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Bibliothèques

Les bibliothèques doivent corriger la « ringardise » de leurs horaires d’ouverture

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Dans un rapport intitulé « L’extension des horaires d’ouverture des bibliothèques : progrès et obstacles », publié en décembre 2012, Dominique Arot, doyen de l’Inspection générale des bibliothèques (IGB) dresse un constat sévère : les bibliothèques manquent une partie de leurs publics potentiels parce qu’elles n’ouvrent pas suffisamment et reproduisent trop les horaires de bureau. Sans sous-estimer les difficultés d’une réorganisation des équipements, l’inspecteur général exhorte la profession à secouer ses habitudes pour mettre les publics au cœur de son activité.

 

Références

Le rapport complet

Fermés à 17 h 30, à l’heure du déjeuner, le dimanche… Pourquoi donc la grande majorité des lieux de lecture publique français reproduisent-ils ainsi les horaires de bureau ?
C’est exaspérant pour celui qui trouve portes closes, et, pour les communes, socialement et culturellement improductif.

Car, comme le souligne Dominique Arot, doyen de l’Inspection générale des bibliothèques (IGB), dans son dernier rapport, ces équipements excluent, ainsi, de fait, « toute une partie de leurs publics potentiels ».
A savoir, lycéens, étudiants, familles en balade dominicale, actifs désoeuvrés à l’heure du déjeuner, personnes en congé ne partant pas en vacances, etc.

Cette situation est aussi financièrement incohérente. Car depuis trente ans, les collectivités, aidées par l’Etat, ont consenti un effort certain pour se doter de belles et spacieuses bibliothèques ou médiathèques.
« Ce sujet met en évidence l’écart qui doit être impérativement comblé entre des investissements souvent très lourds et une offre de services consécutive sans commune mesure avec les dépenses initiales », relève le rapporteur.

Facteurs qui freinent le changement - Les facteurs qui freinent le changement sont nombreux et de tous ordres :

  • une profession trop centrée sur les collections, pas assez sur les publics, l’accueil, la médiation culturelle ;
  • une conception de l’accueil trop statique, qui consiste plus à enregistrer des inscriptions qu’à véritablement accompagner le visiteur dans ses recherches documentaires ;
  • une place trop importante donnée au travail de « back-office » (traitement des ouvrages, catalogage…), qui empêche de consacrer du temps aux publics ;
  • une gestion du temps de travail inexistante (pas de bornes de pointage, de logiciels de gestion des plannings, etc.) ;
  • une conception architecturale souvent inadaptée à l’ouverture partielle du bâtiment (permettant de réduire les coûts de fonctionnement sur les plages horaires décalées) ;
  • une absence de coordination des horaires entre bibliothèques municipales et universitaires, et même entre bibliothèques publiques d’un même territoire ;
  • la méconnaissance, par les communes, de l’« emploi-étudiant », dispositif de vacations encadré par des contrats-types élaborés par les ministères de l’Enseignement supérieur et de la Culture, souvent utilisé par les bibliothèques universitaires pour étoffer leurs équipes d’accueil sans grever leurs frais de personnel, mais encore peu connu des collectivités ;
  • la difficulté des responsables d’équipement ou des DRH des collectivités à engager une négociation sur les compensations des heures travaillées en soirée ou le week-end.
    « On a l’impression que chaque collectivité réinvente la négociation, commente Dominique Arot, qui préconise l’élaboration d’un cadre réglementaire national de base.

Une résistance au changement - L’auteur ne cache pas avoir été déçu par les conclusions de son enquête entamée au printemps 2012 : s’il savait les équipements français en retard sur leurs homologues européens, il espérait néanmoins qu’ils avaient accompli plus de progrès au cours des dernières années.

Car le sujet n’est pas nouveau. Depuis longtemps, certains responsables d’équipements et auteurs de rapports pointent du doigt la moyenne française de 19 heures hebdomadaires d’ouverture, très en-deçà des pratiques des autres pays européens.
En 2008, l’inspecteur général Georges Perrin avait déjà signé un rapport intitulé « Améliorer l’accueil dans les bibliothèques : propositions pour une extension des horaires d’ouverture »(1). Il y rappelait, entre autres, l’intérêt de l’« emploi-étudiant ».

