Déchets

Un « super syndicat » de traitement des déchets couvrant la moitié des Côtes-d’Armor

| Mis à jour le 22/07/2013
Par • Club : Club Techni.Cités

Le préfet des Côtes-d’Armor a entériné le 13 mai 2013 la fusion de quatre syndicats de traitement des déchets. A la clé, des économies d’échelle et de nouvelles perspectives de valorisation en phase avec les spécificités du territoire.

Dans le cadre de la mise en œuvre du schéma départemental de coopération intercommunale et à la suite d’un rapport, publié en 2010, par la chambre régionale des comptes de Bretagne, la préfecture des Côtes-d’Armor a validé, le 13 mai, la fusion de quatre syndicats mixtes de traitement des ordures ménagères (le Smettral, les Smictom des Châtelets et du Penthièvre et le Smitom de Launay-Lantic).
Opérationnel au 1er janvier 2014, ce nouveau syndicat s’étend sur la moitié du territoire départemental, soit 152 communes représentant 285 000 habitants (45 % de la population).

« Dur de faire émerger un projet collectif » – « Ça a été long car on n’avait pas les mêmes tarifs, chacun menait ses projets dans son coin, expose Thierry Burlot, président du Smettral et du Smitom Launay-Lantic. C’était dur de changer les habitudes et de faire émerger un projet collectif. Chacun pensait avoir la solution pour tous. Il a fallu que le préfet tape du poing sur la table. »

Car, comme le pointe le président de la chambre régionale des comptes, les collectivités costarmoricaines sont dans l’illégalité, depuis qu’elles ont scindé la compétence traitement entre plusieurs syndicats, ceci afin de mettre en place, dès 2001, un centre de tri près de Saint-Brieuc.

Limiter l’enfouissement et l’exportation des déchets – Les Côtes-d’Armor ne disposant que d’un centre d’enfouissement proche de la saturation et plusieurs projets de nouveau site ayant avorté, elles exportent une grosse partie de leurs déchets vers le Morbihan ou la Mayenne. « On a construit notre projet sur le principe de ne plus exporter de déchets, précise Jean-Luc Barbo, président du Smictom Penthièvre et Mené. Les tonnages en ordures ménagères résiduelles (OMR, 70 000 tonnes) sont minoritaires par rapport aux tonnages apportés en déchetterie et qui atteignent 95 000 tonnes. Comme les OMR vont continuer à diminuer, c’est sur cette nouvelle problématique que nous devons travailler. »
En effet, le nouveau super syndicat va fortement inciter les intercommunalités à développer la collecte sélective en porte à porte.

Economies d’échelle – La fusion permet aussi de mutualiser les équipements du territoire et de cibler les investissements. « Il faut jouer sur les compétences de chacun, poursuit Thierry Burlot. Il y aura des économies d’échelle puisqu’on va optimiser l’utilisation des équipements existants et qu’on évitera de créer une nouvelle usine pour le traitement primaire des déchets. »

Ainsi les trois usines du nouveau super syndicat ont une capacité pour traiter annuellement 90 000 tonnes d’OMR quand seules 70 000 tonnes sont produites et que les prévisions annoncent au maximum 60 000 tonnes à traiter à l’horizon 2020 ; l’une de ces trois usines (d’une capacité de 30 000 tonnes) est proche de l’obsolescence et nécessite d’importants investissements.

« L’idée a donc été de saturer les deux usines où les investissements sont déjà réalisés, ce qui permet de réduire les coûts de traitement à la tonne, développe Mark Briand, directeur du Smictom de Launay-Lantic. Par exemple, à Lantic, on passe de 11 à 16 000 tonnes traitées et le coût à la tonne diminue de 94 à 74 euros. Ensuite, on investit dans le traitement des déchets qu’on exporte, à savoir les encombrants de déchetterie et les refus de compostage. »
La fusion apporte aussi une réponse à l’usine d’incinération du Smictom du Penthièvre et du Mené, confrontée à des vides de four.

Valorisation – Enfin, les élus imaginent renouer avec une vieille lune qui avait suscité beaucoup d’espoir dans les Côtes-du-Nord des années 1980 : fabriquer du combustible à partir de déchets issus du plastique. Ils visitent, pour cela, des installations en service en Irlande et au Pays de Galles.
« En préalable à cette valorisation, il faut prévoir des investissements lourds sur l’usine de Saint-Brieuc afin de sortir différentes catégories de combustibles solides de récupération (CSR), adaptés à différentes applications, ce qui nous éviterait de dépendre de débouchés spécifiques », observe M. Briand.

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