Déchets

Le recyclage des emballages ménagers a stagné en 2012

| Mis à jour le 22/07/2013
Par • Club : Club Techni.Cités

La valorisation matière des déchets d’emballages gérés par les collectivités atteignait 67 % l’an dernier, comme en 2011. L’objectif de 75 % de recyclage en 2012, que fixait la loi « Grenelle 1 » d’août 2009, n’est donc pas atteint… comme prévu ! Eco-Emballages avait annoncé que cette performance serait atteinte vers 2016. Au rythme de croissance observé, l’échéance serait plutôt repoussée à 2020.

C’est classiquement à l’Allemagne que la France est comparée, notamment en matière environnementale. Concernant la collecte sélective, Eco-Emballages a choisi d’établir avec la Belgique un parallèle – qui reste en notre défaveur.
Nos voisins ont recyclé 85 % du gisement d’emballages ménagers en 2012, quand l’Hexagone en restait à 67 % – un taux stable par rapport à 2011 et sur une trajectoire de 1 % de croissance moyenne annuelle sur la décennie écoulée. A ce rythme, ce n’est qu’en 2020 que sera atteint l’objectif « grenellien » de 75 % de recyclage, fixé en 2009 pour 2012.

Des écarts marqués – La meilleure performance belge s’accomplit à moindre coût de collecte et de tri : 438 euros par tonne pour les emballages légers contre 489 €/t en France et 49 €/t pour le verre contre 92 €/t. En France, ces coûts moyens – établis par Eco-Emballages à partir des données issues de 500 collectivités (30 millions d’habitants) – masquent des extrêmes allant de 300 à 690 €/t pour les emballages légers et de 44 à 163 €/t pour le verre.

« Il n’est pas normal que l’on observe une telle dispersion parmi des collectivités de profil comparable », commente Eric Brac de la Perrière. Pour le directeur général de l’éco-organisme, un des facteurs expliquant l’écart de coût entre la France et la Belgique est la place privilégiée du ramassage en porte-à-porte, que la densité de population justifie plus au nord de la frontière (360 hab./km2) qu’au sud (112 hab./km2).
Rappelons que, si Eco-Emballages considère aujourd’hui ce mode de collecte luxueux en dehors des zones urbaines denses, il le jugeait porteur de performance dans les années 90….

La disparité des performances entre collectivités s’exprime aussi par les niveaux de soutiens versés par l’éco-organisme (reposant à 90 % sur les tonnages triés), variant de 4 à 17 euros par an et par habitant (de 5 à 15 €/an/hab. en milieu urbain).
Eric Brac de la Perrière constate que les études d’optimisation menées par 362 collectivités de 2005 à 2011 (soutenues à hauteur de 36 millions d’euros par l’éco-organisme) n’ont qu’insuffisamment débouché sur des plans d’actions.

Des bonnes pratiques à diffuser – Eco-Emballages souhaiterait être « associé à l’élaboration des plans d’optimisation des collectivités, pouvoir tester divers dispositifs avec les collectivités, recenser d’ici 2016 (1) les bonnes pratiques, en vue de leur diffusion par la suite », suggère son directeur.

L’éco-organisme indique ainsi que la densification des points d’apports volontaire des bouteilles et bocaux en verre se solde par une hausse de 20 % des tonnages en moyenne (pour une desserte passant à un point d’apport pour 400 habitants en ville et pour 600 hab. en rural).

La tarification incitative apparaît aussi comme « l’un des outils les plus performants pour diminuer les charges et augmenter les recettes », selon Eric Brac de la Perrière. Autre facteur de maîtrise des coûts avancé par la société gestionnaire du « Point vert » : la mécanisation des centres de tri (un site 100 % manuel trie au coût de 210 €/t contre 120 €/t pour un site industriel).

Désireux de s’impliquer dans la compétence (inter-)communale de la gestion des déchets, l’éco-organisme serait-il prêt à prendre intégralement en charge l’organisation des services de collecte et de tri des emballages, qu’il finançait à 75 % en 2012 (selon ses calculs) ? La question sera posée lors de la rencontre qu’organise l’Association des maires de France, le 9 juillet, intitulée « Menaces sur le modèle français de tri et de recyclage des déchets ? ». 

Commentaires

1  |  réagir

02/07/2013 12h22 - LilRbxTcg

Eco-emballages n’est pas légitime dans son action vu qu’il est directement rattaché aux fabricants des-dits emballages !!!

Je me rappelle d’un reportage ou Eco-Emballages conseillait une commune pour l’édition d’une brochure d’info sur le tri, et refusait que la brochure incite à la consommation d’eau du robinet, car les industriels ne vendraient plus de bouteilles plastiques !!! sic

Par ailleurs, normal que la Belgique soit bien plus performante, elle n’a pas fait la bêtise monumentale de démanteler le système de consignation des bouteilles de verre contrairement à la France !!!

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