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Culture

« Le plus grand danger qui menace nos musées, c’est l’indifférence » – Marc Casteignau, président de la FEMS

Publié le • Par • dans : France

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La Fédération des écomusées et musées de société (FEMS) a tenu ses 10èmes rencontres professionnelles du 25 au 27 avril 2013 à Bayonne (Pyrénées-Atlantiques). Thème des travaux : le sens de la collecte des objets contemporains. A cette occasion, la Gazette a interrogé, Marc Casteignau, président de la FEMS, sur les principaux enjeux auxquels sont confrontés ces équipements.

 

En quoi la place des écomusées et musées de société est-elle spécifique ?

Ils conservent des collections de nature très diverses, complexes et très nombreuses. Certains fonds comptent des milliers d’objets. Un écomusée comme celui de Marquèze (1) en a 20 000 ! De plus, ils attachent une grande place à la recherche. Enfin, ils jouent un rôle important en termes d’action territoriale, à travers leurs actions de médiation culturelle et la co-construction de projets avec les habitants. De par leurs pratiques, ils sont à même de prendre du recul par rapport à leur territoire et d’interroger la société. De ce fait, l’évaluation de leurs activités ne peut se faire uniquement à l’aune de leur fréquentation. Cela suppose donc qu’ils soient portés par une forte volonté politique.

Quelles sont les principales menaces qui pèsent sur les écomusées et musées de sociétés ?

Nous redoutons que l’acte 3 de la décentralisation ne fasse pas apparaître une cohérence suffisamment forte entre les différents échelons territoriaux. Un émiettement des compétences entre communes, intercommunalités, départements, régions – ce dans un contexte de retrait de l’Etat – ferait perdre une énergie considérable à nos structures. Je crois que nous devons plus redouter l’absence de volontés politiques que le trop plein. L’indifférence à l’égard de nos musées est sans doute le plus grand danger qui nous menace. Car nous avons plus de difficultés à faire valoir nos collections que les musées des beaux-arts.

La montée en puissance de la thématique du développement durable constitue-t-elle un facteur porteur pour les écomusées et musées de société ?

Cela fait longtemps que nous sommes dans la mouvance du développement durable. Notre rôle n’est pas d’être les relais de ces politiques, mais d’étudier comment les habitants perçoivent leurs injonctions et comment ces dernières font bouger leurs repères.

Le Mucem (2) ouvrira à Marseille le 7 juin. Comment votre fédération accueille-t-elle ce nouvel équipement ?

Pour nous qui, avec notre réseau, représentons la plus grande collection d’ethnologie de France, l’arrivée du Mucem est une chance. Ce nouvel équipement à rayonnement international s’affirme comme un musée de société. L’ethnologie et l’interprétation de la société en constituent les axes forts. De plus, dans le contexte de crise que nous connaissons, il n’y aura plus de création d’équipement de cette envergure avant plusieurs années.

Les écomusées travailleront-ils avec le Mucem ?

Nous le souhaitons, et lors de notre assemblée générale du 25 avril, nous avons validé le principe d’un rapprochement entre notre fédération et le Mucem. Ce projet sera acté par une convention que nous avons élaborée et que signerons d’ici à l’été.

Sur quoi portera cette convention ?

Il s’agira de valoriser les fonds de notre réseau et ceux du Mucem. Cela passera d’abord par des montages d’expositions en commun. Cette coopération pourra aller jusqu’à des coproductions d’expositions. Cette valorisation des fonds passera aussi par une réflexion professionnelle que nous voulons mener ensemble sur nos collections et la place des écomusées et musées de société dans la société contemporaine.

D’ une façon plus générale, nous avons vocation à travailler avec d’autres réseaux professionnels : musées des beaux-arts, musées scientifiques, réseau des maisons illustres, parcs naturels régionaux etc. L’enjeu est de décloisonner les musées. Car pour questionner la société, nous avons besoin de parler des collections de différentes natures. Un autre enjeu est d’assurer la sauvegarde de nos musées en période de crise. Pour y parvenir, il n’y a pas d’autres voies possibles que le décloisonnement et les échanges entre réseaux professionnels.

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