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Reportage

Comment se construit le futur « pôle public de l’archéologie préventive » à Orléans

Publié le 04/06/2014 • Par Hélène Girard • dans : Régions

L’exposition « Regards sur Orléans » (1er avril-6 juillet 2014) figure au programme des Journées nationales de l’archéologie des 6, 7 et 8 juin, événement dont la Gazette est partenaire pour la quatrième année consécutive. L’exposition bat en brèche plusieurs visions de l'histoire. En filigrane, elle témoigne de la volonté des acteurs l’archéologie – ville, Etat, Inrap – de préfigurer un « pôle public de l’archéologie préventive », concept que la ministre de la Culture voudrait voir se développer sur l’ensemble du territoire.

A Orléans (Loiret), l’archéologie fait partie des missions municipales depuis 1992. Epoque où ce secteur n’était pas encore structuré comme il l’est aujourd’hui avec la loi n° 2003-707 du 1er août 2003 (1) relative à l’archéologie préventive.
En vingt ans, les archéologues municipaux ont acquis une expertise qui leur permet d’être partie prenante des projets d’urbanisme et des avancées dans la connaissance archéologique. Depuis deux ans, le service archéologique municipal d’Orléans (SAMO) est doté de l’agrément de l’Etat qui l’autorise à pratiquer diagnostics et fouilles. Les archéologues de la ville ont aussi développé un esprit de coopération avec leurs collègues de l’INRAP et de l’Etat (Service régional de l’archéologie, SRA).

Sommaire

  1. A quoi sert le SAMO ?
  2. Plaidoyer pour un « pôle public de l’archéologie » : le message politique de la ville et de ses partenaires
  3. Le regard de Muriel Cheradame, maire adjointe à l’aménagement urbain et au logement
  4. Archéologie et numérique : ce qu’en pensent les professionnel

1. A quoi sert le SAMO ?

Doté de 5 archéologues, le service archéologique municipal d’Orléans (SAMO) travaille étroitement avec le service de l’urbanisme et le service « ville et pays d’art et d’histoire ». Grâce à la présence d’un spécialiste de l’archéologie du bâti, le SAMO étend son activité aux façades.

Le service archéologique municipal d’Orléans (SAMO) a vu le jour en 1992, après une vingtaine d’années d’efforts des archéologues des services déconcentrés du ministère de la Culture en région Centre (2) pour sensibiliser les élus locaux aux nécessités de l’archéologie préventive.

« Nous avons d’abord réussi à faire inscrire l’archéologie dans les plans d’occupation des sols du Loiret, se souvient Olivier Ruffier, conservateur en chef du patrimoine en charge de la gestion du patrimoine archéologique urbain des villes de Bourges, Chartres, Tours et Orléans, au service régional de l’archéologie (SRA), au sein de la direction régionale des affaires culturelles (DRAC) de la région Centre. Il fallait aussi une volonté municipale, ce qui fut le cas à Orléans avec le maire de l’époque René Thinat (3) : de sa propre autorité, il a inscrit une annexe archéologique dans le plan d’occupation des sols de la ville. Ce document expliquait qu’il y avait des zones de sensibilité archéologiques particulières, et que, par conséquent, il était fortement recommandé aux aménageurs de prendre contact avec nous. »
Objectif : se donner les moyens de maîtriser les délais, et donc les coûts, de la prise en compte du patrimoine archéologique dans les projets d’aménagement. « Si on intervient quand un projet est déjà en cours de réalisation, cela provoque des retards et coûte de l’argent. Qui plus est, cela ne produit pas pour autant des fouilles de qualité. Il fallait donc dissocier les deux choses et engager une politique d’anticipation », insiste Olivier Ruffier.

