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Culture

Copier en bibliothèque en toute légalité, c’est possible

Publié le 25/10/2013 • Mis à jour le 28/10/2013 • Par Sabine Blanc • dans : Actu juridique, Régions

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Etalés sur une longue table, livres, DVD et CD de la bibliothèque de Couronne (Paris 20ème) n’attendent qu’une chose : qu’on les copie. Et la police du copyright pourra dire ce qu’elle veut, c’est tout fait légal, les bibliothécaires sont au courant. C’est même eux les organisateurs de cette session, baptisée Copy Party, dans le cadre de Villes en biens communs, une série d’événements autoorganisés tout le mois d’octobre 2013 pour célébrer les “communs”, avec le soutien du collectif SavoirsCom1.

Réforme législative de 2011 - La première Copy Party avait été organisée en mars 2012 à la bibliothèque universitaire de La Roche-sur-Yon, pour rappeler aux usagers leurs droits. Une réforme législative de décembre 2011 stipule que la copie privée doit être réalisée à partir d’une « source licite » pour demeurer légale.
L’objectif était de clore les débats sur la léicité du téléchargement sur les sites de torrents. Mais le législateur n’avait sans doutes pas pensé aux bibliothèques, source légale de partage par excellence, à condition que le moyen de copier soit privé : une bibliothèque ne peut pas mettre à disposition un scanner de livre par exemple.

Prenant donc au pied de la lettre la loi, Olivier Ertzscheid, maître de conférence en sciences de l’information, aidé entre autres de Lionel Maurel, dit Calimaq, bibliothécaire et juriste et de Silvère Mercier, bibliothécaire à la BPI, tous trois engagés ensuite dans SavoirsCom1, ont donc monté ce premier événement. L’initiative a ensuite fait des petits.

Bibliothécaires militants - La Copy Party de Couronne était la première à Paris et doit son existence à la ténacité de ses bibliothécaires militants et à une volonté hiérarchique qui a permis d’obtenir l’aval de la direction des affaires culturelles. « Nous sommes une équipe atypique, dans le réseau, ça passe mal. Certains bibliothécaires ont peur de tout, ils ne sont pas ouverts vers le public et craignent de voir débarquer une horde de gens avec leurs ordinateurs et leurs scanners », déplore une personne de cette équipe.

« L’événement existe, rien que ça c’est un succès, se réjouit Quentin, un autre bibliothécaire, même si on espérait plus de néophytes ». L’assistance était en effet surtout composée de bibliothécaires ou usagers qui connaissaient déjà le principe.

La séance a drainé aussi des collègues curieux, à l’image de Clément, de la bibliothèque Marguerite Yourcenar dans le 15ème : « J’ai découvert le concept jeudi lors d’une réunion professionnelle. C’est vrai que cela peut paraitre curieux qu’on ne soit pas au courant, mais si vous n’avez pas passé récemment les concours ou si vous ne suivez pas le sujet, on a peu de connaissances en droit. De temps en temps, on nous demande si on peut copier, on a tendance à répondre non, c’est sous-entendu, et on en reste là sans se poser de questions ». Convaincu, il aimerait bien transposer l’expérience dans son établissement. Cette première à Paris a débloqué le principal frein, hiéarchique.  

Scanbox et reconnaissance optique de caractère - S’il peut sembler compliqué d’amener son matériel de copie sur place, des nouveaux outils sont apparus pour faciliter la tâche. Une Scanbox était en démonstration, simple boîte en carton où l’on positionne le livre, son smartphone et qui transforme les clichés en texte grâce au principe de l’OCR (reconnaissance optique de caractère). Julien, un usager fait même la démonstration d’Autodesk 123Catch, une application pour smartphone qui transforme les photos en plans 3D, permettant ainsi de saisir des livres en relief.

Silvère Mercier souligne qu’il faudrait maintenant aller plus loin : « Il faudrait rendre lisible la possibilité de copier par un système de pastilles identifiant les autorisations plutôt que les interdictions ». En attendant, on devrait voir fleurir les Copy Party à Paris de façon régulière.

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