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Congrès des maires 2013

La fusion des communes enflamme le congrès des maires

Publié le 19/11/2013 • Mis à jour le 20/11/2013 • Par Jean-Baptiste Forray, Martine Kis • dans : France

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© D.R

A la tribune, la directrice de la Fondation pour la recherche sur les administrations et les politiques publiques (Ifrap, think tank de tendance libérale) Agnès Verdier-Molinié s’est prononcée pour une suppression massive des municipalités existantes. Une prise de position qui a suscité la désapprobation d'une salle comble.

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Cet article fait partie du dossier

Congrès des maires 2013 : toutes les infos, tous les débats

 

Droit au but. La directrice de l’Institut français pour la recherche sur les administrations et les politiques publiques (IFRAP), Agnès Verdier-Molinié ne s’est pas embarrassée de circonvolutions au moment d’évoquer les 36 769 municipalités. « Cela représente 40 % des communes de l’Union européenne. Le Royaume-Uni en compte 400. En France, nous en avons 31 000 de moins de 2 000 habitants. L’idée, ce serait de passer, au total, à 10 000. Il faudrait regrouper les communes de moins de 5 000 habitants », a-t-elle tranché. 

 

 Et Serge Papin, PDG de Système U, d’aussitôt tempérer : « La fusion des services-supports est utile, mais l’identité locale est une force. »

« Travail bénévole » - Dans la salle, les réactions ont été plus vives.

« Le travail bénévole des élus n’est pas un coût, mais une chance pour la population », a cinglé un maire, pointant une vision de « technocrate ».
A la tribune, le directeur de l’Institut Médiascopie, Denis Muzet a parlé de la « broyeuse » honnie « du calcul économique » : « Tout ce qui est petit est sacralisé. Les communes sont considérées comme la molécule de base de la démocratie. »
Loin de se laisser démonter, Agnès Verdier-Molinié a développé ses vues : « Aujourd’hui, chaque collectivité veut être un mini-Etat. Or, il faut faire aussi bien, voire mieux, avec moins d’argent. »
Mais comment aboutir à 10 000 communes ? « On peut penser à utiliser les fonds européens de cohésion pour encourager ceux qui se lancent », a-t-elle préconisé. Et la représentante de l’Ifrap de se défendre de toute volonté de recentralisation. « Je suis favorable à ce que la commune prenne la compétence éducation et soit, notamment en charge du recrutement et du paiement des professeurs », a-t-elle souhaité. Une proposition qui a suscité une indifférence polie.
Daniel Senesael, bourgmestre Belge d’Estaimpuis, a bien davantage provoqué l’adhésion, quand il a fait remarquer à ses collègues français : « Hier, il y avait le curé, l’instituteur et le maire. Il n’y a plus de curé. Les instituteurs sont déconsidérés. Il n’y a plus que le maire. Aujourd’hui, on est les nouveaux curés, les nouveaux confesseurs. »

Ce qu’en pensent les maires

Jean-Paul Gosselin, président de la communauté de communes Côte des Isles

Le débat m’a paru un peu irréel. Les communes de moins de 300 habitants n’ont aucune possibilité de créer des services. Elles ont un maire dévoué et c’est tout.
Les services qui ont le plus de valeurs sont exercés par la communauté de communes. Le problème est que ces communautés ne sont pas identifiées par les habitants. Mais maintenant, les conseillers seront élus au suffrage universel direct, en même temps que les conseillers municipaux. Cela changera les obligations des communautés.
Auparavant, il fallait rendre compte aux conseils municipaux, pas très intéressés le plus souvent. Maintenant, il faudra rendre compte directement aux électeurs. Je ne dis pas qu’il n’y a pas besoin d’un maire, premier contact pour la population, mais assis sur les services fournis par la communauté de communes. Nous étions proches de la fusion, il y a deux ans. Mais les contraintes de la loi littoral se seraient alors imposées à toutes les communes, à dix kilomètres à l’intérieur des terres !
Les réactions ici ont été épidermiques. Ce sont des discours du passé. On assiste en réalité à un changement de mentalité. Vraisemblablement, les prochains élus seront très différents. Les « rurbains » qui s’investissent dans les petites communes attendent davantage de services. Ils mutualiseront, affronteront des contraintes financières, administratives, d’ingénierie qui obligeront à travailler ensemble.

Mireille Auquier, Adjointe à Beaumont-de-Pertuis (84), cc Cotelube

Sans interco, il n’y a pas de politique petite enfance, sportive, de traitement des ordures ménagères. Je suis pour l’interco. Mais pas pour des fusions, qui signifieraient l’absorption des communes. D’accord pour des économies, mais elles se feront à travers l’intercommunalité. Je ne suis pas non plus pour la disparition des départements. Et les métropoles font peur. Que ferions-nous dans la métropole de Marseille ? Pour y aller, il faudrait un référendum. On vit bien dans notre interco…

Michel Collorec, adjoint aux travaux, Audierne, CC du Cap Sizun

Il faudra une réforme des structures et bien définir les compétences. Chaque feuille du mille-feuille devrait avoir ses propres compétences. Il faudrait aussi faire de l’expérimentation, respecter la diversité des territoires. Ici, je trouve les maires crispés. C’est une chance d’être maire, et l’interco est notre affaire. Il faut aller vers la mutualisation. Il nous faut des compétences face aux bureaux d’études, aux services. Par contre, je ne suis pas pour le PLUI.
La fusion des communes n’est pas évidente. La commune deviendrait un lieu-dit. Il faudrait un référendum local.

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Du plus récent / Du plus ancien

  1. 1. Bazane 27/11/2013, 18h30

    Les petits potentats locaux ne veulent pas lâcher leur bribe de pouvoir
    50% des français sont présidents .. de quelque chose
    Les petits maires ne réagissent pas différemment

  2. 2. Éric 25/11/2013, 13h31

    M. le bourgmestre d'Estaimpuis aurait pu rappeler que le nombre de communes en Belgique est passé de 2 359 à 596 au 1er janvier 1977, et que sa propre commune (qui fait juste 10 000 hab) résulte de fusion de sept villages depuis cette date...

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