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Culture

Art contemporain : l’Etat veut améliorer la valorisation des collections publiques

Publié le 06/02/2014 • Par Hélène Girard • dans : France

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Dans un rapport remis à la ministre de la culture le 31 janvier 2014, le directeur général des patrimoines, Vincent Berjot, et son homologue de la création, Michel Orier, avancent 21 propositions pour rendre les collections d’art contemporain plus visibles et en améliorer l’accès.

 

Chiffres-clés

315 000 oeuvres recensées dans Videomusum

80 musées d'art contemporain nationaux et territoriaux

447 expositions d'art contemporain dans les institutions publiques en 2012

Le rapport « Collection 21 » des directeurs généraux des patrimoines et de la création, Vincent Berjot et Michel Orier, synthétise les rencontres et groupes de travail organisés avec les professionnels au cours de l’année 2013. L’objectif est de « favoriser, développer et promouvoir les collaborations et la synergie entre les différents réseaux de l’art contemporain. »
Ces réseaux se caractérisent par une grande diversité, puisqu’ils réunissent des musées nationaux et territoriaux, les Fonds régionaux d’art contemporain (FRAC), les artothèques (souvent adossées à une institution culturelle locale), les centres d’art, quelques fonds départementaux.

Les auteurs ont identifié pour l’avenir trois grands axes de travail, autour desquels s’articulent 21 propositions

  • le développement du travail en commun
  • la valorisation des collections
  • l’intégration des œuvres de l’espace public dans la problématique de l’art contemporain

« Nouvelles solidarités professionnelles » - Les rapporteurs souhaitent un renforcement des échanges interprofessionnels, pour susciter « de nouvelles solidarités entre acteurs » des différentes institutions. Exemples d’objectifs concrets avancés par les auteurs : l’élaboration et la diffusion

  • d’un guide « évolutif » des bonnes pratiques sur les modes et modalités d’enrichissement des collections,
  • d’un référentiel « partagé » sur les conditions de conservation et de restauration appliquées à l’art contemporain.

Le rapport préconise aussi un rapprochement entre les réseaux des musées, des FRAC et des centres d’art, pour « des partages d’expertise et des complémentarités plus fortes. »
La médiation, les politiques de partenariat et de mécénat, la conservation et la restauration des œuvres, la gestion des collections, la communication et les instances d’acquisition bénéficieraient de cette synergie.

Le développement des collections entraîne un important travail de régie et la création de nouvelles réserves. Le rapport préconise donc une démarche de mutualisation d’un certain nombre de lieux et de tâches. De même, pour favoriser la circulation des œuvres d’une région à l’autre, les rapporteurs préconisent l’organisation de rencontres annuelles donnant lieu à des « speed dating », « sorte de bourse aux expositions », où les professionnels présenteraient leurs projets à leurs pairs afin de nouer des partenariats et des coproductions.

Collecte d’informations sur les collections - Pour améliorer la connaissance des œuvres, les deux rapporteurs estiment qu’il faut « renouveler l’écriture et la compréhension de l’histoire de l’art contemporain », et renforcer la diffusion des collections. Les rapporteurs préconisent notamment d’engager un programme de recherche sur celles-ci.

Autre mesure avancée : un bilan et une évaluation annuels des acquisitions. Une enquête annuelle serait mise en œuvre pour collecter des informations « consolidées et transparentes » sur les collections auprès des structures détenant des œuvres. Le réseau professionnel Videomuseum (32 adhérents, 315 000 œuvres, 80% des collections) deviendrait un outil de diffusion et de médiation ouvert aux professionnels comme aux amateurs. Une cartographie « dynamique » des collections d’art contemporain serait ainsi réalisée.

Par ailleurs, afin de pallier la contraction des budgets publics, le rapport avance l’idée de la co-acquisition « dans des conditions à préciser attentivement. » Cette démarche aurait aussi l’intérêt de favoriser de « nouvelles synergies entre les acteurs. »

Concernant la valorisation et la diffusion, les rapporteurs estiment que, « contrairement aux idées reçues, les collections contemporaines sont largement diffusées » par les FRAC (1). Cependant, notent les auteurs, « la grande majorité des expositions sont organisées par chaque FRAC à l’intérieur de chaque région à partir de leur propre collection. »
De plus, ces manifestations mobilisent beaucoup d’énergie en termes scientifiques et de médiation. Les FRAC de nouvelle génération, conçus pour présenter les collections au public, devront trouver un équilibre entre « la lourdeur technique et administrative de la gestion de collections et la souplesse que demande leur diffusion. »

Le rapport souligne, par ailleurs, le rôle joué par les 80 musées d’art contemporain, nationaux et territoriaux, dans la diffusion, et celui du Centre national des arts plastiques (CNAP), organisme déposant et prêteur.