Gestion préventive

Aujourd’hui, Orléans figure donc parmi les villes du Centre porteuse d’une tradition ancienne de gestion préventive de son patrimoine archéologique. Avec, comme cheville ouvrière, le SAMO et ses cinq archéologues, dont un spécialiste de l’archéologie du bâti.
« Nos missions sont de divers ordres, détaille son responsable Sébastien Jesset. Les missions opérationnelles [études, diagnostics et fouilles, ndlr] permettent à la ville d’avoir une maîtrise des coûts et des calendriers sur ses opérations d’aménagement. Elles nous confèrent aussi une expertise scientifique, que nous apportons en amont des projets d’urbanisme. Enfin, nous avons une politique de valorisation scientifique et d’exploitation des connaissances au fur et à mesure des découvertes. Cela passe par des publications scientifiques et grand public. » Une politique de valorisation qui se traduit en ce moment par l’exposition « Regards sur Orléans », présentée depuis le 1er avril et jusqu’au 6 juillet au musée des beaux-arts.

Au sein de la ville, le SAMO coopère avec deux entités :

  1. le service de l’urbanisme
  2. le service Ville et pays d’art et d’histoire

Urbanisme : assurer « une sorte d’assistance à la maîtrise d’ouvrage »

Une fois par an, le SAMO et le service de l’urbanisme font le point sur les projets d’aménagement à venir. « Nous sommes ainsi associés très en amont, au fur et à mesure que les projets sont lancés, souligne Sébastien Jesset. Nous fournissons d’emblée au service de l’urbanisme un état de la connaissance du terrain et de l’environnement archéologique. Cela permet d’anticiper au maximum le calendrier et de ne pas ralentir les différentes phases du projet d’aménagement. ».

Ensuite, une fois les projets en cours, le SAMO en assure un suivi, en fonction des prescriptions archéologiques de l’Etat (diagnostics ou fouilles). « Il arrive aussi que nous intervenions sur des projets privés, dès lors que le service de l’urbanisme en émet le souhait ou que l’intérêt scientifique du site nous semble important », ajoute le responsable du SAMO.
L’anticipation peut aller jusqu’à trois, quatre, voire cinq ans avant certains projets, par exemple pour des études documentaires permettant à l’aménageur d’affiner son projet, de déplacer l’endroit prévu pour un sous-sol. « Nous assurons donc une sorte d’assistance à la maîtrise d’ouvrage »,  résume Sébastien Jesset.

Médiation patrimoniale : apporter des connaissances à diffuser

Autre partenaire régulier du SAMO : le service « ville et pays d’art et d’histoire », chargé de la médiation culturelle autour du patrimoine global de la ville dans le cadre du label du même nom, obtenu en mai 2009.
« Nous venons en appui du SAMO pour faire connaître et valoriser ses découvertes, avec nos méthodes de médiation, résume Pauline Marton, responsable du service « ville et pays d’art et d’histoire. »
Dépliants mis à la disposition des passants à proximité des chantiers de fouilles, restitutions sous forme de visites guidées en ville ou de conférences…, le service et ses guides-conférenciers s’attachent à expliquer pourquoi le SAMO fouille, comment se déroule un chantier, ce qu’on trouve, ce qu’il advient des objets découverts, les nouvelles connaissances engrangées etc.
Dans le cas d’une exposition comme « Regards sur Orléans », le service « ville et pays d’art et d’histoire » élabore un programme d’actions, « le plus varié possible » avec plusieurs objectifs :

  1. « faire vivre l’exposition au-delà de ses mûrs et des objets présentés »
  2. « trouver, autour de l’exposition, d’autres moyens d’amener un maximum de personnes à s’intéresser à l’archéologie et toucher différents publics ».

