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Open Data

Une plateforme expérimentale de données au service du territoire à Vannes

Publié le 28/05/2013 • Par Virginie Fauvel • dans : Régions

La présentation de la plateforme "connaissance et action territoriale" de la chaire ACT-TER, hébergée par l'Université Bretagne Sud, mercredi 22 mai 2013, à Vannes, a attiré près de 170 personnes, universitaires, chercheurs, élus locaux, étudiants. Son caractère innovant lui vaut le soutien de l'Etat à travers la venue du secrétariat général pour la modernisation de l’action publique (SGMAP), de l'INSEE, de l'Agence nationale pour la cohésion sociale et l'égalité des chances (Acsé) et de l'Agence régionale de santé (ARS) Bretagne.

« Nous avons des ressources dormantes sous les pieds : chacun exploite son puits de données dans son sous-sol particulier. L’idée est que chacun fasse remonter par ascenseur son gisement de données sur une plateforme commune, où après croisement et enrichissement des ressources, on obtient une valeur bien supérieure à celle des puits individuels : c’est l’intelligence accrue des données territoriales. »

A la métaphore de la mine d’or utilisée par Neelie Kroes en décembre 2011 pour décrire le potentiel économique de l’ouverture des données publiques en Europe, succède celle du puits, de Maurice Baslé, professeur, titulaire de la chaire ACT-TER et à l’origine de la plateforme ad-hoc, qui a été présentée, mercredi 22 mai 2013, au palais des congrès à Vannes devant un parterre de 170 représentants de collectivités, d’élus, de DSI, de chercheurs et d’étudiants. 

Champ de tensions – L’initiative tombe à pic à l’heure où en France, les retombées économiques et les innovations liées à l’ouverture des données publiques ne jaillissent pas tout à fait comme d’un puits de pétrole…
C’est d’ailleurs sans doute l’une des raisons pour laquelle Serge Bossini, adjoint au SGMAP, et non Jérôme Filippini, son directeur, finalement retenu par son agenda, aura pris la peine d’un A/R Vannes (3 h 15) pour contextualiser cette initiative dans l’ordre mondial (Open Governement Partnership) et national.
L’Open data est un « champ de tension » qui existe depuis longtemps, a-t-il expliqué : tensions entre « émulation et concurrence », « rendre compte et protéger », « développer et rentabiliser », « simplifier et complexifier ».

Citant la cartographie interactive du New York Times sur le résultat des contrôles sanitaires de restaurants new-yorkais, Serge Bossini dit aimer « prendre cet exemple pour illustrer la tension avec l’intérêt pour le citoyen de la transparence ». « C’est quelque chose qui n’est pas tout à fait encore dans la culture française », admet-il, se rappelant « qu’un ministre du Travail, en février 2010, avait publié la liste rouge des entreprises avec le plus d’accidents du travail. Le lendemain, elle n’était plus sur le site du ministère ».
Enfin, « comme d’habitude, quelques collectivités ont commencé avant, et sont encore aujourd’hui très en avance… mais le plus grand nombre des collectivités est en retard ». 

Oser – Après Rennes, Nantes, Bordeaux, etc., Vannes pourrait donc revendiquer le droit d’être répertoriée sur la carte de France des initiatives d’ouverture des données publiques de LiberTIC.
« Pour innover, il est plus facile de ‘partir du bas’ et admettre que l’Etat ne peut pas tout », estime Maurice Baslé, titulaire de la chaire, qui a porté ce projet avec Agnès Checcagliani, ingénieure de recherche. « Et il fallait oser », lance-t-il. « Oser adopter dans des proximités territoriales un comportement collaboratif d’ouverture raisonnée pour les données et les images territoriales ».
A ce stade, le projet collaboratif réunit des partenaires privés, des collectivités territoriales et des institutions publiques :

  • le conseil général du Morbihan,
  • Vannes Agglo,
  • Vannes,
  • l’Université de Bretagne Sud (UBS), partenaire et hébergeur de la plateforme.

