SANTÉ
Le colloque « Villes, contrats locaux de santé et inégalités sociales de santé », organisé le 21 juin 2012 par le réseau français des Villes-Santé de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), a permis de dresser un premier bilan des contrats locaux de santé, nouvel outil de pilotage des politiques sanitaires.
Créés par la loi HPST du 21 juillet 2009, les contrats locaux de santé (CLS) ont pour principal objectif de lutter contre les inégalités territoriales et sociales de santé en soutenant la coordination des actions engagées sur un territoire donné (quartier, ville, intercommunalité…).
Signé entre l’agence régionale de santé (ARS) et les collectivités volontaires, le CLS est la déclinaison, sur le terrain, du projet régional de santé (PRS) établi par l’ARS.
Outil de coordination - Il peut s’appliquer à des thématiques très variées : « Santé et habitat », « santé mentale », « accès aux soins », vieillissement »… « Il ne s’agit pas d’un dispositif supplémentaire », a insisté Valérie Jurin, présidente du réseau français des Villes-Santé (RFVS) de l’OMS, « mais bien d’un outil de coordination ».
Pour le RFVS, « ces contrats marquent la reconnaissance du niveau local comme l’échelon opérationnel des politiques de santé ».
A ce jour, environ 70 CLS ont été signés, dont 80 % en Ile-de-France, le premier CLS engagé à Marseille ayant servi de laboratoire à la mise en place des suivants.
Mieux cibler les publics prioritaires - Les différents intervenants du colloque, représentant des collectivités engagées dans un CLS, ont tous insisté sur le « processus complexe » qui précède la contractualisation entre les différentes parties tout en soulignant les bénéfices de ce travail en commun.
Hétérogénéité - La présentation de ces différents CLS a mis en lumière leur hétérogénéité, tant sur le point du partenariat – en plus des collectivités territoriales et de l’ARS, un CLS peut s’ouvrir à l’Education nationale, la CAF, le tissu associatif… –, que sur celui des actions, même si la thématique de la « santé mentale » ressort comme l’une des préoccupations communes des villes.
En plus de ce premier bilan sur l’avancée des CLS, le colloque a permis de faire le point sur les inégalités territoriales et sociales de santé en France grâce à l’analyse de Richard Wilkinson, professeur anglais d’épidémiologie sociale, collaborateur de l’OMS. En reprenant la thèse de son dernier ouvrage « The Spirit Level. Why do equal societies almost always do better » (en anglais, non traduit), le spécialiste a démontré que la France est une société inégalitaire en termes de santé, comme les autres pays (Canada, Royaume-Uni, Etats-Unis…) où « les problèmes sociaux de santé sont liés à des écarts de revenus importants entre habitants ».
Il a également expliqué que la mise en place de mesures visant à instaurer plus d’égalité est « bénéfique à tous les habitants d’un pays et non pas seulement aux plus précaires ».
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