Tribune

Jean-François Rapin : « Communes littorales : des enjeux lourds qui demandent des arbitrages difficiles »

| Mis à jour le 12/09/2013
Par et , Président de l’Association nationale des élus du littoral (Anel), conseiller régional, maire de Merlimont (Pas-de-Calais) • Club : Club Techni.Cités
Sources : Technicités 

L’Association nationale des élus du littoral, de métropole et d’Outre-mer, créée en 1978 par Antoine Rufenacht, a pour vocation de regrouper l’ensemble des élus des collectivités territoriales ayant une façade maritime. Cela représente 977 communes, 885 en métropole et 92 en Outre-mer (selon les critères de la loi Littoral de 1986), 30 départements et 15 régions.
Il faut souligner l’importance du fait maritime en France, puisque notre pays dispose de 5 500 km de côtes sur les façades maritimes de la Mer du Nord, de la Manche, de l’Atlantique et de la Méditerranée. Grâce à sa présence Outre-mer, la France bénéficie du 2e espace maritime mondial avec 11 millions de km² sous sa juridiction.
La gestion d’une commune littorale est empreinte d’une forte spécificité, liée au lien indissociable entre la terre et la mer, les activités qui y sont menées ayant un impact sur l’une et l’autre. On sait aujourd’hui que 80 % des pollutions en mer sont d’origine terrestre, ce qui modifie la vision des politiques publiques à mener.
Les élus du littoral sont amenés, plus que d’autres encore, à rechercher l’équilibre entre la protection d’un littoral de plus en plus attractif, et qui abrite près de 7 millions d’habitants – soit une densité de population deux fois et demie supérieure à la moyenne nationale – et sa valorisation économique, ce qu’avait prévu la loi Littoral de 1986 mais qui n’a pas été facile à mettre en place.
Cet espace littoral, réservoir de biodiversité, est naturellement fragile puisqu’il subit l’érosion naturelle et bien sûr les impacts des fortes pressions humaines.
On observe également que nos façades littorales sont de plus en plus soumises à des conflits d’usages : les activités traditionnelles (pêche, conchyliculture…) ont dû céder des espaces pour accueillir les nouvelles activités de loisirs, comme la plaisance et le nautisme, et nous devons aussi anticiper pour permettre le développement d’infrastructures liées aux nouvelles énergies renouvelables. Et ceci n’est pas simple compte tenu des contraintes des diverses lois de protection des espaces naturels (Natura 2000, directive Habitats, etc.). Il faut mesurer les impacts de toute activité sur la biodiversité, mais aussi tenir compte de l’émergence des nouveaux risques liés au changement climatique et à l’élévation du niveau de la mer (érosion côtière accrue, submersion marine et inondations). Ce sont des enjeux lourds qui méritent des arbitrages parfois difficiles.

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