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Gestion des risques

Somme : la culture du risque pour faire barrage aux inondations

Publié le 25/05/2012 • Par Guillaume Roussange • dans : Régions, Retour sur expérience prévention-sécurité

Onze ans après « la crue du siècle », la Somme poursuit les aménagements le long du fleuve afin de réduire les impacts d’une inondation. Parallèlement, le territoire sensibilise la population à ce risque naturel.

Dans la Somme (569 800 habitants), dix années n’auront pas suffi à effacer le souvenir des terribles inondations du printemps 2001 : 138 communes touchées, 1 400 maisons endommagées, plus d’un millier de personnes évacuées, une cinquantaine de PME et d’artisans sinistrés… Au total, la facture de la « crue du siècle » est estimée à 200 millions d’euros environ. Impossible, en revanche, de mesurer le traumatisme des habitants, notamment de ceux qui ont dû être relogés durant de longues semaines en mobile home.

A l’époque, beaucoup ne peuvent d’ailleurs croire aux seules causes « naturelles » de la crue, engendrée par une concordance de phénomènes météorologiques et hydrologiques exceptionnels. Pour eux, « Paris » a délibérément organisé le délestage de la Seine dans la Somme, via le canal du Nord, afin de protéger la capitale alors candidate à l’organisation des Jeux olympiques.

Un chantier colossal –  En quelques semaines, la « rumeur d’Abbeville » enfle au point que, à l’issue d’un déplacement mouvementé dans la Somme, le Premier ministre de l’époque, Lionel Jospin, demande l’ouverture d’une commission d’enquête parlementaire. Les conclusions sont sans appel : elles mettent en lumière le défaut d’entretien du cours d’eau, mais également l’absence d’une « culture du risque » qui a participé à la propagation de la rumeur.

Après la décrue, les collectivités, conseil général en tête, sont donc contraintes de repenser leur rapport au fleuve. Tout d’abord, en clarifiant les responsabilités des – trop – nombreux acteurs chargés de sa gestion et de son

aménagement. Suivant les conclusions des sénateurs, les collectivités créent ainsi le syndicat mixte d’aménagement hydraulique du bassin versant de la Somme (Ameva). Cette structure regroupe les départements de la Somme et de l’Aisne, une trentaine d’établissements publics de coopération intercommunale et treize syndicats de rivières, tous décidés à travailler à l’aménagement du bassin, mais aussi à sa valorisation. Première étape : mieux comprendre la mécanique complexe des crues de nappe.

«Pour ce faire, un modèle numérique représentant la vallée a été élaboré, explique Olivier Mopty, directeur de l’Ameva. Cet outil nous a permis de mieux comprendre le phénomène auquel nous avions été confrontés et, surtout, de tester des solutions locales, de vérifier leur complémentarité et de proposer un schéma global d’aménagement. »

Les travaux à réaliser le long des 245 km du fleuve et de ses affluents sont colossaux. Dix ans après leur démarrage, on estime à 30 millions d’euros, le montant de la facture dont le département et ses partenaires (autres collectivités, agence de l’eau notamment) ont dû s’acquitter pour rehausser les berges ou reconstruire des ouvrages d’art. « Dans la Somme, 35 km de berges ont été restaurées, dont 12 km selon la “technique végétale”, afin d’améliorer les écoulements et d’assurer la protection des zones les plus sensibles. Parallèlement, les ponts, barrages et écluses présentant des capacités hydrauliques insuffisantes ont été réhabilités », précise Olivier Mopty.

Abaisser la ligne d’eau –  Les travaux entrepris contribueraient à limiter les dégâts en cas de nouvelle crise. Selon les projections réalisées, la ligne d’eau diminuerait en effet de 20 à 60 cm dans les secteurs inondés en 2001. D’autres scénarios sont étudiés afin d’augmenter le débit du fleuve,

mité par un gabarit étroit et une faible pente. Parmi les hypothèses envisagées : le délestage d’une partie des eaux en amont du fleuve vers le futur canal Seine-Nord Europe.

