Déjà inscrit(e) ?

Mot de passe oublié ?

Identifiant et/ou mot de passe non valides

Nous n’avons pas reconnu votre email, veuillez indiquer un email valide, utilisé lors de la création de votre compte.

Un message avec vos codes d'accès vous a été envoyé par mail.

Pas encore inscrit(e) ?

Inscrivez-vous pour accéder aux services de LaGazette.fr et à la gestion de vos Newsletters et Alertes.

M'inscrire gratuitement
Club finances

Déjà inscrit(e) ?

Mot de passe oublié ?

Identifiant et/ou mot de passe non valides

Nous n’avons pas reconnu votre email, veuillez indiquer un email valide, utilisé lors de la création de votre compte.

Un message avec vos codes d'accès vous a été envoyé par mail.

Pas encore inscrit(e) ?

Inscrivez-vous pour accéder aux services de LaGazette.fr et à la gestion de vos Newsletters et Alertes.

M'inscrire gratuitement

icon Club finances

Données publique

Open data : quels coûts pour les collectivités territoriales

Publié le 22/07/2013 • Par Sabine Blanc • dans : A la une, Actualité Club finances, France

series_chiffres_deformes
serge parin - Fotolia.com
40 000 euros, 300 000... Les prix des portails français open data sont élastiques et difficilement comparables. Plusieurs facteurs sont à prendre en compte : choix technique, orientation donnée au projet, mutualisation, etc.

« Le coût de l’open data ? On est dans un effet de mode, personne ne sait combien cela coûte vraiment », estime Jean-Marie Bourgogne, en charge du programme Montpellier territoire numérique. Selon une étude du Serdalab, le budget moyen s’élève à 83 000 euros de ressources humaines, hors informatique. Le libre est privilégié par la moitié des sondés pour des raisons économiques.

En fonction du (long) travail préalable de mise en forme des données, des choix techniques, des fonctionnalités avancées proposées, comme des datavisualisations, du travail d’animation et de communication, de l’internalisation ou de l’externalisation des tâches…, l’investissement nécessaire varie de quelques milliers d’euros à quelques centaines de milliers.

Ces choix ne dépendent pas uniquement des lignes de budget disponibles, mais aussi des RH, de l’orientation donnée à la politique open data ou encore de la configuration technique déjà existante. Car plus d’un tiers des portails sont en fait des extensions. Il est donc difficile voire peu utile de comparer ex abrupto les prix. A défaut, il vaut mieux examiner les différentes possibilités et méthodologies actuelles, à travers des exemples concrets.

Première version simple en mode agile – « Une soixantaine de jours / homme. » Voilà ce qu’a coûté la première version du portail du conseil général de la Gironde, explique Pascal Romain, chef de projet informatique pour le département. Elle a été développée en interne et dès la deuxième année, une seconde version plus poussée a été mise en ligne, avec l’intégration de deux outils. Pascal Romain est à mi-temps pour le projet. Il estime qu’une trentaine de journées de travail a été consacrée à la gestion des flux de données : automatisation, anonymisation…

La première étape a consisté à mettre en place un catalogue de données, la seconde a  porté sur la mise en place de services plus avancés, l’enrichissement des données – ce qui passe par leur nettoyage et une couche de web services, c’est-à-dire des fonctionnalités utilisées par d’autres programmes… Ils ont eu recours à CKan, une application open source de gestion de données. Beaucoup de briques techniques de l’open data sont open source, conformément à la philosophie du mouvement, mais nécessitent de l’intégration ou la location d’une solution de cloud.

Son alter ego à la direction de la communication se charge de l’animation, par exemple s’occuper du concours mis en place avec la communauté urbaine de Bordeaux, et doté de 60 000 euros. Une partie de la communication est sous-traitée à l’association Aquitaine Europe Communication, une agence spécialisée dans le numérique. « Nous connaissons mal le tissu des entreprises numériques innovantes, justifie Pascal Romain, ils nous accompagnent depuis le début sur l’open data ».

Portail avec plusieurs partenaires – « Le portail partenarial régional des données publiques », c’est ainsi que se présente Open Paca, qui a fait le choix d’agréger d’autres acteurs, 26 actuellement, de la CCI des Bouches-du-Rhône à l’Agence régional du Livre. « Les partenaires peuvent avoir leur portail et se faire référencer sur Open Paca, se faire référencer et ouvrir plus tard un site, ou ne pas avoir de portail », détaille Michèle Trégan, conseillère régionale déléguée à l’emploi. Il est donc possible, pour une collectivité, de prendre le train de l’open data à moindre frais. Il faut quand même a minima consacrer des jours / homme à constituer les jeux de données et former les administrations.

