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Réforme de l'Etat

A Bercy, l’Etat s’interroge sur… la modernisation de l’Etat

Publié le 16/05/2014 • Par Hugo Soutra • dans : A la une, France, Toute l'actu RH

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Phovoir
« En finir avec le New public management » : telle était l’ambition du colloque, organisé mercredi 14 mai au ministère de l’Economie et des Finances par l’Institut de la gestion publique et du développement économique (IPGDE). Les invités y ont pointé les limites de ce modèle technico-administratif, tout en proposant des alternatives. Compte-rendu.

Cet article fait partie du dossier

MAP : moderniser pour économiser ?

A l’heure où la « chasse au gaspillage » semble représenter l’alpha et l’oméga du débat politique, les Rencontres internationales de la gestion publique 2014 ont offert un véritable bol d’air aux iconoclastes épris de changement.

Pour les invités de ce colloque organisé au sein du très orthodoxe ministère de l’Economie et des Finances, la crise des finances publiques rend la sentence sans appel. Les fonctionnaires français, services centraux et collectivités territoriales « n’échapperont pas » à la cure d’amaigrissement. Reste encore à en définir les modalités…

Nécessaire modernisation – Plaidant en faveur d’une organisation administrative efficace, d’une décentralisation aboutie (1) ainsi que d’une juste distribution des services publics, Ezra Suleiman, politiste à l’université de Princeton (USA), ne nie pas « un besoin évident de réformes. »

« En raison de la culture interventionniste de la France voire de basses stratégies électoralistes, vos nombreux ministres de la réforme administrative ont sans cesse reporté ce chantier. Evitant ainsi… le New Public Management (NPM) et le démantèlement des services publics qui l’accompagne » applaudit d’emblée l’auteur de ‘Schizophrénies françaises’.

Quid de la méthodologie ? – Fin critique de cette logique gestionnaire du management public, à la mode depuis une quarantaine d’années, il met cependant en garde la France d’un possible retour en force du NPM à l’augure de la « crise. » Appliqué différemment selon les époques et les gouvernements conservateurs ou socio-démocrates, ce projet à forte dose idéologique consiste, sous couvert de pragmatisme et de rationalisation, à transposer les méthodes de l’entreprise à l’action publique.

Si les réformes estampillées « NPM » ont jusqu’ici davantage touché les Etats-Unis et dans une moindre mesure la Grande-Bretagne ou l’Allemagne, la France n’a toutefois pas été complètement épargnée. Tant dans les administrations centrales (RGPP) que locales (RéATE, collectivités), la thèse libérale du rétrécissement de l’Etat y est progressivement montée en puissance.

Le NPM, un modèle critiqué – A l’heure où même les adeptes de ce modèle en reconnaissent certaines limites, des voix critiques commencent logiquement à s’élever au cœur même de la technostructure française.

« Discrètement véhiculé par diverses instances internationales (OCDE, Union européenne, Banque Mondiale, FMI, etc) profitant de leur pouvoir financier et de la standardisation de l’action publique pour imposer ses vues, ce modèle n’a pas été expérimenté et n’a que très peu été évalué » déplore la réformiste Françoise Waintraup, cheffe de mission au secrétariat général à la Modernisation de l’action publique (SGMAP).

Effets pervers et promesses non tenues – Comme elle, beaucoup de fonctionnaires demeurent perplexes face à un « pack de solutions » ficelé à l’avance, mêlant rigueur budgétaire et dérégulation, ressemblant étrangement au « TINA » – « There Is No Alternative » – de Margaret Thatcher. D’autant plus que, selon eux :

  • Les problèmes frappant les « bureaucraties kafkaïennes », que le NPM était censé éradiquer, perdureraient malgré les réformes.
  • Accélérée en vue de satisfaire le leitmotiv « Faire mieux avec moins », la privatisation de services – qui a davantage servi des intérêts particuliers (consultants, diplômés d’écoles de commerce) que l’intérêt général – n’aurait pas engendré « d’évolutions ni d’économies spectaculaires. »
  • En considérant l’usager-citoyen comme un simple consommateur, le NPM provoquerait une « marchandisation du secteur public » pénalisant les plus précaires.

Fétichisme anti-démocratique – « La complexité de l’action publique ne se laisse pas enfermer dans les grilles d’évaluations du New Public Management » avertit le philosophe et historien Marcel Gauchet.


Faut-il en finir avec le New Public Management… par IGPDE
Lui aussi soucieux d’efficacité, le psychanalyste Roland Gori ne s’oppose pas à l’évaluation des politiques publiques. « Le problème, c’est lorsque la priorité d’un médecin devient de produire des indicateurs de performance et non plus de soigner» abonde-t-il.