A l’époque, quelques équipements de lecture publique avaient réussi à faire bouger leurs habitudes. Mais ils sont restés l’exception. Beaucoup d’autres ont buté sur l’épineuse question du travail le dimanche, lourde de conflits sociaux potentiels si elle n’est pas négociée avec doigté et sur laquelle se focalisent nombre d’agents.

En 2010, dans ses « 14 propositions pour le développement de la lecture », l’ancien ministre de la Culture, Frédéric Mitterrand, avait prévu une incitation au changement, avec une enveloppe de quelque 250 000 euros pour aider les bibliothèques des 50 plus grandes villes à passer à 50 heures d’ouverture.
Peu de bibliothèques ont essayé et seules trois ont réussi à atteindre ou dépasser ce seuil (Amiens, Clermond-Ferrand et Troyes).

« Ce dispositif expérimental aura eu le grand mérite de mettre en évidence la question de l’ouverture des établissements, mais il aura aussi révélé que l’aide la plus efficace de l’Etat n’est sans doute pas à rechercher du côté de subventions de fonctionnement nécessairement modestes à l’échelle du territoire, mais bien plus sous forme d’outils et de recommandations en matière d’aménagement des locaux, d’organisation du travail et d’informations statistiques partagées », conclut Dominique Arot.

Enfin, en juin 2011, l’Observatoire du livre et de l’écrit en Ile-de-France (Motif) a passé au crible les grilles horaires des bibliothèques franciliennes. Conclusion de l’étude : une moyenne de 16,6 heures d’ouverture par semaine.

14 recommandations pour des stratégies innovantes - Dominique Arot ouvre des pistes de tous ordres et relevant de niveaux de compétences différents.

  • Certaines semblent assez simples à mettre en œuvre : systématisation des boîtes de retours de documents installées à l’extérieur des bibliothèques…
  • D’autres sont beaucoup plus ambitieuses : inscription des bibliothèques dans les démarches de type « bureau des temps », coordination des équipements d’un même territoire sur les horaires…
  • Une partie des démarches préconisées relève de la seule collectivité : professionnalisation de la gestion des horaires de travail, vigilance sur la conception des locaux lors des chantiers de construction, rénovation ou extension de bâtiments… ; voire de la seule bibliothèque : consultation des usagers, expérimentations, évaluation régulière de l’adéquation des horaires avec les besoins des lecteurs…
  • Une autre partie suppose une implication de l’Etat : ouverture d’un chantier juridique concernant la prise en compte et l’indemnisation des horaires de travail le soir et le week-end, soutien au recours à l’emploi étudiant…
  • Enfin, la recommandation la plus complexe et la plus longue à mettre en œuvre concerne le renouvellement de la vision du métier, pour placer la relation aux publics au cœur des organisations du travail dans les bibliothèques, ambition qui ne peut se concrétiser sans une implication de toute la profession.

Là, « une révolution culturelle s’impose, estime Dominique Arot. Quand on voit l’amélioration de la situation dans les bibliothèques universitaires, qui, en dix ans, ont gagné environ dix heures d’ouverture par semaine, on se dit qu’il n’y pas de raison que les bibliothèques municipales ne parviennent pas, elles aussi, à progresser dans ce domaine. »
Encore faut-il faire évoluer la formation, les fiches de poste, les critères de recrutement, les modalités de management… un chantier de longue haleine.

Etat des lieux

Avec, selon les statistiques annuelles du ministère de la Culture, une moyenne de 19 heures hebdomadaires d’ouverture, les bibliothèques françaises ne sont guère généreuses de leur temps.
Certes, ce taux moyen est sujet à caution, dans la mesure où il inclut beaucoup de structures implantées dans les petites communes et peu dotées. Mais, à quelques exceptions près, les équipements des grandes collectivités n’affichent pas non plus des horaires leur permettant de supporter la comparaison avec leurs homologues européens.

