Transition écologique

Climat, air, énergie : les actions des territoires ne permettront pas d’atteindre les objectifs des schémas régionaux

| Mis à jour le 31/01/2014
Par • Club : Club Techni.Cités

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Mardi 28 janvier 2014, il a été beaucoup question aux Assises de l'énergie du rôle des collectivités locales pour atteindre les ambitieux objectifs en matière de transition énergétique. Il semble désormais évident pour les acteurs locaux que leurs actions, même volontaristes, ne permettront ni d'atteindre les objectifs fixés dans les schémas régionaux du climat, de l’air et de l’énergie, ni même les objectifs qu'elles se sont elles-mêmes fixés. Aperçu.

Impossible équation. Encore à demi-mots, c’est le constat que font les collectivités qui ont essayé d’évaluer les retombées de leurs actions au regard des objectifs fixés par les PCET et les SRCAE. Avec souvent un facteur 10 entre les actions locales – même ambitieuses – menées et les objectifs des SRCAE, il apparaît clairement que les territoires ne pourront pas atteindre les 3×20 (1).

Difficile d’afficher moins que le 3×20 – « Il est difficile pour une collectivité d’afficher moins que le 3×20 comme objectif. Cependant, il est clair qu’elles n’ont pas les moyens de leurs ambitions. Même avec une vraie volonté, les objectifs ne pourront pas être atteints », constatait une chargée SRCAE et plan climat dans un conseil régional, en ce premier jour des Assises de l’Energie 2014.
Les objectifs nationaux et européens vont devenir plus ambitieux, mais ils sont déconnectés de la réalité dans les territoires constatent les collectivités.

Benoit Rodez, chargé d’études à la Direction technique territoires et ville du Cerema (2) a fait le même constat sur les exemples examinés par l’étude « SRCAE et actions des collectivités » (voir ci-dessous) : « Nous avons essayé de mettre en regard les bénéfices apportés par certaines actions menées sur les territoires et les objectifs des SRCAE. Au-delà des difficultés qui existent en termes de modalités de calcul et de comparaison, il apparaît clairement qu’il existe souvent une inadéquation entre les gains permis par les actions et les objectifs fixés ».

Pour aller plus loin, les collectivités manquent souvent de financement. Par exemple, Benoit Rodez explique que pour augmenter significativement la part modale du vélo, il faudrait dépenser 10 euros par habitant, comme c’est le cas dans certains pays, alors que la moyenne en France n’est que de 1,80 euros.

Cécile Bordier, chargée de projet « ville, territoire et changement climatique » à la CDC Climat Recherche précise que des outils sont en cours de finalisation pour répondre aux besoins spécifiques de financement des collectivités afin de mettre en place leurs politiques de transition énergétique.

Problèmes de gouvernance et d’ingénierie – Et le financement n’est pas le seul problème. Les problématiques de gouvernance des politiques énergétiques sont très largement pointées du doigt, avec, notamment, des SRCAE trop peu territorialisés.

L’ingénierie sur des sujets de plus en plus complexes, pointus et transversaux fait, elle aussi, très souvent défaut, en particulier dans les petites communes.

L’agglomération « Tours plus » a décidé de se doter de compétences communautaires et d’un outil spécifique sur ces questions, notamment afin d’ accompagner ses petites communes. « Les communes sont libres d’adhérer au service qui revient à 0,37 euros/habitant. Par exemple, via ce service, une petite commune a pu bénéficier d’une étude poussée sur le chauffage de son école. Finalement un petit réseau de chaleur va être installé et l’agglomération va aider la commune à financer le projet. Elle se remboursera ensuite sur les économies », se félicite Dominique Lemoine, conseiller communautaire de Tours plus.

« Pour avancer il faut un triptyque volonté politique / adhésion des services / ingénierie ad-hoc. Aujourd’hui toutes les écoles que nous construisons sont à énergie positive. C’est une décision politique à laquelle les services ont adhéré et pour laquelle nous avons l’ingénierie suffisante », explique Frédéric Tsitonis, élu délégué à la gestion active et durable du patrimoine et à l’économie des ressources et des énergies de la ville de Montpellier.

