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Transition énergétique : Michel Bourgain (AMF) n’est « ni optimiste ni défaitiste » sur l’issue du débat national

Publié le 04/07/2013 • Par Olivier Schneid • dans : Dossiers d'actualité, France

Représentant l’AMF dans le Débat national sur la transition énergétique, le maire Europe Ecologie Les Verts (EELV) de l’Île-Saint-Denis (Seine-Saint-Denis) Michel Bourgain critique certains acteurs, comme le Medef, dont le comportement pourrait « paralyser » la transition énergétique. Il réclame une décentralisation dans laquelle la région aurait un rôle « d’orientation », regrette la « frilosité » de l’échelon communal, qui « ne doit pas s’arc-bouter à des modes anciens », et « doute » de la volonté de l’Etat de transférer de la fiscalité aux collectivités.

Alors que le Débat national sur la transition énergétique (DNTE) approche de son terme (1) , quel bilan en tirez-vous ?

Je ne suis pas très optimiste. Le débat a été extrêmement riche, varié, on a examiné une quinzaine de scénarii. Mais les propositions qui en ressortent sont impressionnistes et, mises bout à bout, elles ne donnent pas un scénario crédible…

Où sont les blocages ?

Certains, comme le Medef, estiment que descendre la part du nucléaire à 50% de la production d’électricité en 2025 (le cadre imposé par François Hollande, ndlr) n’est pas plausible économiquement et techniquement, donc ils ne se fixent pas ce cap comme objectif. Les mêmes affirment que la maîtrise de la demande en énergie (MDE) et les énergies renouvelables (ENR), pour compenser la baisse du nucléaire, ne créeront pas plus d’emplois que l’actuel mode de production, ce qui est faux. Alors, ils refusent des scénarii pourtant à plus forte intensité de travail et d’activité économique relocalisée. Sur les gaz de schiste, ce sont encore souvent les mêmes qui voient un trésor caché, en négligeant les effets collatéraux voire leur inefficacité. Des intérêts catégoriels ou une compréhension arriérée de l’évolution de la société et de la situation énergétique française et mondiale risquent ainsi de paralyser la transition.

Qu’attendez-vous concrètement de cette « transition énergétique » ?

Elle doit pour réussir mettre en place une décentralisation, de la MDE d’abord puis de la production d’énergie. Dans ma commune de 7 000 habitants, on a, en dix ans, économisé de l’ordre de 30% sur l’ensemble des consommations de gaz, d’électricité et de carburants. En évitant les gaspillages, en réalisant un peu d’investissement par-ci par-là. Notre facture énergétique s’est ainsi maintenue en 2012 au niveau de 2002, en euros courants. Les économies générées cumulées, environ 500 000 euros, nous ont permis d’amortir les hausses de prix pendant cette période. Nous produisons à partir d’ENR : du solaire photovoltaïque principalement, du solaire thermique pour une petite partie – l’eau chaude de la restauration scolaire, les douches d’un gymnase – et nous achetons de l’électricité verte chez Enercoop. Nous avons des projets en matière de géothermie…

C’est donc que vous avez les moyens de vos ambitions, non ?

On a relevé les manches, travaillé avec méthode et continuité, on n’est pas endettés. On a fait les trois fois 20 (2) avec sept ans d’avance par rapport aux engagements internationaux de la France. Si une petite commune pauvre comme la nôtre y est parvenue, c’est donc accessible à tous. Mais, pour prendre l’image de l’arbre, après avoir attaqué l’écorce puis l’aubier, on arrive dans le dur. Et, pour engager des opérations plus lourdes, comme la rénovation complète de deux groupes scolaires dont la construction date de 40 ans, nous avons besoin de nouvelles ressources financières.

Que réclamez-vous ?