Conférences, visites guidées en ville, ateliers, constituent les principaux vecteurs de cette démarche. Encore faut-il que les guides-conférenciers maîtrisent le sujet.
Il revient aux archéologues de les former, « en trois temps, précise Pauline Marton. Une première session de formation a lieu au sein du SAMO ; une deuxième prend la forme d’un circuit en ville conçu par le SAMO pour leur permettre de voir les traces des différents lieux et bâtiments évoqués ; une troisième consiste à visiter l’exposition avant son ouverture en compagnie des archéologues, qui donnent aux guides-conférenciers un maximum d’informations qu’ils pourront retranscrire dans leur discours en direction des visiteurs. »

Yannick Brossard, INRAP

Fouilles lors de la construction du parking du Cheval Rouge (2012)

Fiche d’identité du SAMO

  • Date de création : 1992
  • Effectifs : 6 personnes dont une équipe de 5 archéologues (composée de spécialistes des périodes protohistorique, gallo-romaine, et médiévale et de l’archéologie du bâti) et une secrétaire, auxquelles s’ajoutent des archéologues vacataires selon les opérations.
  • Missions : gestion et mise en valeur du patrimoine architectural et archéologique de la ville¸ expertise pour la mairie, tout autre collectivité et tout tiers, suivi archéologique des ravalements programmés ou subventionnés par la ville, valorisation des résultats scientifiques.
  • Agrément de l’Etat (diagnostics et fouilles) : obtenu en 2011, il qualifie le SAMO comme opérateur en archéologie préventive, pour le compte de la ville, mais aussi pour d’autres personnes publiques ou privées, sur l’ensemble de du territoire de l’agglomération orléanaise.
  • Conventionnement avec l’INRAP : signature de conventions ponctuelles par projets et discussions en vue d’une convention-cadre  (diagnostics et fouilles).
  • Nombre d’opérations en 2013 : 9 diagnostics, 2 fouilles, 3 études de bâti.

Archéologie et ravalement

Le service de l’urbanisme associe le SAMO aux ravalements de façades, pour réaliser une étude du bâti archéologique. Pour cela, le SAMO compte dans ses rangs un archéologue du bâti.  « Il s’agit d’une intervention a minima sur les façades sur rue, parfois avec des relevés intérieurs, en cas de modification des structures du bâtiment, avec des relevés sur les charpentes », précise Sébastien Jesset, responsable du SAMO. Lors des ravalements, les archéologues distinguent deux types d’édifices : le bâti courant, le bâti singulier.

Notification particulière –  Au sein du bâti singulier, quelques façades font l’objet d’une « notification particulière ». Pour ces dernières, le SAMO définit avec le service de l’urbanisme, celles semblent pertinentes pour une étude, au regard des connaissances déjà disponibles. « Cela prend beaucoup de temps, plusieurs semaines, car l’intervention est réalisée pierre à pierre, pièce de bois par pièce de bois, sur toute une façade », souligne Sébastien Jesset. La méthode est la même que pour une fouille – prise de données sur le terrain, enregistrement stratigraphique etc., à ceci près que pour le bâti, nous travaillons à la verticale et non à l’horizontale. Ensuite, nous faisons une restitution dans un rapport, reprenant les relevés et les notes. Nous faisons aussi des recherches en archives, pour connaître l’histoire du bâtiment. Comme pour les aménageurs, les opérateurs de ravalement intègrent cette phase dans leur calendrier », poursuit le responsable du SAMO.

La différence réside dans le fait que pour les façades, il n’y a pas de prescription de l’Etat. La ville et le service régional de l’archéologie (direction régionale des affaires culturelles) sont tombés d’accord pour intervenir de façon fluide. La ville prend en charge ces opérations.

Traduction opérationnelle – A l’évidence, l’archéologie du bâti sert la connaissance du patrimoine architectural de la ville. « Ces travaux mettent en évidence les différentes typologies de maison et leurs éléments de construction », fait valoir Sébastien Jesset. C’est ainsi que que le propriétaire d’un édifice peut connaître dans le détail l’histoire de son bâtiment, et que l’exposition « Regards sur Orléans » (musée des beaux-arts, 1eravril-6 juillet 2014) donne à voir les découvertes sur les modes de constructions dominant au Moyen-Âge.