  • Ainsi, pour prendre l’exemple des 29 bibliothèques centrales des villes de 20 à 50 000 habitants étudiées par Dominique Arot : 11 d’entre elles ouvrent moins de 30 heures par semaine, 16 plus de 30 heures et 5 plus de 35 heures.
  • La situation est à peine meilleure du côté des villes de plus de 100 000 habitants, en principe mieux pourvues en termes de moyens humains. Certes, dans cette catégorie, la moyenne s’établit à 40 heures hebdomadaires. Mais, précise Dominique Arot, « dans plusieurs cas, elle ne concerne que la bibliothèque d’étude patrimoniale ». Ainsi, l’analyse détaillée des 38 cas étudiés montre que seulement 7 bibliothèques proposent dans la semaine une ouverture au-delà de 19 h, 7 une ouverture le lundi, 7 le dimanche. « Les stratégies innovantes demeurent donc encore plutôt de l’ordre de l’exception », déplore l’auteur.
  • Quant aux 12 bibliothèques municipales à vocation régionales (BMVR), créées au milieu des années 1990 avec une forte implication financière de l’Etat, pour constituer les vaisseaux amiraux de la lecture publique, la moyenne plafonne à … 39 h 30.
    « Les stratégies sont encore peu inventives avec seulement un tiers des bibliothèques ouvertes le dimanche et au-delà de 19 h et un quart le lundi », déplore l’auteur.

L’ouverture le dimanche n’a pas de sens partout

Seize des 150 bibliothèques dont le rapport analyse les horaires ouvrent le dimanche. « Toutes affirment toucher par ce biais des publics différents et favoriser ainsi une abondante fréquentation familiale », souligne Dominique Arot. Mais le principe de l’ouverture le dimanche et les modalités de compensation des heures travaillées font débat, notamment parmi les agents. Il n’est pas rare que le sujet devienne conflictuel au point de provoquer une grève. Le rapporteur rappelle prudemment que si l’ouverture le dimanche « est souhaitable », elle n’est pas forcément « pertinente partout ». En tout état de cause, il insiste sur le fait que le dimanche n’étant pas un jour comme les autres, « une négociation sur les contreparties est toujours nécessaire. »

Dominique Arot : « Il est temps de mettre les décideurs face à leurs responsabilités »

Pour le doyen de l’Inspection générale des bibliothèques, expliquer la situation actuelle par le seul argument des moyens insuffisants ne tient pas. « Car, souvent, ce n’est pas tant le volume d’heures d’ouverture qui pose problème, mais l’adéquation des horaires aux attentes des publics. Il suffirait, donc, souvent, de se réorganiser, pour améliorer les choses. Si une bibliothèque ne peut ouvrir que trente heures, eh bien qu’elle ouvre pendant les trente heures les plus pertinentes. »

Et de dénoncer, par exemple, la fermeture méridienne et les divergences d’horaires dans un même lieu (selon les différents espaces de la bibliothèque), qui, écrit-il dans son rapport, « constituent les deux pratiques les plus discutables, pour ne pas dire ringardes, dans la conception des horaires des établissements. »

Une situation qui, commente Dominique Arot, « a quelque chose de révoltant, car elle pénalise les moins favorisés, les étudiants qui n’ont pas de bonnes conditions pour travailler chez eux, les familles qui ont peu de moyens pour des sorties culturelles, les personnes qui ne partent pas en vacances, etc. Cette question renvoie aussi à la notion de service public. C’est pourquoi, il est temps de mettre les décideurs face à leurs responsabilités. »

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  1. 1. Dean 31/08/2014, 23h23

    "depuis trente ans, les collectivités, aidées par l’Etat, ont consenti un effort certain pour se doter de belles et spacieuses bibliothèques ou médiathèques.
    « Ce sujet met en évidence l’écart qui doit être impérativement comblé entre des investissements souvent très lourds et une offre de services consécutive sans commune mesure avec les dépenses initiales"
    Tout est dit dans ces quelques mots. S'extasier sur le fait d'avoir la plus grande et la plus belle médiathèque de la région pour en finalité rogner sur son fonctionnement.
    d'autre part si l'on écoute le public on devrait être ouvert tous les jours de 9H à 21H.
    C'est une évidence que les horaires de type "sécurité sociale" sont inadaptés. Mais que faire quand les décideurs rechignent à payer des heures suppl., et prennent toutes les mesures pour réduire le personnel .
    De ce fait les directeurs de bibliothèque font au mieux avec le personnel à leur disposition et on se retrouve avec des horaires alambiqués que les usagers n'arrivent à mémoriser.Ces derniers se retrouvent fréquemment devant une porte fermée parce qu'ils ont confondu les horaires d'ouverture du mardi avec ceux du jeudi....
    A ce compte là mieux vaux encore des horaires de bureau certes "ringards" mais que tout le monde retient !
    L'ouverture en continu est par contre à retenir pour toucher les salariés et autres actifs ne retrouvant pas leur domicile pour la pause déjeuner.

