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Agriculture

Michel Griffon : « Faire correspondre la carte de la production agricole avec celle de la population »

Publié le 26/09/2012 • Par Aude Raux • dans : Dossiers d'actualité, France

Michel Griffon est conseiller scientifique de l’Agence nationale de la recherche, président du conseil scientifique du Fonds français pour l’environnement mondial, ingénieur agronome et économiste.

Pourra-t-on, en 2050, nourrir 9 milliards d’êtres humains ?

C’est possible mais difficile car la situation sera de plus en plus tendue. Différents paramètres sont à prendre en considération : l’émergence de classes moyennes en Asie accentue la demande de façon très importante, surtout en produit carné, ce qui a pour conséquence d’augmenter les besoins en alimentation du bétail (maïs et soja) tout en entrainant un accroissement des besoins en terres agricoles et une réduction des surfaces forestières.

Si l’on répond à cette demande en ayant recours aux techniques de l’agriculture conventionnelle, cela risque, en plus, d’entraîner des pollutions importantes à l’échelle, non seulement des territoires agricoles, mais aussi de toute la planète.

Nous allons assister à une succession de périodes alternant léger excédent (mais moins que par le passé) et déficit. Soit une course de vitesse pour faire correspondre les courbes de l’offre et de la demande.

Course qui dépendra du changement climatique. En cas de sécheresse dans de grandes régions exportatrices, les conséquences seront globales puisque les marchés sont aujourd’hui mondiaux.
En 2008, nous avons assisté à la première crise alimentaire mondiale. Il faut savoir ce que l’on veut : si on continue de spéculer sur l’alimentaire, on risque de connaitre de nouvelles émeutes de la faim.

En résumé, je serais tenté de répondre « oui » à votre question, à la condition que tout se passe bien : l’agriculture devra faire face à un changement global.

Quels sont les principaux défis que doit relever l’agriculture mondiale ?

Il est essentiel de réduire la volatilité des prix agricoles, le G20 doit mettre en place un système d’information très performant de prévision de l’offre et de la demande alimentaire pour anticiper les chocs de prix.
Par ailleurs, il faut que nous diminuions notre consommation de viande, ce qui aura au passage des effets bénéfiques en termes de santé puisque nous en mangeons trop.

Autre défi : il devient nécessaire de limiter rapidement la surface dédiée aux biocarburants. Nous devons également intensifier notre aide publique au développement et cesser de subventionner nos exportations de produits alimentaires, tel le poulet que l’on brade et qui vient concurrencer l’élevage local en Afrique condamnant les éleveurs à la misère.

Il est essentiel de permettre aux petits paysans du sud de produire eux-mêmes pour les marchés locaux. Il faut également rendre disponible à tous les solutions techniques, développer la recherche agronomique et la formation agricole et investir massivement dans l’agriculture chinoise, indienne et africaine, car c’est dans ces régions du monde que se concentreront les 2 milliards d’habitants supplémentaires.

Les gouvernements africains doivent accepter ensuite de mettre la priorité sur l’agriculture, ce qui n’est pas évident car cela remet en cause leur politique pro-urbaine.
On risque d’assister à des déplacements de population sur ce continent qui connait déjà de grandes difficultés liées à la densité et l’étalement des villes, comme au Nigeria.
Or, il n’y a pas d’autres solutions, pour assurer la sécurité alimentaire, que de faire correspondre la carte de la production agricole avec celle de la population.

Notre modèle agricole est-il arrivé à ses limites ?

A l’échelle du monde, on recense 20 millions de grandes exploitations agricoles modernes qui pratiquent une agriculture intensive aux conséquences globales néfastes pour l’environnement (déforestation, émission de gaz à effet de serre, pollution, problème de maintien de la fertilité des sols, etc.).

A ce chiffre s’ajoute 2 milliards et demi de petites structures traditionnelles qui, elles, dégradent l’environnement au niveau local, du fait principalement qu’elles ne peuvent survivre qu’en défrichant.

Si « tout se passe bien », les petites exploitations devraient avoir alors accès aux engrais et aux phytosanitaires. Mais, le risque, c’est que se développe une petite agriculture intensive et donc polluante.

On sait maintenant que les herbicides, fongicides et insecticides présentent des dangers pour la santé des agriculteurs, et éventuellement, pour les consommateurs et l’environnement.
Notre modèle agricole, qui s’est développé sur le trio pétrole – engrais – phytosanitaires est ainsi épuisé.

Comment résoudre cette quadrature du cercle : produire plus tout en préservant l’environnement et en offrant des produits alimentaires sains ?

Dans ce contexte d’accroissement démographique, de dégradation des écosystèmes, de changement climatique et de raréfaction des ressources naturelles, au lieu d’accroître les surfaces, il faut accroître les rendements.
Et ce, en s’appuyant sur l’agriculture écologiquement intensive.

Ce défi consiste à produire mieux et plus avec moins d’eau, d’énergie, d’intrants et de terres arables. Il ne s’agit pas d’imposer un modèle agricole unique à toute la planète, mais au contraire de permettre à toutes les agricultures du monde de développer leurs propres potentialités en fonction des caractéristiques des territoires et des sociétés environnantes.

Ce mouvement vers une nouvelle technologie, compatible avec la santé humaine et les écosystèmes, est d’envergure mondiale. Et tous les modèles agricoles sont concernés par cette révolution doublement verte : aussi bien les agricultures conventionnelles hautement productives, comme en France, que les agricultures familiales pauvres des pays en développement.
De même, l’agriculture écologiquement intensive englobe toutes les activités de production à partir des écosystèmes : systèmes de grande culture, élevage, arboriculture et foresterie, horticulture et maraîchage.

L’« intensivité écologique » pourrait-elle être la solution ?

Tout l’enjeu consiste à comprendre le fonctionnement des écosystèmes pour voir s’ils peuvent produire plus. Etudier, par exemple, comment utiliser systématiquement les relations proies / prédateurs pour contrôler les pullulations de ravageurs ; imiter des molécules naturelles insecticides pour une production industrielle ; intensifier l’humification puis la minéralisation de l’humus ; ou faire de l’agroforesterie en plantant, près des cultures, des arbres bénéfiques à la fertilisation des sols.

Au lieu de continuer à réduire la biodiversité dans les champs, il faut en tirer partie. Autre piste : chercher comment mieux retenir l’eau des bassins versants. Le problème, c’est que cette utilisation intensive des mécanismes naturels n’est pas médiatique, contrairement aux délires technologiques des fermes urbaines verticales hors-sol.
Sans parler des insectes riches en protéines.

La presse en fait ses choux gras, mais c’est anecdotique. Comme pour la lutte contre le dérèglement climatique, où l’on a assisté à la formation d’un Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du Climat (Giec), il serait bienvenu de créer un « Giec alimentaire » transnational rassemblant des experts indépendants, agronomes et écologues, représentant l’intérêt général afin d’anticiper les crises alimentaires.

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Sur le même sujet

    • Ouvrages de Michel Griffon : Pour des agricultures écologiquement intensives, L'Aube 2011 ; Pour un monde viable, avec Florent Griffon, Odile Jacob, 2011 ; La planète, ses crises, et nous, avec Denis Dupré, Atlantica, 2008 ; Nourrir la planète, Odile Jacob, 2006

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