Ce travail a aussi une traduction opérationnelle. « C’est aussi un plus pour le service de l’urbanisme, qui peut faire les bons choix de coloris ou de modes de restitution des façades, selon les périodes considérées. Autrement dit, il assoie ses choix sur des connaissances. Ce travaille alimente aussi la réflexion sur les autres façades. Car même si une façade n’est pas étudiée, nous savons, dès lors que nous en connaissons la période, à quel groupe architectural elle appartient. Alors, il devient pertinent de choisir telle couleur, telle opération de restauration sur une statue, de pratique une ouverture à tel endroit, de telle largeur etc. », insiste Sébastien Jesset.

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2. Un message politique : plaidoyer pour un « pôle public de l’archéologie préventive »

A travers l’exposition « Regards sur Orléans », les archéologues et la ville passent un message sous-jacent plus politique : la capacité des professionnels, issus de différentes institutions – ville, INRAP, DRAC – à œuvrer de concert en vue d’une objectif commun : l’enrichissement de la connaissance archéologique et sa restitution au public. « D’une certaine façon, nous préfigurons le pôle public de l’archéologie, que la ministre de la Culture souhaiterait mettre en place », relève Thierry Massat. Pôle dont Aurélie Filippetti a esquissé à nouveau les contours dans son discours du 18 avril 2014 devant le conseil national de la recherche archéologique (4):

 Je souhaite que soient étudiés tous les moyens de permettre une véritable coopération entre l’ensemble des acteurs et opérateurs publics de l’archéologie préventive dans le cadre d’un pôle public de l’archéologie. Cela concerne, bien sûr, l’INRAP et les services archéologiques des collectivités territoriales, mais aussi les services régionaux de l’archéologie, l’Université et le CNRS. Car toute la chaîne archéologique, depuis la réalisation des fouilles préventives ou programmées jusqu’à la recherche et à la valorisation doit trouver sa place dans ce pôle public à construire.

L’exposition d’Orléans « a, bien sûr, avant tout des visées scientifiques, mais aussi la volonté de faire la démonstration que les trois acteurs publics travaillent ensemble au quotidien et sont capables de monter ensemble une exposition de cette envergure », plaide Thierry Massat, adjoint scientifique et technique (ATS) à la direction interrégionale Centre-Ile-de-France de l’INRAP. « Au-delà des institutions, ce sont des professionnels qui travaillent ensemble et se concertent dans le cadre de projets scientifiques collectifs, de tables rondes, de colloques etc. Tout cela crée une forte dynamique qui dépasse les cadres institutionnels », renchérit Sébastien Jesset, responsable du service archéologique municipal d’Orléans (SAMO).
A Orléans, les professionnels partent avec une longueur d’avance, sans doute parce qu’une coopération s’y s’enracine « dans une tradition ancienne, où il n’y a pas d’obstacle au travail en commun entre les différents services archéologiques. D’ailleurs, nous n’avons pas attendu la loi de 2001 pour mettre en place une gestion préventive du patrimoine archéologique », se félicite Olivier Ruffier, conservateur en chef du patrimoine au SRA, en charge du territoire orléanais.

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3.Le regard de l’élue à l’aménagement urbain et au logement

« Les archéologues permettent aux Orléanais de se projeter dans l’avenir sans occulter leur passé »

Muriel Cheradame, adjointe au maire d’Orléans en charge de l’urbanisme et du logement

Orléans a voulu que l’archéologie soit partie prenante des aménagements urbains. Ce que permet l’agrément de l’Etat que détient le SAMO depuis 2011 pour les opérations archéologiques, et la bonne coordination avec le service de l’urbanisme. Le temps des villes est beaucoup plus long et lent que le temps de ses habitants. Il est donc parfois difficile à comprendre. Les travaux des archéologues permettent aux Orléanais de savoir d’où ils viennent et de se projeter dans l’avenir, sans occulter leur passé. C’est ce que nous avons fait, en 2012, avec l’exposition « Orléans 2025 », qui proposait une vision de la ville en plein renouvellement.
L’archéologie n’empêche nullement les aménagements d’envergure. Au contraire, elle permet un développement en harmonie avec le passé. Par exemple, jusqu’à ce à ce qu’ils soient réaménagés (5) les quais de la Loire n’étaient plus qu’un secteur en déshérence, qui servait d’aire de stationnement et dont les Orléanais s’étaient détournés. Or il s’agissait autrefois d’un port animé, avec une marine fluviale. La prise en compte de ce passé s’est traduite par une restructuration des quais pour en faire un lieu de promenade et même un lieu de spectacle puisque s’y déroule le Festival de la Loire (6).

