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Données publiques

Open data et tourisme : un potentiel qui reste à transformer

Publié le • Par • dans : A la une, Dossiers d'actualité, France

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Le tourisme en France représente 7% du PIB. Pour développer encore davantage ce secteur important, l’Etat et des collectivités misent sur l’open data. Mais pour le moment, les retombées concrètes sont faibles.

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Réutilisation des données publiques : des promesses vertigineuses

 

Le tourisme et l’opendata sont promis à un mariage lucratif : voici le credo que l’on a pu entendre par exemple lors du dernier concours Dataconnexions, organisé par Etalab, la mission en charge de l’ouverture des données en France. Le tourisme représentait 7% du PIB en 2010 et dans certaines régions, il a un poids économique majeur. Mais pour le moment, les deux univers se fréquentent timidement.

Outre le portail gouvernemental, plusieurs collectivités ont mis l’accent sur ce thème, soit à travers un portail dédié, soit via le portail départemental ou régional.
Sans surprise, on retrouve les départements très touristiques de PACA : Bouches-du-Rhone, Var, Alpes-de-Haute-provence. La Côte d’Or, le Loir-et-Cher ou bien encore la Loire-Atlantique. Curieusement, le portail de la Ville de Paris se montre plutôt pauvre en la matière et la région Île-de-France est avare elle aussi.

Hôtels, agenda, patrimoine… - Les données fournies sont assez attendues, tournant autour des activités proposées et des services nécessaires pour son séjour : liste des hôtels, agenda culturel, patrimoine, label tourisme et handicap, localisation des offices du tourisme, restaurants, produits du terroir, transports quand c’est possible.
En effet, comme le soulignait un livre blanc sur le sujet paru en 2012, « les données “transports” sont assez peu collectées finalement par le secteur public (49%) alors que c’est le principal besoin des réutilisateurs de données potentiels ».
À noter aussi que les données de Météo France, tout aussi utiles, sont payantes : elles font partie des 55 bases de données encore soumises à redevance, contrairement aux principes de l’opendata. Enfin, on trouve des données sur l’activité touristique elle-même, comme la fréquentations des sites.

Selon ce livre blanc, l’ouverture des données est motivée par trois raisons principales :

  • « Adopter une autre méthode pour promouvoir son territoire »
  • « Répondre aux nouveaux besoins des citoyens/touristes » 
  • « Dynamiser les acteurs économiques »

Personnalisation, géolocalisation, temps réel - L’opendata est envisagé comme un moyen d’aider les touristes à préparer leur séjour, puis sur place à l’optimiser, en jouant des possibilités offertes par la géolocalisation, le temps réel, la personnalisation des informations, comme l’avait souligné un atelier organisé en 2011 à Nantes.
C’est aussi une façon d’avoir davantage de contributions de la part des visiteurs : informations, critiques positives ou négatives, etc. Autre atout, les données sont mises à jour régulièrement par les différents acteurs publics qui les gèrent.

Ces objectifs ambitieux semblent pour le moment éloignés de la réalité. Prenons le cas des Bouches-du-Rhône, un département qui reçoit 9 millions de touristes par an.
Motivé par l’organisation de Marseille Provence 2013, capitale européenne de la culture, Bouches-du-Rhône Tourisme (BRT) a mis les bouchées doubles, en montant par exemple un hackaton à l’automne 2012, avec la SNCF et Google, sous la direction de BeMyApp. Cette session de codage intensif et collaboratif a permis de sortir « 22 projets très prometteurs ».

« Certaines applications sont déjà disponible sur les stores comme Terroir Caisse qui recense tous les producteurs de terroir du département des Bouches-du-Rhône », s’enthousiasme BRT. En cliquant sur l’appli, on découvre qu’elle n’a été téléchargée que 50 à 100 fois.

