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Démocratie participative

De la consultation au pouvoir d’agir des habitants : repenser le débat public

Publié le 05/09/2012 • Par Agnès Thouvenot • dans : Actu prévention sécurité, France

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Affirmée comme mot d’ordre dans toutes les politiques développées en direction des quartiers prioritaires depuis les années 1970, la participation des habitants n’en reste pas moins, en France, un exercice formel.
« Les dispositifs (…) relèvent plus souvent de l’information et de la consultation que de la reconnaissance de la capacité des citoyens à prendre part à la construction de la décision publique » , notent Noémie Houard et Marion Carrel, les deux auteures de la note publiée mercredi 5 septembre par le Centre d’analyse stratégique (CAS). Même dans les projets les plus participatifs, les décisions les plus importantes restent dévolues aux élus et aux représentants de l’Etat.

Alors que le gouvernement s’apprête à lancer une concertation pour renouveler la politique de la ville, le CAS formule une série de propositions afin d’améliorer la participation des habitants dans les processus de décision publique :

Placer les habitants en position de co-décideurs

Faisant écho à des expériences menées au Royaume-Uni, en Amérique latine, Allemagne et en Poitou-Charentes dans les lycées, le CAS préconise la mise en place de budgets participatifs – à condition toutefois que des sommes importantes y soient consacrées. Au risque sinon, d’être considéré comme un palliatif au désengagement de l’Etat des services publics.
La note insiste aussi sur l’importance d’associer l’ensemble des acteurs ressources du quartier – y compris les universitaires, les entreprises, les ONG.

Améliorer les procédures participatives actuelles

Techniques, inscrites sur un temps court et s’adressant à des publics restreints, les dispositifs de concertation peinent de véritables instances délibératives. Pour cela, le CAS préconise d’adopter de nouvelles méthodes de travail.
La note détaille notamment le travail mené par ATD Quart Monde en matière de co-formation : croisant les savoirs des professionnels et des personnes vivants ou ayant vécu dans la précarité, cette confrontation permet de déconstruire les représentations respectives et d’améliorer les débats. Etendue au champ de la politique de la ville, cette méthode pourrait être « prometteuse ».

Diversifier les publics - Le CAS insiste aussi sur la nécessité de diversifier les publics habituellement mobilisés dans ce type de démarche. Si l’introduction de la note fait allusion au développement des réseaux sociaux, ceux-ci ne sont pas cités comme des techniques nouvelles pour toucher des publics différents.

Susciter des mobilisations collectives

S’appuyant là encore sur les expériences anglo-saxonnes de « community organizing » ou d’ « advocacy planning », les auteurs de la note préconisent aux pouvoirs publics de soutenir le pouvoir d’agir des communautés d’habitants, c’est-à-dire les ressources que les habitants partagent en commun sans en avoir forcément conscience.

Il s’agit notamment d’accompagner les professionnels de la politique de la ville et de faire émerger des revendications, propositions et actions collectives. Ce qui nécessite dans un changement dans la pratique de ces professionnels : « Elle vient bousculer la pratique individualisée dans l’accompagnement des personnes ».

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