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Innovation

Smart city : « Réfléchir avec attention, de façon collective et sciemment » aux objectifs assignés à la technologie

Publié le 09/05/2014 • Par Sabine Blanc • dans : Dossiers d'actualité, France

Against the smart city : on ne peut faire titre de livre plus explicite. Son auteur, l’urbaniste américain Adam Greenfield, a déjà écrit d’autres ouvrages critiques sur le mésusage du numérique. Critique des gros opérateurs, il souligne aussi le rôle central des administrations locales pour guider l’utilisation des technologies.

Cet article fait partie du dossier

Smart city : les clés de la ville intelligente

Vous critiquez durement la smart city ubiquitaire, contrôlée de façon verticale, conçue par les gros opérateurs dans leur propre intérêt. Mais est-ce que les villes peuvent s’attaquer à tous les défis sans ces grosses compagnies ? N’est-ce pas jeter le bébé avec l’eau du bain ?

Il y a certainement des choses que les gros opérateurs de services et de systèmes d’infrastructures font très bien pour les villes. Que ce soit le traitement des eaux usées ou l’installation et la maintenance d’éclairage de rue ou des démolitions propres et sécurisées. C’est leur compétence, leur domaine d’expertise, et je n’oserais avancer que ceux d’entre nous qui n’ont pas cette expérience connaissent leur boulot mieux qu’eux.
La smart city soulève une différence : une partie de ces acteurs économiques ont effectué un saut inhabituel entre les compétences spécifiques qu’ils ont développées et leur ambition de vendre aux pouvoirs municipaux une sorte de service public général d’aide à la décision, sans compréhension ou sensibilité particulière aux complications uniques du terrain sur lequel ils proposent d’opérer. Une certain conception de l’administration municipale comme quête rationnelle et objective sous-tend la majorité de leurs idées.
Et bien entendu, la gestion d’une ville est tout sauf rationnelle. C’est une quête fondamentalement politique, disgracieuse, qui fait transpirer et manque totalement d’aboutissements. Vous ne pouvez pas automatiser la complexité de la gestion d’une ville, ou la prise de décision. Je ne crois pas que le processus de gouverner puisse être réduit à des indicateurs clés de performance sur un tableau de bord, optimisé et rendu propre. Et jusqu’à présent du moins, c’est tout ce que les gros vendeurs de technologies proposent.
Non : laissons-les fournir ce qu’ils sont bons à fournir. Il n’est peut-être pas très glamour de fournir des “tuyaux stupides”, mais il y a énormément d’honneur à cela. Cela devrait suffire.

Est-ce que les administrations locales partagent votre point de vue ? Possèdent-elles un bagage suffisant pour saisir les tenants et les aboutissants ?

D’après mon expérience, les administrateurs locaux ne sont pas du tout stupides, même si dans l’ensemble, ils ne comprennent pas nécessairement la complexité de l’informatique et des données en réseaux, ce pour quoi certains trouvent si attirantes les flatteries et discours confiants des intégrateurs de solutions et des consultants en management.
Heureusement, les décideurs locaux ont tendance à avoir une compréhension profonde et intime de l’environnement local social, institutionnel et politique, et cela leur donne souvent un socle solide pour repousser certaines des prétentions les plus folles de la smart city. Cela n’a rien à voir avec le fait qu’ils partagent ou non ma vision.

Craignez-vous la montée en puissance d’une nouvelle sorte de technocrates, qu’on pourrait appeler « datacrates » ?

Toute nouvelle configuration d’aptitudes techniques tend à générer une strate de gens qui ont des compétences différentes et confiants dans l’usage et l’application pratique de cette technique. Et de mon point de vue, l’enjeu n’est pas simplement d’échanger une prêtrise qui colle en apparence davantage à l’esprit du temps, qui est plus à la mode, pour une autre. Il s’agit d’abord d’empêcher l’émergence de telles prêtrises.

Pourriez-vous détailler quelques exemples inspirants de villes qui répondent à leurs défis avec des solutions lucides et pertinentes ?

Dublin fait des choses très intéressantes, avec leur initiative de conseil municipal Beta Projects (Elle met en place un cadre facilitant l’expérimentation et son évaluation en associant les habitants, NDLR).
Je suis impressionné par l’administration de Madrid, qui a la maturité et la sagesse de laisser se dérouler le processus de Campo de Cebada sous la houlette des citoyens (il associe des citoyens sur l’avenir du quartier Latina après l’arrêt des plans de réhabilitation avec le privé, suite à la crise de 2009, NDLR). Et je sais qu’il existe des milliers et des milliers de gens dans les gouvernements locaux, partout dans le monde, en général des jeunes, mais pas exclusivement, qui comprennent la valeur de tels efforts offrant et qui les laisseraient se dérouler si seulement ils le pouvaient. Une grande partie de mon travail consiste à fournir à ces gens des ressources qui soutiennent leur intuition, si bien qu’ils puissent argumenter en interne contre les vendeurs de smart city, qui défendent des pistes plus « juteuses ».

Que conseilleriez-vous à un maire qui est engagé dans un programme de smart city ? Et à un maire qui n’a pas encore choisi ?