Prenant l’exemple des agents de Pôle Emploi soumis à ces nouvelles contraintes managériales, l’initiateur de l’Appel des appels dénonce un « fétichisme » qui pervertit la finalité du service public. « Notés en fonction du taux de réinsertion des demandeurs d’emplois, ils sont incités à s’occuper seulement des meilleurs. Perdons plus de temps pour obtenir plus de démocratie ! »

Une réforme politique ou technique ? – Leur volonté commune : différencier l’efficacité citoyenne de l’efficacité économique, en replaçant le politique au centre des débats sur la réforme de l’Etat. Objectif : ne pas la cantonner à une simple évolution technique. Intentions louables, mais comment y parvenir ?

  • En instaurant un « conflit des évaluations », afin que le seul indicateur économique soit croisé avec d’autres éléments d’objectivation du réel : le récit de vie, les savoirs issus de l’expérience, etc.
  • En répondant à la crise de l’autorité politique par davantage de coopération dans la fabrique des réformes. Exemple : se rapprocher du terrain afin de travailler non plus POUR mais AVEC les citoyens, les entreprises et les associations.
  • En octroyant de nouveaux droits développant la capacité d’agir des citoyens. Exemple : les budgets participatifs permettent aux administrés de redistribuer eux-mêmes l’impôt auquel ils contribuent.
    « Quand on fabrique un dispositif participatif, on fabrique un citoyen tout en allégeant le travail de l’administration via le crowdsourcing », vante Ksénia Ermoshina, sociologue franco-russe à l’Ecole des mines.

Sans forcément « en finir avec le New Public Management », les alternatives présentées lors de ce colloque esquissent un modèle hybride d’action publique à la fois réhumanisé et économiquement équilibré. Douce ironie d’évoquer ces idées novatrices, agrémentées de références à Gramsci et Camus, à l’intérieur même de Bercy, ce Léviathan qui guide plus qu’il ne subit les orientations économiques françaises depuis de longues années…

Cet article est en relation avec le dossier

Cet article fait partie du Dossier

MAP : moderniser pour économiser ?

Sommaire du dossier

  1. [Frise interactive] Deux siècles de réforme de l’Etat
  2. L’Etat choisit ses capitales régionales, et redéploie ses services dans les territoires
  3. Etat en régions : les élus locaux limitent la casse
  4. L’avenir de l’action publique : de l’attention, en attendant l’action
  5. L’Etat start-up n’est-il qu’un slogan ?
  6. SGMAP et collectivités locales remettent la démat’ en ordre de bataille
  7. La MAP économise au moins autant qu’elle innove
  8. L’État plate-forme, vraie source de services publics innovants ou cache-misère ?
  9. Politiques publiques : “Le chiffre ne doit pas clore les débats, mais les ouvrir”
  10. « La MAP ne se résume pas à l’effort d’économies, pas davantage que les économies ne se résument à la MAP »
  11. MAP : dans les collectivités, des idées mais peu de moyens
  12. Modernisation de l’Etat : contre le cost killing, innover, expérimenter
  13. Modernisation de l’action publique : la gouvernance par la donnée, une vieille nouveauté
  14. Le data scientist, oiseau en voie d’apparition dans la fonction publique
  15. Dessine-moi des data scientists
  16. La mutuelle de données de Lyon met les cartes du territoire en partage
  17. L’eldorado de la politique publique juste et rationnelle
  18. Pour Nicolas Matyjasik, « les sciences sociales permettent d’éclairer le décideur politique »
  19. Simplification administrative : un train de mesures avec quelques vieux wagons
  20. Gouvernance par la donnée, année zéro
  21. A Bercy, l’Etat s’interroge sur… la modernisation de l’Etat
  22. Le 4ème Cimap mise sur des économies liées à des « mutualisations dans le bloc communal »
  23. Malaise dans les services déconcentrés de l’Etat à la veille du 4ème Cimap
  24. 3ème Cimap et collectivités territoriales : ce qu’il faut retenir
  25. 2ème CIMAP : amélioration de l’administration déconcentrée et gel des normes
  26. La modernisation de l’action publique se veut moins brutale que la RGPP
  27. Terra Nova dénonce une MAP pervertie

Notes

Note 01 Dans un entretien (payant) à Mediapart, Ezra Suleiman estime qu’en confondant décentralisation politique et administrative, la France n’a fait qu’ajouter de nouveaux échelons aux précédents. « Il faudrait d’abord être précis sur les pouvoirs qu’on est prêts à déléguer avant de réfléchir à l’architecture administrative » recommande-t-il. Retour au texte

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Commentaires

A Bercy, l’Etat s’interroge sur… la modernisation de l’Etat

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logique 3

17/05/2014 12h09

Tout ceci à l’air d »un paravent pour cacher ce que l’on connaît trop bien …Et oui les informations circulent très bien par numérique et chacun peut savoir ce qui se passe dans ce monde plus que corompu sans le moindre contrôle , sauf controle aux ordres
Des associations plus que défendables elles donnent tous les chiffres surtout ceux cachés et ont pour principaux acteurs des personnalités plus que reconnues dans la justice …Et oui , le monde change sauf les méthodes d’un passé maintenant préhistorique

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