[Opinion] Energie

Energie : pour de nouvelles gouvernances renforçant l’implication des territoires

| Mis à jour le 17/09/2013
Par et , Président de l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (Ademe) • Club : Club Techni.Cités

Avec pour ambition de nous conduire vers une société plus sobre en ressources et moins impactante sur le climat, la transition énergétique est avant tout une chance pour les territoires. En effet, réaliser cette ambition n’est envisageable que si la transition énergétique peut pleinement s’appuyer sur cet objet social à redécouvrir que constituent les territoires.

C’est donc, je crois, l’opportunité de remettre en lumière leurs atouts, en particulier celui d’être un lieu de cohérence. L’échelle du territoire constitue le maillon élémentaire de cohérence fonctionnelle et opérationnelle. C’est à ce niveau que les différentes politiques d’urbanisme, d’environnement, de transport, de logement, se conjuguent et entrent en interaction avec les préoccupations de santé, de qualité de vie, de culture, d’emplois, d’attractivité… permettant de véritables approches transversales dans une logique de développement durable.

Le territoire nous apparaît également comme un lieu de cohérence économique. Par exemple, les économies d’énergie réalisées par des travaux de rénovation de l’habitat ambitieux, créateurs d’emplois locaux, sont autant de moyens qui peuvent être réinjectés dans l’économie du territoire et non dans des charges de chauffage.
Et c’est également un élément de cohérence sociale et politique : le territoire constitue le bon niveau de proximité pour rechercher l’adhésion des populations et des acteurs économiques et accompagner les profonds changements nécessaires.

Une gouvernance à renouveler, des systèmes à revisiter – Mais pour prendre toute leur place dans la transition énergétique, les collectivités doivent se réapproprier leurs compétences et leurs capacités à gérer les flux et à aménager durablement leur territoire.

Cela passe en particulier par l’amélioration de la gouvernance de l’énergie. Il s’agira d’arriver à mieux articuler les atouts d’un pays et d’un système centralisé avec les dynamiques territoriales. Je ne crois pas un seul instant qu’une plus grande coopération, de nouveaux partages des décisions entre le niveau central et le niveau territorial feraient exploser notre modèle français ou remettraient en cause nos fondamentaux telle une péréquation équitable. Simplement, nous arriverions à tirer meilleur parti des dynamiques locales, en valorisant mieux les potentiels de chacun et en concentrant les efforts sur les difficultés spécifiques de chaque territoire.

Cela pourrait également permettre une répartition et une déclinaison plus efficace des objectifs nationaux, d’inventer de nouvelles formes de solidarité territoriales.
Il ne s’agit bien évidemment pas d’en appeler à l’autonomie des territoires, et encore moins à l’autarcie. Le déploiement des énergies renouvelables, des compteurs et des réseaux électriques « intelligents », les nouvelles pratiques d’autoconsommation, d’effacement ou de stockage peuvent nous permettre de compléter et de rééquilibrer progressivement un modèle de distribution historique aux allures de château d’eau, avec des systèmes agissant plus en interaction avec les productions et les consommations locales.

Ces évolutions, aussi souhaitables soient-elles, ne pourront aboutir à un résultat harmonieux, assurant une plus grande résilience des territoires, que si elles reposent sur une gouvernance renouvelée impliquant mieux les acteurs publics locaux et sur une politique locale de l’énergie construite en écosystème. Une deuxième génération de PCET pourrait ouvrir la voie d’un plan d’action territoriale intégrée et multiénergie.

Distinguer les niveaux pertinents – Parallèlement, à l’heure de la transition énergétique, les outils qui ont fait la réussite de notre système mériteraient d’être revisités. Pour n’en citer qu’un, prenons l’exemple symbolique du Facé : ne pourrait-il pas encore mieux intégrer des objectifs de maîtrise de l’énergie et d’efficience ? Cela suscitera nécessairement débat : osons nous questionner…

Réinvestir certaines compétences et assumer de nouvelles formes de gouvernance renforcent la nécessité de mieux distinguer, pour chaque sujet, le niveau stratégique d’orientation, d’impulsion et de coordination et le niveau opérationnel, depuis la maille régionale jusqu’à la maille communale.

L’exigence de transversalité et de lisibilité de politiques pluriannuelles, se déclinant au travers d’objectifs quantifiés et d’outils de suivi adaptés, s’en trouve encore confortée. Ces questionnements dépassent le seul cadre de l’énergie et peuvent s’appliquer à d’autres sujets telles l’organisation de la mobilité multimodale ou encore l’économie circulaire, dont les collectivités territoriales pourraient être les catalyseurs de véritables expérimentations. Oui, les territoires sont bien une chance pour les transitions énergétique et écologique, dès lors qu’ils s’en saisissent pleinement !

Commentaires

1  |  réagir

17/09/2013 04h40 - Georges

« une gouvernance à renouveler », vous avez raison monsieur Lechevin.

dans l’immediat elle traine les pieds cette nouvelle gouvernance.
tout est relativement figé. les regles concernant les energies sont strictes et non negociables. Nos Elus ont bien prévu des regles pour le developpement d’energies renouvelables, mais leur durée de vie a été si courte que tout le secteur attend l’outil au pied.

vous touchez le point juste, avec une excellente gouvernance souple et adaptée à chaque territoire, des regles sur l’energie plus adaptables, l’evolution de la reglementation des constructions, pour éviter les lobby de l’acier et du beton, nous pourrons arriver à produire propre avec une maitrise des depenses energetiques.
cependant à l’heure actuelle, les lois, la gouvernance, les reglementations, semblent ne pas vouloir favoriser les territoires.

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