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Smart city

L’entrepôt de données publiques-privées, prochain graal ou nouvelle usine à gaz ?

Publié le 02/05/2014 • Par Sabine Blanc • dans : Dossiers d'actualité, France

Deux récentes expérimentations, les projets DatAct et Datalyse essayent d’imaginer une smart city nourrie de services basés sur des données publiques et privées réunies dans des entrepôts mutualisés. Ces expérimentations de « datasharing » (« partage de données ») doivent résoudre des problèmes, en particulier juridiques.

Cet article fait partie du dossier

Smart city : les clés de la ville intelligente

Voilà deux ans, le credo était à la création de valeur grâce aux données publiques. Quelques dizaines de portails open data plus tard, ce discours a évolué : l’attention se tourne désormais vers des “entrepôts” mixant données publiques et privées, du « datasharing » (« partage de données »). En France, des expérimentations sont en cours dans ce sens.

Ce changement de paradigme part d’un constat pragmatique : concevoir des services riches et utiles en n’utilisant que les données disponibles via l’open data  parait limité. « Les expérimentations ne sont pas toutes fructueuses, le retour sur investissement (ROI) est limité », estime Rodolphe Ode, manager chez Business & Decision, un cabinet de consultants impliqué dans Datalyse.

Associant sept partenaires industriels et universitaires, Datalyse est menée à Grenoble depuis 2013, pour une durée de trois ans, dans le cadre des investissements d’avenir. Son objectif : « créer des applications Big Data et bâtir un entrepôt intelligent avec des données hétérogènes et massives issues des consommateurs, des données publiques, des moteurs de recherche et des appareils de mesure. » « Nous pensons que l’open data va devenir big data, lorsque toutes les communes s’y seront mises car cela va grossir en variété, explicite Rodolphe Ode. Dans un premier temps, ce seront des données en open data, puis des données personnelles issues du public et du privé. »

Pas de big data dans la baseline chez son cousin Datact, mais un même constat : « Les données publiques ne représentent pas tout le territoire », explique Stéphane Lelionnais, chez MGDIS, un éditeur de solution open data associé au projet. Datact entend « dépasser la simple ouverture des données et concevoir la mise en place d’une solution opérationnelle, sous la forme d’une régie de données, pensée autour de dynamiques de partages » pour produire des services « continus et contextuels, sans lesquels ni l’audience, ni les modèles économiques, ni les effets d’externalités ne seront au rendez-vous. » Il rassemble sur son troisième et dernier volet une quarantaine d’acteurs publics et privés.

Penser les usages en amont - Changement aussi de paradigme dans le processus de création des services : il s’agit d’abord de penser usages, puis données nécessaires à leur création, et non plus libérer les données en laissant les gens s’en emparer.
« Quand on tire le bilan de l’open data, on se rend compte que ça a marché là où l’on a pensé aux usages », confirme Stéphane Lelionnais. « Il faut se fixer des objectifs, mélanger des données d’horizons différents en fonction des services voulus, renchérit Jérôme Steffenino, Responsable du Pôle Grenoble Numérique. Il ne faut pas se limiter à un entrepôt inactif et attendre que le public s’en saisisse. Le commun des mortels ne s’en sert pas. »

De tels projets soulèvent un certain nombre de questions : techniques, juridiques, humaines et économiques. La première concerne la simple capacité de rassembler des acteurs aux intérêts a priori divergents. « L’échange public-privé est complexe en France », regrette Bruno Caillet, de l’agence Le hub qui pilote Datact. « Privé et public n’ont pas la même vision, mais c’est encore plus difficile avec plusieurs acteurs privés, où chacun doit trouver son business model. Mais on arrive à discuter », poursuit Stéphane Lelionnais.

Datact s’est penché durant sa seconde phase sur les acteurs : « qui sont-ils sur un territoire ? quelles données produit ce territoire ? quels sont les enjeux de pouvoir ? », détaille Bruno Caillet. La régie est apparue comme une solution pour inviter les acteurs à jouer le jeu : l’idée que la donnée en elle-même ne vaut rien, mais que son usage lui confère une valeur, constitue un levier de motivation pour le partage.

Dans cette optique, un système de chambre de compensation qui calcule de façon dynamique les prix en fonction des usages serait mis en place. La mutualisation présente aussi l’avantage de diviser les coûts.
La nécessité de dépasser les frontières administratives est aussi un impératif pour produire un service pertinent. « Il faut travailler sur la sémantique, sur des territoires liés les uns aux autres, pour éviter le syndrome de la donnée isolée », poursuit Rodolphe Ode.

Crispation autour des données personnelles - La principale difficulté consiste à résoudre ce qui peut s’apparenter à la quadrature du cercle : proposer des services pertinents implique souvent qu’ils soient personnalisés et reposent donc sur des données personnelles. Or la loi Informatique et libertés de 1978 est claire : les données « sont collectées pour des finalités déterminées, explicites et légitimes et ne sont pas traitées ultérieurement de manière incompatible avec ces finalités ».

