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Lecture publique

Un rapport balise l’avenir des bibliothèques départementales de prêt

Publié le 17/01/2014 • Par Hélène Girard • dans : France

Dans un rapport publié à la fin du mois de décembre 2013, l’inspection générale des bibliothèques (IGB) passe au crible la situation et les interventions des bibliothèques départementales de prêt (BDP). Pour les auteurs, ces équipements, dont le contexte est en pleine mutation, ont vocation à rester « indispensables », sous réserve de faire évoluer leur périmètre et leurs missions. Le point sur le rapport avec l’éclairage de deux des auteurs interrogés par la Gazette.

Dans un rapport intitulé « les bibliothèques départementales de prêt : indispensables autrement »,  l’inspection générale des bibliothèques (IGB) propose un état des lieux des 95 les bibliothèques départementales de prêt (BDP) et des scénarii pour l’avenir. «Depuis la décentralisation, c’est la première fois qu’est publié un rapport exclusivement consacré à l’ensemble des BDP, souligne Jean-Luc Gautier-Gentès, inspecteur général des bibliothèques et co-auteur du rapport (1). Nous voulions combler ce manque, d’autant plus que les BDP se trouvent dans un contexte marqué par l’évolution des collectivités territoriales. »

Bouleversements. La réforme territoriale en cours (2), le développement des intercommunalités, et l’émergence des métropoles constituent autant de facteurs qui bouleversent le cadre d’intervention des BDP, compétence obligatoire des conseils généraux depuis les premières lois de décentralisation pour assurer la desserte documentaire du territoire départemental.
Autre phénomène, qui prend l’allure d’un maelström dans l’ensemble du secteur des bibliothèques : l’arrivée du numérique, qui vient bousculer l’offre documentaire et les pratiques culturelles.
« De plus, le nombre de bibliothèques municipales et intercommunales ayant beaucoup augmenté, notamment grâce aux BDP, celles-ci s’interrogent sur leur rôle, observe Jean-Luc Gautier Gentès. Dans les années 1990, on se demandait : « quel est l’avenir des BDP ? ». Aujourd’hui, on se demande si elles en ont encore un. »

Adaptations. A cette question, les inspecteurs généraux des bibliothèques répondent sans hésiter : « oui ». Mais à la condition que les BDP évoluent sur trois axes :

  • l’adaptation à leur territoire
  • l’intégration des ressources numériques à leur desserte documentaire
  • le développement d’une ingénierie culturelle et de prestations de services au-delà de la diffusion des seules ressources documentaires

Selon les auteurs, l’adaptation à l’évolution des territoires (progression des intercommunalités et du nombre de bibliothèques municipales), passe par un changement de priorité, en passant de la desserte documentaire (mission historique des BDP) au développement d’autres missions comme la formation des personnels, l’animation culturelle etc. « Il s’agit en quelque sorte de proposer de l’ingénierie culturelle et de devenir des prestataires de services », résume Jean-Luc Gautier-Gentès.

Car ni l’intercommunalité ni l’augmentation du nombre de bibliothèques n’invalide le besoin d’une aide extérieure et d’une action conduite à l’échelle de l’ensemble du territoire départemental. La lecture publique continue d’avoir besoin de réseaux départementaux. Or qui, mieux que les BDP, est à même de construire ces réseaux ? »

Concernant l’offre de ressources numériques, « le faire à l’échelle d’un département est beaucoup plus complexe que de le faire à celle d’une ville ou d’une université, souligne Jean-Luc Gautier-Gentès. D’abord parce que les ressources numériques, déjà très coûteuses à l’échelle d’une commune ou d’une université, le sont encore plus à l’échelle d’un département.

Ensuite, parce que les BDP court-circuitent alors les bibliothèques municipales, qui ont de ce fait l’impression d’être moins utiles. » En effet, nul besoin de se déplacer à la bibliothèque municipale pour consulter des ressources numériques que la BDP finance et diffuse. « Pour contourner cette difficulté, nous suggérons l’astuce trouvée par certaines BDP, qui consiste à faire en sorte que l’accès aux ressources numériques de la BDP soit conditionné par une inscription dans une bibliothèque municipale », explique Jean-Luc Gautier-Gentès.