Si ce dernier concède que, malgré l’ensemble des actions engagées par la ville, les objectifs du PCET seront difficiles à atteindre, il ajoute : « Un plan climat c’est une aventure humaine collective. C’est une mayonnaise qui prend. Il faut des allumeurs de mèche pour lancer des actions et petit à petit convaincre le plus grand nombre. Alors on pourra atteindre le 3×20 ».

A paraître : « SRCAE et actions des collectivités – illustrations de leviers d’actions et premiers enseignements »

L’ouvrage en cours de finalisation a étudié les pratiques de 6 collectivités aux profils variés dans le cadre de 3 SRCAE différents, pour en tirer 18 fiches actions décrivant finement les actions menées par ces collectivités pour maîtriser la consommation d’énergie, réduire des émissions de gaz à effet de serre et favoriser les énergies renouvelables. Les aspects de financement y sont analysés de façon précise.

L’objectif est notamment d’illustrer la portée des SRCAE sur la mobilisation des acteurs du territoire et de recenser les indicateurs de suivi des actions des collectivités et les outils de mesure de l’atteinte des objectifs régionaux. L’ouvrage est réalisé par le Cerema avec la participation de CDC Climat recherche, en collaboration avec l’Ademe, l’Agence locale de l’énergie de l’agglomération lyonnaise et les Dreal Rhône-Alpes et Midi-Pyrénées.

Commentaires

4  |  réagir

03/02/2014 11h28 - Thomas

l’ingénierie est beaucoup plus un problème qu’une solution, C’est justement l’ingénierie qui nous a amené aux dérèglements sociaux- environnementaux que l’on connaît.
Elle est le support d’un « progrès » qui, depuis les années 80, nous empoisonne aux sens propre du terme. Les élus, les populations sont soumis et dépendants de l’ingénierie qui les déconnecte chaque fois un peu plus de leurs environnement, car c’est l’ingénierie qui complexifie, reporte et aggrave généralement les problèmes environnementaux. Régler les problèmes de pollutions et d’urgence environnementales ne coûte souvent pas cher, voir même dégage des bénéfices à partir d’investissement très faibles et très rentables. Annoncer que les objectifs ne seront pas atteints parce « qu’on a pas l’ingénierie nécessaire » ….est une erreur de communication importante qui confirme bel et bien que la crise est philosophique, c’est une crise des représentations du réèl. Les mentalités des décideurs n’ont pas évoluées mais il semble surtout qu’elles sont incapables d’évoluer alors que notre avenir est entre leurs mains….

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    04/02/2014 09h18 - Marie

    Derrière ingénierie n’entendons nous pas « moyens humains » plutôt que « progrès technique » ?

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29/01/2014 07h23 - Sirius

1/Une remarque à propos des gaz à effet de serre: les promoteurs éoliens souhaitent fournir 10 % de notre électricité.
Or
la production d’électricité ,en france, est à l’origine de moins de 8% des GES.10% de 8% :gain 0,8 %; Nous sommes loin des affichages habituels.
2/ Si on observe le paysage illustrant l’article on comprend les réticences à accepter ce type d’industrie .

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    03/02/2014 01h46 - Renaud

    Pointer une filière et généraliser ensuite sur tous les filières de l’efficacité énergétique est facile et démagogue. Là aussi on voit un problème de compétences car l’énergie ne peut se traiter d’un seul bout de la lorgnette : les économies d’énergies sont le premier pôle à attaquer (campagne d’isolation, éco-gestes, consommation durable, passer du jetable au réutilisable, tout existe déjà, ne manque plus que le bon sens à diffuser partout et pour tous), ensuite viennent l’efficacité énergétique (comment produire, avec quoi, réduire les pertes de charge, augmenter les vecteurs d’énergie…) puis les énergies renouvelables (et là encore il y a beaucoup plus d’économie à s’occuper prioritairement du chauffage que de l’électricité spécifique, par exemple avec le solaire thermique qui fonctionne dans toutes les régions françaises).
    Il y en aurait beaucoup plus à dire encore, et là aussi, tout existe, il n’y a même en valeur les actions qui marche déjà en France, et s’inspirer de ce qui fonctionne depuis un certain temps ailleurs en Europe.

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