Cette disposition suppose de savoir à l’avance ce que l’on va faire des données collectées, à rebours de la logique de l’open data qui consiste à mettre les données à disposition en espérant que le public en fera un usage innovant. Dans ce sens, les démarches de Datact et de Datalyse, qui pensent d’abord besoin, anticipent cette problématique.

Le statut juridique des données est un autre enjeu du datasharing, pour éviter qu’une entreprise, par exemple, ne pioche dans les données d’une autre entreprise sans en avoir le droit. « Nous réfléchissons à un cahier des charges. On réfléchit à un système de licence sur certains jeux de données », précise Alain Vaucelle, chargé de mission TIC à Plaine Commune, territoire retenu pour le prototypage de services à l’issue des travaux préparatoires de Datact. « Nous pourrions mettre en place des cohortes d’usagers pour faire des expérimentations », avance Victor Fouqueray, chargé de projets multimédia et open data à la région Île-de-France, également impliquée sur ce prototype.

« Nous avons sous-estimé l’importance de la question de l’anonymisation, pense Rodolphe Ode. La Cnil ne gère pas cette question : à qui appartiennent les données générées par un service ? » « Les données personnelles, ce sont les limites de l’exercice, on ne sait pas traiter », avance même Stéphane Lelionnais.

« Les collectivités locales sont plus légitimes que Facebook » - « La Cnil planche sur ces questions nouvelles, poursuit Bruno Caillet. Il y a une crainte culturelle : les collectivités locales ne se sentent pas légitimes à pousser ces approches autour des données personnelles, alors qu’elles le sont plus que Google et Facebook ! Il faudrait pouvoir configurer les profils en fonction des données personnelles à partager. On pourrait mettre en place un système de label. La loi Informatique et libertés est formidable sur le papier, mais en-deça de la réalité. Il faudrait inventer un vrai objet de corégulation plus réactif impliquant la société civile, les citoyens, les entreprises et la Cnil. » En attendant, l’avis de la Cnil sera sollicité une fois des scénarios plus aboutis.

La sensibilité renvoie aussi à un enjeu politique : « les données sont plus ou moins sensibles, comme par exemple les caméras de vidéosurveillance, mais pour le moment, ce n’est pas un frein au développement des services », indique Jérôme Steffenino.

La qualité des données, donc des systèmes d’information, constitue aussi une difficulté. « Elle est médiocre, dans le public comme dans le privé, sauf quand la donnée est au centre de l’activité », note Bruno Caillet. « Les systèmes d’information qui ne sont pas à la page ne représentent pas un obstacle insurmontable », relativise Jérôme Steffenino. C’est en effet tout l’enjeu du big data, tel que le concept est promu, de rassembler des données éparses, de qualité variables, pour les rendre exploitables.

Frein ou encouragement à l’open data ? - Par ailleurs, on peut se demander si l’approche de l’entrepôt partagé ne pourrait pas conduire, in fine, à freiner l’open data. Certains acteurs impliqués pourraient en effet se contenter de mettre leurs données en « semi-liberté » dans l’enceinte de l’entrepôt, alors même qu’elles seraient éligibles à l’open data.

Au contraire, estime Bruno Caillet, « cela sécurise les acteurs, en tuant les fantasmes liés à l’ouverture des données (mauvaise utilisation, perte de richesse…) ; chacun décide de transmettre ses données au cas par cas ».

Pour les acteurs privés, mais pas seulement, la question du retour sur investissement entre également en ligne de compte dans les choix : « pour des questions de coûts, on ne peut pas tout mettre en open data, note Jérôme Steffenino. »

Claire Gallon, de l’association LiberTIC, acteur historique de la promotion de l’open data en France, voit plutôt d’un bon œil cette piste de l’entrepôt. L’association a d’ailleurs réuni un groupe à ce sujet au sein du Datalab, un projet conduit dans les Pays-de-la-Loire : « Développer la culture du partage de données internes entre entreprises qui ne sont pas tenues à l’ouverture, c’est une avancée, argumente-t-elle. La coopération représente même un potentiel support de compétitivité. Compiler ses données internes avec des données publiques est une forme de croisement tout à fait intéressante. »

Elle souligne toutefois que l’intérêt des entreprises ne rencontre pas toujours celui du public : « Les entreprises vont valoriser des données comme nouveau débouché économique, rendant plus difficile l’effort de transparence et d’accès à des données essentielles. C’est le cas par exemple de la campagne sur le prix de l’eau, où une ONG et un média ont dû s’associer et faire appel à la population pour récupérer les données sur la qualité et le prix de l’eau car elles n’étaient pas disponibles auprès des opérateurs”.
Et Claire Gallon d’ajouter : “de manière générale, l’Etat a décidé de ne rien imposer aux entreprises en matière d’ouverture ou d’accès aux données. »

