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Rapport annuel 2014

La Cour des comptes juge les collectivités d’outre-mer responsables de la crise de leur tourisme

Publié le 11/02/2014 • Par Cédric Néau • dans : France

Le tourisme outre-mer, potentiel levier de développement économique et d'emploi, connaît une situation de crise structurelle liée au manque de pilotage des collectivités qui appelle "un indispensable sursaut" pour valoriser ses atouts, estime la Cour des comptes dans son rapport annuel présenté le 11 février.

La Cour des comptes consacre dans son rapport public annuel tout un chapitre au tourisme en Martinique (9 % de son PIB), en Guadeloupe (7 %), à la Réunion (2,6 %) et en Polynésie (7,7 %), soit dans les trois départements et la collectivité où cette activité est « un atout fondamental ».
Dans des territoires frappés par un chômage à plus de 20 %, le tourisme peine à décoller : après une expansion dans les années 1990, il est en crise depuis le début des années 2000, « à contre-courant du dynamisme des îles tropicales concurrentes ».

La Cour accorde des circonstances atténuantes à la Réunion, pénalisée par l’épidémie du chikungunya en 2006 et par la « crise du requin » depuis 2011, ou aux Antilles qui ont perdu « 10 000 séjours » à la suite de la crise sociale de début 2009.
Elle reconnaît également que l’attractivité des îles voisines tient d’abord à leur main d’oeuvre bon marché et leurs normes moins drastiques.

« Intervention inefficace des collectivités » – Mais pour la Cour, « l’explication conjoncturelle de la crise économique ne peut à elle seule être déterminante pour expliquer les faibles résultats de l’outre-mer français ».
Elle rend aussi les pouvoirs publics et les collectivités territoriales responsables du décrochage touristique de ces territoires par leurs « interventions peu dynamiques » et « souvent inefficaces ».

Le rapport pointe ainsi « des stratégies touristiques peu offensives avec des plans de développement « datant de la fin des années 1990 » ou avec des objectifs trop généraux, bâtis sur des hypothèses « irréalistes » comme celle d’accueillir 600 000 touristes à la Réunion d’ici 2015, quand l’infrastructure hôtelière est « incapable d’absorber un tel flux ».

Chacun dans son coin – De plus, il est reproché aux collectivités régionales de ne pas suffisamment solliciter les comités régionaux du tourisme pour bâtir de plans stratégiques cohérents.
Résultat : « les comités régionaux du tourisme antillais et réunionnais ont eu tendance à développer des stratégies touristiques propres, parfois en contradiction avec celles des exécutifs régionaux. »

Pour la Cour, c’est aussi la raison pour laquelle les approches du développement touristiques sont « peu innovantes » et pèchent d’un manque « d’articulation » entre les acteurs publics et privés : « Les acteurs privés de la filière éprouvent des difficultés à s’inscrire dans des orientations stratégiques dont ils ne saisissent pas les tenants et les aboutissant ».

Absence de coordination – Si l’aménagement des sites souffrent de « problèmes récurrents comme la propreté de la voirie, l’organisation des transports, le manque de parking, la collecte des eaux usées, l’aménagement des espaces littoraux, le défaut de signalisation », c’est que « la coordination entre les acteurs publics est insuffisante », estime la Cour des comptes.

Elle cite par exemple le cas de la « Polynésie française où la politique touristique et les politiques d’aménagement s’ignorent » et celui de la Réunion où « l’absence de coordination entre la région et le département nuit à l’efficacité de l’action publique ».
« Les conseils régionaux devraient jouer un rôle plus actif, de quasi chef de file », suggère le rapport.

La promotion comme seule réponse à la crise – La Cour des comptes estime par ailleurs que les actions publiques sont d’autant plus « inefficaces » qu’elles sont « déséquilibrées » en faveur de la seule promotion des destinations, quand « l’offre même est inadaptée aux attendes de la clientèle internationale ».