Au premier, je dirais de mettre sous surveillance les initiatives dites smart city et de leur demander de rendre des comptes, dans un effort pour établir avec précison qui a bénéficié de leur introduction et à quel degré, et si oui ou non cette distribution de bénéfices constatée est en phase avec les prétentions avancées à l’origine du projet.
Au second, je suggèrerais que, quel que soit ce qu’ils pensent réussir en engageant les vendeurs à qui il revient de fournir une “solution” smart city, il y aurait peut-être de bien meilleurs retours sur investissement à réaliser, économiquement, socialement et stratégiquement, avec des alternatives de plus petite échelle, plus enracinées dans le local, et plus réfléchies. Et bien sûr, quelles que soient les promesses faites par ces vendeurs, ils devraient s’assurer de le faire mettre par écrit.

Certains problèmes soulevés par la smart city sont liés à l’énorme quantité de données (personnelles) utilisées par ses outils : vie privée, technosolutionnisme aveugle de façon générale… Est-il temps de « dénumériser » nos villes ?

Non, pas du tout. Je pense qu’il est temps pour les habitants de chaque endroit sur Terre de réfléchir avec attention, de façon collective et consciemment à ce qu’ils veulent que cette technologie fasse pour eux, et si oui ou non ils pensent qu’elle est à même de satisfaire leurs attentes. Et c’est la responsabilité de tous ceux d’entre nous qui ont quelque connaissance de base sur ce que les technologies de l’information numérique en réseaux peuvent ou ne peuvent pas faire de l’expliquer et de les contextualiser pour tout le monde, de façon à ce qu’il soit facile de prendre ces décisions.

Cet article fait partie du Dossier

Smart city : les clés de la ville intelligente

Sommaire du dossier

  1. Les intelligences de la smart city
  2. Data city : duel public-privé autour de la donnée locale
  3. Data city : A l’heure des data, « l’ubérisation » de l’intérêt général menace
  4. Data city : équipes, outils, budget…, à chaque collectivité son organisation
  5. Les grands moyens pour redynamiser une ville sur le déclin
  6. Data city : « Une nouvelle structure de confiance pour superviser le traitement des données »
  7. La smart city, à quel prix ?
  8. Les promesses à double tranchant de la ville intelligente
  9. Avec son contrat multiservice, Dijon dessine la ville d’après-demain
  10. Les collectivités locales méconnaissent les métiers du numérique
  11. « Permettre aux collectivités d’avoir accès à des données collectées par des acteurs privés »
  12. Les collectivités désarmées face à Uber et Airbnb
  13. A la recherche du citoyen intelligent
  14. La ville intelligente, une big mother en puissance ?
  15. Une smart city de 10 000 habitants, c’est possible et rapidement rentable
  16. La ville numérique : progrès social ou empilement technologique ?
  17. La smart city, ce n’est pas que pour les grandes villes !
  18. « Il faut rendre la smart city humaine »
  19. « Il faut créer un statut pour les données d’intérêt territorial » – Luc Belot
  20. La Smart city à la recherche de modèles économiques
  21. « La smart city doit être construite avec le citoyen » – Gaël Musquet
  22. La smart city, un concept qui a du mal à éclore
  23. Retour sur investissement : la smart city est-elle une bonne affaire ?
  24. Google, fournisseur officiel de services publics
  25. « Smart water » : comment le partenariat entre Veolia et IBM préfigure l’évolution des services urbains
  26. Maîtriser la donnée, un enjeu central pour la ville intelligente
  27. L’innovation ouverte, un concept au cœur de la ville intelligente
  28. Living Labs : l’innovation par l’usage
  29. Éclairage public : vous avez dit smart ?
  30. Les objets connectés, mais de quoi parle-t-on ?
  31. Objets connectés : de l’optimisation de coûts aux services de demain (1/4)
  32. L’entrepôt de données publiques-privées, prochain graal ou nouvelle usine à gaz ?
  33. Objets connectés : « C’est à chaque collectivité de définir les solutions qui lui semblent pertinentes » (4/4)
  34. Smart city, smart passoire potentielle
  35. Pense-bête pour sécuriser sa ville intelligente
  36. Objets connectés : le regroupement des données aide à mieux œuvrer pour le bien commun (2/4)
  37. Smart city : un portage politique fort pour monter des projets transversaux
  38. Objets connectés : un développement tous azimuts exige des démarches cohérentes (3/4)
  39. Smart city : la formation des agents, un passage obligé pourtant négligé
  40. Smart city : « Réfléchir avec attention, de façon collective et sciemment » aux objectifs assignés à la technologie
  41. La communauté urbaine de Lyon met les données au coeur de sa stratégie smart city
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Commentaires

Smart city : « Réfléchir avec attention, de façon collective et sciemment » aux objectifs assignés à la technologie

Votre e-mail ne sera pas publié

fcharles

10/05/2014 08h45

Beaucoup de bon sens. Mais cela ne doit pas empêcher d’avancer, de tester et d’apprendre. Car la smart city sera ce que la ville en fera, donc ses citoyens et son administration locale.
Derrière ce mot se cache tout simplement la transformation numérique des relations au sein de la ville.

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