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4. Archéologie et numérique : ce qu’en pensent les professionnels

Les promoteurs de l’exposition « Regards sur Orléans » ont déployé sur le parcours de la visite deux dispositifs numériques de médiation développés par l’Inrap à l’échelle nationale, mais dont Orléans inaugure la mise en œuvre opérationnelle : l’Archéonaute et l’atlas interactif. Des outils potentiellement puissants pour rendre l’archéologie attractive et diffuser les connaissances et qui illustrent la place du numérique dans les démarches de médiation.

« Ne pas confondre évocation et restitution »

Thierry Massat, adjoint scientifique et technique (ATS) à la direction interrégionale Centre-Ile-de-France de l’INRAP

Le numérique change considérablement la vitesse de diffusion des connaissances. Par exemple, l’atlas interactif, qui peut être consulté depuis chez soi, permet aux visiteurs d’arriver avec déjà beaucoup de connaissances. Autre évolution : les images virtuelles permettent de faire le lien entre l’archéologie et l’humain, de passer de l’objet exposé à la vie. Mais attention, il y a un risque : celui de voir le public confondre évocation et restitution, malgré les avertissements que nous faisons figurer dans les expositions. Par exemple, pendant longtemps, les archéologues se sont interdits de représenter l’élévation d’un bâtiment qu’ils découvraient, parce qu’ils ne disposaient pas de toutes les informations. Mais cela créait une distance avec le public. En s’autorisant des évocations, on permet au public de s’approprier des connaissances. Essayer de prévenir cette confusion entre évocation et restitution demande un renforcement du travail de médiation et une mise en garde du public.

« Le numérique nous permet de valider ou de réfuter certaines hypothèses »

Sébastien Jesset, responsable du service archéologique municipal d’Orléans (SAMO)

N’oublions pas que le numérique sert la médiation, mais aussi les professionnels. Au début, la numérisation de nos fonds et de nos documents n’était pas faite pour le public, mais pour les archéologues : il s’agit de faire en sorte que chaque archéologue qui fouille à un endroit puisse retrouver facilement les documents relatifs au site. La distinction entre évocation et restitution ne concerne pas que le public mais aussi les professionnels, avec cette difficulté que certaines images sont à la fois évocation et restitution.
Prenons l’exemple de l’angle sud-est du rempart du 15ème siècle sur la tour de la Brebis : les dimensions sont fiables, le trait de berge est exactement là où il devait être, la tour a le diamètre qu’elle devait avoir, le tracé du rempart est là où il devait être. Il s’agit certes d’une restitution. Cependant, il y a aussi une part d’évocation, dans la toiture, par exemple, dont nous ne savons pas trop comment elle était. Nous sommes alors entre évocation et restitution.
Il faut bien comprendre que cela enrichit la réflexion de l’archéologue. Car cela lui permet de fournir les éléments dont il est sûr, et ensuite de voir jusqu’où il peut aller dans l’évocation, en fonction des connaissances qu’il a de l’édifice et de son environnement.
En termes de méthodologie, le dialogue entre retours entre l’archéologue et l’infographiste qui réalise l’évocation est d’une grande importance. J’en ai fait l’expérience avec Laurent Josserand de Polytech Orléans, qui a travaillé sur la restitution de l’angle du rempart. Il calculait le poids de l’ouvrage et nous signalait pourquoi on  ne pouvait pas trop l’élever. Cette méthode permet de valider ou de réfuter certaines hypothèses.