Une promotion dont le bilan est jugé comme un échec du fait de la trop forte dépendance des territoires à la clientèle métropolitaine, du manque de « professionnalisme des acteurs », de « l’absence d’évaluation » ou de « l’intrusion inefficace des pouvoirs exécutifs locaux ».
A ce (mauvais) compte, la juridiction financière rappelle les montants faramineux engagés par les régions et la Polynésie depuis 2007 dans la promotion de leurs territoires :

  • Martinique : 86,9 ME entre 2007 et 2012 ;
  • Guadeloupe : 71,8 ME entre 2007 et 2012 ;
  • La Réunion : 85,3 ME entre 2006 et 2012 ;
  • La Polynésie : 113 ME entre 2005 et 2011.

Les magistrats de la rue Cambon poursuivent leur réquisitoire en dénonçant « la faiblesse de l’offre hôtelière » pourtant soutenue massivement ou par la voix d’opérations de défiscalisation « aux effets négatifs », un « déficit d’accueil et de formation » de ces destinations, également pénalisées par une accessibilité compliquée.

Des visas difficiles à obtenir – L’offre aérienne est peu diversifiée et connait de fortes variations de prix avec l’impact des vacances scolaires françaises quand plus de 80 % de la clientèle vient de l’Hexagone. De plus la délivrance des visas pose des problèmes.

Les régions, appelées par la Cour des comptes à prendre le rôle de « pilote », ont ainsi interpellé l’État sur ce sujet : être moins dépendant de la métropole nécessite de s’ouvrir à la clientèle « régionale ».
Or les formalités d’obtention de visas sont compliquées pour les visiteurs d’Australie, de Chine, de Corée ou d’Inde, au nom du risque migratoire à la Réunion. De même, Guadeloupe et Martinique ne faisant pas non plus partie de l’espace Schengen nécessitent des visas courts séjours spécifiques.

Initiatives trop frileuses – Difficile dans ce contexte de frilosité de donner corps aux initiatives de diversification de la clientèle comme la stratégie des « îles Vanille » dans la zone de l’océan indien qui consiste en une vente d’offre combinée inter-îles.

Toutefois, les quatre îles françaises disposent d’ « atouts indéniables » même s’ils sont encore « insuffisamment valorisés ». La stabilité politique, la sécurité sanitaire par exemple sont prisées des seniors et des familles.
La richesse culturelle et festive qui rythme la vie des îles pourrait aussi être mieux exploitée ainsi que « la qualité exceptionnelle du patrimoine naturel ».

Outre le classement à l’Unesco des cirques, pitons et remparts de la Réunion, cette île partage avec la Martinique et la Guadeloupe le fait d’avoir un volcan en activité.
Donc potentiellement une activité de santé-thalassothérapie axée sur la « silver économie ».

Les propositions de la Cour des comptes

  1. Elaborer un plan stratégique, actualisé, fondé sur une observation du secteur, fixant des orientations priorisées à moyen terme ;
  2. demander aux comités du tourisme de réaliser un plan d’actions opérationnelles dans le cadre d’un schéma de développement du tourisme et des loisirs ;
  3. exercer une coordination effective des interventions des différents acteurs publics et privés, tout particulièrement dans le champ relatif aux aménagements touristiques et aux activités de nature ;
  4. développer une politique de formation et de sensibilisation des professionnels et de la population afin de mieux répondre aux attentes de la clientèle internationale ;
  5. simplifier et stabiliser les dispositifs régionaux d’aides aux investissements hôteliers et les inscrire dans le cadre d’un guichet unique ;
  6. renforcer la coordination sur les disponibilités foncières et élaborer une stratégie sur les friches existantes ;
  7. définir durablement des thématiques et des pays cibles prioritaires et évaluer les résultats obtenus ;
  8. supprimer les défiscalisations « Girardin » en faveur des investissements productifs et les remplacer par d’autres modes d’intervention, moins coûteux pour le budget de l’État et plus efficaces.
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