Le verrou des 10.000 habitants a sauté. Dans les faits, constate le rapport, le plafond des 10 000 habitants, initialement fixé en 1985, par l’Etat, pour l’intervention des BDP, « tend à disparaître partout, et quel que soit l’ensemble politico-administratif considéré. » En effet, les BDP proposent aujourd’hui leurs services à des villes et des EPCI de plus de 10.000 habitants exerçant une compétence en matière de lecture publique. Dans le cas des EPCI au-delà du plafond démographique, la prise de compétence peut n’être que partielle (animation, informatisation…). Qui plus est, même lorsque la compétence est globale, les bibliothèques n’ont pas forcément atteint le niveau de développement leur permettant de se passer de la BDP.
Les auteurs évoquent également le cas des villes de plus de 10.000 habitants, dont les équipements de lecture publique ne correspondent pas à la définition d’une bibliothèque qu’en donne l’Etat. (3). Quant aux villes ou EPCI de plus de 10.000 habitants dotés de bibliothèques conformes aux normes, de nouvelles coopérations s’instaurent avec la BDP. « Acter une fois pour toute que ce verrou a sauté constitue une des clefs de la transformation des BDP en prestataires de services. Cela signifie que les BDP ont vocation à desservir la totalité du territoire départemental », fait valoir Jean-Luc Gautier-Gentès. Cependant, plusieurs présidents de conseils généraux ont fait remarquer à l’IGB que cette évolution, souhaitable à leurs yeux, ne devait pas occulter l’existence de territoires prioritaires. « Ils ont raison, nuance Jean-Luc Gautier-Gentès, les deux points ne sont pas contradictoires mais complémentaires. »

Un paysage très hétéorogène. Certaines BDP ont d’ores et déjà entamées les évolutions préconisées par l’IGB. Mais la nature des changements et leur rythme sont très variables. Ce, d’autant que ces équipements sont loin de connaître une situation homogène : d’un conseil général à l’autre, les auteurs constatent « un degré d’engagement en faveur de la lecture publique très variable en intensité et en qualité ». Et de préciser qu’ « au moins un quart des départements n’ont pas de plan de développement de la lecture publique. »

A cela s’ajoutent les difficultés financières des conseils généraux : « environ les deux tiers des BDP voient leurs budgets baisser de 2009 à 2011. » Enfin, ces évolutions arrivent alors que l’environnement social et démographique des BPD subit une mutation de fond depuis plusieurs décennies, « avec l’émergence d’une France de moins en moins rurale et de plus en plus rurbaine, ainsi que l’élévation du niveau d’éducation de la population», souligne Dominique Arot, doyen de l’IGB et co-auteur du rapport.

Défi. Pour les BDP le défi à relever n’est pas tant de réussir à évoluer, que de le faire en poursuivant leurs missions traditionnelles, qui restent nécessaires. « Beaucoup de BDP nous font remarquer qu’elles ne peuvent pas tout de suite passer de la desserte documentaire à l’ingénierie culturelle, parce que leur territoire est encore, en partie, rural, et parce qu’elles doivent encore combler un déficit en bibliothèques, explique Jean-Luc Gautier-Gentès. Nous estimons, contrairement à un discours souvent entendu, que la France est encore sous-équipée en bibliothèques. »

Transversalité. « L’avenir des bibliothèques, en général, passe par leur insertion dans les politiques publiques, en collant aux attentes des élus et de la population, complète Dominique Arot. Dans le cas des BDP, il s’agit de prendre en compte les compétences des conseils généraux : les politiques sociales et leurs différents publics, les collèges, l’emploi, etc. D’ailleurs, on voit bien que les BDP qui réussissent le mieux sont celles qui se sont introduites un peu partout dans les politiques départementales.»
Par ailleurs, observe Dominique Arot, elles doivent jouer la carte de l’aménagement du territoire, à travers les intercommunalités et les plans de développement de la lecture publique. «Les BDP jouent de plus en plus le rôle d’aménageur du territoire. En bref, elles doivent s’impliquer dans les défis qui importent aux élus. C’est une condition de leur reconnaissance au sein de la collectivité.  Leur difficulté tient surtout au cloisonnement des politiques, qui risque d’enfermer les BDP dans la seule compétence culturelle, alors que leur salut passe justement par leur ouverture à l’ensemble de l’offre de services de la collectivité. Beaucoup de BDP ont ainsi du mal à avoir une bonne visibilité sur ce que fait le service en charge des personnes âgées ou celui de l’éducation, par exemple.» L’IGB livre ainsi un plaidoyer pour la transversalité.

Une France « encore sous-équipée »

« Nous sommes opposés à l’idée selon laquelle la France serait désormais suffisamment équipée en bibliothèques municipales ou intercommunales. Ce besoin doit être souligné », prévient Jean-Luc Gautier-Gentès, inspecteur général des bibliothèques. « 12% de la population française restent éloignés de toute bibliothèque ou point d’accès au livre dans leur commune, renchérit Dominique Arot, doyen de l’inspection générale des bibliothèques. Et, précise le rapport, sur les 88% restant, 66% ne disposent que d’un point d’accès au livre, ou d’une bibliothèque non conforme aux critères normatifs du ministère de la culture.