Et 4 entreprises : 

  • le Groupe la Poste, société anonyme à capitaux publics,
  • la société MGDIS, éditrice de logiciel, cofinanceur de la chaire à hauteur de 30 %,
  • le Groupe Charier, cofinanceur à hauteur de 25 000 euros par an pendant 5 ans,
  • La Saur, opérateur de gestion déléguée de service de l’eau pour les comptes des collectivités territoriales et des industriels. 

La plateforme affiche pour objectif d’enrichir « la connaissance territoriale et préparer l’action publique à partir du croisement et du partage des sources de données et d’images ».  


Données verrouillées, le prix de la confiance – Concrètement, l’outil centralise les données fournies par certains partenaires (tous ne sont pas fournisseurs de données) et permet de les croiser avec d’autres données publiques (Insee, Dreal), pour les enrichir ou leur donner un sens nouveau.
Parmi elles, on recense des données démographiques, les inscriptions à l’école, les flux de déménagement anonymisés, les boîtes postales, les chiffres sur l’emploi, les impôts, les personnes âgées, des données sur l’eau, la voirie, les aides aux entreprises, etc. En bout de chaîne, l’utilisateur peut choisir ses paramètres et la localisation afin d’explorer les thématiques de son choix.

Dans la salle, une question surgit : « Qui seront les utilisateurs et quelle articulation faites-vous avec la démocratie locale ? Il me semble que les citoyens restent un peu en dehors de tout cela. »
Effectivement, la plateforme ACT-TER, pour un certain nombre de flux, propose des données verrouillées ; seuls les partenaires peuvent y accéder.
« Cette traçabilité est à double sens », nous explique la voix off sur la vidéo.  » Elle garantit à l’utilisateur l’origine des données qu’il manipule et à l’opposé, elle garantit au producteur de ses données que celles-ci ne pourront être utilisées qu’après authentification et identification ». « C’est à ce prix que les partenaires de la chaire peuvent avoir toute confiance pour fournir leurs données. »
« N’oublions pas que les territoires sont en compétition », a par ailleurs rappelé David Robo, maire (UMP) de Vannes.  

Les données, c’est pas donné ! – « Les données, c’est pas donné ! » L’expression de Bruno Latour, citée par l’adjoint du SGMAP, témoigne bien des enjeux cruciaux liés à la valeur des données :  « Du côté des tenants du prix contre le volume, il y a le pressentiment que les données publiques sont un tas d’or qu’il ne faut pas distribuer gratuitement. Ce qui est sûr, c’est que les modèles économiques sont vraiment bouleversés et qu’il est difficile d’élaborer une bonne théorie de la valeur des données. »

Exemple avec l’IGN, qui a eu jusqu’à une date récente le monopole sur la cartographie en France. « Et c’est un coup de tonnerre que la carte Michelin utilise maintenant Openstreetmap, qui est gratuite et collaborative », mesure Serge Bossini car « les gens à qui l’IGN vendait des données peuvent les trouver gratuitement ailleurs… le monde est bouleversé. »

Il n’empêche. « L’information a un coût », a rappelé Michel Guillemet, directeur régional de l’Insee – principal fournisseur de données du site gouvernemental www.data.gouv.fr qui a lancé le Codesign de sa prochaine plateforme – et dont la mission de service public est justement de produire et de diffuser des données.
Mais « le partage est une vue de l’esprit », estime-t-il, même si en 2003, l’Insee a pris un tournant en faisant le choix de diffuser massivement et gratuitement toutes ses données sur insee.fr.
Depuis, le nombre de visites ne cesse de croître : 11 millions en 2004, 25 millions en 2012. « On entend souvent, ‘sur le site de l’Insee, on ne s’y retrouve pas' », ironise Michel Guillemet, qui profite de l’occasion pour annoncer la prochaine refonte du site. Pour lui, « toute la difficulté est de produire du qualitatif, en soignant le détail et la qualité des métadonnées (1)« , insiste le directeur régional de l’institut. 

