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Langues régionales

Lutter contre le déclin des langues régionales

Publié le • Par • dans : France

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Les langues régionales continuent de décliner en France métropolitaine, minées par "l'extinction croissante de la transmission familiale" et la mobilité géographique, souligne un rapport remis le 15 juillet au ministère de la Culture, qui propose des mesures de relance.

 

Dans ce rapport remis le 15 juillet à Aurélie Filippetti, le « Comité consultatif pour la promotion des langues régionales et de la pluralité linguistique interne » suggère le vote par le Parlement d’une loi à « haute valeur symbolique » pour « affirmer l’importance » des langues basque, bretonne, alsacienne ou kanakes.

Ce comité, présidé par le conseiller d’Etat Rémi Caron, propose aussi de sensibiliser les citoyens en lançant une campagne de communication nationale, d’améliorer l’information sur l’enseignement bilingue et de mieux prendre en compte l’existence des langues régionales dans les cours d’histoire-géographie.

Le comité distingue les langues de la métropole à « forte vitalité » comme l’alsacien, le basque, le breton, le catalan, le corse et l’occitan, où l’enseignement bilingue est « une option reconnue », alors que les langues « à faible diffusion » et « grande dispersion » comme le flamand, le gallo ou le franco-provençal ne peuvent être apprises que dans « un nombre limité d’établissements ».

Troisième grand groupe, l’Outre-mer avec le tahitien, les différents créoles, les langues kanakes ou amérindiennes de la Guyane, doit bénéficier d’une « approche spécifique » dans la mesure où le français y est souvent la deuxième langue. « Chaque enfant doit pouvoir apprendre à lire et à écrire dans sa langue maternelle », insiste le comité.
D’autres langues, notamment celles d’oil au nord de la France, proches du français, n’ont plus guère aujourd’hui qu’une valeur patrimoniale.

Langues de l’immigration - Le comité s’est aussi penché sur les langues parlées par les communautés d’origine immigrée, à commencer par les berbères mais aussi l’arabe dialectal, peu écrit, suggérant que l’Éducation nationale en accentue la prise en compte dans l’enseignement de l’arabe classique.

Il souhaite aussi que soit encouragée la diffusion des langues de l’immigration sur le réseau France Médias Monde (auparavant l’Audiovisuel extérieur de la France). A ceux qui y verraient une « brèche » dans la protection du français, le comité répond que les communautés disposent déjà d’une offre abondante via le cable et le satellite.
Il faudrait aussi « prendre appui sur les langues de France pour développer l’enseignement des langues étrangères dont elles sont proches », comme l’alsacien et l’allemand, ou l’arabe dialectal et le classique.

Financement des écoles associatives - Le comité veut aussi pérenniser le financement des écoles associatives, ouvrir aux langues régionales les aides publiques aux industries culturelles, comme les bibliothèques, ou encore faciliter l’accès au patrimoine numérisé en langues régionales, alors que l’occitan, par exemple, dispose d’archives remontant au Xe siècle.

Le comité estime qu’il faudrait aussi « donner une place accrue à l’expression en langues régionales dans les médias », proposant de réserver « une dotation suffisante » pour l’encourager sur la télévision publique, et notamment France 3.

Plus généralement, le comité souligne que la loi autorise déjà l’usage des langues régionales dans la vie publique et qu’il « appartient au gouvernement de prendre les mesures propres à surmonter les obstacles administratifs réels ou supposés ». Et de citer l’administration, les transports publics, la signalisation routière, les services sociaux ou les hôpitaux.
Il faudrait aussi « faciliter l’affirmation des noms et prénoms en langues régionales dans l’état-civil », relèvent les experts, parmi lesquels des élus, juristes et universitaires.

Ce comité n’avait pas vocation à résoudre le problème d’ordre constitutionnel posé par la ratification par la France de la charte européenne des langues régionales.

L’ancien Premier ministre socialiste Lionel Jospin avait signé cette charte en 1999, mais le Conseil constitutionnel a considéré qu’elle favorisait les locuteurs régionaux et serait une atteinte au principe d’égalité, rendant nécessaire à toute ratification une modification préalable de la Constitution.

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  1. 1. Phil 18/07/2013, 13h31

    La phrase « Il faudrait aussi “prendre appui sur les langues de France pour développer l’enseignement des langues étrangères dont elles sont proches”, comme l’alsacien et l’allemand» est totalement inexacte.

    L’allemand n’est pas une langue étrangère en Alsace et en Moselle !!! L’allemand est notre langue régionale à la fois sous ses formes dialectales et sous sa forme standard. En tant que langue-toit (Dachsprache), l’allemand standard est la forme normée de notre langue régionale depuis la fin du XVème siècle. Cela correspond à la classification des linguistes et à une réalité sociolinguistique de près de 500 ans. En 1869, un an avant la première annexion par l'Allemagne, une pétition intitulée « Pétition en faveur de l'enseignement simultané du français et de l'allemand dans les écoles primaires de la Lorraine allemande (Moselle) - Les habitants de la Lorraine allemande (Moselle) à Sa Majesté l'Empereur » fut adressée à Napoléon III après la décision du conseil départemental de l’éducation de la Moselle de supprimer l’enseignement de l’allemand. La pétition de 1869 commence par la phrase suivante: « Nous prenons la respectueuse liberté de porter devant Votre Majesté nos humbles doléances au sujet du système de proscription, adopté dans nos écoles primaires, contre l'enseignement de L'ALLEMAND, NOTRE LANGUE MATERNELLE». Les signataires refusent pour l’allemand la qualification de langue étrangère : « N'est-ce pas aussi nous faire une insulte sanglante que d'assimiler à une langue étrangère au milieu de nous, notre vieille langue maternelle, la langue parlée par nos ancêtres, sans interruption et à l'exclusion de tout autre, depuis plus de 2000 ans.»

  2. 2. Pierrick Hamon 18/07/2013, 08h34

    Comment comprendre que la France, soit disant "pays des droits de l'Homme" (les autres ne le seraient donc pas ???) reste l'un des seuls Etats européens à refuser de signer la charte et à continuer à s'opposer aux cultures régionales et immigrées qui font, et ont toujours fait, la richesse identitaire de notre pays ? La devise européenne est "Unies dans la diversité". En France, nous en sommes encore si loin... Comment le Conseil constitutionnel peut il continuer à se cramponner sur une vision jacobine et ringarde que la réforme Raffarin avait pourtant fait évoluer ? Espérons que la proposition de loi du député JJ Urvoas sera soutenue sur tous les bancs de l'assemblée Nationale...

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