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Fonction publique

Fonction publique territoriale : le jour de carence a réduit l’absentéisme de courte durée

Publié le 14/06/2013 • Par Martine Doriac • dans : A la Une RH, Actu Emploi, Dossiers Emploi, France, Toute l'actu RH

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Bureau chaise vide - © Getty Images

Alors que le taux d’absentéisme augmente régulièrement depuis cinq ans dans la fonction publique territoriale, il a ralenti sa progression l’an dernier sous l’effet d’une baisse des arrêts de courte durée pour maladie ordinaire, selon une étude de Sofcap de juin 2013. Mais l’économie générée est faible au regard du coût des arrêts longs qui, eux, continuent d’augmenter.

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L'absentéisme des agents publics : un symptôme, des remèdes

 

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L'étude complète

Après cinq ans de hausse continue du taux d’absentéisme dans les collectivités (+ 14 % depuis 2007), celui-ci ralentit sa progression en 2012. La raison : une baisse des arrêts de courte durée (moins de 15 jours) pour maladie ordinaire qui représentent 48 % de l’ensemble des arrêts, mais seulement 6 % des jours d’arrêts (alors que ceux supérieurs à 15 jours constituent 24 % des arrêts, les accidents du travail 19 %, 4 % la longue maladie 4 %, la maternité 3 % et le congé longue durée 2 %).

Moins d’agents se sont donc arrêtés l’an dernier, moins souvent et moins longtemps en maladie ordinaire, et la durée de ces absences diminue. L’effet « jour de carence » paraît indéniable : les arrêts d’un jour se sont réduits de 43,2 %, ceux de deux jours de 18 % et ceux de trois jours de 12,2 %, d’après l’étude réalisée par la Société française de courtage d’assurance du personnel (Sofcap) sur un échantillon de 350 000 agents et plus de 18 000 collectivités.

Moins d’arrêts courts - « Davantage de présence au travail malgré la maladie, pose d’un jour de congés en lieu et place d’un arrêt maladie », observent les auteurs de l’étude tout en précisant que les économies générées par le jour de carence instauré par le précédent gouvernement restent limitées : si les comportements des agents ont évolué sous l’effet de cette mesure jugée « injuste, inutile et inefficace » par l’actuelle ministre de la Fonction publique Marylise Lebranchu qui a annoncé sa suppression pour 2014, le coût des absences de très courte durée n’a représenté, en 2012, pour le premier jour d’absence, que 0,3 % du coût total des absences et seulement 2,6 % des dépenses pour les arrêts de deux et trois jours.

Forte hausse des arrêts longs - En parallèle, la proportion des arrêts de quatre jours consécutifs et plus augmente, avec une forte hausse des arrêts longs : + 35 % pour les absences de un à trois mois, + 47 % pour celles de trois à six mois, + 107 % de six mois à un an. La durée moyenne des arrêts a ainsi progressé de 11 % au cours des cinq dernières années. Or ces arrêts de moyenne et longue durée sont les plus coûteux pour les collectivités : ceux de un à trois mois représentent 8,3 % de l’ensemble des arrêts mais 32,3 % du coût total des absences. Ceux de trois à six mois constituent 2 % des arrêts mais 18,3 % des coûts. Et les interruptions d’activité de six mois à un an, soit 1,1 % des arrêts, absorbent 15,2 % de la dépense.

Des pistes pour agir sur ces arrêts - Face à ces arrêts moins nombreux, moins fréquents mais plus longs, les analystes de Sofcap recommandent aux employeurs d’agir sur l’employabilité des agents à tous âges par des actions en faveur du maintien dans l’emploi. « Dans les contextes conjoints de vieillissement de la population employée, de pénibilité des métiers, de recul progressif de l’âge de départ à la retraite, d’accroissement des attentes des usagers et dans un contexte économique contraint, la maîtrise des absences pour raison de santé constitue plus que jamais un enjeu essentiel pour la performance des collectivités territoriales », commentent les experts de Sofcap qui font deux préconisations :

  1. Mieux maîtriser la survenance des arrêts courts permettrait de « gagner en performance organisationnelle, en continuité du service rendu à l’usager, tout en facilitant les modalités de distribution des tâches parmi les agents des services ».
  2. Intervenir par des actions de maintien et de retour à l’emploi sur les absences de moyenne durée, qui contribuent fortement au coût global des absences, ce qui peut se faire par des initiatives ciblées en matière de gestion des ressources humaines : cellules d’accompagnement des agents en difficulté, développement de la mobilité professionnelle…

Accidents du travail : 50 jours d’arrêt en moyenne - Un autre indicateur suivi par Sofcap, qui témoigne d’une dégradation des conditions de travail, mériterait d’être étudié plus précisément : il s’agit des accidents du travail (accidents de service, de trajet et maladie professionnelle) qui progressent, que ce soit en fréquence (+ 22 %), en exposition au risque (+ 18 %) ou en gravité des arrêts (+ 40%). Les arrêts qu’ils génèrent durent huit jours de plus qu’il y a six ans. Ils sont passés de 42 jours en moyenne en 2007 à 50 jours en 2012.

 

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