« Ces travaux peuvent donner un sentiment trompeur de sécurité, tempère toutefois Richard Pierru, président de l’Association des victimes des inondations d’Abbeville (Avia), créée en 2001. Les habitants doivent avoir conscience que le risque zéro n’existe pas. Les événements de 2001 nous ont montré combien il était important que la population s’imprègne d’une culture du risque. »

La mémoire collective porte en effet sur le court terme. Passé quelques décennies, le souvenir des catastrophes s’amenuise progressivement, parfois au point de s’effacer. « De mémoire d’homme, on n’avait pas connu un tel phénomène dans la Somme, observe Olivier Mopty. Cette sensation a encore alimenté davantage l’impression que la crue n’était pas naturelle, alors que des événements similaires s’étaient produits en 1871. »

Pour éviter que les inondations de 2001 ne sombrent elles aussi dans l’oubli, l’Ameva a intégré le développement de la culture du risque comme un axe à part entière du programme d’actions et de prévention des inondations (Papi) de la Somme. « Les repères de crue qui ont été posés contribuent à entretenir cette mémoire », a souligné le préfet de région, Michel Delpuech, à l’occasion du colloque « Inondations, dix ans après », organisé à Amiens en novembre 2011.

Responsabilité individuelle –  Le syndicat mixte a en effet multiplié les outils et, outre les 85 repères de crue, mis au point des documents de communication à destination du grand public (exposition itinérante, lettre d’information, livret pédagogique). En 2010, une action spécifique a même été menée en direction des élèves de 5e du département, qui ont tous reçu un livret pédagogique élaboré par l’Institut français des formateurs risques majeurs et protection de l’environnement (IFFO-RME, lire l’encadré p. 40).

« Ces outils permettent de développer la responsabilité individuelle et collective des futurs citoyens, qui connaîtront leur environnement et seront donc plus aptes à affronter ce type d’événements », fait valoir Danielle Bazin, vice-présidente de l’IFFO-RME. Le président de l’Avia acquiesce : « Il ne faut pas tout attendre des collectivités et de l’Etat. La lutte contre les risques relève de chaque citoyen. Bien que la question des indemnisations soit derrière nous, notre association fédère toujours quelque 300 familles. En liaison étroite avec les pouvoirs publics, nous travaillons à améliorer les dispositifs d’alerte et de prévention. En 2011, deux journées d’information sur notre action ont ainsi été organisées en partenariat avec la mairie d’Abbeville », poursuit Richard Pierru.

Son expertise a par ailleurs valu à l’Avia d’intégrer la commission locale de l’eau (CLE), installée le 16 janvier dernier et chargée de mettre en oeuvre le schéma d’aménagement et de gestion de l’eau (Sage) : « Aux côtés des élus, nous militons également pour que le plan de prévention du risque d’inondation, annulé en 2009 pour une question de procédure, intègre les travaux réalisés par les collectivités. En tant que citoyens, nous sommes acteurs de cette politique de l’eau. C’est d’ailleurs pourquoi nous avons, il y a quelques mois, rebaptisé l’Avia et préféré, au “V” historique de “victimes”, celui de “vigilance” », conclut Richard Pierru.

La sensibilisation commence au collège

En 2009, les 6 000 élèves en classe de 5e de la Somme ont reçu le livret pédagogique « Les risques majeurs et moi ». « Il s’agit d’éveiller la conscience des jeunes, ainsi familiarisés avec les risques majeurs concernant leur environnement immédiat mais aussi à plus vaste échelle », explique Danièle Bazin, vice-présidente de l’Institut français des formateurs risques majeurs et protection de l’environnement (IFFO-RME), partenaire du conseil général sur cette opération (*). Jugée concluante, l’expérience a été étendue en Auvergne et dans le Nord – Pas-de-Calais, où plus de 40 000 livrets ont été mis à la disposition des enseignants.
(*) Qui a aussi associé la direction régionale de l’environnement, de l’aménagement et du logement, et l’Education nationale.

Références

  • AVANTAGE

Structurées en syndicat mixte, les collectivités ont engagé 30 millions d’euros de travaux qui permettraient de diminuer de 30 cm minimum le niveau d’une nouvelle crue.

  • INCONVÉNIENT

Les aménagements peuvent générer ou conforter un sentiment trompeur de sécurité chez certains habitants. C’est pourquoi ils s’accompagnent d’un travail de conservation de la mémoire de la crue et de sensibilisation au risque.

  • TRAVAUX À RÉALISER

Reconquérir les 245 km de la Somme et de ses affluents, en curant le lit du cours d’eau, en rehaussant ses berges et en rénovant les ouvrages d’art.

  • INVESTISSEMENT

30 M€ déjà investis par le conseil général, en partenariat avec l’Etat et l’agence de l’eau.

  • CONTACT

Olivier Mopty, directeur de l’Ameva, email : ameva.somme@wanadoo.fr, tél. : 03.22.33.09.97.

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