Deux outils en cours de déploiement national

Archéonaute, un support pédagogique, inauguré avec la ville d’Orléans. Cette application restitue sept sites archéologiques orléanais choisis pour leur intérêt scientifique, avec deux types de visites connectées, l’un pour le jeune public, l’autre pour les adultes. En s’initiant aux bases méthodologiques de l’archéologie, les internautes découvrent l’évolution des modes de vie des populations. In situ, la version mobile permet de repérer, dans la ville d’Orléans, les lieux où des vestiges archéologiques ont été mis au jour.

L’atlas interactif, doté d’un moteur de recherche, compte déjà onze titres (villes, grands tracés). Il donne à voir un condensé des résultats des fouilles, avec des fiches illustrées, des vidéos, et diaporamas de photos, dessins, plans etc. Les recherches peuvent se faire par thème, par site ou par période historique. Présentée au sein de l’exposition dans un meuble à large écran, l’atlas est aussi téléchargeable sur smartphone et tablette. Marseille, qui vient d’être traitée, sera le prochain titre.

Le service archéologique municipal d’Orléans (SAMO) a contribué à son développement en l’alimentant en données. « L’atlas présente une vingtaine de sites sur les 250 recensés. Nous avons donc du travail devant nous », précise Thierry Massat, adjoint scientifique et technique (ATS) à la direction interrégionale Centre-Ile-de-France de l’INRAP. « Pour Archénoaute, comme pour l’atlas interactif, les textes ont été remaniés pour en faire une version grand public », précise Sébastien Jesset, responsable du service archéologique municipal d’Orléans (SAMO). L’INRAP compte alimenter régulièrement ces deux outils, en y intégrant de nouvelles villes et par une mise à jour des données.

Ville d'Orléans

Ville d’Orléans « Orléans 2025 », exposition présentée par la ville en 2012 et consacrée aux grands projets urbain.

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Références

Loi n° 2003-707 du 1er août 2003 (modifiant la loi n° 2001-44 du 17 janvier 2001) relative à l'archéologie préventive

Label Ville et pays d'art et d'histoire 

Notes

Note 01 modifiant la loi n° 2001-44 du 17 janvier 2001 Retour au texte

Note 02 à travers le service régional des antiquités historiques, devenu entretemps le service régional de l’archéologie Retour au texte

Note 03 René Thinat (1908-1978) : maire d’Orléans de 1971 à 1978. Surnommé « le maire-bâtisseur », il fit construire le troisième pont sur la Loire, le centre commercial des Halles-Châtelet, le Carré-Saint-Vincent, la patinoire, le centre municipal, et fit transformer l’église Saint-Pierre-le-Puellier en salle d’exposition (source : archives municipales d’Orléans Retour au texte

Note 04 organisme consultatif, placé auprès du ministre de la culture et qui contribue à la mise en place d’une politique interministérielle concertée en matière d’archéologie Retour au texte

Note 05 en 2011-2012 Retour au texte

Note 06 manifestation biannuelle organisée à l’automne pour célébrer le fleuve, les bateliers et l’histoire fluviale d’Orléans Retour au texte

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Commentaires

Comment se construit le futur « pôle public de l’archéologie préventive » à Orléans

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Christian Stouvenot

14/06/2014 04h46

« Nous sommes ainsi associés très en amont, au fur et à mesure que les projets sont lancés, souligne Sébastien Jesset. Nous fournissons d’emblée au service de l’urbanisme un état de la connaissance du terrain et de l’environnement archéologique. Cela permet d’anticiper au maximum le calendrier et de ne pas ralentir les différentes phases du projet d’aménagement. »
Procédure curieuse quand on sait que la loi prévoit que l’aménageur puisse questionner directement le SRA sur le sujet (article R523-12 du Code du Patrimoine) et obtiendra une réponse bien plus fiable sur ce qui se passera par la suite (le SRA répondra s’il prescrira ou non et sa réponse sera valable pendant 5 ans)

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