  2. 2. bibliotronc 24/01/2013, 15h04

    D'accord avec la collègue V. en mileu rural dans une ville de 7500 habitants nous avons testé l'ouverture le midi fréquentation nulle, ouverture tardive jusqu'à 19 h même constat. Notre boîte à retour est par contre très efficace et appréciée. D'accord pour un accueil "personnalisé" et la taille de notre structure le permet mais je pense que le souci des collections ne doît pas passer au second plan quand on est le seul centre ressource d'un territoire.
    Je dis souvent à mes collègues que c'est l'accueil qui fait la réputation d'un établissement et il faut parfois se mettre dans la peau d'un usager.
    Un frein important pour notre biliothèque la réactivité pour les acquisitions car faute de librairie proche nous devons faire 40 km pour trouver une vraie librairie !

  3. 3. V. 24/01/2013, 13h37

    Je suis responsable d'une médiathèque dans une toute petite ville (moins de 3000 habitants) en milieu rural. Cependant, nous touchons des usagers de plus d'une dizaine de communes. Nous ouvrons une fois par semaine jusqu'à 19.00 et le samedi matin jusqu'à 13.00. Le soir, de 18.00 à 19.00, je peux vous dire que la soirée est longue ! Pratiquement personne... c'est très frustrant et le pire, c'est que si nous ne le faisions pas, on nous le reprocherait.
    J'ai suggéré une ouverture le lundi, pour pallier la fermeture de la grosse bibliothèque la plus proche, mais bernique ! Cela coûterait trop cher, il paraît. J'ai demandé à avoir plus de temps de préparation (pratiquement 100% de mon temps de travail est consacré à l'accueil du public), mais cela coûterait trop cher. Je ne suis employée qu'à mi-temps et pourtant je travaille tout le mercredi ET le samedi matin. Je n'ai pas le temps de faire tourner la structure comme elle le mériterait et comme j'aimerais le faire. En revanche, je suis intransigeante sur l'accueil : je prends toujours le temps d'accompagner les gens, de les connaître pour mieux les conseiller, je veille à ne pas être une "bibliothécaire-tronc" et j'ai la joie d'avoir des usagers qui viennent (parfois de loin) justement parce que je suis à leur écoute (ce sont eux qui le disent). Alors peut-être faut-il réformer, mais peut-être aussi faut-il remettre de l'humain dans les bibliothèques... tout simplement.
    Personnellement, je suis contre l'ouverture des commerces le dimanche et pareil pour les bibliothèques. En revanche, en journée continue, sur 6 jours avec une rotation des agents QUALIFIES, alors là oui, il y a des organisations à explorer !

  4. 4. brioche 24/01/2013, 09h46

    Bonjour, bien sur je suis d'accord avec les propositions du rapport concernant les bibliothèques. Je suis moi même responsable d'une médiathèque d'une ville de 11000 habitants et j'ai toujours considéré que la médiation était une des missions les plus importantes des bibliothèques, afin d'offrir un service public de qualité. cependant, il faut aussi se confronter aux réalités du terrain : dans les petites communes, il y a de moins en moins de personnels affectés aux secteurs culturels... de plus pour une bonne médiation il faut du personnel qualifié et l'idée qu'il suffit d'aimer les livres pour être bibliothècaire a la peau dure...les reclassements dans les bibliothèques sont nombreux, le recrutement de personnels d'autres filières aussi..alors mesdames et messieurs les décideurs, commençons par reconnaître le métier et les dîplômes, accordons un salaire décent aux personnes qui travaillent en horaires décalés et nous aurons plus de possibilités pour d'autres horaires d'ouvertures.

