EAU

L’UFC Que Choisir dénonce les pollutions agricoles et les défauts de traitement dans les usines d’eau potable

Par • Club : Club Techni.Cités

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L'association UFC Que Choisir a publié une nouvelle version de son étude sur la qualité de l'eau du robinet après avoir étudié les résultats d'analyses de l'eau réalisées par les ARS. Un bilan à prendre avec des précautions mais qui montre la persistance des pollutions liées au monde agricole et, dans une moindre mesure, les défauts de traitement dans les usines d'eau potable.

C’est durant le Salon de l’agriculture que l’association UFC Que Choisir a choisi de publier son étude sur la qualité de l’eau du robinet en France, qui pointe du doigt les pollutions liées au monde agricole.

Une méthodologie contestée – L’association a en effet publié le 26 février 2014 une mise à jour de son étude et de sa carte interactive sur la qualité de l’eau potable dans les 36 600 communes de France, la précédente étude remontant à presque deux ans. A l’époque, la méthodologie et les résultats de l’UFC Que Choisir avaient été contestés par le ministère de la Santé ainsi qu’une partie des 2 747 collectivités qui avaient été mises en cause pour leurs mauvais résultats.

En cause notamment, le fait que l’association ne retenait que 6 paramètres des résultats  d’analyses des agences régionales de la santé (ARS), et aussi le manque de prise en compte de la situation locale et de ce à quoi renvoyait ces analyses (ex. : le captage dont l’eau a été analysé est-il toujours en activité ?). Un protocole d’analyse qui n’a pas changé. L’association estime de son coté qu’il a été  » amélioré, puisque c’est désormais pour chaque réseau desservant une commune que s’effectuent l’analyse et l’information des consommateurs « .

Ces réserves étant faites, les résultats publiés par l’UFC Que Choisir font apparaître une amélioration de la qualité de l’eau pour 280 000 consommateurs supplémentaires, « portant ainsi à 98 % la proportion de Français buvant, tout au long de l’année, une eau conforme aux critères réglementaires », contre 97,5 % en, 2012. Mais l’association déplore le fait que 1 480 000 personnes  » continuent à payer pour une eau non conforme « .

Un dépassement des normes ne signifie pas pour autant que l’eau n’est pas potable, a tout de même tenu à souligner, lors d’une conférence de presse, Olivier Andrault, chargé de mission à UFC-Que Choisir et qui a piloté l’étude.  » Il y a des marges de sécurité « , a-t-il précisé, soulignant qu’il revenait aux mairies de décider de restreindre la consommation.

Des pollutions principalement agricoles – L’association pointe l’agriculture comme principale source de pollutions, sachant qu’elle est responsable de 63 % des non conformités, qui sont observées pour l’essentiel  » dans les zones d’agriculture intensive du quart Nord-Est de la France « . Dans ces cas, l’eau arrive trop chargée en pesticides, en nitrates issus des apports d’engrais et de fumure animale sur les cultures et en sélénium, un composant du sous-sol naturel mais toxique apparaissant dans les cas de  » surexploitation des nappes phréatiques « .

 » Chaque année, pas moins de 400 captages d’eau potable sont fermés, essentiellement pour des raisons de pollution agricole « , indique M. Andrault.  » A chaque fois qu’on ferme un captage, on enfouit un problème sans le régler « .

Concernant plus précisément la question des périmètres de protection des captages d’eau, l’UFC Que Choisir constate que les  » six ans après le Grenelle, les plans d’action actuellement développés au niveau local afin de privilégier la mise en place d’agricultures respectueuses de l’environnement sur ces territoires sont loin d’atteindre cet objectif « .

Le traitement de l’eau également en cause – L’association de défense des consommateurs souligne également  » la persistance des défauts de traitements de l’eau  » responsables de 33 % des non-conformités et  » relevés en majorité dans les zones rurales ou de montagne « . Sont en cause  » la vétusté des réseaux ou le manque de surveillance des traitements d’assainissement  » qui conduient à la distribution d’une eau dépassant les seuils autorisés en bactérie ou en aluminium pour 500 000 consommateurs répartis dans 2 000 communes.

Elle regrette également que la bonne qualité de l’eau du robinet soit obtenue moyennant des traitements importants et à partir d’une eau brute qui, elle, est très polluée. En somme, elle reproche de privilégier le curatif au préventif, et que les agences de l’eau aient fait passer la part de leurs budgets consacrés au volet préventif de 6,5 % dans le 9e programme à 0,5 % dans le 10e.

Globalement, la qualité de l’eau est bien meilleure dans les zones urbaines, les pollutions étant  » majoritairement retrouvées dans des petites communes  » rurales, note UFC-Que Choisir. L’écart s’est d’ailleurs encore creusé depuis 2012 avec un niveau de contamination en baisse de 35 % dans les communes de plus de 5 000 habitants mais en hausse de 8 % dans les villages de moins de 500 habitants.

Dans ce contexte, deux demandes sont formulées par l’association : faire appliquer les objectifs des lois Grenelle sur la protections des captages prioritaires et augmenter les moyens mis en place par les agences de l’eau pour développer  » la prévention des pollutions, essentiellement agricoles, de l’eau « .

Références

"La qualité de l'eau potable en France : à vau l'eau ?" [Etude complète, PDF], UFC-Que choisir, février 2014.

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Commentaires

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28/02/2014 08h04 - JULIETTE

Le site/blog INFO LE CRES informe que la nappe phréatique est polluée.
Le compte rendu d’activités du SIAE en fait mention.
Quelle est la responsabilité de la commune?
Comment exiger le respect de nos contrats et obliger le serveur en l’occurrence VEOLIA à nous fournir une eau de qualité à laquelle nous avons droit?

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