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Transport aérien

Notre-Dame-des-Landes, des enjeux et luttes d’influence entre collectivités locales

Publié le • Par • dans : A la une, Régions

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Les oppositions entre collectivités locales ne sont pas moins fortes que les manifestations de la population, ici en juillet 2011 © A. Bocquel / AFP

Notre Dame des Landes, c'est aussi une lutte d'influence entre collectivités locales. Parmi les arguments avancés en faveur de l'aéroport nantais figure sa vocation interrégionale, d’où son nom « aéroport du Grand Ouest ». Mais rien n'indique que les villes de ce territoire renonceront à leurs ambitions dans ce domaine. Au contraire.

 

L’Etat, maître d’ouvrage, et les collectivités qui l’accompagnent, ne cessent de le marteler : le projet d’aéroport à Notre-Dame-des-Landes est « un investissement d’avenir » au service des intérêts communs de la Bretagne et des Pays de la Loire.

Se pose alors en creux la question des équipements existants et leur éventuelle redondance, ce que soulignait déjà en 2003 Jean Bergougnoux, président de la commission du débat public.
Il écrivait ainsi qu’à « défaut d’être l’aéroport du Grand Ouest, concept d’autant plus flou qu’aucune fermeture d’aéroport existant n’était envisagée, NDDL pourrait être le plus grand aéroport de l’Ouest ».

Une formule très diplomatique qui n’a rien réglé sur le fond. A l’époque, une étude montre que l’essentiel de la clientèle de l’aéroport de Nantes Atlantique pour les vols réguliers provient de la Loire-Atlantique et des départements limitrophes, le rayon s’élargissant pour les vols charters.

En septembre 2010, Patrick Mareschal met les pieds dans le plat. Celui qui est alors président socialiste du conseil général de Loire-Atlantique et du syndicat mixte d’études de Notre-Dame-des-Landes, invite Angers à fermer son aéroport.
Le tollé est immédiat en Anjou. Le président d’Angers Loire Métropole, Jean-Claude Antonini, lui-même ancien président du syndicat mixte, ne décolère pas.

1 million d’euros par an justifié pour Angers - Certes, le trafic y est modeste : en dépit d’une croissance de 25 % en 2011, la plate-forme n’a enregistré que 5 300 passagers. La facture globale annuelle à la charge de la collectivité s’élève à 1 million d’euros.

Mais pour Daniel Loiseau, vice-président de la communauté d’agglomération, elle se justifie. « Nantes fait depuis longtemps la course aux chiffres et tout développement d’un tiers dans sa périphérie est considéré comme un frein au sien. Mais nous devons conserver ce type d’équipement dans des conditions optimales d’exploitation pour le loisir, les urgences sanitaires, l’aviation d’affaires et le tourisme. »

Deux vols réguliers vers Londres et Nice sont aujourd’hui proposés, d’autres sont à l’étude. « Notre créneau est plus modeste que Notre-Dame-des-Landes, qui vise un maximum de liaisons vers les capitales européennes, il y a complémentarité », assure Daniel Loiseau.

Pas un mot sur les aéroports bretons - Pas un mot en revanche sur les aéroports bretons, en particulier les deux leaders, Brest et Rennes. En croissance depuis 2005, celui de la cité du Ponant franchira cette année la barre du million de passagers.
Le terminal, mis en service en 2007, peut accueillir jusqu’à 1,8 million de voyageurs.
Quant à celui de Rennes, situé à 80 kilomètres de Notre-Dame-des-Landes, il a totalisé l’an passé 434 000 passagers, en hausse de 5,3 %, et sa progression sera sans doute encore plus forte cette année.

Avec les atouts et les handicaps que lui confère sa position géographique, et un brin de défiance à l’égard de la capitale bretonne, Brest a toujours fait de ses « conditions d’accessibilité » une priorité, notamment à l’international.
Et sa plate-forme n’a pas grand chose à craindre de la concurrence future du TGV qui laissera Paris à 3 h 30.

De leur côté, si Rennes et Nantes ne cessent depuis plusieurs années de renforcer leurs coopérations, la rivalité entre les deux préfectures demeure et toute infrastructure susceptible de consolider leur rang métropolitain est bonne à prendre.

La liaison ferroviaire rapide prévue entre Nantes et Rennes via Notre-Dame-des-Landes pourrait changer cet état d’esprit mais son calendrier de réalisation, à l’horizon 2035-2040 dans le meilleur des cas, en fait encore un serpent de mer.

Histoire et composition du syndicat mixte - L’histoire et la composition du syndicat mixte de Notre-Dame-des-Landes traduisent ces rapports de force. Ni Brest ni le conseil général du Finistère n’en sont membres au contraire de Rennes Métropole et de l’Ille-et-Vilaine, présents depuis 2002.

Mais, même entre élus bretons, l’affaire n’est pas simple. Au milieu des années 1990, Edmond Hervé, maire socialiste de Rennes, et le centriste Pierre Méhaignerie, président du conseil général d’Ille-et-Vilaine, s’opposent, le premier reprochant au second de favoriser les intérêts de Nantes et des Pays de la Loire en soutenant Notre-Dame-des-Landes.

Donnant-donnant entre les deux régions - Quant à la participation financière de la Bretagne (29 millions d’euros) à la réalisation de l’aéroport, elle ne fut votée en octobre 2010 que par 47 des 83 élus, la délibération allant jusqu’à diviser la majorité socialiste.
Il s’agit d’ailleurs à l’époque d’un donnant-donnant entre les deux régions, les Pays de la Loire s’engageant à hauteur de 100 millions d’euros pour la LGV Ouest dont les gains de temps profiteront d’abord à la Bretagne.

