ?

Par • Club : Club Techni.Cités

Zoran Pravdić - CC

Le Grenelle avait fixé comme objectif la protection de 500 captages prioritaires d'eau potable fin 2012. Mais cette échéance n’a pas été respectée, et sur le terrain, les points de blocage restent nombreux. Ce n’est pourtant pas faute de financement. Exemple en Loire-Bretagne où un nouveau contrat de 10 millions d’euros vient d’être signé.

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Protéger les captages d’eau potable, un enjeu sanitaire et environnemental

L’agence de l’eau Loire-Bretagne (AELB) a signé le 28 mai cinq contrats(1) de lutte contre les pollutions diffuses sur 12 captages prioritaires des Deux-Sèvres produisant un volume annuel de 16 millions de m3/an. Cinq secteurs sont concernés pour une superficie d’environ 900 km2 : les barrages du Cébron et de la Touche-Poupard, les bassins de la Sèvre Niortaise amont (580 km2), des sources de Seneuil et du pays de Thouarsais. Seul ce dernier bassin (53 km2) signe pour la première fois ; pour les autres, il s’agit du renouvellement d’un précédent contrat portant sur la période 2007-2013.

Des financements importants, des résultats décevants – « Sur cette période, l’agence a distribué 11 millions d’euros d’aides à la mise en oeuvre de mesures agro-environnementales (MAE) sur le Poitou-Charentes et le Limousin, dont plus de 80 % sur le département des Deux-Sèvres. Somme à laquelle il convient d’ajouter les 3,5 millions d’euros de subventions du contrat 2007-2013 » précise Olivier Raynard, délégué régional de l’AELB.

Les dotations pour la réduction des pollutions agricoles pour le 10ème programme (2013-2018) de l’agence sont d’environ 220 millions d’euros sur l’ensemble du bassin Loire Bretagne ; 24 millions d’euros y ont été consacrés en 2013. Les financements ne semblent donc pas être le facteur limitant.

Mais pour quels résultats ? Pour les barrages du Cébron et de la Touche-Poupard, le bilan montre une stabilisation des nitrates à des niveaux faibles (inférieurs à 20 mg/l). Sur les autres bassins, couverts de grandes cultures céréalières, les niveaux restent élevés : autour des 50 mg/l. « On écrête les pointes, mais on ne parvient pas à inverser la tendance » avoue Olivier Raynard.

Une avancée difficile et hétérogène – Sur environ 5 600 captages, l’AELB compte 128 aires d’alimentation de captage (AAC) prioritaires au sens du Grenelle. Par ailleurs, la conférence environnementale de septembre dernier a porté le nombre total de captages prioritaires de 500 à 1 000. En Loire-Bretagne, ce nombre va passer à 210. Fin 2013, 81 programmes d’actions sont engagés et 16 doivent démarrer en 2014. Sur 27 aires, les études sont en cours.

Mais l’avancement est très hétérogène : sur quatre aires de la région Centre, les actions sont arrêtées du fait du refus des partenaires agricoles. Sur la moitié Ouest du bassin, la politique régionale(2) booste la démarche. A l’Est en revanche, leur mise en œuvre dépend davantage du dispositif ZSCE. Or, ces arrêtés sont rares : 21 %, dont la moitié pour les AAC bretonnes en contentieux européen.

Changer les pratiques agricoles – Le point de blocage est identifié. L’enjeu principal est l’amélioration et le changement des pratiques agricoles pour réduire les pollutions par les pesticides et les nitrates. C’est la nouveauté de ces seconds contrats : la mise en place de conseil collectif et individuel pour l’accompagnement vers ces changements (systèmes à bas niveaux d’intrants, conversion à l’agriculture biologique). Ils mettent l’accent sur le travail avec les coopératives, le négoce et les chambres d’agriculture. Car les choix d’assolement se font encore plus souvent en fonction de l’évolution des cours du marché et des aides de la PAC que pour protéger l’eau potable…

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Commentaires

2  |  réagir

02/09/2014 08h32 - zep24

Cela fait longtemps que la problématique agricole est cernée. Ce qui a toujours péché est une réelle volonté politique pour faire évoluer ces pratiques agricoles. Le pari n’est pas mince : trouver une cohérence entre la politique agricole et les enjeux environnementaux, assurer un revenu aux agriculteurs. Le constat n’est pas récent et le problème n’a toujours pas trouvé de solution malgré l’empilage des mesures (périmètres de protection, zones vulnérables, plan d’action territoriaux, écophyto…). Alors, une solution miracle de plus…

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19/06/2014 03h23 - Rémy PETIOT

La dernière phrase résume tout. Mais aucun élu, ni même les commissions locales de l’eau, n’osent le dire clairement et agir pour travailler autrement.

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