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[Infographie] Vidéosurveillance : le palmarès des 60 plus grandes villes

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Le Club Prévention-Sécurité de la Gazette des Communes a établi le classement des soixante plus grandes villes de France équipées en caméras de vidéosurveillance de voie publique. Depuis 2011, plus de la moitié ont procédé à de nouveaux équipements, qu'il s'agisse de villes de droite ou de gauche. Infographie et analyse.

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La sécurité locale en cartes et en chiffres

 

En 2011, le site d’informations Owni.fr avait publié le palmarès des 60 plus grosses villes de France équipées de caméras de vidéosurveillance sur la voie publique.

Le Club Prévention-Sécurité de la Gazette des communes a réalisé une mise à jour de cette carte, pour voir si les constats d’alors – un outil qui se voulait apolitique mais qui, dans les faits, était surtout imposé par l’UMP, parti alors majoritaire, et boycotté par une partie du PS – étaient toujours valables aujourd’hui et si les communes avaient infléchi leur politique en la matière.

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Equipement bis – Quels enseignements peut-on tirer de cette réactualisation ? Tout d’abord que, depuis 2011, une majorité de ville a continué d’investir. 32 ont en effet procédé à de nouvelles installations, parfois même de façon spectaculaire : Paris est passée de 293 à 1105, Marseille de 23 à 257, tout en sachant que l’expansion du parc phocéen n’est pas terminée. Moins médiatisées, Perpignan est passé de 60 à 134, Toulon de 34 à 96, etc.

Peu de communes ont investi pour la première fois : c’est le cas du Mans (avec une polémique pour commencer) et de Besançon.
Une seule ville a vu son nombre de caméras diminuer : Caen, qui n’en avait déjà qu’une, n’en a plus du tout.

Pour le reste, les chiffres sont donc stables, ce qui se traduit de deux façons : la ville n’est pas opposée aux caméras mais n’a pas investi de nouveau. A moins qu’elle y soit toujours opposée.

Rappelons que cette liste cible les villes équipées en caméras de voie publique et exclut toutes celles, nombreuses, ayant fait le choix d’un système vidéo dans les transports. De même, le classement ne concerne que les villes de plus de 60 000 habitants et, en conséquence, ne tient pas compte de certaines villes moyennes ayant pourtant lourdement investi dans cet équipement, comme Châteauroux, dont le ratio caméra par habitant est le plus important du pays.

La droite toujours en tête – En 2013, les villes qui ont le ratio le plus élevé de caméras de voie publique compte tenu de leur population sont Nice (1 caméra pour 450 habitants), Nîmes (700), Avignon (750), Strasbourg (800) Orléans (800), Perpignan (900), soit les mêmes qu’en 2011 dans un ordre quelque peu différent, à l’exception de Perpignan. Nice reste toujours en tête.

Hormis Strasbourg (PS), il s’agit pour l’ensemble de villes de droite. Dans les villes équipées, la vidéosurveillance reste plus massive à droite : 1 300 habitants surveillés par caméra contre 2 300. Un écart qui augmente mathématiquement à 3 100 si l’on englobe les villes qui ne sont pas équipées.

Toutes couleurs confondues, la moyenne des 60 plus grandes villes est de 2250 habitants par caméra, et 1880 si on ne prend en compte que les villes équipées.

Les refus demeurent de gauche - A l’opposé, 18 villes continuent de refuser les caméras de vidéosurveillance sur la voie publique, contre 19 en 2011 : Nantes, Lille, Villeurbanne, Brest, Limoges, Caen, Saint-Denis, Saint-Paul (La Réunion), Montreuil, Dunkerque, Créteil, Nanterre, Poitier, Vitry-sur-Seine, Pau, Aubervilliers, Champigny-sur-Marne, Clermont-Ferrand.
Ce sont toutes des villes de gauche (PS, PC, EELV), ce qui nuance un peu l’analyse selon laquelle le consensus serait large. 100 % des villes de droite sont équipées, contre 58 % des villes de gauche. A noter: aucune ville PC ou EELV n’a investi dans de tels équipements.

Mais il est vrai comme nous l’avions démontré par le biais d’une précédente infographie que des très grandes villes de gauche sont équipées, parfois plus que des villes de droite. Strasbourg surveille par exemple 800 habitants par caméra, Asnières-sur-Seine 1200, Colombes 1400, contre 3200 à Bordeaux, 3800 à Aix-en-Provence, 5700 à Saint-Pierre (La Réunion).