Cette plate-forme, Michèle Tregan l’évalue « à la louche à 1 ETP et 35 000 euros pour la première version, 20 000 euros par an pour les évolutions ; un marché géré par l’informatique ». Cette assistance à la maîtrise d’ouvrage de deux ans est plafonnée à 60 000 euros par an. Elle consiste aussi à accompagner la collaboration avec les différents partenaires et comprend aussi l’aide sur le concours. Lancé au printemps, il offre une belle dotation de 100 000 euros.

Le site est basé sur TYPO3, un CMS open source (système de gestion et de publication de contenus). Son développement et son installation ont pu être réalisés en « piochant » dans un marché à bons de commande existant, sans faire appel à un nouveau prestataire. Par souci d’homogénéisation, tous les sites sont sous cette solution.

De plus, le portail s’inscrit dans le cadre du projet européen HOMER, qui vise la libération et la mutualisation des données dans 8 pays partenaires. « Un assistant travaille sur cette partie pour trois ans », précise l’élue.

Dans les nuages – Autre option, le Software as a Service (SaaS), qui consiste à louer l’usage d’un logiciel sur les serveurs de l’éditeur, au lieu d’acheter une licence qui tourne sur les serveurs de l’utilisateur. La société américaine Socrata est la référence (data.gov, nyc.gov/data, etc.) et elle fait des émules en France. OpenDataSoft s’est créé en 2012 sur ce modèle et travaille avec la région Île-de-France, la Ville de Paris (V2 à venir), ou encore la Corse (à venir). Le ticket moyen est à « 8 000 euros par an, pour un volume maximal de 10 millions de données, 10 requêtes par seconde, backoffice et front office compris, avec des datavisualisations embedables » (il s’agit de “copier” un élément interactif présent sur un site tiers sur son propre site), précise Jean-Marc Lazard, le CEO de l’entreprise. Si les bases techniques sont open source, le logiciel ne l’est pas, ce qui pose la question de la pérennité des applications basées sur lui, par exemple si le service s’arrête.

Il existe une seconde configuration possible “dans le nuage”, le PaaS (Platform as a Service), qui consiste à louer un environnement pour exécuter des programmes (infrastructure, outils pour exécuter les programmes, puissance de calcul, stockage). En clair, cette solution simplifie la publication des données, mais nécessite tout de même du développement en interne, contrairement au SaaS.

Microsoft s’est aussi positionné sur ce créneau avec OGDI (Open Gouvernment Data) et ODAF (Open Data Application Framework). Si les solutions sont open source, en revanche, elles nécessitent de louer les machines du géant américain pour fonctionner. Microsoft indique un prix de 150 euros/mois pour faire fonctionner le kit de démarrage OGDI, qui fournit front office et back office.

La Saône-et-Loire a préféré cette solution. Quant au prix conséquent du portail, 300 000 euros, il s’explique par l’ajout de datavisualisations interactives, afin de toucher un plus large public. Enfin, un concours doté de 20 000 euros avait été organisé au lancement.

La communication, un point vital – La ligne « communication » occupe donc une part importante des budgets examinés, à juste titre, estiment les acteurs interrogés : « Sinon, le portail ne sert à rien, tranche Jean-Marie Bourgogne. Il faut amener l’information aux citoyens, sortir du secteur des geeks. L’open data reste peu connue du grand public. Cela passe par des concours, des hackatons, des opérations de crowdsourcing. Nous passons plus de temps sur l’animation, avec un temps plein dédié. On peut l’externaliser, mais c’est rare et plus cher. »

Difficile mutualisation – La mutualisation vient immédiatement à l’esprit quand on pense « économies ». Pourtant, elle s’avère complexe à mettre en place, pour de bonnes ou mauvaises raisons. « On essaye, explique Pascal Romain en riant, avant de déplorer : il y a des enjeux de marketing territoriaux autant que d’innovation politique. Ce sera davantage possible lorsque cet aspect communication aura diminué, qui pour l’instant passe au-dessus des considérations rationnelles. » « On a proposé à Aix de copier-coller celui de Montpellier, ils ont refusé ; de même pour l’agglomération de Montpellier, renchérit Jean-Marie Bourgogne. En revanche, La Rochelle a accepté, c’est à 80% le même site. »

« Il existe aussi une question de maîtrise technique », poursuit Claire Gallon, de l’association LiberTIC. Certaines collectivités peuvent vouloir garder la main sur l’évolution de leur plate-forme, d’autant plus que le domaine évolue rapidement : « on va plus vite en allant tout seul », juge Claire Gallon. De plus, les outils techniques internes déjà existants, comme le CMS, diffèrent et ne sont pas forcément tous solubles dans une même solution.