Pol Goasdoué, un des membres de l’équipe qui a développé Terroir Caisse, garde un souvenir amer de son concours qui fleurait bon l’opération de communication sans suite selon lui : « tout a cessé après notre retour, on a proposé à la SNCF, BeMyApp et Cap Digital d’aller au bout du développement, on n’a jamais reçu de réponse. Commercialement, c’est tellement décevant qu’on arrête d’en parler. » De son côté, Bouches-du-Rhône tourisme justifie : « l’absence de suivi fait partie du contrat. »

Peu de succès des applications mobiles - Depuis le lancement de data.visitprovence.com, la plate-forme opendata dédiée au tourisme, les données ont été téléchargées 10 000 fois et une quinzaine d’applications ont été développées, ainsi que des sites, mais une partie existait déjà avant (site d’office du tourisme par exemple).
Certaines app bénéficient de sponsoring, à savoir un ticket de 500 euros, soit l’équivalent d’une journée de travail pour un développeur. Sur les huit applications/sites labellisées, quatre sont disponibles uniquement sur l’OS Windows Phone, qui est très minoritaire sur smartphone.

Les autres chiffres de téléchargement disponibles font état de scores bas : sur Android, l’OS le plus répandu, MyProvence Agenda a été téléchargé entre 1000 et 5000 fois, MonVigneron (oenologie) entre 500 et 1000 fois, ParkIn13 entre 50 et 100 fois, Esplorea 1000 fois (tous OS).
« Il nous faudrait 500 à 1000 téléchargements par jour pour intéresser les professionnels », explique Thierry Tellouck, un des créateurs de ce guide mobile de voyage. La jeune entreprise a en effet opté pour une application gratuite, mais avec des annonces et des notifications push payantes. « Il est un peu tôt pour dire si c’est rentable ou pas », explique-t-il.

« Toucher les développeurs et non le grand public. » - « Les applications ne sont pas rentables, elles sont toutes gratuites, nous a confirmé Bouche-du-Rhône Tourisme. A ce jour, nous n’avons mené aucune étude d’impact sur notre démarche open data. Nous visons d’abord les développeurs et non le grand public. » Mais si les développeurs ne perçoivent pas l’intérêt économique, le pari peut être risqué.

Cet exemple semble caractéristique d’un engouement qui peine encore à se traduire dans les usages et économiquement. « Le taux de pénétration du marché est souvent faible, indiquait encore le livre blanc. Quelques éléments de réponse :

  • « L’ouverture des données sur un territoire ou une localité donne une zone de chalandise restreinte.
  • Les cibles sont les détenteurs d’un smartphone ou d’une tablette numérique. Même si ce nombre est en constante hausse, l’application ne cible qu’une partie de la population.
  • Faut-il encore que le mobinaute télécharge l’application qui réponde le plus souvent à un besoin du moment. »

Acteurs déjà installés - D’autres acteurs déjà installés pourraient faire évoluer la donne : les guides de tourisme. Ainsi Le Petit futé ou encore Le Guide du Routard proposent leurs applications, basées sur leurs jeux de données propriétaires.
Mais rien ne les empêchera d’intégrer aussi des données publiques, y compris pour en faire un usage payant. Dans une philosophie proche de l’opendata, Wikimedia, l’éditeur de Wikipedia, vient de lancer Wikivoyage, un portail collaboratif sous licence libre Creative Commons, dont les données sont exportables.

Pour donner du souffle, la ministre de l’Artisanat, du Commerce et du Tourisme Sylvia Pinel a annoncé lors du dernier jury Dataconnexions en juin 2013 la volonté de pousser la libération des données, en particulier en s’appuyant sur les systèmes d’information touristiques départementaux. L’objectif : 50 % des départements à la fin de l’année sur data.gouv.fr. De quoi pouvoir développer enfin des services à l’échelle du pays.

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  1. 1. Romain Lange 30/09/2013, 15h51

    Bonjour,

    nous faisons partie du laboratoire d'innovation Tourisme de Paris Incubateur et développons Cibul.net un logiciel en ligne d'agendas collaboratifs, géolocalisés et OpenData.

    Il permet de déployer des réseaux d'agendas territoriaux http://prezi.com/chg8j3z5h0xj/?utm_campaign=share&utm_medium=copy&rc=ex0share

    1. Ajouter un commentaire

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