  5. 5. Lise Frenhof 23/01/2013, 11h36

    "actifs désoeuvrés à l’heure du déjeuner" c'est tout à fait vrai. Tout à fait d'accord, un article directement dans le vid du sujet ! et pourvu que ça change ! merci

  6. 6. B. 23/01/2013, 11h26

    Bonjour,

    les propos de Mr Arot sont lucides jusqu'à un certain point. Même si son rapport pointe davantage les faiblesses des médiathèques les plus importantes, des villes importantes, la demande des usagers concernant des horaires adpatés est la même partout, en ville mais aussi (et surtout) en milieu rural.
    Je suis responsable d'une structure dans une ville d'à peine 8000 habitants. Je suis d'accord avec tout ce qui est dit au dessus. Evidement nous sommes avant tout un service POUR le public et ouvrir sur les heures où les gens travaillent est une aberration.
    La plupart des structures comme la mienne touche essentiellement les retraités et les pères ou les mères de famille en congé parental, et je ne caricature presque pas... Nous faisons tout de même des efforts en fermant une fois à 19h, ou en ouvrant sur l'heure de midi le samedi. Nous souhaiterions vraiment offrir un service cohérent en terme d'horaire : ouvrir tous les soirs jusque 20h, tous les midi et le dimanche. Sauf que la réalité des agents territoriaux dans beaucoup de collectivités semblabes est celle-ci : du personnel QUALIFIé mais recruté sans concours, soit un salaire de base indécent (1200 euros) à qui on demande des missions supérieurs; des agents souvent trop peu nombreux et une organisation du temps de travail digne d'un service minimum.

    Si on part du principe que la contrepartie pour que des agents acceptent de travailler le soir et le week end soit financière, il est donc difficile d'exiger de ces agents qu'ils sacrifient une partie de leur vie (celle des loisirs notamment, et de la famille) pour ce tarif !
    Il y a donc une hypocrisie que je voudrais pointer ici sous la forme d'un coup de gueule. Cette hypocrisie est le moteur de l'immobilisme de beaucoup de services publics et surtout des bibliothèques :
    LES CONCOURS !

    Il existe déjà depuis plusieurs années des diplômes universitaires professionnalisants qui forment aux métiers des bibliothèques des jeunes gens motivés par ces carrières (DEUST, DUT...). On leur demande deux ans d'études après le BAC, trois et même cinq pour ceux qui veulent continuer des licences ou des masters pro. Après ça, on leur demande encore de passer un concours de la fonction publique territoriale que beaucoup n'auront pas. POURQUOI ?? L'acquisition de ces diplômes sont déjà la preuve d'une certaine maîtrise des techniques professionnelle et valide surtout LA PREUVE D'UNE MOTIVATION ! Les concours, eux, ne sont rien d'autres que le vestige d'un temps de spécialistes, d'une discipline réservée aux bureaucrates (justement !) qui sont à des années lumières de la réalité du terrain !
    On sait que l'obtention de ces concours ressemblent pour beaucoup à un chemin de croix (des ratios de 1 postes offerts pour plus de 100 prétendants sur les concours de catégorie B...).

    Aujourd'hui on coupe littéralement l'élan de futurs bibliothécaires motivés qui n'auront jamais accès à des postes auquels ils feraient certainement évoluer les choses... Beaucoup n'accèdereont même jamais à une première embauche en bibliothèque. Arrêtons avec l'hypocrisie des concours, meilleure source d'immobilisme et de schlérose.
    Que les collectivités embauchent des gens pour leurs compétences (c'est déjà ce qui se passe de toutes façons) et que les salaires soient le fruit de ces compétences et du travail accompli et non d'un concours qui ne prouve pas grand chose !

  7. 7. Vieille expérience 29/01/2013, 13h43

    au-delà de mon accord avec le rapport de D.Arot, je trouve particulièrement intéressante la réaction de B. concernant les concours. Travaillant dans les bibliothèques publiques depuis 35 ans, cela fait longtemps que je déplore ce mode de recrutement par concours qui n'a pas cours dans certains autres pays (le Canada par exemple) et qui non seulement provoque bien des erreurs de recrutement mais bloque aussi de nombreux excellents bibliothécaires potentiels, ou encore d'excellents agents recrutés comme contractuels et payés trois sous alors qu'on leur demande une implication forte dans le développement du service. Résultat quand on veut faire évoluer les horaires d'ouverture et donc de travail d'une équipe, on a à convaincre des titulaires assis sur leurs avantages acquis, recrutés à vie etc, ou des contractuels à qui on n'a pas grand' chose voire rien à proposer en retour d'efforts de disponibilité supplémentaire aux jours et heures où comme les usagers ils pourraient être en famille, aller au cinéma ou faire leurs courses... Le management dans la fonction publique française reste une faiblesse majeure, et il y a bien des raisons objectives à cela, malgré l'engagement de bien des encadrants et de leurs équipes.