Enfin, « pour des raisons de communication, certaines collectivités préfèrent avoir leur plate-forme avec une identité forte ».

Dès ses débuts, Etalab, le portail du gouvernement français, a proposé d’héberger des collectivités, mais la formule a pris une tournure politique : seules quatre avaient opté pour ce choix, toutes de la majorité de l’époque. Du coup, elle est restée sans suite.  

Pas de grosses anarques – On aurait pu craindre que la combinaison élus peu formés + phénomène de mode aboutissent à des factures régulièrement gonflées de prestataires externes. Cela ne semble pas le cas.

« Les sites coûtent jusqu’à 40 000 euros, quand je vois la qualité, je n’ai pas l’impression que ça les vaille », note toutefois Jean-Marie Bourgogne.  « De grosses boîtes de service se sont positionnées sans rien y connaître, sans avoir pratiqué », rajoute-t-il. Mais le risque le plus important de recourir à des consultants externes, c’est peut-être d’avoir un projet « hors-sol ».

En revanche, Simon Chignard estime qu’il y a de « l’abus sur l’organisation des hackatons : BeMyApp vend du hackaton au kilomètre, c’est du parasitage. On retire à bon compte une aiguille dans le pied de ceux qui devraient être impliqués. On peut sous-traiter, mais pas déléguer : ce sont tes données. » Il n’est pas le seul à tirer à boulets rouges sur la mode des « hackatons citoyens ».

Retour sur investissement hasardeux – Des bénéfices par milliards : voilà la promesse de l’open data. Pour le moment, l’open data apparait comme une ligne de dépenses, d’un strict point de vue comptable. « Pour l’instant, le premier bénéfice économique, c’est l’activité d’intermédiaire », relève Claire Gallon.

« C’est un projet long et difficile à chiffrer, estime Michèle Tregan, on pense que ça va dans le bon sens. La mesure viendra dans un autre temps. Aujourd’hui, il n’y a pas de retour sur investissement, c’est un engagement politique et un facteur d’attractivité du territoire, cela permet le développement de l’innovation numérique. »

En Gironde, deux axes sont explorés dans ce sens, explique Pascal Romain : « la correction et l’amélioration de nos données au fur et à mesure, par exemple via Open Street Map (service de cartographie en ligne open source) pour les systèmes géographiques. Nous aurons peut-être aussi des services développés, si des applications aussi bonnes et pérennes qu’avec des marchés publics sont développées. » Dans cette optique, les participants du concours open data ont été invités à plancher sur la gestion des déchets. « C’est une nouvelle forme d’organisation des services publics qui suscitent pas mal d’interrogations », analyse-t-il. A commencer par celui de la rémunération des développeurs : se contenteront-ils d’un prix et des honneurs ? On peut aussi supposer que les acteurs qui passent par des marchés publics estiment qu’il y a concurrence déloyale, voire non respect des règles des marchés publics.

« On s’attend surtout à avoir de meilleurs services urbains, une augmentation de la transparence, une meilleure fluidité des relations entre services, complète Jean-Marie Bourgogne. Mais on ne les vendra pas, pas plus qu’on ne vend les trottoirs ou les stades, cela relève du service public. »

Une démarche à l’opposé de celle du Grand Lyon : elle vient de lancer un très beau portail au nom équivoque : smart data, et non pas open data. Les données y sont triées en trois catégories : open data, avec authentification et payante.