L’Etat doit accorder aux collectivités des prêts bonifiés pour les inciter à mener sur leur patrimoine des actions d’économies d’énergie et à s’engager dans la production d’énergie à partir de ressources locales. Les collectivités ont aussi besoin d’être aidées dans leur travail d’accompagnement des acteurs économiques pour que ceux-ci s’engagent résolument dans la MDE. La création d’un guichet unique favoriserait l’accès des entreprises, des bailleurs ou des propriétaires privés aux dispositifs techniques, juridiques et financiers. Il y a bien d’autres pistes encore, notamment en matière de fiscalité…

L’exécutif et le législatif vous semblent-ils disposés à aller dans cette direction ?

J’y crois en tout cas de toutes mes forces, même si j’ai des doutes sur la volonté de l’Etat de transférer de la fiscalité vers les collectivités. Aujourd’hui, nous avons un système extrêmement centralisé, qui est fort en apparence mais très fragile en réalité. Vous avez vu le Japon ? On ne peut pas continuer comme ça. Les propositions des collectivités locales pour décentraliser à la fois la production et la distribution n’ont pas été relevées à leur juste mesure. Or, pour réduire la consommation – ce sur quoi au moins tout le monde s’accorde -, il faudra rapprocher la production et l’usage, avoir des circuits de distribution au niveau le plus local possible, avec des boucles territoriales dans un réseau maillé au niveau national voire européen. C’est un nouveau rapport à l’énergie, qui renvoie à la question du contenu de la croissance : la veut-on toujours aussi intensive en énergie ou peut-on inventer une croissance sobre et faisant appel à une énergie propre…

Cette décentralisation que vous appelez de vos vœux ne fait pas l’unanimité dans les différents niveaux de collectivités…

Il y a, c’est vrai, une frilosité de l’échelon communal vis-à-vis des autres échelons. Alu sein de l’Association des maires de France (AMF), j’essaie de faire avancer l’idée que la question énergétique nécessite une révolution territoriale, dans laquelle l’échelon régional est le niveau d’orientation, de mise en place de schémas permettant à toutes les collectivités d’avoir une cohérence d’intervention et d’accompagnement, voire de financement. En tant que maire, je suis bien sûr très attaché à l’autonomie communale, mais il faut savoir comprendre l’urgence de réformes institutionnelles et ne pas s’arc-bouter à des modes anciens. L’autonomie communale est aujourd’hui mise à l’épreuve de sa capacité à être un acteur important dans la décentralisation du système énergétique français.

Vous devez vous sentir bien seul dans une telle position au sein de l’AMF…

Disons qu’un maire à étiquette écologiste est encore très largement minoritaire sur ce sujet, ce qui n’empêche pas de tenter de rassembler.

Le président de la Fédération des villes moyennes (FVM), Christian Pierret, trouve que ce DNTE a une orientation trop idéologique  et il accuse votre parti, EELV, d’en quelque sorte le phagocyter…

Mon parti participe au DNTE selon sa représentation dans les différentes collectivités territoriales. Et si les écolos y occupent souvent le portefeuille de l’énergie, c’est peut-être parce qu’ils sont les plus impliqués et qu’on les crédite d’un engagement reconnu sur le sujet ! Quant à l’orientation idéologique, on pourrait retourner le compliment à Christian Pierret. Cela dit, tout a été mis sur la table. La question est maintenant de savoir comment on peut converger pour engager une transition énergétique à la hauteur des enjeux.

Si l’on se résume : vous espérez mais n’attendez pas beaucoup de la loi de programmation sur la transition énergétique ?

Si, j’en attends beaucoup, je ne suis pas défaitiste. Mais il nous reste à gagner des positions. Pour que l’Etat traduise en actes la volonté affichée par le président de la République lorsqu’il a cadré le débat sur la transition énergétique.

Notes

Note 01 Une synthèse des six mois de débat doit être présentée mi-juillet au conseil national du DNTE. Des recommandations au gouvernement suivront et seront publiées en septembre 2013 lors de la Conférence environnementale Retour au texte

Note 02 Le paquet énergie-climat adopté en 2008 par l’Union européenne demande aux Etats membres, d’ici 2020, de réduire de 20% leurs émissions de gaz à effet de serre (GES), d’améliorer de 20% l’efficacité énergétique et de porter à 20% la part des énergies renouvelables dans leur consommation d’énergie Retour au texte

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