Pendant ce temps, au sud des Pays de la Loire, la Vendée s’inquiète du transfert de l’aéroport nantais au nord de l’agglomération, d’autant qu’aucun nouveau franchissement de la Loire n’est envisagé malgré un périphérique très embouteillé.

Nantes Atlantique pour Airbus - Le maintien, quasi-probable, de la piste de Nantes Atlantique pour les besoins de l’usine Airbus, et ce malgré l’engagement contraire de Jean-Marc Ayrault en 2009, fragilise encore un peu plus le modèle théorique de Notre-Dame-des-Landes puisque, de fait, il faudra doubler les équipements.

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  1. 1. Felix44 30/11/2012, 13h07

    Il faut quand même savoir qu'il existe un terminus de tram à la Neustrie qui se trouve à 1,5 KM de NA de plus une ligne ferroviaire passe devant l'aéroport et pourrait faire l'objet d'une rénovation peu coûteuse qui permettrait une interconnexion facile avec la gare SNCF. Une ligne de bus classique passe également tout près de l'aéroport elle rejoint St Aignan. En fait ce sont les parkings qui constituent une redevance très lucrative pour la société gestionnaire de l'aéroport. Rennes est à 1H30 de Paris un peu plus pour Roissy pourquoi perdre finalement du temps pour venir à Nantes mais si c'est à NNDL ...en fait un lieu central pour la Bretagne eût été Carhaix pour les vieilles charrues !!

  2. 2. ugottale 29/11/2012, 02h46

    Sur une mappemonde , la FRANCE , pour les Américains , n'est qu'un timbre poste , la FRANCE , c'est PARIS , qui devait avoir un 3 ème aéroport ! la FRANCE , traversée en 3 heures par les TGV déficitaires ,n'est que le centième du monde ! Le réseau d'autoroutes , est presque terminé , et rien ne sert de doubler celles qui sont saturées quelques jours par an , les "ouatures" , étant condamnées à terme au nom de la pollution !
    En LORRAINE , un aéroclub a été créé à mi-distance des 2 grandes
    villes du coin ! ( metz et nancy ) , séparées de 70 kms , comme si les PDG allaient prendre le TGV , sur 35 kms , pour prendre un jet privé ! encore une gare dans les betteraves , comme celle située à 40 kms de SAINT-QUENTIN ! alors certains élus locaux veulent une 2ème gare TGV , à quelques kms de l'actuelle gare , pour ceux qui ne prendront jamais l'avion , mais elle coûte 1/5 de Notre Dame d'hollande = 100 millions , payés avec mes impôts !
    Certes , ces équipements durables donneraient du travail au BTP , lequel pourrait tout aussi bien faire les grosses réparations des réseaux routiers , ferroviaires et aéroportuaires existant ! il faut savoir se tendre selon sa couverture , ne pas pèter plus haut que son cul !
    Ceci ne justifie pas , le mauvais spectacle de la guerre des boutons entre des pauvres hères masochistes en mal de vivre et antirépublicains et un gouvernement qui pour plaire , renonce à ses objectifs un à un , après avoir envoyé les CRS , pères de famille !
    Ce spectacle désolant , ressemble hélasse , l'hélisse est naze , c'est là qu'est l'osse , au combat des horiasses et des curiasses , d'un ex grand parti politique abandonné par son ex , maître de géorgie , de benghazi , du RAID , du monde et des alentours ! le ridicule va finir par tuer !

  3. 3. JFrançois 28/11/2012, 23h23

    L'Ouest est rempli d'aéroports déficitaires et concernant NDDL rien n'est prévu à court terme pour des connexions TGV et Rail depuis toute la Bretagne. Avec Paris à moins de deux heures via la LGV Ouest la concurrence va être dure.

  4. 4. Olivier 28/11/2012, 18h19

    L'article a raison d'un point de vue institutionnel, et si le titre m'avait fait bondir, le reste est globalement une bonne transcription de la réalité.
    Je me permettrais toutefois une nuance : si la Bretagne institutionnelle ne s'est pas beaucoup engagée jusqu'ici (même s'il y avait beaucoup de parlementaires bretons à la conf de presse donnée par les partisans cet après-midi), peut être que pour les bretons qui prennent l'avion, il n'en sera pas exactement de même.
    Une hirondelle ne fait pas le printemps, mais à la lecture du texte que Jegoun a publié sur son blog (http://www.jegoun.net/2012/11/notre-dame-des-landes-la-parole-mes-mon.html), on voit, pour un utilisateur régulier de l'avion domicilié en Bretagne l'intérêt de ce déplacement (corrolaire de l'inquiétude des vendéens mis en avant dans l'article) :
    "Si Nantes-Atlantique n'est pas aussi saturé qu'on le dit, c'est aussi parce que c'est la merde à s'y rendre, alors du coup les Bretons prennent leur bagnole. Pas un Rennais n'envisage de prendre l'avion à Nantes-Atlantique à moins d'avoir un vol international direct. Vive la lutte contre l'effet de serre. Avec un aéroport à NDDL c'est toute la physionomie des transports de l'Est breton qui serait impacté (surtout si on rajoute les LGV et une liaison Rennes-Nantes digne de ce nom), soit plus de 2 millions de personnes dans l'une des zones économiques les plus dynamiques de France. Les habitants n'hésiteraient plus à se déplacer en train localement ou pour des vols internationaux."

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