  8. 8. ALIMAS 22/01/2013, 16h02

    (09A2029A01). TOUT EST À RÉFORMER DANS LES BIBLIOTHÈQUES ! Internet est et sera LA BIBLIOTHÈQUE DU MONDE POUR TOUS. Encore une fois, je constate l’absence de courage des fonctions politiques et publiques. Il ne sert à rien de continuer à se voiler la face concernant les réalités de la révolution numérique !? Les bibliothèques sont un service public au service du public et doivent impérativement devenir des lieux de rencontre, d’expression, d’échange et d’apprentissage à l’accessibilité aux (NTIC) : Nouvelles Technologies de l’Information et de la Communication, et non plus seulement que des lieux de stockage, de conservation et de prêt de supports papier et numérique. Le monde a changé, change et continuera à changer radicalement. Nous ne sommes plus obligé d’avoir nos mémoires et nos armoires encombrées de choses obsolètes, ringardes voire inutiles.

    TOUS, NOUS VOULONS PLUS ET MIEUX POUR SOI-MÊME ET POUR CEUX ET CELLES QUE NOUS AIMONS, MAIS NOUS SOMMES ET SERONT PEU, À SAVOIR ET POUVOIR ÊTRE ET FAIRE PLUS ET MIEUX, PAR SOI-MÊME.
    Chaque être humain naît, vit et meurt entouré de vivants et de disparus, à partir de biens et de choses du monde pour tous et celui du monde à soi, que tout un chacun se construit, tout au long de sa vie. L’être humain est confronté à des défis majeurs tels que l’éducation, l’instruction, la formation, la santé et le travail sa vie durant, permettant à tous les mortels de vivre et d’exister ensemble à partir de SAVOIRS de base proprement dit (LIRE, ÉCRIRE, PARLER, COMPTER ... dans une seule ou plusieurs langues) pour apprendre les SAVOIR-FAIRE, SAVOIR-ÊTRE, SAVOIR-VIVRE et, dans une mesure plus marginale, FAIRE-SAVOIR et SAVOIR FAIRE-FAIRE.

    L’ESPRIT S’AGRANDIT D’AUTANT QU’IL SE REMPLIT ET, COMME LE PARACHUTE, NE FONCTIONNE QUE S’IL EST OUVERT.
    Encore faut-il vouloir, savoir et pouvoir le remplir de choses utiles et le libérer des choses obsolètes ou inutiles ! Michel de MONTAIGNE disait : «Notre âme s’élargit d’autant plus qu’elle se remplit». Les choses à apprendre, à écrire, à lire, à dire, à faire et à transmettre sont tellement multiples, changeantes, variées, connexes et complexes que depuis des siècles, elles sont interprétées, remaniées, réécrites, redites, repensées, renouvelées à chaque génération. Bien des textes et contextes sont volontairement ou involontairement ignorés ou détournés du véritable sens que leurs auteurs ont voulu leur donner.

    LA SAGESSE DE LA MÉMOIRE À SOI, CONSISTE À MÉMORISER DES MOTS-CLES ET INSTRUCTIONS DE DÉCHIFFRAGE.
    Je pourrais toujours, à partir de mots-clefs, accéder à Internet et apprendre et où réactiver mes savoirs selon les nécessités et opportunités, pour ce qui présente un intérêt pour mon besoin et la cause du moment. Mon existence (j’ai 73 ans) me confirme, s’il en était besoin, ma perception, mon raisonnement et mon jugement sur : D’une part les surplus d’enseignements inutiles et coûteux pour la nation, pendant la période d’enseignement scolaire pour le plus grand nombre, mais aussi et surtout d’autre part, la nécessité d’orientation, d’évolution, de formation, de qualification, d’actualisation et renouvellement permanent(e), en fonction de nos propres envies, désirs, plaisirs, besoins, mais aussi de nos capacités et aptitudes de progression, d’équité et d’efficacité selon les opportunités, tout au long de notre vie.

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