Cet article fait partie du Dossier

Open Data et réutilisation des données publiques : des promesses vertigineuses

Sommaire du dossier

  1. Ce qu’il faut retenir du projet de loi pour une République numérique
  2. “L’open data par défaut ne pourra pas se faire sans médiation numérique” – Samuel Goëta
  3. Révision à la baisse de l’opendata dans les collectivités locales
  4. Open data, un nouvel élan pour le tourisme
  5. Libre accès aux données publiques : comment mettre en œuvre les nouvelles obligations
  6. En Nouvelle Aquitaine, l’observatoire Nafu affûte la connaissance du foncier grâce aux données publiques
  7. « L’open data ne devrait être qu’une des modalités d’ouverture des données publiques »
  8. Open data : l’Occitanie est un territoire-pilote
  9. Rennes construit le « service public métropolitain de la donnée »
  10. Quand les agences d’urbanisme se saisissent de l’open data
  11. Coopération public – privé et données : comment et pourquoi les collectivités doivent reprendre la main
  12. Le décret sur les données de référence, nouvelle pierre pour la généralisation de l’opendata
  13. Projet de loi Valter : un (tout) petit pas pour l’opendata
  14. Réutilisation des données publiques : des promesses vertigineuses
  15. L’open data, atout maître dans la course aux économies ?
  16. L’ouverture des données publiques en France reste perfectible
  17. Mobilités : les collectivités se rapprochent d’Uber, Waze et Blablacar
  18. La métropole, « bonne échelle pour développer le service public local de la donnée »
  19. Le fouillis des licences open data s’éclaircit [Fiche pratique]
  20. “Les données d’autorité restent un instrument de souveraineté”- Pascal Berteaud, DG de l’IGN
  21. Open data : le service public augmenté – Des données ouvertes de plus en plus cadrées
  22. Les acteurs publics, gros acheteurs des données… publiques
  23. Données publiques : une nouvelle économie des services publics en débat
  24. OaklandOpenBudget ou quand les citoyens se saisissent de l’Open Data
  25. Open data : quels coûts pour les collectivités territoriales
  26. Open data : le service public augmenté – 1. Cap sur la réutilisation
  27. Open data : le service public augmenté – 3. Des territoires riches de données
  28. Open data : le service public augmenté – 2. L’atout de la mutualisation
  29. L’open data, véritable voie de modernisation pour les administrations
  30. Open data et tourisme : un potentiel qui reste à transformer
  31. « Les collectivités, premières bénéficiaires de l’open data » – Claire Gallon, LiberTIC
  32. Open data : la transparence démocratique demeure virtuelle
  33. La FING, partenaire et centre de ressources
  34. Une évaluation sans concession mais lucide de l’open data en Loire-Atlantique
2 Réagir à cet article

Nos offres d'emploi

Plus de 1000 offres d'emploi !

TOUTES LES OFFRES D'EMPLOI

Aujourd'hui sur le Club finances

Nos services

Prépa concours

CAP

Évènements

Gazette

Formations

Gazette

Commentaires

Open data : quels coûts pour les collectivités territoriales

Votre e-mail ne sera pas publié

Jean-Marc Lazard

23/07/2013 02h49

Erratum : OpenDataSoft bientôt utilisé par la Collectivité Territoriale de CORSE, non pas la Ville de Caen

Petite précision : le prix de 8.000 € /an n’est pas un ticket « moyen » mais le prix en mode SaaS de la solution incluant comme indiqué dans l’article
– la solution logicielle hébergée et exploitée (back-office multi-contributeurs et front-office), évolutions incluses (plus de 5 améliorations par mois pour rester à l’état de l’art de l’open data mondial)
– le stockage des données
– le service des API (jusqu’à 10 requêtes /seconde pour ce prix).

Le site http://data.iledefrance.fr/explore/ est l’exemple type d’un portail fait 100% avec la solution standard OpenDataSoft à 8.000 €, sans aucun développement technique, uniquement via le back-office ouvert au chef de projet Open Data de la Région (personnalisation graphique faite via le back-office, génération automatique du catalogue, des visualisations, des APIs …).

D’autres forfaits existent, notamment pour appréhender des problématiques de temps réel ou très gros volumes de données.

Au passage 2 vidéos témoignages des bénéfices de l’Open Data, par le Pas-de-Calais et les Alpes de Haute-Provence:
https://vimeo.com/69190416
https://vimeo.com/67545331

Plus d’infos sur http://www.opendatasoft.com et contact@opendatasoft.com

Romain Lange

24/07/2013 11h06

Il existe aussi des solutions pour des types précis de données. Ainsi nous développons Cibul.net, un service d’agendas OpenData.
Cibul comporte une version gratuite permettant de publier des données ouvertes, structurées et géolocalisées, puis un serive premium d’agendas en marque blanche.
Sans se lancer das un portail comple, un agenda OpenData est une très bonne occasion de faire un premier pas dans l’OpenData: ce ne sont pas des données sensibles, les contraintes de qualité des données (horaires, latitude, longitude, image, etc.) sont vite évidentes, et amènent ainsi les administrations à concevoir leurs données « pour » des ré-utilisateurs, pas seulement pour des lecteurs.

Commenter
Club finances

Déjà inscrit(e) ?

Mot de passe oublié ?

Identifiant et/ou mot de passe non valides

Nous n’avons pas reconnu votre email, veuillez indiquer un email valide, utilisé lors de la création de votre compte.

Un message avec vos codes d'accès vous a été envoyé par mail.

Pas encore inscrit(e) ?

Inscrivez-vous pour accéder aux services de LaGazette.fr et à la gestion de vos Newsletters et Alertes.

M'inscrire gratuitement
 
En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies pour vous proposer des services et offres adaptés à vos centres d'intérêt. OK En savoir plus X