« La France est loin d’être couverte de bibliothèques. Certes, il y a eu beaucoup de choses de faites, mais il y a aussi beaucoup de choses à refaire car elles sont devenues obsolètes, poursuit Dominique Arot. Tous les équipements réalisés dans les années 1970 et 1980 sont aujourd’hui souvent trop petits, trop cloisonnés, inadaptés à l’offre numérique, dépourvus d’espaces de travail collectif ou d’action culturelle. Il y a besoin de renouveler le parc. Sans parler de la demande de bibliothèques de quartier. »

Pour Jean-Luc Gautier-Gentès, « les BDP ont donc encore toute leur utilité, car on voit que sans elles, certaines zones ne seraient pas du tout desservies. Par ailleurs, les BDP doivent encore jouer leur rôle consistant à faire émerger des bibliothèques municipales. Ce sous-équipement persistant de la France justifie doublement le rôle des BDP ».

Les BDP négligées par les élus départementaux ?

« Nous constatons que certains départements traitent très bien leur BDP, d’autres beaucoup moins », note Jean-Luc Gautier-Gentès, inspecteur général des bibliothèques. Pourtant, il s’agit d’une compétence obligatoire, contrairement à d’autres secteurs culturels, comme le spectacle vivant, que les conseils généraux ont tendance à privilégier, parce qu’ils sont plus visibles et plus propices à la communication, que la lecture publique, qui correspond à une démarche de fond et de long terme. Et les auteurs de se référer à une étude réalisée sur les années 2009-2011 par l’Assemblée des départements de France (ADF) : on y apprend que les BDP disposent en moyenne de 10,7% des budgets culturels départementaux, contre 42,6% fléchés vers le spectacle vivant.

Cette différence de traitement « vaut aussi pour les villes, complète Dominique Arot, doyen de l’IGB. Les collectivités mènent de plus en plus des politiques d’événements, et non des politiques d’institutions. Certaines institutions se retrouvent ainsi parfois en porte à faux par rapport à la politique culturelle locale. »
Cependant, tempèrent les deux inspecteurs généraux, les élus ont bien conscience que les bibliothèques départementales de prêt constituent une compétence obligatoire et que, en conséquence, elles doivent être dotées des moyens nécessaires.

Contrats « territoire-lecture » : bilan positif

Créés en 2010, dans le cadre des « 14 propositions pour le développement de la lecture », les contrats « territoire-lecture » (CTL) ont pris la relève des contrats « ville-lecture ». Les CTL consistent à formaliser et coordonner une démarche en faveur de la lecture, avec des objectifs prioritaires, et en associant différents acteurs publics, associatifs et privés (librairies, notamment). Leurs cibles sont prioritairement les publics « spécifiques » : petite enfance, jeunesse, publics « empêchés » ( personnes handicapées, hospitalisées, détenues…), personnes âgées etc. Ce dispositif prend en compte l’intercommunalité dans la réflexion engagée.
Sur la centaine de CTL signés ou en projet, recensés en octobre 2012, une quarantaine implique des conseils généraux. L’IGB, qui préconise un bilan de ce dispositif, estime d’ores et déjà que ce sont « des instruments précieux pour toutes les bibliothèques territoriales. »
Dans les départements dépourvus de plan de développement de la lecture publique, le CTL incite les acteurs locaux à travailler ensemble. « On esquisse alors un plan départemental », observe Jean-Luc Gautier Gentès.
Cette coordination conduit à une mise en réseau de fait, une des démarches de prédilection BPD. Enfin, pour l’IGB, « les CTL apparaissent comme un complément au concours particulier (4) qui s’affirme indispensable. » « Les CTL sont un outil financièrement modeste, mais stratégiquement politiquement très utile pour l’Etat et pour les drac (5).  »

Réaction :

Laetitia Bontan présidente de l’Association des directeurs de bibliothèques départementales de prêt (ADBDP)

Notes

Note 01 avec Dominique Arot, doyen de l’IGB et deux autres inspecteurs, Joëlle Claud et Thierry Grognet Retour au texte

Note 02 et à venir, puisque le Président de la République a annoncé le 14 janvier 2014 l’ouverture de prochains chantiers Retour au texte

Note 03 l’IGB a d’ailleurs le projet de dresser la liste de ces villes Retour au texte

Note 04 subvention issue de la DGD pour les constructions, aménagements, extensions, équipements des bibliothèques Retour au texte

Note 05 directions régionales des affaires culturelles Retour au texte

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