Par ailleurs, les collections des FRAC, fragilisées par le statut associatif de ces derniers, devront être sécurisées. Le rapport propose la création d’une appellation « FRAC », assortie d’engagements des parties prenantes. Des dispositions en ce sens devraient figurer dans le futur projet de loi d’orientation sur la création artistique.

Géolocalisation des œuvres du 1% artistique - Selon les deux rapporteurs, la cartographie des collections d’art contemporain doit englober les œuvres placées dans l’espace public. L’identification, la protection et la valorisation de ces dernières feraient l’objet d’une future circulaire, intégrant, notamment, les principes suivants :

  • le conventionnement entre le commanditaire et une structure professionnelle référente de proximité,
  • le classement « monument historique » pour les réalisations « d’une importance patrimoniale exceptionnelle »,
  • la prise en compte des œuvres issues du 1% artistique dans les plans locaux d’urbanisme (PLU), « au titre d’éléments constitutifs du paysage ».

Des partenariats avec les acteurs du tourisme et la création d’un prix national de la commande publique artistique permettraient de démultiplier la visibilité de ces œuvres.
Les auteurs recommandent aussi la mise en place d’un système de géolocalisation des œuvres, qui pourrait voir le jour à l’occasion des prochaines Journées européennes du patrimoine.

Les 21 propositions du rapport « Collection 21 »

1/ Développer le travail en commun et renforcer la solidarité interprofessionnelle

  • Faire apparaître et mobiliser les solidarités interprofessionnelles
  • Mettre en oeuvre une « bourse » annuelle des expositions d’art contemporain
  • Élaborer un référentiel partagé sur les conditions de conservation et de restauration appliquées à l’art contemporain
  • Produire et diffuser un guide évolutif de bonnes pratiques sur les modes et modalités d’enrichissement des collections
  • Commander une étude économique sur les prêts d’oeuvres d’art dans un contexte de service public
  • Lancer une enquête sur les publics de l’art contemporain – préfiguration d’un observatoire
  • Mettre en place un forum annuel sur la médiation de l’art aujourd’hui
  • Instituer une journée annuelle d’étude sur l’information et la communication à l’heure du numérique

2/ Valoriser les collections et produire de la connaissance

  • Consolider le statut des collections des FRAC
  • Faire un bilan et une évaluation annuels de l’enrichissement des collections publiques d’art contemporain
  • Engager un programme de recherche sur les collections publiques d’art contemporain
  • Produire une cartographie dynamique des collections publiques d’art contemporain en France
  • Créer et faire vivre le portail des collections des FRAC
  • Mettre en place une journée annuelle de réflexion sur l’usage du numérique dans la diffusion des collections d’art contemporain
  • Inscrire les politiques publiques d’acquisition dans un contexte international

3/ Reconnaître les oeuvres de l’espace public comme une composante des collections publiques d’art contemporain

  • Révéler et protéger le musée à ciel ouvert constitué par les oeuvres dans l’espace public
  • Partager le patrimoine artistique contemporain dans l’espace public via les réseaux sociaux
  • Créer une application de géolocalisation des oeuvres dans l’espace public
  • Proposer une journée du 1% artistique dans les établissements scolaires
  • Développer des partenariats avec le secteur du tourisme
  • Créer un prix national de la commande publique artistique

Selon les échéances indiquées dans le rapport, l’ensemble de ces mesures pourraient être mises en œuvre sur les années 2014 et 2015.

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6 Commentaires

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  1. 1. Révolutionnaire 01/10/2014, 16h56

    Il faut faire des efforts ....on entend que cela mais nos élus ne sont pas prêts à en faire pour eux. Toujours autant de Sénateurs inutiles, de nombreux députés biens payés et absents de l'assemblée, des conseillers généraux ? que font-ils ceux-là ?Des conseillers régionaux ?....mais tout cela a un coût et avant de demander encore aux autres de se serrer la ceinture il faudrait montrer l'exemple et être des sénateurs , députés etc... ordinaires et un salaire ordinaire entre 2500 et 3000 euros serait largement suffisant pour le temps de présence.la fronde monte et je vous assure que lorsque l'étincelle va démarrer il n'est pas dit que le feu soit circonscrit % d’augmentation sur les timbres, 2 cts par litre sur le gasoil etc...point d'indice gelé, augmentation des transports , EDF, GDF etc...La baisse des dotation et la mise en place des régions et métroples va avoir un effet pervers avec la diminution des agents territoriaux, de l'état et de l'hospitalière mais quand la gamelle est vide le 15 mois c'est dangereux: un vieux proverbe paysan dit ceci: quand il n'y a plus de foin à l'étable, les ânes se battent. A méditer.