Elle pointe aussi le risque que « des administrations décident d’ouvrir les données selon différents niveaux d’accès. Ainsi, à Lyon, l’état du trafic temps réel de l’agglo est payant, mais il est gratuit à Nantes.  Dans ce cas, on constate que les démarches de data sharing entre acteurs privés des smart city et collectivités conduisent à limiter les accès. Ce qui peut assez logiquement amener des collectivités à se demander pourquoi ouvrir gratuitement quand d’autres font payer. »

Une limite toutefois relative puisque le prix des données est proportionnel aux revenus générés, avec l’idée de limiter les risques de monopoles de gros acteurs, Google pour ne pas le nommer. Pour le moment, les trois acteurs qui ont accès aux données à accès restreint du Grand Lyon ne payent rien.

Comme un écho à cette préoccupation, Jérôme Steffenino explique qu’à Grenoble, la question n’est toujours pas tranchée de savoir si certaines données, ou leur mise à jour, seront payantes : « Les données cartographiques n’intéressent que Google et ses concurrents. Est-ce que l’argent du contribuable doit servir Google ? », s’interroge-t-il.

Horizon 2015 – 2016 - Ces interrogations devraient trouver des ébauche de réponse à l’horizon 2015-2016. Datact se concentre sur le projet associant Plaine Commune et la région Île-de-France, sensé être réplicable facilement sur d’autres territoires. « Il s’agit de créer des services associés axés sur le développement économique : télétravail, co-working… », détaille Alain Vaucelle. Concrètement, le service pourrait consister à proposer une application qui indique la disponibilités de salles de réunion, de locaux… Un cahier des charges sera rendu à la rentrée 2014 sur le projet de Plaine Commune et la phase vraiment opérationnelle arrivera en 2015-2016. (1).

Grenoble, elle, travaille sur une application qui facilite la remontée et la gestion des incidents et dégâts sur l’espace public, en associant des données cartographiques, de la gestion urbaine de proximité (GUP) et celles du groupe Gaz électricité de  Grenoble (GEG) qui assure l’éclairage public, entre autres.
Les investissements pour cette initiative ne sont pas portés par la ville, mais cette dernière envisage de créer un poste pour animer la communauté, dédié au futur portail open data et à l’entrepôt.

Cet article est en relation avec le dossier

Cet article fait partie du Dossier

Smart city : les clés de la ville intelligente

Sommaire du dossier

  1. Les intelligences de la smart city
  2. Les promesses à double tranchant de la ville intelligente
  3. La ville intelligente, une big mother en puissance ?
  4. La ville numérique : progrès social ou empilement technologique ?
  5. La smart city, ce n’est pas que pour les grandes villes !
  6. La Smart city à la recherche de modèles économiques
  7. « La smart city doit être construite avec le citoyen » – Gaël Musquet
  8. La smart city, un concept qui a du mal à éclore
  9. Retour sur investissement : la smart city est-elle une bonne affaire ?
  10. Google, fournisseur officiel de services publics
  11. « Smart water » : comment le partenariat entre Veolia et IBM préfigure l’évolution des services urbains
  12. Maîtriser la donnée, un enjeu central pour la ville intelligente
  13. L’innovation ouverte, un concept au cœur de la ville intelligente
  14. Living Labs : l’innovation par l’usage
  15. Éclairage public : vous avez dit smart ?
  16. Les objets connectés, mais de quoi parle-t-on ?
  17. Objets connectés : de l’optimisation de coûts aux services de demain (1/4)
  18. L’entrepôt de données publiques-privées, prochain graal ou nouvelle usine à gaz ?
  19. Objets connectés : « C’est à chaque collectivité de définir les solutions qui lui semblent pertinentes » (4/4)
  20. Smart city, smart passoire potentielle
  21. Pense-bête pour sécuriser sa ville intelligente
  22. Objets connectés : le regroupement des données aide à mieux œuvrer pour le bien commun (2/4)
  23. Smart city : un portage politique fort pour monter des projets transversaux
  24. Objets connectés : un développement tous azimuts exige des démarches cohérentes (3/4)
  25. Smart city : la formation des agents, un passage obligé pourtant négligé
  26. Smart city : « Réfléchir avec attention, de façon collective et sciemment » aux objectifs assignés à la technologie
  27. La communauté urbaine de Lyon met les données au coeur de sa stratégie smart city

Notes

Note 01 Dans l’ensemble, Datact a coûté de « 400 000 à 500 000 euros, avec des tickets variables selon les acteurs, les collectivités ont payé 14 000 euros », indique Bruno Caillet Retour au texte

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