Financement quasi-identique - L’évolution marquera-t-elle le pas dans les années qui viennent ? Il est permis d’en douter. En 2013, le fonds de prévention de la délinquance (FIPD) – consacré aux deux tiers à la vidéosurveillance sous la précédente mandature – devait être réorienté davantage vers la prévention que la vidéosurveillance, mais les subventions aux communes sont finalement restées quasiment identiques à ce qui se pratiquait depuis 2002. Sur la période 2014-2015, le FIPD a été légèrement réorienté : un tiers continuera tout de même à financer de nouvelles caméras.

Comment cela s’explique-t-il, alors que le ministre délégué à la Ville demandait à l’automne 2012 à ce que la vidéosurveillance ne coûte pas plus de 10 millions d’euros par an à l’Etat ? Le ministre de l’Intérieur Manuel Valls est lui-même un fervent partisan des caméras de voie publique. De façon générale, l’engouement des élus et la demande des citoyens ne diminuent pas, tandis que d’autres n’hésitent pas à faire des annonces parfois opportunistes en cette période électorale.

Pour sa part, le rapporteur spécial de la commission des finances au Sénat, le sénateur écologiste, Jean-Vincent Placé, réitère sa demande de moratoire sur l’installation, tant qu’une étude scientifique indépendante sur l’efficacité de la vidéosurveillance n’aura pas été menée. Si sa demande est entendue, ce qui est peu probable, ce moratoire pourrait durer longtemps, tant cette étude a des allures d’arlésienne.

Vidéosurveillance : circulez, y a rien à voir !

A quoi renvoient les chiffres collectés ? Aux caméras de vidéosurveillance sur la voie publique, sans les caméras de régulation du trafic ou des bornes d’accès au centre-ville, ce qui explique que certaines villes soient sur le listing de l’Intérieur mais pas dans ce classement.
Est-ce pertinent ? Ce choix nous a semblé le plus cohérent pour donner une image de l’engouement des communes françaises pour la vidéosurveillance dans le cadre de la lutte contre l’insécurité, c’est-à-dire l’usage qui cristallise les débats : utilité remise en question par les chercheurs, crainte pour les libertés publiques.

Des données délicates à manier - Cela dit, il faut garder à l’esprit que les usages déclarés en préfecture ne sont pas figés. Ainsi Toulon va bientôt classer en vidéoprotection 59 caméras de gestion des bornes en centre-ville. Nancy fournit un autre exemple, qui a fait évoluer ses caméras de trafic dans ce sens.
De plus, une partie du parc n’est pas opérationelle pour des raisons techniques : machines cassées, végétation qui pousse…

Enfin, nous avons arrondi les données des ratios à 50 près, plus de détails n’apportant pas d’indication supplémentaire sur la politique des villes en la matière. Les données ont été rassemblées entre août et octobre et sont disponibles ici avec la source. Nous nous sommes basées sur les données de l’Insee pour la taille des villes, ce qui explique que la liste est évoluée à la marge.

Des données difficiles à récolter – Le premier enseignement nous vient du travail même de récolte des données : bien qu’elles soient publiques, il est encore très laborieux de les obtenir. Dans l’ordre de difficulté :

  • les données sont sur le portail open data, avec leur emplacement (Montpellier). C’est encore l’exception. Ou si ce n’est pas de l’open data stricto sensu, au moins toutes les informations sont facilement accessibles (Roubaix).
  • les données sont disponibles sur une carte, c’est bien, mais il faut les compter à la main : Rouen
  • le chiffre global est juste indiqué (Perpignan), mais il peut être périmé (Avignon, chiffres de 2008)
  • il n’y a aucun chiffre, auquel cas il faut passer un coup de fil, avec un résultat variable. Au mieux, le premier agent de la police municipale qui décroche donne le chiffre, mais c’est rare. Il faut souvent passer par un supérieur, voir le service de presse ou le cabinet du maire, avec un délai de réponse de quelques heures à… plus de dix jours). Il est même arrivé qu’on demande d’envoyer un courrier papier car l’information « n’est pas communicable par téléphone. »
  • nous avons aussi utilisé les données divulguées par le ministère de l’Intérieur sur les villes équipées, mais qui ne précisaient pas le nombre de caméras. Cette liste, que nous avons mappée en juillet dernier, est intéressante par la négative, pour savoir les collectivités qui sont dépourvues de caméras.

Paradoxalement, alors que de nombreux élus communiquent sur cet outil, non sans opportunisme électoral, trop de services rechignent encore à transmettre facilement ces données. Ainsi à Marseille, dont le maire Jean-Claude Gaudin fait exploser le parc de caméras, le CSU nous a répondu : « on nous a demandé de ne pas communiquer à ce sujet »

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