  2. 2. TansonHenri 01/10/2014, 12h30

    Cette baisse des dotations semble inéluctable. Nous devons donc nous préparer à des années difficiles. Pour les citoyens, pour les entreprises, pour l'emploi, etc...
    Et nous ne pouvons rien faire d'autre que de dire que nous ne sommes pas contents, pas d'accord. Mais qui nous demande notre avis. Et puisque l'Etat dit qu'il n'y a plus de sous, que pouvons nous faire? Essayer de comprendre pourquoi l'état nous dit cela? Et imaginer d'autres explications, d'autres solutions? Zut. Là, il faut faire de la politique et remettre en cause pas mal de choses. Mais qui est prêt à le faire?
    Qui dira que nous sommes gouvernés par des gens qui ne semblent pas mettre en avant l'intérêt des Français dans ses décisions. Qui obéit aux directives de Bruxelles sans se poser de questions. Qui accepte cette idée que la dette contractée auprès des banques privées doit être remboursée, maintenant, alors que d'autres pays, et pas des moindres, ont largement dépassé notre niveau d'endettement sans s'inquiéter! Qui essaye de nous persuader que notre travail est trop cher et que nous devons acçepter des sacrifices. Qui oublie de dire que notre travail n'est cher que par rapport aux coûts de main d'œuvre des pays sans protection sociale, les Chinois, les Bulgares, les Roumains. Etc...
    Il faut se poser les bonnes questions, essayer de comprendre et agir.
    Mais là, nous acceptons, résignés, de nous faire tondre, comme si il n'y avait pas de solution... Il y en a pourtant. J'en suis convaincu. Et pacifique en plus!

  3. 3. parisienne 01/10/2014, 11h43

    Il aura donc fallu la diffusions d'une émission consacrée à la protection de l'enfance et à ses dérives pour qu'enfin, les conseils généraux s'en soucient enfin ! Et pour faire quoi ?
    Ah oui, un guide pour l'autodiagnostic…c'est vrai que c'est diablement efficace…

  4. 4. Yann 01/10/2014, 09h02

    Transition énergétique en façade et destruction de la nature par les forces armées de l'Etat de l'autre...
    Et les médias dominants, en n'informant pas des violences policières qui ont lieu actuellement contre les oppsants au barrage sont complices!

  5. 5. bazane 30/09/2014, 14h34

    Pour les besoins de sa démonstration JC Mailly inverse la relation de causalité : c'est parce que l'économie des petites villes périclite et que leur population diminue, notamment en raison de la densification urbaine dans les grandes agglomérations, que les services publics de proximité ferment, et non l'inverse.
    Quant à "sauver le service public" : M. Mailly a un égo hypertrophié pour le moins.

  6. 6. sylvie 30/09/2014, 12h43

    Nous confirmons ici notre profond mécontentement quant à la « cannibalisation » des plages de Juan les Pins par ces « paillotes » du bord de mer. En effet, des appartements, nous ne voyons que des toits disgracieux au lieu du sable. Des restaurants du boulevard, impossible d’y voir un grain. Pour la promenade à pied, aucune vue non plus, vue sur les toits avec le gras des friteuses et avec les odeurs de cuisine en plus.

    De plus, de nombreuses plages privées nous empêchent de profiter de la mer, ne respectant pas la loi sur la protection du littoral qui date de 2006 !

    Nous tenons à signaler que contrairement aux dires de ces "plagistes financiers aux grosses Mercedes", la majorité des Antibois sont pour l’application de cette loi. En effet, de nombreux habitants ne vont plus à la mer faute de place durant l’été, voir quittent la ville pendant deux mois, faute de plage disponible gratuitement. D’autres déménagent définitivement devant ce littoral détruit et massacré.

    Aussi, nous espérons que personne reviendra sur cette loi, afin que Juan les Pins retrouve une part de civilité urbaine.

    Rendre les plages à ses habitants nous paraît juste.

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