Un marché immense pour les éditeurs de logiciels  – Autre enjeu du projet projet : l’interopérabilité des partenaires. Michel Villac, secrétaire général de l’ACSé, évoquant la plateforme politique de la ville, a souligné l’importance de développer un outil interpartenarial qui permette de centraliser les demandes de cofinancement des associations. Schéma à l’appui, la complexité du processus est devenue concrète : 

« Pour ce faire, nous avons acquis et développé un logiciel de la société MGDIS », précise Michel Villac. Pour cet éditeur de logiciels, les marchés sont immenses. La société équipe déjà plus de 40 % des centres hospitaliers en France et recense près de 700 entités publiques clientes et plus de 30 000 utilisateurs. « Actuellement MGDIS oriente ses investissements d’innovations vers la valorisation des données ouvertes », précise Jean-Marc Bienvenu, directeur général. D’autres plateformes de dépôt et de diffusion organisée pour les régions et les territoires ont été développées. Son intérêt à cofinancer la chaire (à hauteur de 30 %) n’est donc pas à démontrer… D’autant que la question du choix des logiciels dans les démarches Open Data et du risque de multiplicité de solutions d’éditeurs et de leur incompatibilité est bien réelle. Mais, comme l’a rappelé Michel Villac, l’éditeur ne résout pas tout et la désignation d’un pilote dans le processus est fondamentale : 

Schizophrène – Pour la Poste, la participation à la chaire constitue « une opportunité de s’inscrire dans le mouvement de l’Open Innovation », s’enthousiasme Anne Nicolas, déléguée régionale du groupe en Bretagne.
Qui plus est, « les données de la Poste ont été très sollicitées ces derniers temps, par Etalab mais aussi par les citoyens », note Anne Nicolas qui précise que les données du Groupe La Poste « ne sont pas toutes des données publiques au sens où l’on entend ».

Avant l’ouverture à la concurrence du secteur postal,  l’opérateur historique avait le monopole de la distribution du courrier en France. Mais depuis le 1er mars 2010, La Poste est une société anonyme à capitaux publics. Raison pour laquelle les motivations du groupe à participer à la chaire ACT-TER sont doubles, voire schizophrènes : « Nous voulons contribuer à une meilleure connaissance du territoire, et pourrons ajuster notre présence sur le territoire. »
Mais le groupe est aussi pris par la logique commerciale. Avec un milliard d’euros de chiffre d’affaires réalisé dans l’économie du numérique , « nous réfléchissons à la manière de valoriser nos données et les faire fructifier. Nous espérons pouvoir imaginer de nouveaux services », souligne la déléguée régionale.
La convention signée par la Poste est d’une durée de 3 ans. Elle comprend un engagement de transmission des données (données postales sur les bureaux de poste, boîte aux lettres, flux de déménagement anonymisé)  mais pas d’obligation de résultat. « Il y a dans ce partenariat une grande part d’expérimentation, précise Anne Nicolas. La méthode nous intéresse autant que le résultat. »

Données sensibles de santé – Enfin, certaines données restent sensibles. « La détermination du gouvernement ne se traduit pas par un passage en force. Pour certaines données, il faut prendre le temps du débat, estime Serge Bossini qui cite en l’occurrence les données de santé, qui donnent lieu, selon lui,  « à beaucoup d’amalgames et de fantasmes, mais qui suscitent un vrai intérêt citoyen ». 

Et sur ce point, l’intervention du DGA de l’ARS de Bretagne, Pierre Bertrand était édifiante : « Il n’existe pas de base de données permettant de connaître ce que représente globalement, pour une même personne, les dépenses et les remboursement de soins de ville, de soins en établissement de santé et médicosociaux, ni de les rapprocher des éléments cliniques de la prise en charge soignante », explique t-il.
Et d’en déduire : « L’information est parcellisée, ce qui induit le risque de conduire en aveugle les politiques publiques dans le cadre de la discussion sur l’optimisation des prises en charge, mais aussi dans le cadre de l’évaluation du service rendu ». C’est pourquoi le DGA de l’ARS Bretagne souligne que sa présence, ce 22 mai, ne relève pas de sa position d’offreur de données mais plutôt de demandeur et ce, « tant que les verrous au niveau national n’auront pas été examinés ». Le ministère a missionné l’Igas et une réflexion est en cours…

Références

Plateforme ACT-TER connaissance et action territoriale, hébergée par l'Université Bretagne Sud

 

 

 

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